mardi 25 avril 2017

Pendant ce temps

Plutôt que de m'énerver sur Internet comme je l'ai fait ici même hier, j'ai préféré sortir un peu. Ça ne fera pas grand bien à ma productivité déjà défaillante, mais ça me fera du bien à moi, ce qui est déjà ça de pris par les temps qui courent.

Les iris commencent déjà à faner. Ça m'attriste toujours, le moment où fanent les iris. C'est une fleur que j'aime bien, qui a un côté négligé, un poil sauvage, mais pourtant élégant. Et pour moi, ils signent vraiment l'arrivée du printemps, avec les hirondelles et les déclarations des impôts et de l'agessa. Y a plein d'iris tout autour de chez moi et ça me fait du bien de déambuler en les regardant.

Y a des poules d'eau juste en face, aussi. Ça aussi, j'aime bien. J'ai appris à ma fille à les différencier des foulques, qui leur ressemblent beaucoup, et qu'on trouve un poil plus haut sur le fleuve. Même si le foulque est plutôt une spécialité du val de Loire, c'est pour ça qu'on parle de foulque d'Anjou*.

Je vous parle de la Seine et de la Loire, mais en fait, c'est si vous êtes vers le confluent de la Saône et du Rhône que vous pourrez me voir ce ouiquende. Je participerai dimanche à une table ronde sur la figure du Héros dans le cadre des Intergalactiques de Lyon. Parler de héros nous fera du bien, en cette époque de crapules et d'imprécateurs dégénérés. Mais souvenez-vous, on a les héros qu'on mérite.

>> se drape dans sa cape et s'enfuit entre deux iris sur le grand air du Dark Knight par Hans Zimmer<<








*Ce calembour aussi mauvais qu'érudit est un moyen de nous remonter le moral à peu de frais. Comme tous les moyens à peu de frais, son efficacité n'est pas plus garantie que l'honnêteté d'un programme politique ou d'un candidat LR.

lundi 24 avril 2017

After

Je suis épaté par ma propre capacité à encaisser les résultats électoraux.

Par ailleurs, ça vaut vraiment le coup d'étudier la carte détaillée ville par ville. Il y a une espèce d'ancrage rural, périphérique, au vote FN, ce qu'avaient déjà noté des sociologues. Ça semble se confirmer en examinant ces cartes, ces grandes taches marquant le territoire comme un lichen dégueulasse.

En tout cas, on s'habitue, en fait, j'ai l'impression. Ce qui est très curieux, quand même, c'est cette capacité qu'ont les politiciens d'envergure nationale à basculer dans le grotesque, alors que les occasions que j'ai eu, dernièrement, de discuter avec des élus locaux, même d'autres bords politiques que le mien, ont toujours été enrichissantes, riches de points de vue concrets sur des problématiques réelles. Mais arrivés à une certaine hauteur, faut croire que ça esquinte. Il suffisait de capter les exercices de langue de bois des uns et des autres, les crises de déni violent, les repassages de patate chaude et les premiers coups couteaux dans le dos en vue des inévitables recompositions. Quelques uns, pourtant, restent dignes dans l'exercice, voire l'épreuve, du commentaire des résultats. Mais ce n'est pas la majorité du genre.

Notons que, dans leur programme, les deux survivants du premier tour étaient contre la prise en compte du vote blanc. Maintenant, nous voyons bien pourquoi. Ils avaient tous les deux peur de voir l'élection invalidée si trop nombreux étaient ceux qui refusaient de choisir.

Je dis ça, je dis rien. Dans mon entourage, ce débat a un caractère houleux. Mais je crois qu'il est temps de le tenir, ce débat, et de ne pas s'en tenir aux grandes imprécations visant à culpabiliser ceux qui ne se reconnaissent pas dans les échappés d'école de commerce qui faisaient péter le champagne hier soir, de ne pas en vouloir à ceux qui ne voient pas trop où est le "notre" dans "c'est notre projeeeeet". L'hystérisation du vide, ça va cinq minutes.

Et notons que du coup, son champion étant adoubé, Valls en profite pour repointer le bout de son nez, alors qu'on s'en croyait débarrassés pour longtemps. Tout comme, dans la foulée de 2002, quand il s'est agi de faire barrage au FN et de gérer la suite, on s'est ramassé Sarkozy dont on pensait jusqu'alors qu'il était carbonisé à jamais depuis 1995…

Bref, oui, je suis de mauvais poil. Oui, je sais que ce que je dis ici va me valoir un paquet de récriminations. Oui, je sais que nous sommes peu ou prou dans la situation qu'a connue l'Amérique en Novembre. Mais en 2002, un Chirac grillé a réussi à jouer ce coup-là pour remporter une élection qu'il ne pouvait pas gagner. Aujourd'hui, un Hollande dont plus personne ne veut a réussi à placer un type en carton qui poursuivra sa politique. On nous refait le même coup. La Cinquième République a vécu, et elle est en train de mourir dans des affres crapoteux.

Le bulletin blanc n'a pour l'instant aucune valeur institutionnelle, et ce n'est pas avec ces deux-là que ça changera.

Mais il peut avoir, je crois, une valeur morale. Par les temps qui courent, la valeur morale, c'est rare et précieux.

Et ensuite, il y aura les législatives. Et c'est là qu'il faudra vraiment voter, et rendre ingouvernable ce pays.

samedi 15 avril 2017

Comme le temps passe…

Il y a ce genre de moment où, quand on consulte des cartes montrant comment c'était à l'époque, on trouve un endroit parfait pour situer une bataille, dans un roman que l'on est en train d'écrire.

Et puis, pris de curiosité, on regarde la carte de maintenant.  Et à l'endroit de la reddition épique du Dernier Romain, il y a maintenant un golf et un concessionnaire Volkswagen.

Tout de suite, ça perd en magie.




Bon, rien à voir, mais j'ai été interviouvé par un vil faquin.

vendredi 14 avril 2017

Peter !!!!

Bonne surprise au courrier (bon, l'éditeur m'avait prévenu que c'était imminent, mais je ne pensais pas que ça imminait à ce point), je viens de récupérer mon premier exemplaire de L'Île de Peter, mon nouveau roman sorti chez les Moutons électriques.



Sous très jolie couverture brillante du toujours excellent Melchior Ascaride, ce bouquin (un poil plus petit et plus court qu'Eschatôn) se veut une réinterprétation de Peter Pan, avec tous les accessoires officiels : capitaine colérique, bosco bonhomme, crocodile carnassier, fée fluette et ainsi de suite.

Il sort le quatre mai, donc dans pas longtemps, et j'entamerai à cette occasion une tournée de signature qui m'emmènera de la Villette à Epinal en passant par quelques autres lieux à préciser.

Par contre, je viens de m'apercevoir avec horreur que le petit mot de remerciements s'est perdu en route. Mais Cathy, Mariane, Peio et le personnel de la Médiathèque Blaise Cendrars de Conflans, sachez que je vous sais gréé de votre aide.







Pour ceux qui voudraient en savoir plus, les petites infos qui vont bien :


« Tout bien considéré, vous avez eu de la chance dans votre malheur. Vous avez échoué sur cette île-ci, et pas sur celle où les enfants se transforment en ânes, ni celle où les marins deviennent des cochons. Y avez-vous pensé à ça, capitaine ? »


Qui est ce vieux marin qui traîne sa dégaine dans les rues de l'East Village à la recherche d'herbes médicinales très particulières et pourquoi Joab, le caïd du quartier, cherche-t-il sa piste dans des vapeurs narcotiques ?

Ce sont ces questions auxquelles devra répondre Wednesday, policière à New York, alors qu'elle se retrouve exilée sur une île tropicale étrange et pourtant familière...

  • ISBN : 978-2-36183-357-2
  • Broché
  • 14 × 18.2 cm
  • 224 pages
  • À paraître le 4 mai 2017

mercredi 12 avril 2017

Niouzes en vrac

Pas beaucoup causé sur la War Zone, ces derniers temps. C'est pas tant que j'aie trop de boulot, mais justement, après une grosse phase de trop de boulot, je profite de l'accalmie pour faire tout un tas de truc que je repoussais depuis des mois, genre finir un coin de mur de la maison (doublage du mur, divers raccords, mais aussi un peu d'électricité et de bidouilles diverses) ce qui prend un temps fou quand on veut le faire bien.

Par ailleurs, je suis pas mal sorti. J'ai dédicacé au Salon du Livre et au Festival des Mondes Imaginaires de Montrouge, participé à deux tables rondes sur Lovecraft, donné un stage sur la BD, fait des interventions en milieu scolaire, réalisé deux illustrations de flyer, écrit des articles pour Geek le Mag (il y en a aussi un pour La Faquinade, mais en fait il était déjà écrit depuis quelques temps, et normalement ils vont aussi passer une interview de mézigue dans pas longtemps), préparé des interventions à venir, je boucle une préface, j'ai répondu à des interviews d'étudiants en traduction, bref je n'ai pas chômé.




Ah, et j'ai dans la boite à peu près 10% de mon prochain roman, c'est pas rien (bon, le début est encore laborieux, va peut-être falloir que j'y coupe des trucs et des machins, mais ça avance, en tout cas).