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mardi 15 juillet 2014

La citation du lundi

"Mothra suce des bites en enfer, ha ha ha !"


Oui, bon, c'est pas ma faute à moi, comme dirait l'autre, c'est celle d'un collègue qui m'a envoyé vers ce tumblr, et du coup j'y ai cramé une partie de mon après-midi. Alors que j'ai plein de taf à finir. Pffff, on n'est pas aidé.

Il me renvoyait vers ceci, se rappelant que j'avais utilisé en conférence
une image tirée de cet épisode de WW.

Soit dit en passant, je n'ai pas le réflexe d'aller chercher des trucs sur tumblr. J'ai jamais trop compris le principe. Que ce soient des blogs d'image, okay, je pige. Mais j'ai pas l'impression que ce soit vraiment indexé, ni fait pour qu'on puisse chercher quelque chose de précis dedans. Du coup, ça donne l'impression d'un vaste bordel où chacun fait son truc dans son coin (le premier qui cite ce bout de phrase hors contexte a mon pied au fondement) et je n'y vais point traîner mes bottes. Faut qu'on m'aiguille dessus pour que j'aille y voir. C'est sans doute dommage, mais c'est comme ça.

lundi 23 juin 2014

Voir le côté positif

Y a quand même un truc bien, avec la coupe du monde, c'est que pendant ce temps-là, on nous emmerde pas trop avec Wimbledon.


L'image ci-dessus n'a rien à voir avec le sujet.
C'est un acte de résistance.
En effet, trop de blogs, de twitters et autres fesses-de-boucs
usent et abusent de photos de chatons trop mignons.
En tant que sympathisant, du CCC, je mets donc une photo de gavial.
Et à ceux qui ne sont pas contents, je propose un match de catch
entre leur chaton et mon gavial. Na.

vendredi 13 juin 2014

Hasta siempre revoluçao (orthographe non contractuelle)

Ce matin au réveil, j'ai été très déçu d'apprendre que la Croatie avait perdu son premier match de coupe du Monde 2014. Non que je fasse montre d'un quelconque patriotisme mal placé, ce n'est pas mon genre, mais la situation au Brésil est telle que ça aurait pu être amusant que la Seleçao se fasse étaler.

Mais revoyons l'action au ralenti. Vous vous souvenez qu'entre les soupçons de corruption qatarie et ses déclarations plus que maladroites sur le fait que ce serait bien que les brésiliens se calment jusqu'à la fin de la compétition, Michel Platini était devenu en quelques jours le Jean-François Copé* du football mondial, ce qui n'est pas un mince exploit.

Il se trouve que, globalement, les Brésiliens sont moins malheureux qu'il y a quinze ans, sur le plan matériel. Vous me direz que du coup, ils ne devraient pas faire la révolution. Sauf qu'en sortant de la misère crasse pour se retrouver dans la simple pauvreté, le peuple de là-bas a compris qu'il y avait des trucs vraiment pas normaux, en vertu du principe selon lequel il n'y a pas besoin de monter très haut pour voir plus loin. Et le peuple a confusément compris aussi que le football était en l'affaire un opium du peuple bien manié par les gouvernants. D'où grogne généralisée.

Mais tous les observateurs s'accordent à dire que la loyauté envers l'équipe nationale reste telle qu'elle contrebalance à peu près ce vent de révolte. Alors une élimination en début de compétition est peut-être la seule chose qui sépare le pays d'une révolution en bonne et due forme avec l'armée qui tire sur la foule et tout (et c'est là qu'on ne regrette plus de ne pas leur avoir vendu le Rafale. je sais que ça ferait peut-être kiffer Serge Dassault, mais personnellement, pour ma part, je préfère ne pas voir ce fleuron de notre industrie bombarder jolies femmes et petits n'enfants cariocas, j'ai comme un petit cœur tendre de midinette sur ces choses-là).

D'après ce que vient de me confier quelqu'un qui a vu le match, l'arbitre semble l'avoir parfaitement compris et a essayé d'arrondir au maximum les angles pour que le Brésil passe. Un certain éditeur de BD chez lequel j'ai en mon temps publié un album avant qu'il ne devienne cador du sport (l'éditeur, pas l'album) aurait parlé de "sodomie arbitrale". Il sent la menace, l'arbitre. Il sait que les Croates, le pire qu'ils pourraient lui faire, c'est de le travailler au couteau de chasse ou à la dynamite. Alors que les Brésiliens, ils ont l'air vraiment remontés, là. Ils pourraient être vraiment désagréables avec lui.

C'est quand même couillon, tout ça. J'ai réussi à ne suivre le Festival des Carnes que pendant cinq minutes, le temps d'entendre Godard dire quelques conneries. J'ai complètement échappé au Tennis en fermant hermétiquement ma télé, et en ne l'ouvrant que pour des raisons impérieuses (hier, y avait la fin de la deuxième saison d'Äkta Mäniskor, alors j'étais devant ma télé pour pas louper ça, bien sûr. Même défaut que la fin de la saison précédente, d'ailleurs : quelques raccourcis un peu violents pour boucler toutes les intrigues en cours, mais hormis ça, c'est franchement pas mal). Je pensais pouvoir passer entre les gouttes du foot.

Et là, non. Le suspense révolutionnaire est tel qu'il va falloir que je suive ça d'une oreille quand même.

Et merde.

* Si on va au bout du raisonnement et que Platini est le JF Copé du foot, alors la Nadine Morano du foot, c'est la copine à Sami Nasri. Ça fait flipper, quand on y pense.

mercredi 28 mai 2014

Ouais, la lettre est arrivé à un moment où j'écoutais la BO de Crying Freeman à fond, c'est peut-être pour ça que je me suis énervé

Ça va peut-être vous surprendre, mais j'ai un téléphone portable. Un vieux coucou qui ne me sert que de loin en loin, sur un abonnement pris par ma femme il y a quelques années (elle avait souscrit cet abonnement quand mon précédent téléphone avait accompli un impeccable et très spectaculaire vol plané qui s'était achevé sur une dalle de béton quelques mètres plus loin un jour où il m'avait énervé, et elle se disait que si le téléphone était à elle, j'hésiterais peut-être, par délicatesse, à lui faire subir la justice expéditive qu'il ne pouvait que mériter à un moment ou à un autre) (je déteste le téléphone).

Sur ce machin, j'ai un abonnement qui me permet de téléphoner pendant une heure par mois, heure dont je ne vais jamais au bout. Mais ce qui s'appelle jamais.

Et puis un beau jour, des gens de chez l'opérateur (on l'appellera Martin Télécom, pour par faire de pub à des médiocres) (et puis comme le disait la chanson, "tous les ânes s'appellent Martin") (perso, sachant que ces guignols sont aussi propriétaires d'une chaîne de télé que je ne regarde pas parce que je la trouve infiniment médiocre aussi, je n'aurais jamais pris de moi-même un abonnement chez eux, mais ma femme n'était pas au courant que c'étaient les mêmes) m'ont appelé plusieurs fois en demandant de parler à ma femme. Ben oui, puisque c'est elle le titulaire de la ligne. Au bout de quelques semaines de ce harcèlement (ces couillons-là m'appellent toujours quand je suis à l'extérieur, donc pas forcément avec ma femme, parce que j'ai des rendez-vous boulot, à l'extérieur, des obligations diverses, des trucs à faire) (ou alors ils appellent quand je suis chez moi et avec ma femme, mais dans ces cas-là, le portable est coupé, ou dans la poche de ma veste rangée dans le placard à manteaux où ça capte de toute façon pas), je réussis à leur passer mon épouse.

Les gens de chez Martin Télécom lui proposent de faire passer le forfait à deux heures sans changement de tarif. Deux heures dont on n'a aucunement besoin, mais sait-on jamais, si ça se trouve, un jour, on pourrait. Alors elle dit oui.

S'ensuit une conversation très compliquée, parce que le nouveau forfait est adossé à une nouvelle carte SIM (je crois que c'est aussi un problème de réseau, avec les récents rachats d'antennes que je n'ai pas suivis) et que la carte coûte un euro. Et que cet euro, pour des raisons que la personne chez Martin Télécom n'a pas été capable de m'expliquer (ou en tout cas pas de façon cohérente et dans une langue connue de l'homme civilisé), on ne pouvait pas l'imputer sur la prochaine mensualité de l'abonnement. Il fallait faire un virement séparé. Qu'à cela ne tienne, à l'issue d'un processus de validation un peu tordu, on a pu mettre ce virement en place. (je ne sais pas combien était payée cette brave personne, mais le temps qu'on a pris pour le truc a dû coûter à la boîte largement plus que ce malheureux euro rien qu'en salaire) (ou alors ils sont encore plus rats que ce que je craignais, et le centre d'appel est au Benglalistan du Sud).

Deux jours après, on reçoit une grosse enveloppe avec le contrat à renvoyer et la carte SIM, et une lettre indiquant qu'il faut attendre la validation par SMS de tout le processus pour changer la carte. Normal. On signe le contrat, on le met dans l'enveloppe, et l'enveloppe sur le tas du courrier à partir.

Le courrier part trois jours plus tard, parce que dans l'intervalle, personne ne passait devant la poste, et qu'il n'y avait rien de bien urgent dedans.

Et le lendemain de l'envoi, nouveau coup de fil pour ma femme pendant que je suis en train d'acheter des légumes : ces braves gens de chez Martin Telecom n'ont pas reçu le contrat et s'en inquiètent. Je les rassure en leur disant que c'est parti.

Deux jours plus tard, nouveau coup de fil. Le contrat est bien arrivé, mais il manque l'autorisation de virement. Autorisation que la dame au téléphone m'avait expliqué que la procédure à la con qu'elle nous avait fait suivre pourvoyait (ou alors le langage administratif est encore plus déconnecté du réel qu'auparavant, et que oui veut à présent dire non, et blanc, noir. Orwell réveille-toi, ils sont devenus fous). On m'explique que le papier était dans l'enveloppe que j'avais reçue (voir parenthèse précédente).

Rentré chez moi, je vérifie. Pas de papier.

Je renvoie un mail à l'adresse que m'a donné le monsieur de chez Martin Telecom pour lui dire que je n'ai jamais eu le papier.

Et ce matin, voilà encore un courrier de chez eux, avec le contrat, me demandant de le renvoyer avec le papier manquant.

Je vais sur le site pour avoir des explications, et comme on s'en doutait, le site est une merde. Je vais sur le module de résiliation, et bien entendu, le module en question refuse de prendre ma demande en compte, sous un prétexte fallacieux, et me renvoie vers le service client. Bien entendu, sur le site, aucun numéro de téléphone (si, il y en a un, mais quand on appelle -facturé 15 centimes la minute- c'est pour se voir aiguillé vers un autre numéro, qui lui-même renvoie à une boite vocale dont les options ne correspondent pas à la raison pour laquelle j'appelais), aucune adresse postale du service client, rien.

Donc ça a été courrier recommandé avec accusé de réception, envoyé au siège de Martin Telecom, demandant la résiliation immédiate de l'abonnement, et expliquant mes raisons.

Je vais sans doute prendre un mini forfait à la supérette du coin. Ils ont un truc à pas cher, que j'avais pris pour un de mes mômes il y a quelques temps de ça. Et ils ne nous ont jamais appelé pour nous vendre d'autres forfaits ou des services à la con. Mieux, quand il y a eu à changer la carte SIM, ils nous ont envoyé la carte, une lettre explicative et le SMS de validation, point. Sans tout ce délire paperassier, sans harcèlement téléphonique, sans des heures de discussion.

Martin Telecom n'a pas fourni ce que j'attendais d'un opérateur, c'est à dire les service pour lequel je les payais, en FERMANT LEUR GUEULE ET EN ÊTANT EFFICACES.

Il me semble que le Monsieur Martin patron de la boite en question est copain avec un ancien président d'ici qui était un peu comme ça, un peu ramenard et un peu brouillon. Qui se ressemble s'assemble, dit-on. Ça explique bien des choses.


samedi 17 mai 2014

Et zim, et boum, et tatsi-tatsoin



Cela fait quelque temps que je ne vous avais pas gratifiés d'un bon fix de musique militaire nord-coréenne. Alors que j'adore, c'est tellement premier degré qu'on ne peut absolument pas le consommer au premier degré. C'est vraiment un plaisir délicat.





Et c'est parfait comme bande-son pour mes efforts actuels de finalisation de Cosmonautes !, cette instructive monographie qui sera à la rentrée dans toutes les bonnes librairies, publiée par les Moutons électriques (sur le stand desquels je serai en dédicace demain, je vous le rappelle au passage).

Je vous en rebalance un extrait, tiens, pour vous faire patienter :

C'est en 1903, l'année où sur la plage de Kitty Hawk, les frères Wilbur et Orville Wright font péniblement décoller leur premier Flyer, un engin fragile et pataud bricolé entre autres à partir de pièces de bicyclettes, que le mathématicien Constantin Tsiolkowski pose les bases conceptuelles de l’astronautique. Pour lui, l'essentiel du problème est de nature mathématique : il s'agit de définir les vitesses nécessaires pour accéder à l'orbite, puis pour s'en libérer et partir dans l'espace interplanétaire. Pour y parvenir, son ouvrage L'exploration de l'espace cosmique par des engins à réaction propose des moteurs de fusées à carburants liquides qui remplacent avantageusement les énormes canons de Jules Verne et consorts. Essayant de baliser tout ce champ nouveau, Tsiolkovski explique qu'il faudra stabiliser ces nouveaux appareils à l'aide de batteries de gyroscopes, et envisager un système de propulsion par étages successifs, des principes qui feront école. Dans le même ordre d'idée, il développe les concepts qui mèneront aux satellites et à ce qu'on appellera par la suite l'ascenseur orbital, un câble tendu entre la surface et l'orbite géostationnaire qui permet d'expédier de lourdes charges avec une dépense en énergie réduite.
Dès lors que ses thèses se diffusent, elles attirent l'attention de toute une génération d'ingénieurs qui vont les étudier en détail et tenter de leur donner une traduction technique. Ils s'appelleront Oberth, Noordung, Goddard, Von Braun ou Korolev, mais ils ne feront parler d'eux que quelques décennies plus tard. Car avant de tenter l'orbite, il faut déjà arriver à voler plus de quelques secondes, ce que les aérostats et autres dirigeables font très bien, mais à des vitesses et des manœuvrabilités réduites. Le plus lourd que l'air n'en est qu'à ses balbutiements, et si le principe du moteur a réaction est connu (Et là encore, depuis l'antiquité, la machine à vapeur d'Héron d'Alexandrie en témoigne), on est loin de disposer des moyens de lui donner une traduction concrète. Les Santos Dumont, Farman, Blériot et autres Voisin en sont encore à batailler avec les forces de l'aérodynamique, avec des matériaux aussi peu adaptés aux hautes altitudes que la toile et le balsa, et des moteurs à piston qui empestent l'huile de ricin. Et même ainsi, à ce degré frustre, il faudra la guerre pour que cette technologie soit convenablement financée et développée.

lundi 12 mai 2014

La citation du lundi...

... Est de Wernher von Braun, qui était un nazi.

"Les logiciels plantent car ils se basent sur la théorie qu'avec neuf femmes enceintes vous pouvez avoir un bébé en un mois."

lundi 10 mars 2014

Au bonheur des connards

Ah, je me suis aperçu que j'avais oublié de m'accréditer pour le Salon du Livre.

Qu'à cela ne tienne, je suis allé, comme tous les ans, me connecter au site du Salon (qui envoie de mails de ses évènements aux gens accrédités les années précédentes, mais ne les pré accrédite pas pour autant). L'idée était de demander un badge d'accès, que j'obtiens toujours sans difficultés (sauf il y a deux ans, souvenez-vous).

Et donc, cette année, je découvre que donner son numéro Agessa ne suffit plus pour faire la preuve qu'on est un auteur. Il faut scanner une carte d'un syndicat des auteurs, maisons des auteurs, etc. Mais être affilié au régime de sécu ne suffit plus. Alors que donner un numéro facilement vérifiable, c'est pas compliqué. C'était pas assez compliqué, visiblement. Et donc, c'est reparti comme y a deux ans, on filtre les auteurs au Salon du Livre. Les gens qui les font, les livres. Qui les créent. Mais la tendance de fond, visiblement, c'est de laisser la place aux distributeurs, attachées de presse, sous-ministres divers et candidats municipaux qui sont des gens sérieux, eux. Et aux cochons de payants, bien entendu, parce qu'on est là pour gagner des sous. La promotion de la culture, c'est un prétexte.

Okay, très bien. Dont acte.

C'est de plus en plus souvent que je n'y mettrai plus les pieds, à ce Salon, ça se confirme.

Messieurs les organisateurs (c'est toujours une filiale la société Elsevier qui organise, je crois, cette même société dont il me semble qu'elle se traine assez de casseroles pour remplir les cuisines de tous les restaurants de Paris du fait de ses méthodes dans le domaine de la presse scientifique), veuillez donc agréer l'expression de mon plus profond mépris.

Et il va de soi que les communications du SdL Paris finiront désormais toutes dans ma boite "indésirable".

jeudi 13 février 2014

The revolution will be youtubized. Ou pas.

Alors, c'est quand même bien, les grands sites d'info. Genre les sites de grands quotidiens et de grands hebdomadaires, ou de gens comme Arrêt sur Images (putain, quel dommage qu'ils aient confié la gestion de leur système de paiement en ligne à des mongoliens, moi j'aurais volontiers lâché mes 40 euros de cotise annuelle, mais pas question que j'ouvre un compte paypal rien que pour eux, et leur système de paiement par CB ne marche juste pas, malgré ou à cause de sa complexité sécuritaire à faire salir son slip à un Alain Bauer sous amphétamines). C'est un des points forts d'internet, ça, cette capacité qu'il nous donne d'aller chercher l'info partout et très vite, en flux tendu, que ce soit de l'ultra local ou du lointainement exotique.

Alors tout n'est pas accessible, il y a des contenus payants, tout ça, mais on peut déjà se faire une bonne idée avec tout ce qui est accessible, quitte aussi à se prendre les versions papier des grands quotidiens pour les versions qui nous tiennent à cœur. Alors oui, tout n'est pas de grande qualité, et bien des liens du Monde.fr pointent vers Télérama, ou pire, vers le Huffington Post, qui est quand même une bauge assez répugnante, le symptôme navrant et putride d'une morandinisation rampante de la vie des médias.

Un des avantages du net, c'est le multimédia, les infographies interactives qui permettent de jouer au Dessous des Cartes chez soi (c'est con que ce soit si cher, aussi, les coffrets du Dessous des Cartes), les émissions de radio en replay, etc. Et puis les vidéos. Alors il y a les traditionnels zappings, mais aussi les interviews du journal en live, des éditos et tout. Alors là, autant pour de la critique ciné, du commentaire d'actu scientifique et tout ça, j'aime bien la vidéo, parce qu'on a les images qui vont avec en général, j'aime bien, autant pour les éditos et interviews, la plupart du temps, je ne vois pas l'intérêt. Ça prend trois fois plus de temps à absorber que la version écrite des mêmes infos, c'est chiant. Et sur de l'édito, ça renvoie à cet "effet Soral" que je caractérisais dernièrement, cette façon d'asséner son point de vue en réduisant la distance critique du spectateur, parce que la vidéo enchaine et se poursuit alors que le texte écrit permet au besoin de faire une pause pour digérer et repérer une énormité. Diffuser un speech de ce genre en vidéo au lieu de le faire par texte, dans ces cas-là, ça relève d'une volonté forcément délibérée (il y a plus de logistique et de stockage pour la vidéo), et d'une volonté qui du coup me semble un peu inquiétante.

Et puis ces vidéos sont souvent, quand on clique dessus, précédées d'une publicité plus ou moins inzappable (genre pendant 15, 17, voire 24 secondes*), ce qui ajoute à la lancinante sensation de perdre son temps engendrée par le format. Et là, j'espère que les outils d'analyse de ces sites sont pointus et utilisés. Parce que du coup, les ouaibemastères de ces sites pourront repérer un phénomène très significatif : si je n'attends même pas trois secondes pour fermer la fenêtre, c'est que la vidéo promise ne m'intéressait pas au point que j'accepte de m'infliger pour elle dix-sept secondes de pub pour un prêt bancaire, une bagnole à la con ou un parfum que la plus jolie des pubs ne pourra me convaincre d'acheter puisqu'elle ne me dit pas ce qu'il sent. Si la personne qui avait mis la vidéo en ligne avait vraiment un message à me faire passer, la pub avant l'a empêché de me parvenir. Et plus le temps passe, plus ma tolérance baisse. C'est très bien, en fait : ces pubs chronophages m'empêchent d'encore plus perdre mon temps. Ce n'est pas le moindre de leurs paradoxes.


* Le problème se pose aussi sur Youtube, mais souvent les durées d'inzappabilité sont plus courtes. Il arrivent néanmoins que certaines vidéos ne m'intéressent pas assez pour que j'aille m'infliger ne serait-ce que quatre à cinq secondes de pub avant.

mercredi 29 janvier 2014

Replay, Replay, c'est pas la nana qui butait des aliens ?

Ayé, ils ont collé le Toku Show en replay, cette émission à laquelle j'avais participé sur J-One, où l'on parlait de mangas, de cosplay, de mangas de fesse, de Mein Kampf et de plein de trucs.






Je rappelle que je serai dès demain, dans le cadre du Festival d'Angoulème, en conférences au Conservatoire, dans l'amphi Brassens :

Jeudi 30 janvier à 14 heures : La représentation du Moyen-Âge en BD.
Ce n'est pas une conférence exhaustive cherchant à parler de toutes les BDs à thème médiéval, mais un sujet sur les problèmes de représentation d'une notion floue et largement mythifiée.

Vendredi 31 janvier à 11 heures : Les super-héros vont-ils dans le mur ?
C'est un débat que j'anime, avec des intervenants de haute volée : Xavier Fournier de Comic Box, Xavier Lancel de Scarce, et Jean-Marc Lainé de... Des Livres de Monsieur Lainé.

Samedi 1er février à 19 heures : La représentation du Moyen-Âge en BD.
Reprise de la conférence du jeudi. Comme les années précédentes on a souvent été amenés à refuser du monde, la plupart des conférences ont été programmées deux fois cette année.

jeudi 9 janvier 2014

Fight the system, mais pas n'importe comment

Le problème, avec ces histoires de quenelles, c'est qu'on sera bientôt suspect quand on ira chercher de quoi manger à l'épicerie. Alors qu'avec une bonne béchamel, hmmmm. Mais je m'égare.

Qui plus est, toute l'affaire en cours est l'illustration d'un mal moderne et très particulier que j'appelle "la prime au connard". Nous vivons en une époque où ce qui est le plus répercuté, ce ne sont pas les raisonnements étayés, mais les clashs et les déclarations à l'emporte-pièce. Le type qui aura le plus d'audience, qui fera le plus de "buzz"*, comme on dit, c'est celui qui sera le plus outrancier, ou qui cherchera l'affrontement public tapant le plus bas, avec les arguments de comptoir tellement ras des pâquerettes qu'ils auraient dû manger les racines des pissenlit depuis longtemps. La télé et la radio nous donnent des exemples connus de polémistes multirécidivistes qui se sont ainsi constitué une audience fidèle (composée pour moitié de gens qui les adorent, et pour moitié de gens qui les haïssent, mais on sait depuis longtemps qu'il n'y a pas de mauvaise publicité). De tous bords, les connards ont le vent en poupe.

Des politiciens emploient bien entendu la même technique (on se souvient de Monsieur Jean-Marie L., de Saint Cloud, quasiment l'inventeur du truc, et de Monsieur Nicolas S., de Neuilly) et arrivent ainsi à se constituer de la même manière un public et à occuper l'espace à coups de petites phrases et d'affirmations choc.

Pour ceux qui n'ont pas ou plus accès aux médias, l'internet offre une fabuleuse caisse de résonance. L'internet et particulièrement Youtube. Ils s'y retrouvent tous : anciens arbitres des élégances devenus théoriciens en pouvoir occultes, humoristes à la dérive, rabbins orthodoxes expliquant avec un accent poïpoï que l'internet, c'est mal, faiseurs de documentaires bricolés semblant s'étonner que l'argent n'ait qu'une valeur fictive qui n'est que celle qu'on veut bien lui donner**, illuminés divers en guerre contre le monde et qui voient partout le symbole du diable/complot/puissance d'argent.

Et là, dans une perspective un peu macluhanienne, je peux dire que je trouve significatif qu'ils passent par Youtube pour se trouver un public. Contrairement à un texte écrit, une vidéo de ce genre se consomme sur un mode passif, au rythme quelle crée et qu'elle impose. Quand un texte écrit risque un argument spécieux, il suffit d'un coup d'œil pour s'y arrêter, y réfléchir, l'évaluer, remonter dans le texte, reprendre le fil. La vidéo, elle, elle enchaine. Il faut une action délibérée du spectateur pour mettre sur pause. Dans une vidéo, le spectateur est quasiment prisonnier du déroulé. La vidéo permet beaucoup moins la réflexion posée que ne le fait le texte.

Cerise sur le gâteau, l'audience d'une vidéo est comptabilisée en nombre de vues, affichées en dessous. Point. Les boutons "j'aime/j'aime pas" ne représentent en général qu'une fraction de ce total et il est très difficile d'en tirer des conclusions sur l'opinion globale des spectateurs. Du coup, dans le discours, les faiseurs de vidéos se gobergeront de leurs nombres de vues, les considérant comme une approbation implicite de leurs discours, ce qu'elles ne sont bien évidemment pas.

Dans un environnement pareil, les connards ne peuvent que prospérer : notez d'ailleurs que les vidéos de "clash chez untel" ou "untel remet bidule à sa place à la télé" font de gros scores aussi.

Après, je ne pars pas en guerre contre Youtube. C'est pratique, Youtube, ça me permet de choper des citations de films quand j'en ai besoin pour mon travail, ça me permet de revoir de vieux clips ou de vieilles émissions, et plein de trucs très bien foutus créés par des amateurs brillants.

Y a plein de trucs que j'aime beaucoup sur Youtube. Un machin que je suis en ce moment, c'est Solange te Parle, par exemple, dont le côté neurasthénique barré en vrille me semble un assez bon antidote à l'énervement ambiant, une démonstration qu'il n'y a pas besoin d'être un excité pour être drôle et s'attaquer à de vrais problèmes (comme le mot "sexy" à toutes les sauces ou l'odeur du camembert).

Mais pour en revenir au sujet du jour, on n'insistera jamais assez sur le côté contre-productif de l'interdiction des spectacles, quels qu'ils soient. Comme cette interdiction n'est pas fondée en droit, (la jurisprudence est assez claire : l'humoriste visé a déjà gagné des procès à ce sujet), et que tout le monde le sait y compris le ministre, la seule hypothèse cohérente à ce stade, c'est de se dire qu'elle est délibérément contre-productive. Qu'on fait de la pub exprès à la tournée. Rigolez pas, il y a un précédent très connu. Rappelez-vous comment la Gauche a géré la monté du Front National dans les années 80, et pourquoi, et vous aurez compris le jeu en cours. Les deux camps jouent au même jeu selon les mêmes règles : on tire à boulets rouges sur un ennemi plus ou moins imaginaire en prenant des postures de guerriers bombant le torse comme le premier BHL venu. à ce jeu là, chaque adversaire devient l'idiot utile de l'autre.

Comme, parfois, il faut néanmoins combattre le mal par le mal, j'ai l'intention de proposer à la cantonade un geste "anti-connards" comme il existe des gestes "anti-système" ou "anti-sémites" ou "anti-n'importe-quoi-selon-l'humeur". Je n'en suis pas l'inventeur (de toute façon, "la quenelle" est actuellement créditée à Peter Sellers dans Docteur Folamour, parait-il), mais on s'en fout. Pour expliquer la manœuvre, j'appelle à la barre Monsieur Homer S., de Springfield.

"Quelle quiche..."

Voilà. Vous aussi, résistez, et faites le geste de la Quiche. L'univers et le bon sens vous en remercieront.







* c'est aussi le mot pour tondeuse, en Anglais. Et moi, je dis que tous ceux qui ne vivent que par et pour le buzz comme ça, il ne serait du coup que justice de les tondre à la Libération.

** rappelons à ceux qui voudraient un retour à l'étalon-or que l'or n'a aucune valeur en soi non plus, à part celle que lui attribuent arbitrairement les porteurs de gourmettes, officines de rachat/recel au coin de la rue, et autres traders cocaïnés. Ou alors comme conducteur dans l'électronique, mais c'est un autre problème. En soi, il ne se mange pas, ne rend pas le gens plus intelligents ni spécialement plus beaux même quand ils s'en couvrent, il suffit d'aller dans le Seizième, ou de voir un clip de rap pour s'en convaincre.

samedi 19 octobre 2013

Interrogations métaphysiques

"Pourquoi est-ce que quand je ramasse un numéro du Parisien dans le RER, c'est marqué Aujourd'hui, alors que c'est le numéro d'avant-hier ? Est-ce que je peux les attaquer pour publicité mensongère ?" (un lecteur du Parisien, dans le RER)

"Si les footballeurs se mettent en grève, n'a-t-on pas tout intérêt à jouer le pourrissement du mouvement pour qu'on ait encore moins de football, encore plus longtemps ?" (un type qui veut bien pardonner au mec qui lit le Parisien tous les matins, mais pas au mec qui lit l'Equipe, parce que faut pas déconner, quand même)

"L'incompétence organisée des mutuelles étudiante est-elle un moyen de faire de la trésorerie pour financer des viviers de futurs politiques, ou juste un reflet de la connerie crasse intelligence de nature différente* de ceux qui y travaillent sont payés pour faire acte de présence mais ne respectent même pas les horaires de leur bureau ?" (un type qui se demande si les choses ont beaucoup changé dans les mutuelles étudiantes depuis la précédente affaire DSK l'affaire MNEF et se demande ce que coûte à la vraie sécu la brillante absence de résultat de ces régimes obligatoires qui s'échinent à s'affranchir des règles communes des régimes obligatoires**)

"C'est la semaine du goût. Est-ce qu'il faut se laver la bite, ou pas ?" (Dominique Strauss K., de Paris)







* Oui, je me méfie, maintenant, avec la jurisprudence Morano. 
** D'ailleurs, sur un plan juridique, comment fait-on pour faire tenir DEUX régimes obligatoires sur un même segment ? ça n'a aucun sens.

vendredi 18 octobre 2013

Tirelipimpon sur le chihuahua

Un peu le nez dans le guidon ces jours-ci, alors je n'ai suivi que de très loin l'actualité. J'ai pourtant saisi que Nadine Morano avait porté plainte contre Guy Bedos qui l'avait traité de "conne" et de "salope".

Et là, je me vois forcé de me livrer à une petite mise au point. C'est mal, ce que vous avez fait, Monsieur Bedos. Très mal. On peut penser ce qu'on veut de Madame Morano (moi-même, j'en pense pis que pendre), mais là, vous avez commis une grossière* erreur. Et même deux, en fait.

D'abord, parce qu'on juge un homme à la valeur de ses ennemis, et là, vous venez de vous dévaluer d'un coup. On croirait le Dinar d'ex-Yougoslavie juste avant la guerre.

Ensuite, parce que vous venez de donner à Madame Morano un prétexte à ouvrir sa gueule. Et ça, c'est toujours dommage. On ne l'entendait plus ! Qu'est-ce que c'était reposant. Et là, forcément, vous lui avez tendu la perche et offert une tribune. Manquerait plus que Freddie Lefebvre (dit "les griffes du tapis puzzle") et Eric Besson ne viennent prendre la parole pour la défendre.

Non, franchement, c'est pas bien, ce que vous avez fait.






*Outre la grossièreté de votre formulation. "Personne à intelligence réduite" et "personne à éthique inexistante" auraient été de meilleur aloi. Et avec un peu de chance, elle n'aurait pas compris, en plus.

vendredi 20 septembre 2013

In ze niouzes toudé

Tiens, en lisant le journal, j'ai vu qu'il y avait eu une condamnation hier pour un appel au boycott. Ce qui m'a conduit à m'interroger : comment caractériser un appel au boycott, quand le consommateur a le droit d'acheter ou de ne pas acheter ce qu'il veut (si le consommateur se retrouve obligé d'acheter ce qu'il ne veut pas, ça s'appelle la vente forcée et ça tombe aussi sous le coup de la loi). Et de fait, comme souvent dans ces cas-là où deux principes se heurtent de front, l'affaire est compliquée.

De fait, visiblement, l'appel au boycott ne relève pas, ou pas que de la liberté d'expression.

Dans le cas de la condamnation d'hier, l'appel était ciblé sur un pays, et les gens qui appelaient au boycott ont envahi une grande surface pour coller sur les produits des étiquettes appelant à les boycotter (ou le coup des étiquettes, c'est une autre affaire, j'ai lu distraitement la dépêche en diagonale, ce n'est que le lendemain matin, aujourd'hui, donc, que j'ai pris le temps d'y réfléchir). Et en fait, c'est ça qui est sanctionné, l'entrave physique à l'activité économique, et la discrimination sur critère d'origine ethnico-nationale (mais ça aurait été pareil si le critère était l'appartenance religieuse, les idées politiques ou l'orientation sexuelle).

Autrement dit, s'il est légal d'appeler au boycott de l'Huma, par exemple, il n'est pas légal de le faire en expliquant qu'on boycotte parce que l'Huma, "ce sont des pourritures communistes". Et pareil, il est illégal de boycotter Tétu sous prétexte de l'orientation sexuelle des journalistes de la revue (et il serait stupide de les boycotter sous prétexte de communisme).

Plus amusant, il est donc illégal d'appeler au boycott des spectacles de Jean Roucas sous prétexte qu'il soutient le FN (un parti légal, donc relevant de la liberté d'opinion de Roucas). Alors qu'il aurait été légal d'appeler à les boycotter sous prétexte qu'il n'est plus drôle depuis longtemps*. Sauf qu'avec le boycott d'une mairie à son encontre, il est redevenu amusant, comme je l'ai noté en début de paragraphe. Sauf que là, c'est à son corps défendant et à l'insu de son plein gré**.

Amusant aussi : peut-être que les appels du ministre du redressement productif (après l'affaire DSK, était-ce bien raisonnable de confier un ministère à un type qui s'appelle Monte-et-bourre, et que même Audrey veut p'u l'voir ?) à consommer Français constituent une discrimination envers toutes les autres origines nationale (et dans un domaine qui m'intéresse particulièrement, la BD, conduirait assez vite à ne consommer que des albums des éditions du Triomphe).

Autre info de la journée : un type déguisé en "Ça" (le clown malfaisant de Stephen King) terrorise la ville de Northampton, en Biflandie. C'est amusant à deux titres. D'abord, les gens ont vraiment la trouille, alors que jusqu'ici le type n'a rien fait de répréhensible (il se contente de déambuler dans les rues en regardant les gens). Ensuite, Northampton est le fief du sorcier le plus velu du monde depuis Raspoutine***, j'ai nommé Alan Moore en personne.

Et un duel magique entre Ça et wookieman, moi je dis, ça peut donner grave.





*Notons que je ne boycotte pas Libé parce que leurs jeux de mots à eux ne sont pas drôles : ils sont juste aussi mauvais que les miens. Ma raison de lutter, c'est qu'eux, on les paye pour ça et que je trouve ça assez vexant, en fait.

** Et c'est l'intention qui compte, on ne le rappellera jamais assez.

*** Et à propos du vieux Grigori, je recommande vivement la lecture de Petrograd, qui vient de sortir chez Urban, c'est vraiment bien.

vendredi 13 septembre 2013

Voyages, voyages

On s'en doutait depuis quelques temps, mais les nouvelles analyses des mesures transmises par la sonde Voyager 1 sont formelles : ce bidule bardé d'antennes lancé il y a des décennies a quitté le système solaire et s'aventure dans l'espace interstellaire, là où la main de l'homme n'avait jamais mis le pied, tel l'USS. Enterprise moyen. Et puisqu'on en parle, si vous vous rappelez bien, dans le vieux film Star Trek (le célèbre "not in motion picture"), c'est une sonde Voyager qui revient des profondeurs intersidérales pour nous péter la gueule.

On se rappelle aussi que l'appareil embarque avec lui un message de l'humanité à nos frères d'outre-espace, aussi tentaculaires et globuleux soient-ils parfois. Pour mémoire, je vous remontre à quoi ça ressemblait :


Ce disque d'or est intéressant à plus d'un titre. Déjà, j'espère que les extraterrestres sont mieux équipés que nous. Parce que de nos jours, ce genre de pressage, très peu de gens ont encore la platine pour les passer dessus : les mamies qui ne jettent rien (et qui s'en servent pour passer des vieux Luis Mariano, en général), et les DJs un peu hipsters sur les bords qui trouvent que ouais, quoi, franchement, le numérique, c'est trop de la merde et qu'il faut revenir à l'analogique vintage qui a une âme, lui. Et qui le postent sur fèces-bouc, d'ailleurs.

Car il faut bien le dire, la technologie de ce bidule correspond à un moment assez bref de l'histoire des technologies. Imaginons que la sonde soit récupérée par des aliens qui n'ont pas inventé la roue, et donc que le mécanisme axial d'un tourne-disque pourrait désarçonner, voire choquer (rigolez pas, hein : les Mayas avaient prédit la fin du monde et construit des pyramides, mais n'avaient pas la roue, et on peut très bien imaginer des Mayas de l'espace nantis de moteurs fusée, et de technologies basées sur autre chose que la rotation axiale, la roue étant apparemment tabou, chez eux). Imaginons que la sonde soit récupérée par des aliens qui n'ont pas d'ouïe. Le microsillon leur semblera être une information codée selon des paramètres absurdes. Et imaginons des aliens équipés en tout numérique, là on sera sérieusement dans la merde, ils nous considéreront comme des espèces de tiers-mondistes.

Autre curiosité amusante, outre des chants traditionnels et autres concertos brandebourgeois (plus des salutations en Sumérien, Telugu et Polonais, pour faire bonne mesure), le bidule embarque un message de Jimmy Carter, et aussi du secrétaire général de l'ONU à l'époque. Un certain Kurt Waldheim. Eh oui, un ancien Nazi (les Yougoslaves gardent un souvenir ému de son passage dans les Balkans, d'ailleurs).

Je trouve pas mal qu'on ait envoyé un message d'un ancien Nazi aux extraterrestres. Ceux qui arriveront à décoder le disque malgré toutes les difficultés que j'évoquais débarqueront un jour chez nous en disant "on a reçu un message d'un vieux monsieur très gentil de chez vous, un certain Kurt Waldheim, nous aimerions lui rendre un vibrant hommage", et ce jour-là, je pense que la gène qu'on lira sur les visages du comité d'accueil sera assez drôle.

dimanche 7 juillet 2013

String, non, fais pas le con ! Blam boum patatras argh

Y a des moments où on a des pulsions grotesques. Généralement quand la fatigue fait tomber toutes les défenses mentales bâties au fil d'une vie d'efforts. Et dans ces moments-là, quand on se lâche, on fait par exemple une descente sur la cuisine et on se flingue la tablette de chocolat ou le coulommiers. Ou pire, on file à la supérette s'acheter un pot de Fluff ou une bouteille de sirop d'érable pour faire un sort au pot de mascarpone qu'on a débusqué au fond du frigo. Ce sont des moments où l'on descends plus bas que la bête.

Et parfois, on fait encore pire. Dans l'espèce de torpeur postorgasmique qui suit l'acte de dévoration, on bascule dans un trip régressif. On se met à écouter sur youtube ou ailleurs des merdes de sa jeunesse, genre du Gold ou Emile et Images, et là on se retrouve pris, englué dans une espèce de vortex mental jailli du plus noir des années 80.

Et là, on se remate le pilote de Supercopter.

"Il a vraiment une sale gueule."
(le sénateur qui se fait dézinguer trois minutes après
par l'hélico, en remerciement de cette brillante sortie)

Et Supercopter (Airwolf, en américain dans le texte), c'est un truc complètement représentatif de son époque. Surfant sur l'air du temps, empruntant lourdement au film Firefox sorti deux ans plus tôt et un peu à Retour vers l'Enfer (mais devançant Rambo 2, il est bon de le noter), Supercopter racontait comment un pilote névrosé et misanthrope, encore tout secoué par le conflit vietnamien, est embauché par la Compagnie et par son représentant, le trop classe Michael "Power of the mustache"* Archangel (en tout cas trop classe selon les standards de la première moitié des années 80, qui étaient quand même une époque assez étrange sous ce rapport) pour retrouver un prototype d'hélicoptère de combat qui "botte le cul", selon la trop classe expression de l'assistante.


Archangel et ses drôles de dames.

Le prototype était tombé entre les mains de méchants Lybiens, et donc notre héros, flanqué d'un vieux copain joué par Ernest Borgnine, s'en va infiltrer le pays de Kadhafi, bien avant que ce dernier soit considéré comme fréquentable et soit reçu en grande pompe par de grands présidents de démocraties occidentales. Enfin… Par des présidents de démocraties occidentales. Enfin… Par un président d'un pays d'Europe occidentale. Bref.

J'en avais déjà parlé ici, à l'époque j'aimais bien Supercopter. L'engin était classe, et la série était assez drôle avec son côté reaganien über bas du front. Stringfellow Hawke ferait passer Jack Bauer et Walker le ranger du Texas pour des modèles d'ambiguïté (il a probablement été traumatisé par son bref passage comme apprenti de Charles Bronson, c'était dans Le Flingueur).

"Crève, pourriture communiste !"

C'est un personnage que le scénario tente tellement de rendre sympathique à l'Américain moyen de la fin de la Guerre Froide que ça le rend instantanément odieux. Heureusement, la production l'a flanqué d'un acolyte/mentor rigolo qui sait le recadrer : par exemple, à la fin du pilote, quand Stringfellow continue à appuyer convulsivement sur le bouton du lance-missiles, vide depuis dix minutes (le premier missile a de toute façon eu raison d'emblée du méchant pervers qui torturé la nouvelle petite amie du héros pour lui coller une couche de trauma supplémentaire), c'est le copain qui lui dit qu'il peut arrêter, que c'est fini.

Je reste avec le petit, j'ai peur que sans supervision d'un adulte,
il aille faire des conneries. Alors que pendant qu'il a
son joujou qui valait trois milliards, au moins,
il va pas brûler des bagnoles. Ou alors seulement des Traban.


C'est en revoyant la VF de ce pilote que je me suis avisé que le montage était très bizarre, avec des cuts pas propres du tout, alors que globalement, c'est pas mal filmé, y a même des idées sympas ici et là. En me renseignant un peu, j'ai appris que ça avait été bidouillé en cours de route, mais qu'il existait une réédition plus ou moins avec la version d'origine.


Emporté par une curiosité malsaine, j'ai découvert au moins trois montages différents :

Le montage français et le montage téléfilm US se terminent juste après la mort du méchant. Dans la VF, String joue du violoncelle au bord de son lac, face au soleil couchant. Dans le montage téléfilm, l'hélico survole la mer vers le soleil couchant. Et dans le montage US de la série, on prépare la série elle-même, avec une scène d'Archangel expliquant que lui, le grand manipulateur, s'est fait couillonner en beauté (mais que c'est tout la faute de son patron qui n'a pas joué le jeu), puis s'explique avec String, posant les bases de la dynamique de la série : String garde l'hélico comme monnaie d'échange pour faire pression sur le gouvernement, mais fait les sales boulots. Puis plan de String jouant du violoncelle face au soleil couchant, plus long que dans la VF. Je n'ai pas été éplucher le reste, faut pas déconner non plus, mais j'ai bien l'impression qu'il y a eu du bricolage dans tous les sens.

Du coup, j'ai quand même survolé la suite, ce qui a ravivé des souvenirs  :l'épisode avec le détournement d'avion, coupé lors de son passage sur la 5 par une publicité pour une compagnie aérienne, et qui du coup m'avait fait bien rire, ou les divers vétérans du Vietnam passés du côté obscur que le héros n'ose pas tuer parce qu'il veut savoir où est passé son frangin, et les méchants Allemands de l'Est, et les méchants Russes, et les méchants Lybiens, récurrents et interchangeables. Et les stock shots et autres plans de missiles recyclés d'un épisode à l'autre... Si le pilote était friqué, on sent au fil des trois saisons que le budget s'amenuise** (Il y a bien eu une saison 4, mais elle ferait passer la saison 2 de Cosmos 1999 pour un chef d'œuvre impérissable. Et dans cette saison 4, par ailleurs, la notion de budget tout court devient purement théorique).

(faut dire que les méchants,
quand ils n'avaient pas des têtes de bicots, avaient des têtes de cocos)

Bref, c'est toute un époque qui ressurgit alors que je vois Ernest Borgnine enchainer les séquences d'air navré quand il constate que son jeune protégé est vraiment en train de partir en sucette dans sa tête, que j'entends des communistes à la solde du KGB vomir menaces et imprécations et que j'en viens à me demander si Archangel a eu l'occasion de bosser avec Oscar Goldman avant que ce dernier ne devienne Vice-Président (note à moi-même : vérifier que Ben Santini, dans Stormwatch et Wildcats, ne soit pas par hasard de la famille de Dominic Santini, le vieux dans Supercopter).

J'aimais bien, quand même, quand j'étais jeune et fou et que ça passait sur la Cinq. Et du coup, ça m'a rappelé qu'à l'époque, j'avais fait deux épisodes d'une BD dont les héros avaient bricolé un vieil hélico pour combattre les méchants. Je n'avais jamais terminé le troisième, dans lequel le héros s'échappait d'un bateau appartenant à un savant fou.

J'ai ressorti ces merveilles de leur tiroir, et la larme à l'oeil, j'ai ouvert le vieux classeur dans lesquelles je les conservais. Classeur que j'ai refermé aussitôt avant de le fourrer à nouveau d'une main tremblante dans le tiroir, dont j'ai par prudence égaré la clé dans les minutes qui ont suivi.

Putain, c'était vraiment nul, les années 80.


Curiosité : des fans ont imaginé une version russe de l'engin.
Pire : ils écrivent aussi des fanfics.


* C'est un motif récurrent chez Belisario, le producteur. Il était aussi derrière la création de Magnum P.I., dont Supercopter aurait dû d'ailleurs être un spin-off, au départ.

** Je vous rassure, hein. Je ne me suis pas infligé TOUT Supercopter. Primo, j'ai trop de boulot, et deuzio, je ne suis pas flingué à ce point.

samedi 22 juin 2013

L'univers impitoyaaaaaaa-ha-bleu !

J'étais en train de vérifier deux trois infos sur la bibliographie d'A.E. Van Vogt, pour des raisons assez obscures que j'ai déjà oubliés, quand j'ai été interrompu par un mail m'annonçant une fracassante nouvelle. Non, pas l'éviction de Frigide Barjot de son appart (je déteste cette bonne femme : elle n'a aucun sens de l'orthographe, elle ne sait même pas comment s'écrit son propre nom, c'est désobligeant. Ça s'écrit Bargeot, chez moi, parce que ça permet de construire dessus le substantif "bargeotage", un élément clé de mon vocabulaire), qui est pourtant une nouvelle intéressante, parce que personne encore n'a réussi à m'expliquer comment elle paye 34.000 euros de loyer en déclarant 36.000 euros de revenus. Et en arguant de "faibles revenus" en prime. Y a des trucs qui m'échappent. Ou alors ils mangent des nouilles sans beurre matin, midi et soir.

Non, le mail de mon confrère parlait du retour de Dallas*. Et non seulement la famille Ewing revient, mais en plus, ils ont ajouté Lee Majors au casting.

Et là, forcément, vous me connaissez, ça ne peut que faire chboum dans ma tête. Parce que Lee Majors, c'est quand même le colonel Steve Austin. Et là, forcément, on s'aperçoit que tout se recoupe.

Parce que rappelez-vous : le patron de Steve Austin, c'était Oscar Goldman. Et Oscar Goldman, tout le monde le sait, c'était une caricature de George Bush Père à l'époque où il était patron à la CIA. Et les Bush, c'est le Texas, comme les Ewing. Et le Texas, c'est une mafia, mais avec des Stetson à la place des Borsalino.

Et si les Bush/Goldman étaient acoquinés avec les intérêts pétroliers texans, cela veut-il dire que les trois milliards de l'homme qui les valait auraient été avancés par les Ewing ?

Et là, d'un coup, ça explique de façon rationnelle un coup de théâtre de Dallas qui avait pas mal fait causer en son temps.

Attention, Spoilers ahead, comme on dit.

Après la tentative d'assassinat contre JR Ewing, on décide de renforcer la sécurité au ranch. Les Ewing empruntent son meilleur agent à Bush/Goldman. Steve Austin se mêle donc à la famille.

Mais Sue Ellen décide de le faire boire. Et là, c'est le drame.

Fin cuit, Austin termine termine dans la piscine avec Bobby Ewing, qui lui montre son beau slip jaune tout neuf. Et pour ne pas demeurer en reste, Austin lui montre son slip orange assorti à sa combinaison de travail. Et alors là, ils se tapent dans la main en disant "copain", mais hélas, Steve Austin disjoncte à cause de l'eau de la piscine qui s'infiltre dans ses circuits électroniques. Et forcément ça électrocute Bobby, qui devient amnésique, s'enfuit** et est retrouvé par les mecs du sous-marin Cetacean, qui croient qu'il vient de l'Atlantide, alors qu'en fait il est Texan***. Et pendant ce temps-là, au Texas, Bobby passe pour mort. Mais c'est justement pour ça qu'il revient par la douche : il est remonté par les tuyaux d'évacuation après avoir retrouvé la mémoire, et plutôt que d'expliquer ce qu'il fricotait en slip jaune avec le docteur Elizabeth Merrill, il réussit à faire croire à sa femme que tout cela n'était qu'un rêve. Et tarés comme le sont les Ewing, elle y croit.

Voilà. Maintenant vous savez tout sur ce qui s'est vraiment passé dans Dallas.

Mais le retour de Steve Austin dans la série, sous le nom de Ken Richards, signifie-t-il qu'il infiltre la famille Ewing pour faire éclater la vérité ? Est-il resté espion, alors qu'Oscar Goldman devenait président des Etats-Unis ?

Ce suspense est insoutenable. Je ne sais pas si je regarderai la série ce soir, du coup, mon petit cœur n'y résisterait probablement pas.


* Et s'inquiétait accessoirement du fait que la nouvelle série ne semblait pas prendre en compte les évènements décrits dans les deux téléfilms de Dallas des années 90. J'ai des potes encore plus barjots bargeots que moi.
** Il est renversé par une bagnole au passage, d'ailleurs, ce qui accrédita à l'époque la thèse de l'accident.
** mais il est intéressant de noter que la mythique Aztlan des Aztèques, qui est l'Atlantide des Mexicains, comme son nom l'indique, était située d'après la légende au nord du mexique, donc aux alentours du Texas (tout se recoupe encore, c'est magnifique)



dimanche 16 juin 2013

Les super-héros étaient parmi nous

Me voilà rentré de Bussy Saint George où, à l'invitation de la médiathèque de l'Europe, j'ai donné une causerie  sur le thème des super-héros.

Bon, là, j'ai fait mon Fidel Castro et j'ai complètement débordé sur l'horaire*, et il a fallu que j'abrège le passage pourtant passionnant sur la symbolique des origines dans les comics de super-héros.

Cette fois-ci, le rétroprojecteur marchait magnifiquement, ce qui m'a permis de faire découvrir au public des images accablantes de Superboy collant des mandales à des singes géants, ou d'Adam West juché sur un éléphant (ce dernier cliché me permettait de démontrer que les super-héros sont capables de survivre à absolument tout. La preuve : Batman a survécu à Adam West).

Puis j'ai dédicacé une poignée de mes bouquins, pris l'apéro avec les autres auteurs présent et les bibliothécaires, puis foncé à Paris pour retrouver mes filles et la correspondante anglaise de l'une d'entre elles pour leur faire découvrir Montmartre la nuit. Je sais, c'est le piège à touristes par excellence, mais justement, c'est le Paris de carte postale que les Anglais s'attendent à découvrir et qui n'existe plus vraiment, sauf dans un rayon de quelques rues.

Et j'ai découvert que crapahuter à Montmartre dans la foule avec à l'épaule dix ou douze kilos de bouquins (j'avais amené mon propre stock à la dédicace), c'est dur. Très dur.

C'est dans ces moments-là qu'on découvre qu'on n'est pas un super-héros.


C'est vrai, quoi :
Les gens ont le droit de savoir.







*"L'horaire, l'horaire", disait le bibliothécaire au fond de la salle en se caressant le front d'un air marlonbrandesque quand il a vu que j'allais mordre sérieusement sur le temps consacré à la conférence suivante.

vendredi 7 juin 2013

Vente de polos tragique : un mort

Du fait d'une panne de courant due aux orages qui m'a paralysé une partie non négligeable de la journée d'hier, je n'avais pas trop suivi l'actualité.

La fée électricité enfin revenue, j'ai pu découvrir ce qui s'était passé ces derniers jours dans notre beau pays.

Et j'avoue avoir du mal à complètement assimiler un concept comme celui de la vente privée de polos pour extrémistes. Parce que c'est ça la clé du fait divers dont tout le monde parle. Le fait qu'il y ait eu des fachos d'un côté et des anars antifafs de l'autre n'est qu'anecdotique*, à ce stade (bon, sauf pour le type qui s'est fait repasser, on est bien d'accord). Le point qui me chiffonne, c'est que les deux bords se présentent comme des genres de rebelles, étant chacun à sa façon contestataire du consensus républicain. Et que ces deux bords, rebelles et ennemis, se retrouvent dans une vente privée de fringues, le truc bourge par excellence, déjà ça me fait hausser le sourcil. Qu'en plus, les fringues en question soient des polos conçus initialement pour le tennis, et qu'ils puissent être vus comme un marqueur de rebellitude, alors là j'ai de quoi m'esclaffer : voyez les valeurs que porte le tennis, sponsorisé par la BNP, avec du rupin embagouzé par paquet de soixante dans les tribunes de Roland-Garros, et vous comprendrez qu'il y a là comme un décalage conceptuel, une dissonance cognitive que je ne pense pas être pleinement en mesure de surmonter**.

Il faut dire déjà que les marques de fringues comme moyen d'assumer son identité, c'est un truc qui m'est toujours passé un peu au-dessus de la tête (genre tellement au-dessus que ça a failli percuter Pluton pas plus tard que l'autre jour). J'ai toujours vécu en suivant une conception visiblement rétrograde selon laquelle l'identité se construit à partir de ce que l'on fait, et pas des chiffons dont on s'affuble ou qu'on brandit. D'accord, le résultat c'est que je m'habille notoirement comme un sac (j'ai remarqué que c'était un marqueur identitaire des auteurs de BD, d'ailleurs : j'en connais des tas qui sont dans le même cas, mais je vous jure que c'est pas exprès. et puis il y en a quand même quelques uns qui s'habillent classe. pas beaucoup, mais y en a). Le côté uniforme, signe d'appartenance et de reconnaissance, j'ai toujours trouvé que c'était un truc de Nazis***. C'est valable pour le bomber à croix gammée comme pour la kipa, la soutane, le pantalon de survète rentré dans les chaussettes blanches sous la djellaba, le costume Armani avec la cravate qui va bien et le sourire de fourbe, le short de footballeur, la gourmette, la casquette trop grande et de travers, le carré Hermès et ainsi de suite. Tous ces trucs m'inquiètent d'emblée, m'incitent à la méfiance. C'est même une des raisons qui me conduisent à penser du mal de gens qui s'affublent du masque de Guy Fawkes pour aller manifester, même si c'est une icône que j'apprécie, et même si je peux à l'occasion sympathiser avec leurs idées.

Toujours est-il que mourir pour des idées, c'est un truc que je peux éventuellement comprendre (même si je suis du clan Brassens, pour ça, plutôt partisan que ce soit de mort lente). Mais mourir pour des polos, là, non, j'ai quand même du mal à me faire au concept, je suis pas capable d'assimiler ça.


En plus, si on les laisse porter des polos,
ils seraient foutus d'aller danser en boite au Club Med, après !

Sinon, j'ai étrenné aujourd'hui mon bidule à découper facilement les avocats en lamelles (les trucs verts qui se mangent, hein. Pour les baveux du prétoire, je ne crois pas qu'il existe un instrument spécifique, et s'il existait, il ne serait probablement pas en vente libre. alors que mon machin pour les salades, oui), et c'est vachement pratique. Vachement bien. Je ne regrette pas mon achat. Effectué il y a six mois. Et je crois que ça risque d'être la fréquence d'utilisation du truc, parce que je les manges à la cuiller, mes avocats, la plupart du temps. Je fais rarement des salades avec. Mais sinon, excellent ustensile, astucieux, efficace et tout. Les gens devraient plus faire la cuisine et moins acheter de polos, ils ne s'en porteraient que mieux, moi je dis.





*Que les choses soient claires, hein : de base, quand un facho tape un gaucho, je suis plutôt dans le camp du gaucho. Et quand c'est un gaucho qui tape un facho, j'ai du mal à donner tort au gaucho. Bon, quand un gaucho attrape une vache en Argentine, mon affiliation est plus nuancées. Faut dire que j'ai failli me péter le nez la seule fois où j'ai tenté de manier leur bidule à boules, là.

**Alors je sais, j'ai été vu en public et par des millions de personnes vêtu de polos bariolés. Le cas était néanmoins un peu différent : on m'avait demandé de porter des trucs de couleur, et vu que j'avais essentiellement du noir dans mon placard, j'ai été passablement emmerdé. Ça s'est soldé par un passage éclair en grande surface pour toper un lot de n'importe quoi de couleurs vaguement télégéniques, et à pas cher histoire ne pas y laisser ma chemise, parce que bon. Du coup, j'ai une pile de polos qui prend la poussière dans mon placard. Mais c'est pas de la marque, alors l'honneur est vaguement sauf (enfin bon, c'est ce que j'essaie de me faire croire, en tout cas). Non, là où il faudra vraiment s'inquiéter, c'est si je mets à porter des pantalons en velours côtelé. Ce jour-là, abattez-moi directement.

***Du coup, on reparle beaucoup de Batskin, là, alias Serge Ayoub. Et je suis le seul que ça chiffonne, de voir un leader skin avoir un nom de bic... de bougn... Enfin, un nom pas plus Francuz que le mien ?

dimanche 2 juin 2013

Back from the talk

J'étais arrivé hyper préparé pour ma conférence. Ayant mesuré les raisons de mes soucis de cet hiver, j'avais complètement abandonné le principe du plan sur papier, décidant de m'en remettre exclusivement à une iconographie hyper structurée (l'autre raison de mes soucis, c'était que je n'avais pas dormi la nuit précédente. Mais comme je suis grièvement sujet au trac, j'ai pas plus dormi cette fois-ci, sans plus avoir l'excuse des copains et des verres de bière). Donc, j'avais sur moi 116 images, mises dans le bon ordre, permettant d'évoquer 100 ans d'histoire des comics, avec des auteurs, des personnages et des concepts clés. Plus Superboy distribuant des mornifles à des gorilles démesurés et Adam West juché sur un éléphant. Les images me servaient d'aide-mémoire, de guides, de moyen de rythmer la conférence, et d'illustrer certains points qui méritent d'être vus (le lettrage, par exemple, ou le travail des couleurs).

Et bien entendu, quand je suis arrivé, un problème de communication a fait qu'il n'y avait pas de projecteur. Ce sont des choses qui arrivent.

Sauf que j'étais là, devant mon public, sans un papier ni une image. J'ai hésité à aller piller le rayon comics de la bibliothèque (très bien fourni, d'ailleurs, alors que généralement, le comics est un peu le parent pauvre du rayon BD, dans les bibliothèques municipales), mais j'ai fini par renoncer : je me voyais mal brandir bouquin après bouquin pour montrer des cases minuscules à la cantonade en disant "vous voyez, c'est bien ce que je disais : dès qu'il dessine Peper Potts en train de mettres des vents à Happy Hogan, on comprend que Don Heck était taillé pour les romance comics, et pas pour les trucs de super-héros pif paf."

Et donc, ça a été les mains dans les poches, en étant bien content que je me sois cantonné à un plan parfaitement chronologique, ce qui permettait d'être raccord sans avoir besoin d'avoir des notes sous les yeux.

Les gens ont été contents. Après mon speech, les questions du public ont été d'autant plus intéressantes que ce public était varié, avec des gens ayant découvert les comics assez récemment, et d'autres étant des lecteurs de longue date (ceux-là, je les avais repéré dès le début de la conférence : ce sont ceux qui avaient un sourire entendu quand j'ai dit "et pour boucher un trou dans le premier numéro d'Action Comics, l'éditeur finit par accepter une histoire de Siegel et Shuster dont personne ne voulait, et qu'ils étaient tout contents de vendre pour deux cent dollars"). Mais du coup, il a fallu aussi que je fasse la traduction simultanée quand les fans posaient des questions. Parce que les autres ne savaient pas forcément ce qu'était un TPB, qui était Cable ou pourquoi il ne convient pas de faire lire The Boys à des enfants de dix ans. De là, la conversation a dérivé sur la censure dans les comics aux USA, la censure dans les comics en France, et donc fatalement sur le slip de Tarzan, les pulsions SM inconscientes de Moulton, et les publications Elvifrance.

Ce qui fait que, malgré l'incident technique initial, ça s'est quand même remarquablement bien passé. Et qu'en rentrant, j'ai hyper bien dormi.

dimanche 21 avril 2013