jeudi 31 décembre 2015

Considération de dernière minute

La presse emploie le mot "tacler" à tout bout de champ.

Comme je ne m'intéresse absolument pas au football (juste assez pour savoir que "tacle" est un terme footballistique, et encore, uniquement parce qu'un personnage d'une BD lue jadis se vantait d'être le "meilleur tacle de l'équipe de Manchester"), je n'ai pas une idée précise de ce à quoi ça peut correspondre ou ressembler.

Bon, le contexte des manchette en "tacle" fait que j'ai bien compris, depuis le temps, que c'était un truc pas cool. Mais en fait, je m'en fous un peu.

Parce que j'ai décidé d'appliquer l'arithmétique de base au phénomène. Le match qui a réuni le plus de téléspectateurs ces dernières années dans ce pays a fait un score de 16,9 millions. Dans un pays de 65 et quelques millions d'habitants, ça en fait un divertissement ultra-minoritaire, il va falloir que les gens s'en rendent compte et cessent de nous bassiner avec. Avec près de 50 millions de Français qui ne regardent pas les matchs, et en appliquant la logique qui veut que 100.000 électeurs de plus pour un camp que pour un autre suffise à décréter que "les Français veulent ceci et pas cela", je détiens la preuve que les Français ne veulent pas du foot, cette saloperie corrompue qui a produit le scandale de la FIFA et bien d'autres scandales auparavant*. Donc il serait souhaitable qu'on cesse de nous bassiner avec en tentant de nous faire croire que tout le monde aime ça. Ce n'est pas vrai. Qu'on nous foote la paix avec le foute. Ou l'inverse. Bref.

Voilà, la vraie bonne résolution de 2016, abolissons le football. Je propose de lancer une pétition pour un référendum d'initiative populaire à ce sujet, qu'on en finisse avec les demeurés corrompus, les spectacles grotesques de leurs coiffures ridicules et la passion morbide de nos politiques pour ces pitreries cocardières.



*Le simple fait que Sarko se vante d'aimer le Parc des Princes devrait vous mettre la puce à l'oreille, quoi, merde. Et notons que si les terroristes ont tenté de s'attaquer au Stade de France, ils s'y sont pris comme des manches et n'y ont fait aucun dégât. Coïncidence ? Je ne crois pas. Ça sent la diversion.

Et année, elle vécu ce que vivent les années... Le temps d'un an

Bon, c'est pas pour dire, mais 2015 m'a l'air mal partie pour passer l'hiver.

Plus inquiétant, c'est l'hiver lui-même qui risque de ne pas passer l'hiver. Tant mieux, vous me direz, ça réduit ma facture de chauffage, mais quand même.

Bon, en tout cas, bon réveillon à tous et à l'année prochaine pour de nouvelles aventures !

mercredi 30 décembre 2015

Hannibal relecteur

Je suis à fond dans la dernière ligne droite des relectures de mon roman.

Et j'en chie. Des homards.

Faut dire que je me suis mis tout seul dans un vilain traquenard : après avoir envoyé mon premier jet à l'éditeur, j'ai commencé à le remanier. Et quand mon éditeur m'a renvoyé mon texte décoquillé et mis en forme... Il a fallu que je reparte de son fichier pour les corrections finales. Sauf que j'avais fait plein de corrections, une foultitude de corrections, une montagne de corrections et d'ajouts... Dans mon propre document. Résultat, faut que je reporte tout ça dans le doc de l'éditeur, qui sinon va me faire les gros yeux et il aura bien raison. Mais comment cannibaliser mon doc sans cochonner le sien ?

Heureusement, j'ai découvert la fonction de comparaison des versions de Word. Je connaissais pas. D'autant que je n'utilise plus Word depuis des années, vu qu'il s'agit de ce genre de logiciel tentaculaire dont invariablement chaque mise à jour fait regretter la précédente. Mais là, pas possible d'y couper. Donc Word, comparaison des version, liste de différences entre les deux fichiers, et à moi de picorer dedans pour opérer mes ajouts sur le doc final sans saloper les corrections de l'éditeur.

J'ai les yeux qui saignent.

L'année finit bien, encore.

mardi 29 décembre 2015

Iron Sky 15

Je constate atterré la situation en Corse. Elle a l'air de surprendre, mais si l'Histoire nous a appris quelque chose, c'est bien que de Bonaparte à Tibéri, ce sont des margoulins mafieux inassimilables, une cinquième colonne qui gangrène notre belle démocratie qui n'avait pas besoin de ça, déjà qu'on a les émigrés de deuxième génération hongrois et catalans genre Sarkozy et Valls sur le dos, la France n'a pas vocation à ramasser tous les dingos du monde, quand même. D'ailleurs, la déchéance de nationalité, ça marche, pour les Corses ?

Mais allons voir si l'herbe est plus verte dans d'autres pays... Genre en Amérique, pays des braves et de la liberté, où le droit de porter une arme est constitutionnel et défendu bec et ongles. Sauf, visiblement, quand on est jeune et noir. Là, des blancs nettement moins jeunes font usage de leur propre droit à porter des armes en remédiant à la situation d'une façon expéditive, mais visiblement légale, puisqu'ils sont systématiquement... Blanchis.

Pendant ce temps, une journaliste française a été expulsée de Chine. Elle essayait de comprendre ce qui poussait les Ouïgours à la contestation du gouvernement central. Visiblement, la Chine est sur la même ligne du Parti que la France, et toute tentative de contextualisation, d'explication ou de mise en perspective est considérée comme de la "culture de l'excuse".

Et à propos de culture de l'excuse, ça tombe bien que ce soit mal vu, puisque comme ça, on sait d'emblée et d'office que nos gouvernants n'ont aucune excuse d'aucune sorte pour rien. Peut-être qu'on enverra plus de politiciens et de banquiers en prison à l'avenir (rappelons que les politiciens et les banquiers sont ces assistés qui vivent de notre pognon en nous faisant des leçons de morale sur comment le dépenser). Ce serait bien, non ? Comme résolution de nouvel an ? Parce que ça s'annonce passionnant, 2016.

jeudi 24 décembre 2015

So hotte

On m'a fait remarquer dernièrement que je me faisais un peu rare. Bon, l'année s'est terminée sur les chapeaux de roue en termes de boulot : des traductions, la réalisation du deuxième chapitre de Projet Tentacules (c'est pas le vrai titre, hein) (au passage, si quelqu'un sait à quoi ressemblait Halloween en 1926, et si même ça se fêtait, n'hésitez pas à me tenir au jus), les relectures d'Eschatôn Diakonoï... Bref, je chôme pas.

Et puis bon, vu que maintenant, rien que le fait d'éternuer de travers peut tomber sous le coup d'une accusation d'apologie du terrorisme, je me méfie de ce que je raconte.

Du coup, je vais parler de mes dernières lectures du mois écoulé. Si ça se trouve, ça vous donnera des idées pour les cadeaux de dernière minute aux copains.

Enfin mis le nez dans le bouquin de Gleick sur la Théorie du Chaos. C'est un classique, dont tellement d'éléments ont été diffusés par ailleurs que j'avance en terrain relativement connu, mais l'avantage c'est que là, tout est remis en séquence et en perspective.

Enfin lu Jurassic Park, de Crichton, le bouquin qui a inspiré vous savez quoi. C'est pas mal. Je suis pas client des grosses astuces de thriller et des gros clichés du genre (punaise, ça se sentait dans le film, mais de ce point de vue là, le bouquin est encore pire, c'est cliché sur cliché) mais y a aussi plein de chouettes idées, et c'est rigolo de voir de quelle façon les films ont picoré dedans, et de voir comment telles scènes, recontextualisées, se sont retrouvées dans le 2, ou quels bouts d'éléments assemblés dans le récent truc avec Chris Pratt (film globalement très con, malgré quelques idées très intelligentes). Faudra que j'essaie de toper la suite, le Monde Perdu, pour voir ce que ça raconte.

Relu tous les Fantastic Four de John Byrne. Il m'en manquait quelques uns que j'ai récupérés dernièrement, et du coup, là aussi je me suis tout relu en séquence et à la file. C'est toujours curieux, Byrne, une succession d'idées brillantes (Kristoff, le procès de Galactus), d'idées sympas (She-Hulk et Wyatt Wingfoot) et d'idées très con (le retour de Jean Grey, Tante Pétunia). Mais bon, ça se lit encore très bien, contrairement aux FF de Hickman où là, j'y arrive vraiment pas. (par contre, les épisodes récents de James Robinson sont vachement bien, et signent pour moi le vrai retour de l'auteur de Starman et de Golden Age) (il sort enfin de l'ornière karmique dans laquelle l'avait foutu son scénar pour le film LXG).

Enfin mis le nez dans La Forêt des Mythagos, grand cycle de fantasy de Robert Holdstock, qui m'effrayait un peu et que je n'avais dès lors pas encore abordé. C'est très subtil, très élégant, et ça tourne autour de plein de thèmes qui m'ont toujours fasciné, comme la construction d'un mythe, l'appropriation et la rétroaction des archétypes. Dit comme ça, ça a l'air sec, mais en fait c'est brillamment mis en scène.

Je suis en plein dans La fille automate de Paolo Bacigalupi, qui a eu des prix Hugo et Nebula en pagaille et qui m'avait été vivement conseillé à la bibliothèque. C'est presque du cyberpunk dans le traitement, mais du cyberpunk passé à la moulinette des préoccupations environnementales. On a les mêmes concepts de dissolution nationale (avec ici un petit pays qui résiste) et de pouvoir aux grandes entreprises. Sauf qu'ici, après un désastre écologique lié aux OGM et après la montée des océans, l'enjeu ce n'est plus le contrôle des réseaux, mais celui des souches génétiques. C'est blindé de superbes idées, et c'est très actuel dans les préoccupations. Je ne connaissais pas cet auteur, mais je vais regarder de plus près ce qu'il fait.

Bon, voilà voilà. Joyeux foie gras à tous (ou tout autre poison de votre choix, le saumon est également de mise en cette saison, bien sûr).

mercredi 9 décembre 2015

Polémique, mique-mique-mique

Plus le temps passe, plus je me rends compte que les ouvrages de controverse historique me gonflent. Ce n'est pas la première fois que je me fais la réflexion, mais quand je fais des recherches pour un projet ou un autre, il arrive que je me retrouve d'un coup sur des sables mouvants conceptuels, sur des terrains où les historiens s'entre-étripent gaillardement.

Et ce dont j'ai besoin, quand je mets le nez dans des bouquins (donc des choses conçues pour rester, n'en déplaise aux éditeurs qui fonctionnent à coups de "coups"), ce n'est pas forcément de certitudes, non, mais au moins d'un état des lieux de la connaissance. Si la connaissance est mouvante, alors d'un état des lieux de ces mouvements, d'un exposé synthétique séparant les faits connus et leurs interprétations possibles. Au pire, que la thèse hétérodoxe soit donnée avec ses clés (et la comparaison avec une éventuelle thèse dominante) et ses sources.

Le fait que les tenants de l'une ou l'autre thèse soient des crétins, des vendus ou des moins que rien, je m'en fous un peu (ce n'est jamais dit dans ces termes, hein, mais c'est globalement à ça que ça revient) et ça parasite la recherche des éléments intéressants. Tout au plus puis-je m'intéresser au contexte politique qui fait émerger telle ou telle version (c'est souvent un facteur clé, d'ailleurs). Mais les procès d'intention, les pages après page d'explications visant à prouver que "y a que moi qui ai raison et vous êtes tous des méchants ou des cons", ça me gonfle, même quand le mec a vraiment raison. Et l'Histoire a l'air d'être propice à ça. Ça existe en médecine, vous me direz, mais neuf fois sur dix, on peut sourcer le discours dissident jusqu'à des postures de nature religieuse, sectaire ou apparentée, ce qui permet de faire beaucoup plus facilement le tri entre les hypothèse nouvelles et prometteuses, les alertes bienvenues et les délires paranoïdes et complotistes (il y a un bouquin à écrire sur la croisade anti-vaccination des homéopathes, ses sources philosophiques et la vision du monde que cela sous-tend). Ça existe également en physique fondamentale, mais l'Histoire touche à la mémoire collective et à l'interprétation des mouvements de la société présente, alors le ton monte beaucoup plus vite (et en physique, ça se règle généralement à coups d'équations inaccessibles au commun des mortels, qu'on ne peut donc pas prendre à témoin des conflits).

Mais donc, de nos jours, l'espèce d'hygiène épistémologique consistant à séparer les faits, l'interprétation et la polémique me semble devenir de plus en plus rare. De mon côté, en tant qu'auteur de fiction, je m'intéresse toujours aux interprétations déviantes parce qu'elles peuvent fournir du bon biscuit pour des histoires, que ce soit en BD ou ailleurs. Toute la difficulté, et tout le sel, aussi, c'est de ne pas être dupe ensuite de mon propre discours. Mais c'est facilité par le fait que mes récits ne sont que ça, du divertissement un peu élaboré. Les vrais ennuis commencent toujours quand les gens se mettent à croire dur comme fer à leurs propres constructions sans plus les confronter au fait. Alors messieurs les historiens, de grâce, laissez les polémiques stériles et les noms d'oiseaux aux politiciens, ne vous abaissez pas à leur triste niveau.

mardi 8 décembre 2015

Elections, piège à quoi, déjà ?

Le résultat des dernières élections a atterré pas mal de gens dans mon entourage. Et en fait, c'était tellement prévisible que du coup j'ai un peu haussé les épaules. Ce qui est atterrant c'est surtout la pantomime des excités, qui sent le réchauffé un peu comme des raviolis dans un relais routier en déroute.

En plus, quand on décrypte les chiffres, on s'aperçoit qu'en vrai, le premier parti de France, c'est encore l'abstention, avec plus de 50%. Si ça se répercutait dans les assemblées, la chaise vide y serait majoritaire, joli symbole quand même.

De plus, quand on regarde en valeur absolue, en nombre de voix, on s'aperçoit que le vote FN est relativement stable, donc que le déferlement n'est qu'un mirage statistique et que le gros problème, c'est la capacité des autres partis à démobiliser leur propre électorat.

Du coup, tous les discours du genre "c'est un cri de colère" tombent d'eux-mêmes. Ce sont juste les mêmes gueulards qui parlent aussi fort que d'habitude, la différence est que les autres ont quitté la pièce et que ça fait plus de réverbération.

Le jeu des reports de voix devrait de toute façon limiter l'impact de ce premier tour. La vraie question, c'est dès lors l'amplitude de ce report de voix.

Parce qu'en 2002, par exemple, il avait joué à plein. Mais entre une Droite qui n'a toujours pas compris que le vote sanction de 2012 n'avait pas soldé les comptes du père Sarko (et je ne parle même pas de ses comptes de campagne), et une Gauche dont le leader naturel (le Premier Ministre, dans la logique des institutions) semble être un clone du sanctionné, malhonnêteté intellectuelle incluse, ça devient très, très dur. Tout se passe comme si le FN avait gagné la batailles des idées, comme si l'autoritarisme très bas du front devenait la nouvelle "seule politique possible". Et même le Front de Gauche s'est écrasé au moment de l'état d'urgence, ce qui sape pas mal les alternatives possibles.

Du coup, dans la configuration actuelle, la différence entre FN, LR et PS n'est plus une différence ontologique, mais une question de degré. Façon Cinquante Nuances de Brun, quoi.

Et du coup, l'atterrant ce n'est pas les rodomontade un peu m'a-tu-vu des Marinistes et de Marionnette, ni les philippiques de Philippot, mais la déliquescence visible et généralisée de ce que tous ces gens prétendent défendre, à savoir les Valeurs de la France, celles qui sont au fronton de nos institution et que tout le monde avait à la bouche y a encore quinze jours.

Les journées post électorales sont souvent grotesques, un festival de pauvres justifications, de tentatives de faire passer des défaites pour des victoires, des reculades pour des percées, et des compromissions pour de la sagesse. Mais là, on a l'impression d'être chez Jacques Martin, sauf que tout le monde a perdu, les électeurs les premiers.

Le problème n'est même pas celui du "tous pourri", parce qu'en bon pragmatique, je peux m'accommoder d'un pourri pour peu qu'il soit efficace. Non, le problème, c'est qu'ils sont tous pleutres (mais fiers à bras), tous charognards (mais honteux), tous à la ramasses (mais persuadés d'avoir raison), et tous à notre charge (mais brocardant les "assistés").








Bon, pour se changer les idées, on va mettre un peu de vieille musique de l'ancien temps :

jeudi 3 décembre 2015

Dernière minute !

Alors que j'étais allé pisser après avoir posté le précédent texte, j'ai eu une illumination qui a fait chboum dans ma tête.

Je vous explique mon plan diabolique.

Appliquons jusqu'au bout ce théorème de Sarko. "Quand on regarde des images djihadistes, alors on est un djihadiste".

Eh bien nous pouvons vaincre à présent les djihadistes. Et à plate couture. Tarir leurs sources de recrutement.

Il suffit de rediriger tous leurs sites vers des images de Gilbert Montagnié. D'un coup, ils seront piégés : ils ne pourront plus jamais regarder d'autres images djihadistes. En plus, le Gilbert, il est testé et approuvé par de grandes marques de Sarko, parait-il, donc c'est complètement... Je sais pas complètement quoi, mais en tout cas ça l'est complètement.

Mais si Sarko a raison, alors mon plan est imparable.

Imp-utain-de-rable.

Je suis un génie, merde. Filez-moi un Prix Nobel de la Paix.

Bon, par contre, faudra prévoir des distributions de Boules Quiès, parce qu'il y aura du terrorisme auditif, après. On n'a rien sans rien.

Etat de Droite

C'est intéressant, cette notion de "quand on regarde des sites djihadistes, alors on est un djihadiste"* brassée par notre ex Lider Minimo (qui a perdu une occasion de se taire aussi en disant que de son temps, y avait pas d'attentats : je ne sais pas comment il compte Merah, du coup). Parce que dans l'état policier qui se profile à l'horizon (et dans ma région, les trois partis annoncés comme en tête aux prochaines élections, c'est LR, PS et FN**, donc que des gens qui sont sur la même ligne, au fond, côté état policier) (ce qui me donne déjà une liste de gens pour lesquels je ne voterai pas, n'est-ce pas merveilleux ?) on peut se doute que l'automatisation de la surveillance des réseaux va monter d'un cran.

Et donc qu'il faudra que j'explique aux messieurs casqués et bottés et probablement malaimables (si l'on en croit les témoignages qui commencent à circuler sur les perquisitions en mode stormtroopers et la répression des manifs) qui débarqueront chez moi pourquoi je consulte régulièrement des trucs où ça parle d'armes, d'explosifs, de penthotal, d'analyses ADN et autres joyeusetés de saison.

Alors j'ai une raison parfaitement cohérente pour consulter ce genre de trucs : en tant que traducteur, je cherche à être précis dans le vocabulaire technique que j'emploie et à vérifier plein de trucs. Surtout que, comme je le disais dernièrement, les trucs que je traduis ces temps-ci sont complètement dans le moove actuel de situation de proto-guerre civile.

Mais si je leur explique ça, du coup ils vont piger que je sais lire et écrire. Avec les dernières réformes de l'Educ'Nat', je me demande si ce sera pas bientôt un délit, ça aussi. Allez savoir, tiens.





* Je me posais la question, du coup : quand on regarde des tweets de Nadine Morano, on est quoi ? On perd des points de QI ? Des neurones par paquets de douze ? Et quand on regarde Maître Collard à la télé, on est une hyène ? Et quand on regarde DSK dans les yeux ?

** Le FN s'est un peu écrasé, au sujet de la fiche S, mais c'est juste parce qu'ils savent que leurs militants venus du Bloc Identitaire ont les leurs à leur nom.

lundi 30 novembre 2015

De l'air !

Il y a des moments comme ça où le bazar d'un monde extérieur en voie de nazification rapide conduit à se bunkeriser un peu et à se réfugier dans le travail.

Le travail, c'est par exemple la phase de relecture intensive d'Eschatôn Diakonoï, mon premier roman qui sortira en juin prochain chez les Moutons électriques. Et par les temps qui courent, comme il y est fortement question de fanatisme religieux (et d'instrumentalisation de celui-ci), faut en fait que j'avance à petite dose.

Du coup, je me remets à la traduction. Et en fait, c'est pire. Dans un album traduit au moment des attentats, il est question d'un… D'un attentat. Dans une crèche. De quoi bien foutre le bourdon. Pas grave, passons à un autre truc, un autre bouquin, ça me changera les idées. Là, il a une scène de funérailles. Où ça pleure beaucoup et où ça s'engueule en cherchant des responsables. Bien, bien, bien... Bon, y en avait qu'un épisode, de celui-ci. Qu'est-ce qui reste sur la pile ? Oh, des soldats fanatisés à l'aide de drogue qui combattent dans une guerre dont les mobiles profonds leur échappent, au nom d'intérêts financiers. Cool. Suivant ! Mitraillade sur la terrasse d'un café. Bon, là c'est la mafia, en apparence. Ah, non, j'avance dans l'album et on pige que c'est un terroriste fanatique venu d'Asie centrale qui a fait le coup. Et deux de ces bouquins à traduire n'étaient même pas des nouveautés, en plus. C'est à un Zeitgest de longue durée qu'on a affaire, j'ai l'impression.

Non, se bunkeriser n'est décidément pas la solution. Ça rend fou. Venez me regarder par la fenêtre, j'ai l'œil injecté (et trop grand ouvert, Marisol Touraine style) (tiens, je m'avise que nos chers gouvernants n'ont pas encore compris que le principe du paquet neutre est déjà appliqué par l'ennemi, mais à leurs gonzesses), la main fébrile et le filet de bave aux lèvres. Légèrement mousseux, le filet de bave.

Gnnééééé.

Donc faut que je sorte. Et l'occasion se présente d'elle-même, dites donc !

Car le ouiquende prochain a lieu le Salon des Ouvrages sur la BD, Halle des Blancs Manteaux à Paris. Je viendrai y dédicacer Les dieux de Kirby vendredi après-midi, samedi soir et dimanche toute la journée, ainsi qu'y participer à une table ronde autour de la traduction de bande dessinée. Ça me changera les idées.

Quoique… Blancs Manteaux, Blancs Manteaux… C'est bien un truc lié aux Templiers, ça, non ? Et les Templiers, c'est ces mecs qui se sont fait défoncer sous de faux prétextes par un état en faillite, comme les premiers militants écologistes venus, je me trompe ?

Soit je deviens grave parano, soit on est tous foutus.

Et je ne suis même pas sûr que les deux options soient mutuellement exclusives.

vendredi 27 novembre 2015

Wilkommen zu Frank-Reich

Je ne suis pas resté silencieux, ces quinze derniers jours, c'est juste que je foutais au panier mes notules écrites sous le coup de l'émotion à mesure que je les écrivais.

Mais là, je m'interroge. Si je m'étais couché en rentrant de Paris il y a quinze jours (j'y avais passé la journée pour des rendez-vous que j'avais trop remis et pour voir un dessinateur qui coinçait sur un projet), et que je ne m'étais relevé qu'aujourd'hui, j'aurais sans doute l'impression d'être dans la peau du grand-père de la femme de Louis de Funès dans Hibernatus (on a les références qu'on peut) (mais c'est ça, la grandeur de la culture populaire française, oui Monsieur).

Outre le choc du massacre (et ma tentation première qui était de bouffer de la charcuterie et de boire du pinard en matant des vidéos de Dita von Teese) (ou tout autre plaisir aussi simple que pas recommandé par les barbus), je serais sans doute épaté de voir autant de drapeaux partout alors qu'il n'y a pas match, et surtout le basculement rapide, l'effet de rupture quant aux valeurs. On annonce ce matin une suspension possible des droits de l'homme (et on a échappé de peu, à quelques voix près, au contrôle de la presse la semaine passée), des arrestations et perquisitions "administratives" chez des militants écolos qui n'ont a priori rien à voir avec la choucroute et le bouclage de Bruxelles (c'est pas la France, mais c'est assez près pour qu'on ait la fâcheuse impression que ça sert de laboratoire), le couvre-feu à Lens. On interdit les manifs au motif de la sécurité, mais on maintient le foot (et à qui appartient le PSG, déjà, à ce propos ? Oups).

En fait, ça tombe bien que le Maître du Haut Château soit adapté à la télé en ce moment, parce que ce n'est pas dans un futur bizarre que j'ai l'impression de me retrouver (ou alors un futur de dystopie reaganienne, comme au temps de Robocop, Judge Dredd et autres) (ouais, Dredd c'est une dystopie thatchérienne, mais same difference, comme on dit là-bas), mais carrément dans un univers alternatif, un mirrorverse à la con.

Et plus j'y repense, plus je me dis que non, que c'est bien notre monde à nous tel qu'on l'a toujours connu, que de toute façon ça prenait ce chemin-là, celui d'un retour aux sociétés de contrôle. Le contrôle est plus faux-cul dans notre cas, c'est tout. Au lieu de distribuer des bons points et des mauvais points halal/haram, on met le paquet neutre sur des clopes et on décrète que la charcuterie est cancérigène. Au lieu de fouetter des blogueurs, on brocarde ceux qui posent simplement la question du "pourquoi notre pays produit ses propres ennemis ?" en les taxant d'islamo-gauchisme, et donc en sous-entendant qu'ils sont traitres à la nation. Ou on taxe d'immobilisme ceux qui refusent de céder sur l'esprit des lois, comme si les cinq ans de bougisme bas du front du quinquennat précédent ne nous avaient rien appris.

Oh, il n'y a pas que nous, hein, nous sommes d'accord là-dessus : notre alliée l'Amérique prend tous les mauvais chemins aussi.

Mais combattre un ennemi (et un ennemi bien réel, hein, que ce soit bien clair) en devenant aussi con que lui me semble rarement une bonne solution. Arrêtons de nous moquer de Donald Trump, nous ne valons pas mieux que lui à ce stade.

On bombarde, et le Rafale semble bombarder plutôt proprement, mais on applaudit quand les Russes le font aussi, et eux travaillent au bombardier stratégique et au missile de croisière, sans même tenter vaguement d'être chirurgicaux pour la galerie.

Et puis pendant ce temps on continue à acheter du pétrole. La France veut lutter efficacement ? Qu'elle mette en place une politique incitative pour la voiture électrique et on en reparlera. Et qu'elle convainque l'Europe de faire pareil, et là on aura l'impression de servir à quelque chose. Qu'elle ait également une vraie politique culturelle, avec une culture accessible et qui donne des perspectives, et on aura un contre-modèle à proposer.

Mais les coups d'épaule et les grandes déclarations, Mussolini faisait les mêmes. Caucescu faisait les mêmes. Sarkozy faisait les mêmes. Et ça n'a jamais marché. Et tout le monde le sait. Et c'est insultant pour nos morts.

dimanche 8 novembre 2015

Back in the action again

Ayé, revenu d'Antibes, où j'ai été faire ma conférence sur les Villes rêvées des comics, une promenade dans tous ces lieux imaginaires, comme Gotham et la Latvérie, ou contaminés par un imaginaire, comme le New York où se dresse fièrement le Baxter Building. J'y ai été très bien accueilli et ça s'est très bien passé. Bon, faut que j'arrête de vouloir faire l'exhaustif, ça fait salement déborder du timing, par contre.

Et ça m'a permis de découvrir Antibes, ville que je ne connaissais pas du tout, et donc le vieux quartier est vraiment très agréable. Et merci au patron de la Storia, rue Dugommier, qui m'a accueilli juste après la conf pour une platée de gnocchi au gorgonzola qui vaut le détour. Son gorgonzola est tout simplement une tuerie, je recommande vivement.

Avant de repartir le lendemain matin, j'ai croisé des marathoniens. Y avait apparemment un marathon entre Nice et Cannes. Et après avoir croisé des tas de gens en ville portant les shorts bouffants et les numéros de rigueur dans ces cas-là, j'en ai retrouvé une cohorte à la gare qui attendaient leur TER devant les conduire à la ville d'arrivée, et qui faisaient des tas d'étirements sur le quai. Alors j'ai peut-être pas bien pigé le concept du marathon, ou les règles particulières de celui-ci, mais je ne savais pas qu'on avait le droit de prendre le train en cours de route.

Parlons-en, d'ailleurs, du train. Pas des toilettes, dont j'ai été brièvement tenté d'aller me servir, avant de renoncer vu qu'elles donnaient l'impression de sortir d'un film de David Lynch ou d'un David Fincher des débuts, non. Ce qui m'a chiffonné, c'est l'annonce au micro du barman de la voiture bar, qui se présentait comme "votre barrista". Alors moi, connement, je croyais que "barrista" était un mot féminin. Faut croire que non. Ou alors j'ai pas tout compris non plus au monde étrange et merveilleux des vendeurs de cafés, que pourtant je respecte infiniment vu que moi, sans café, je serais pas en état de faire grand-chose. Donc bon. Rebaptiser les barmaids "barristas", déjà, je trouve ça un peu naze, mais les barmens, je pige vraiment pas.

Dommage, parce qu'en dehors des chiottes et du barm... ist... barmitzvah... Mec du bar, quoi, je continue à penser que voyager en train est quand même la seule façon vraiment civilisée de se déplacer (sur les grandes distances, hein, je ne parle pas des trains de banlieue). Les gens sont globalement plus aimables, plus discrets, c'est feutré, et on a le temps de regarder le paysage défiler à un rythme égal. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu des pins parasols, d'ailleurs. Et j'aime bien ces montagnes de Provence, jaillissant d'un coup de leurs propres pentes et qui donnent du coup l'impression d'être les chicots d'un géant endormi...

Bon, dodo.

jeudi 5 novembre 2015

Le soleil vu de près





Je suis très impressionné par cette vidéo de la Nasa, des visions des turbulences solaires en gros plan. Esthétiquement, c'est épatant. Alors y a tout un retraitement de l'image à la clé, et ça nous renvoie à ce que je disais l'autre jours sur la représentation artistique de la science, mais là, justement, ce qui m'impressionne le plus, c'est la puissance visuelle brute du truc. Foutez ça en plein écran et tapez-vous vous aussi votre trip David Bowman.



Et sinon, rendez-vous demain chez Pulp's pour la dédicace des Dieux de Kirby !

mercredi 4 novembre 2015

Rappel !

Vendredi soir, dédicace chez Pulp's comics, rue Dante à Paris, à partir de 17 heures.

Samedi après-midi, conférence à la médiathèque Albert Camus d'Antibes !

lundi 2 novembre 2015

Droit d'inventaire

Vous avez peut-être remarqué sur le côté de ce blog une liste de liens. Ils pointent vers des articles que je rédige avec une absence de régularité qui dépasse l'entendement pour le compte du site Comics Sanctuary. Si globalement ils traitent essentiellement de comics (vu la nature du site en question), ils dérapent assez souvent sur la pop culture en général et mes fixettes mythologiques ainsi que mes court-circuits conceptuels habituels. Je me suis dit que ça pourrait vous intéresser de savoir un peu plus de quoi il retournait, et en voilà une petite présentation rapide, du plus récent au plus ancien :




En listant dernièrement un bouquin sur la mythologie celtique, je suis retombé sur une description de la fureur guerrière de Cuchùlainn, grand héros épique irlandais. Et là ça a fait tilt, je me suis dit "oh putain merde, en fait c'est un super-saiyan". Et l'article s'est écrit tout seul, du coup.


Tout le monde connaît Mon voisin Totoro, chef d'œuvre bucolique de Miyazaki. Je suis allé gratter un peu la surface pour en dégager les aspects mystiques et initiatiques.

C'est le plus super des super-méchants de Marvel ou peu s'en faut. Petit retour sur les marmites dont est sorti Thanos de Titan, que vous allez voir de plus en plus au cinoche si le temps se maintient.

Les convergences Marvel/Disney étant ce qu'elles sont, cela aurait-il pu influencer le scénario d'un des très gros succès du cinéma d'animation de ces dernières années ?

Le "voyage du héros" est devenu une tarte à la crème du récit épique. Mais aucun schéma n'est mauvais en soi : l'important, c'est comment on le détourne.

Retranscription à la louche de ma conférence de la PCE 2014.

Retour sur l'obsession apocalyptique dans les comics, et ça peut se lire en annexe de mon bouquin Apocalypses !

Les super-héros, alors, ils sont nietzchéens ou pas ? Ou comment y répondre comme un normand de calibre réglementaire.

Petit retour sur un des plus grands magiciens des comics. Et ça tombe bien, ce sera le sujet de ma conférence au festival d'Angoulème 2016, normalement.

Les super-héros sont-ils des polytraumatisés de la vie ?  N'est-ce pas dans leur nature même ?

Les articles suivants sont des remises à jour d'articles plus anciens publiés jadis sur Superpouvoir.com :

A-t-on perdu le sens du futur ?

Dialogue platonicien (et sérieusement éthylique) à propos d'une des séries culte de Grant Morrison.

Retour sur la notion de "Crise" chez DC comics.

Et trois papiers sur un cinéma de genre comme on n'en fait plus :
Je n'ai jamais fait le papier sur l'Exorciste Turc. Faudrait, quand même. Les gens ont le droit de savoir.

vendredi 30 octobre 2015

Des-Accor de principe

Je reste profondément dubitatif de cette nouvelle : le POPB, alias Bercy, cette espèce de grosse pyramide verte derrière la Gare de Lyon, va changer de nom pour devenir l'Accor Hôtels Arena. Alors déjà, le coup de mettre côte à côte le mot français Hôtels et le mot anglais Arena (même s'il est issu du latin) me semble profondément idiot. Parce que la structure de la nouvelle dénomination est profondément anglaise. Alors tant qu'à faire, autant aller au bout du truc et virer le circonflexe. Là, c'est le cul entre deux chaises, et le cul entre deux chaises d'un gradin de palais omnisport, c'est chiant et ça fait mal au cul, surtout si la rencontre s'éternise.

Mais ça, à la limite, c'est de la pinallerie, du branlage d'accent qui court le risque de me faire surtout passer pour un obsessionnel du détail à la con. Ce que je suis aussi, c'est vrai, d'accord. Mais bon.

Le vrai problème, c'est que ça vient alors que le truc est ouvert depuis plus de trente ans. Et donc que les gens ont pris l'habitude d'appeler le truc Bercy tout court (même l'expression officielle POPB, Palais Omnisport de Paris Bercy, n'était qu'un truc utilisé grosso modo que pour la communication officielle et l'administratif). Jamais personne de sensé n'appellera ce lieu "Accor Hôtels Arena", jamais. Et comment je le sais ? Combien de gens continuent de parler du Trocadéro, par exemple ? Vous êtes au courant qu'il n'existe plus depuis au moins 1937 ? Ça ne s'appelle plus comme ça, maintenant. Mais les gens continuent à dire Trocadéro. Il s'est passé entretemps dans les quatre à six générations, une guerre mondiale avec occupation étrangère, mai 68 et le rachat de la moitié de Paris par le Qatar.

Alors la nouvelle dénomination du POPB, ce sera surtout une astuce hyper efficace pour débusquer les touristes. Y aura qu'eux pour l'employer, c'est clair. Les vrais gens, eux, continueront à dire "Bercy". (je dis les vrais gens, pas les commentateurs sportifs, qui sont la lie du fond du caniveau et qui ne comptent pas, vu qu'ils seront obligés de l'utiliser par contrat)

En plus, tout porte à croire que la dénomination nouvelle ne sera même pas pérenne. Il suffira que le contrat de sponsoring change, ou que l'hôtelier en question soit racheté, pour que le truc devienne le Starbucks Stadium, le Bouygues Boogaloo ou n'importe quoi d'autre.

Et les gens continueront à dire Bercy.


Après, moi je m'en fous complètement, j'y ai jamais foutu les pieds. Mais c'était juste pour dire, quoi.

mardi 27 octobre 2015

Quand on Nem, on ne compte pas (proverbe Chinois, tendance buffet à volonté)

C'est en faisant un peu de paperasse que je me suis retrouvé en situation de compter le nombre d'albums que j'avais pu traduire.

Eh bien on a passé la barre des 300 en cours d'année, j'ai l'impression. Ça fait tout drôle, quand on y pense. Et accessoirement une moyenne de 20 par an. Ma moyenne de création d'album, sur ma même période, est de 1 par an. Ça fait tout drôle, calculé comme ça.

Au palmarès des séries que j'ai le plus traduites, on trouve Batman, Spawn, Star Wars et The Boys, à peu près dans cet ordre.

samedi 24 octobre 2015

Planning

Bon, vu que ça se précise, je refais le planning des prochaines interventions et dédicaces :

On m'a posé la question plusieurs fois cette semaine : je ne suis PAS à la Comicon. Y avait un truc de prévu avec un libraire, mais ça a été annulé. Et j'y aurais bien été faire une conférence, mais je ne suis pas expert en youtube et réseaux sociaux, je croyais que c'était une convention de comics, moi. Bref.

Par contre, vendredi 6 novembre à 17h00, je devrais dédicacer Les dieux de Kirby chez Pulp's, rue Dante à Paris. Venez nombreux.

Samedi 7 à 16 heures, c'est à dire le lendemain, je donne une conférence à la médiathèque Albert Camus d'Antibes, sur le thème Les villes rêvées des comics. Il est possible qu'il y ait une dédicace avant, ça reste à préciser. Dans le doute, amenez vos bouquins à la conf, je ferai un grigri dedans.

Le dimanche 6 décembre, je participerai à une table ronde sur la traduction au Salon des Ouvrages sur la BD, aux Blancs Manteaux à Paris. Ce sera à 15 heures, animé par Thierry Lemaire, avec également Harry Morgan et Jean-Paul Jennequin. Que des intervenants de grande qualité, donc.

Fin janvier, y a un truc prévu à Angoulème, mais faut que je précise encore le contenu de mon intervention.

Début février, il y aura une soirée super-héros à Conflans Ste Honorine, et j'y ferai venir Xavier Fournier pour répondre à vos questions et signer ses bouquins sur les super-slips bien d'chez nous.

Voilà voilà !

jeudi 22 octobre 2015

Espace, frontière de la photographie

Je suis un peu gêné de voir que de plus en plus, dans les articles annonçant des découvertes ou des avancées en astronomie, la part belle soit faite aux "interprétations d'artiste", et que les sources visuelles ne soient pas tellement accessibles.

Pas plus tard qu'hier, je suis tombé sur un article parlant d'un couple d'étoiles, des géantes bleues dans un des Nuages de Magellan. Elles se sont tellement rapprochées qu'elles sont en train de fusionner. Le fait est, je suppose que la détermination du comportement des deux étoiles s'est fait par calcul (sans doute avec une histoire d'effet Doppler), parce que même Hubble a du mal à discriminer l'image.

Mais ce qui est mis en gros, dans l'article, c'est ça :


Image spectaculaire s'il en est, mais qui relève de la création artistique (informée par la science, comme le trou noir d'Interstellar) plus que de l'astronomie à proprement parler. Pour trouver l'image source (et ce qu'on cherche, c'est le petit point bleu au centre de la mire) :


Très belle, mais nettement moins spectaculaire, il a fallu que je cherche un peu sur la page, et c'était dans un coin de la marge. Et impossible d'obtenir les sources plus précises à partir desquelles a travaillé l'artiste, ni rien sur la démarche employée pour la reconstitution.

Ça me gêne un peu, et je crois que ça participe à la méfiance généralisée du grand public (et même des décideurs : il y a un candidat à la Primaire Républicaine, aux US, qui mérite une burqa d'honneur de l'obscurantisme après ses déclarations sur le Big Bang). De plus en plus, les gens voient en la science une "vérité", ce qui la met exactement au même rang que la religion ou l'idéologie. L'apprentissage de la science, à l'école, ne met pas assez l'accent sur le fait que la science n'est pas une collection de "vérités" quelconques, mais avant tout un processus dynamique de collecte et d'interprétation des faits, dont on tire un état de la connaissance (et que cet état est forcément évolutif). Et que ce n'est PAS la même chose. Tant que ce travail d'éducation ne sera pas fait, on aura des idiots péremptoires pour démonter la science avec des arguments de gardien de chèvres.



PS : Attention, je ne parle pas ici des images en "fausses couleurs" de la NASA, qui correspondent à un traitement de l'image permettant de restituer la couleur sur des clichés qui sont pas essence désaturés, en mixant des sources visibles et invisibles (UV, infrarouges, etc.) Mais déjà, ces traitements participent d'une méfiance de la frange la plus parano du public, quand bien même la NASA diffuse généralement aussi les clichés bruts.

mercredi 21 octobre 2015

Le retour du futur

Ah, il serait temps, si je puis dire. C'est officiel, nous sommes dans le futur puisqu'on est le 21 octobre 2015.


Franchement, ça tombe bien parce que le présent, j'en avais un peu ma claque, à force.

Et le court-termisme de tout le monde, ces derniers temps, il ne faisait qu'amplifier cette sensation désagréable de présent, je ne sais pas si ça vous fait ça aussi. Quand on écoute ceux qui devraient penser large, avoir le regard rivé sur les lendemains, préparer l'évolution et tout, on voit que leur horizon s'arrête à 2017. Et qu'il sera toujours temps à ce moment-là de passer à la suite.

Dans le boulot (tous les boulots), c'est pire. C'est tout, toujours plus vite, toujours plus tôt, et sinon ça devient tout de suite obsolète comme l'iPhone 4 que les gens faisaient la queue pour l'avoir avant les autres. Bon, les voitures volantes, c'est bon, on en a fait notre deuil, puisqu'on sait depuis l'an 2000 et les pubs IBM nous expliquant qu'elles avaient été remplacées par des solutions d'e-commerce plus faciles, plus rapides et plus séduisantes. Ce qui nous évitait de nous les foutre au cul, et c'est pas plus mal parce que c'est gros, quand même, sinon, une voiture volante.

Donc ça y est. Le futur est là. Le Futur, avec un grand F.

J'ai regardé dehors, le ciel est pareil qu'avant, mais c'est peut-être une illusion d'optique, comme souvent dans ces cas-là. Et puis qu'à cela ne tienne. L'important, c'est d'y être.

J'en ai bouffé, du présent. Et quand je parlais du Futur, on me traitait de pas réaliste, en me disant qu'il valait mieux que je pense à mon avenir et que je le prépare de pied ferme. Et tout ça, ben du coup, c'est du passé. Et c'est mieux comme ça.

samedi 17 octobre 2015

Les gars de la Marine

Ce que j'aime bien, avec la Gauche, c'est qu'il y a souvent un responsable de Gauche qui parvient à synthétiser en une phrase simple tout ce qui me fatigue terriblement dans la Gauche telle qu'elle se pratique aujourd'hui (en dehors du fait que Cahuzac y ait mis tu pognon, à gauche, ou que la conscience sociale du PS y ait passé l'arme. à gauche aussi).

Celui qui s'y est collé, cette semaine, c'est Julien Dray. Il est bien, Julien Dray, pour ça. Il arrive toujours à mettre le doigt où ça fait mal. Souvent sans le faire exprès, à la Pierre Richard, mais quand même. Là, il a eu cet aveu magnifique : «Si la gauche n'est pas capable de faire barrage au FN, à quoi sert-elle?»

Paf. Comme ça. Cash.

Donc, si on le comprend, ce à quoi sert la Gauche, c'est à faire rempart aux Autres. Un peu comme la garde de nuit dans le Trône de Fer, mais sans le vieil aveugle rigolo et les peaux de bêtes (et puis DSK et Hollande, avec le vœu de chasteté des gardes, ce serait passablement rigolo)*.

Alors je dois être un archéo, un indécrottable passéiste, je dois tourner sur une version obsolète du logiciel. Parce que dans ma tête, mais après tout, je n'y connais rien, j'ai pas fait les écoles de chef, ni les écoles de gros bras du système, juste les écoles de gros bras d'chef parce que j'aimais les taches de vin, enfin bref, pour moi, la Gauche, c'était le combat pour la Justice sociale, le pouvoir au Peuple, le respect des petits. Un peu les ennemis de la Finance, quoi. Les damnés de la terre qui chantent le lendemain et tout le bastringue.

Or, l'énergie de la Gauche n'est plus bandée toute entière dans la lutte contre les plans sociaux (on préfère à présent défendre les chemises plutôt que les emplois) ni dans un combat sans merci contre les forces aveugles et irrationnelles d'un Marché tout puissant. Peut-être cela vient-il de l'époque où plutôt que de s'attaquer au Marché, le PS torpillait Marchais, je ne sais pas.

En tout cas, aujourd'hui, les volontés semblent canalisées toute entières pour faire "barrage au FN". Pauvre ambition, quand même. Même Chirac y arrivait, alors si vous n'êtes pas capables de faire au moins aussi bien que Chirac, c'est que vous méritez ce qui vous arrive, les mecs. Et franchement, dans mon patelin, avec pourtant 51% des voix, la Gauche n'est même plus capable de faire barrage à la Droite.

On se fout complètement du FN. Les récentes affaires démontrent qu'en dépit de leurs prétentions, ils sont aussi pourris que les autres. Quand on leur met le nez dans leur propre caca, ils ont EXACTEMENT le même discours que Balkany : "c'est un complot contre nous", alors que quand les affaires mouillent leurs adversaires, ils disent "c'est bien la preuve que ce sont des pourris".

Quelle crédibilité ont donc tous ces gens ? Aucune, zéro. Et en en faisant leur adversaire principal, la Gauche fendille elle aussi le peu de crédibilité qu'il lui restait (et qui n'existait, je le reconnais, que par la grâce d'un effet quantique assez similaire à l'énergie du vide).

On a reproché pendant des années au petit Nicolas S., de Neuilly, sa dialectique de cours de récréation (niveau deuxième année de Maternelle). Mais il n'était visiblement que le reflet d'une époque.

Alors oui, je sais que ça fait longtemps que la Gauche est perdue pour la cause. Mais j'aime bien, en fait, quand elle le reconnaît aussi explicitement que viens de le faire Julien Dray.



Sinon, rien à voir, mais n'oubliez pas de mettre Europe 1 à quinze heures cet après-midi. J'y dissèquerai la figure du Répliquant, un personnage dont les sentiments sont peut-être factices. Un peu comme un politicien, quoi. Sauf qu'on peut éprouver de l'empathie pour un répliquant.



* "you know nothing, Julien Dray", a-t-on envie de glisser.

jeudi 15 octobre 2015

Planning

Bon, c'est pas tout ça, mais faut que je fasse quelques annonces.

Samedi 17, à 15 heures, je serai sur Europe 1, dans Qui Vive, l'émission de Raphael Enthoven. On y causera de Blade Runner, sous l'angle symbolique et philosophique.

Dimanche 25, j'aurais dû être à la Comicon en dédicace, mais ça a capoté. Tant pis. Du coup, il est peu probable que j'aille trainer à la Comicon.

La semaine suivante, je devrais dédicacer Les dieux de Kirby chez Pulp's, rue Dante à Paris. Je vous reconfirme ça d'ici-là, dès qu'on est calés sur la date et l'heure.

Samedi 7 à 16 heures, je donne une conférence à la médiathèque Albert Camus d'Antibes, sur le thème Les villes rêvées des comics. Il est possible qu'il y ait une dédicace avant ou après, ça reste à préciser. Dans le doute, amenez vos bouquins, je ferai un grigri dedans.

Le dimanche 6 décembre, je participerai à une table ronde sur la traduction au Salon des Ouvrages sur la BD, aux Blancs Manteaux à Paris. Ce sera à 15 heures, animé par Thierry Lemaire, avec également Harry Morgan et Jean-Paul Jennequin.

lundi 12 octobre 2015

"Brûlant dans les flammes ardentes d'Orques"

Dans mon rêve de cette nuit, j'étais ligué avec Gandalf et Saroumane pour combattre une invasion d'orques. Pas ceux du Mordor, les types verdâtres et dégueux, non. Les autres. Genre sauvez Willy, les baleines* maquillées en pandas. Ces orques-là.

Comme souvent, en rêve, ça n'avait aucun sens. Les orques infestaient un lac de montagne, et via des rivières souterraines, s'étaient répandus dans tous les plans d'eau des alentours. Les magiciens m'avaient demandé de servir d'appât, et donc je cavalais au bord de l'eau, poursuivi par un banc d'énormes cétacés (et je ne sais pas quelle taille ça fait en vrai, une dent d'orque, mais en rêve c'était balaise, à faire se chier sous lui un tyrannosaure de calibre moyen). Je m'enfonçais toujours plus profondément dans la montagne, à l'intérieur de la forteresse secrète parcourue de canaux, attirant à ma suite toujours plus des bestiaux en furie.

Puis j'entendis une voix majestueuse se réverbérer dans les voutes (celle de Jean Piat ou de Michel le Royer, je ne sais pas pourquoi, mais dans mon rêve, Gandalf et Saroumane étaient en VF) me disant que je pouvais arrêter de cavaler, que les bestiaux étaient dans le bassin idoine. Je m'adossai à une colonne pour reprendre mon souffle, et puis je suis allé m'enfermer dans les chiottes, parce que toute l'installation était couturée de voies d'eau, et que ça grouillait de partout, avec des claquements de dents chaque fois que je m'approchais trop.

Et dans les chiottes, l'eau de la cuvette s'est mise à bouillonner, comme si quelque chose remontait par le tuyau.

J'ai rabattu le couvercle, j'ai mis le pied dessus, parce qu'on ne sais jamais, et puis je me suis réveillé.




C'est qu'ils ont pas l'air commodes, ces cons-là


*Oui, je sais, techniquement, l'orque ou épaulard commun est plutôt de la famille du dauphin. Faites pas chier dès le matin, d'accord ? J'ai mal dormi et je suis pas d'humeur.

lundi 5 octobre 2015

Mutualisation militaire, et roubignoles de l'être aimé

J'ai tendance à regarder les panneaux publicitaires, quand je prends le train. Ça me permet à peu de frais de me gausser de la nouvelle comédie musicale à la mode ou de la nouvelle campagne pour un burger-encore-plus-meilleur-dépêchez-vous-tant-qu'il-en-reste.

Et puis là, il y avait des affiches pour une mutuelle complémentaire de l'Armée. Qui m'ont sérieusement interpelé.

Parce qu'elles posent question, ces affiches. En tant que telles, je veux dire.

S'il s'agit d'une mutuelle de l'Armée, réservée aux militaires, n'est-il pas plus facile et plus efficace de cibler la pub au lieu de la mettre dans des gares, sur une ligne qui ne passe à ma connaissance par aucune ville de garnison ? C'est du pognon foutu en l'air, et à la place des adhérents, je ferais la gueule.

Ou bien, avec la libéralisation du secteur et le fait que les mutuelles complémentaires deviennent bientôt obligatoires (d'une certaine façon seulement : c'est la mutuelle d'entreprise qui est obligatoire, ce qui permettra d'exclure de la CMU les petits employés au SMIC qui n'ont pas les moyens de payer plein pot une complémentaire) (mais qui du coup la paieront quand même, un peu moins plein pot). Mais dans ce cas, et si la mutuelle de l'Armée peut recruter des adhérents ailleurs que chez les bidasses, pourquoi continuer à communiquer sur le fait que c'est la mutuelle de l'Armée ? Par les temps qui courent, je ne sais pas si c'est un argument de vente (c'est pas l'Armée qui avait des problèmes délirants avec son logiciel de paye, dernièrement ?).

Bref, ces affiches sont pour le moins problématiques. Les communicants qui les ont pondues n'ont peut-être pas pris en compte tous les paramètres.






Sinon, et ça n'a rien à voir, j'ai constaté que le paquet de céréales qui était sur la table du petit déjeuner portait en grosses lettres la mention "Honey Balls". Mon sang de traducteur n'a fait qu'un tour. Des "couilles de chéri" ? Fichtre, l'agro-alimentaire tente vraiment des trucs bizarres, de nos jours. Ou alors faut vraiment que j'arrête de lire et de traduire du Garth Ennis.

lundi 28 septembre 2015

Kirby's here !!!!




Jacob Kurtzberg (1917-1993), dit Jack Kirby est l’un des créateurs les plus importants dans le domaine des comic books américains. Il est à l’origine d’une grande partie des personnages qui alimentent la vague de films consacrés aux super-héros : il a créé, avec Joe Simon, puis Stan Lee, les Avengers, les X-Men, les Quatre Fantastiques, Captain America, Hulk, Ant Man, Thor, le Surfer d’Argent... Et il insuffla à ces personnages une énergie qui lui était propre en faisant éclater le cadre de la bande dessinée américaine, en assumant totalement la part de démesure épique du genre. Géants stellaires, dieux cosmiques et puissances de l’espace sont des motifs récurrents et structurant de son œuvre.

En une vertigineuse échelle de Jacob allant de l’humain trop humain jusqu’au dieux créateurs d’univers, Alex Nikolavitch révèle dans cet essai de mythologie comparée les grandes lignes de forces et les systèmes présents dans l’oeuvre de Kirby. Il démontre que Jack Kirby est le créateur d’un système mythologique cohérent pouvant dialoguer avec les anciennes mythologies, celles de la Mésopotamie, de la Grèce ou de la Scandinavie.

 

Format : 14,8 x 21 cm
Pages : 174 pp
Illustrations : 90
ISBN : 978-2-9542713-5-4
Prix public : 18€ TTC


Et un extrait


jeudi 24 septembre 2015

Chez Paulo, c'est trop beau

Un petit déplacement éclair à Paris m'a conduit à prendre le RER. C'est une information qui n'a en soi, je suis le premier à le reconnaître, aucune espèce d'intérêt. D'autant qu'on n'est ni sur fèces-bouc, ni sur Imstramgram.

Ce qui est intéressant (en fait non, mais je fais un effet purement rhétorique, là) (genre une espèce de buildup tout pourri qui ne trompe personne, et pas même moi), c'est de regarder les gens. Genre par exemple ce que lisent les gens. La jeune fille bien sous tout rapport plongée dans un Harlequin. Ou un Barbara Cartland. Ou un Danielle Steel. Vous voyez le truc, quoi, un de ces bouquins de poche à la couverture blanche et rose saumoné juste ce qu'il faut pour avoir l'air romantique et faire rêver (en tout cas faire rêver les gens que le rose saumoné fait rêver) (moi il me fait rêver dans l'assiette, pas en couverture). Elle était complètement absorbée par le machin.

Et puis son téléphone portable a sonné et elle a refermé le bouquin pour le poser à côté d'elle. Ce qui m'a permis de voir la couverture en question. Quelle ne fut pas ma surprise, vite surmontée d'ailleurs, de découvrir qu'en fait, le bouquin en question était un Paulo Coelho.

Y aurait-il chez l'éditeur un génie du marketing qui a tenté de cibler un public féminin et fleur bleue pour lui vendre les bouquins de Paulo, entre "développement personnel", quête initiatique et littérature facile d'accès. C'est une excellente manière de gérer le truc. Je ne sais pas si la femme est l'avenir de l'homme, mais la midinette est en tout cas celui de l'édition, comment l'ont prouvé les succès de Twilight, de Cinquantes Nuances ou de Marc Lévy, coulant dans ce format les trucs les plus divers.

Y a un vrai marché, quoi.

Reste à voir qui a marché dedans et de quel pied. Mais comme dirait l'autre, cette histoire-là reste à raconter.

mercredi 23 septembre 2015

Chorizo c'est beau la vie, pour les grands et les petits

De temps en temps, il faut ravitailler. C'est à dire aller un peu plus loin que le marché des quais ou que la supérette du coin. Et donc aller dans un de ces temples de l'hyperconsommation que sont les magasins Michel-Edouard, Cercle-de-jeu, Croisement ou Aupré.

Et donc, ayant reçu dans ma boîte aux lettres un prospectus détaillant quelques promotions alléchantes chez l'un de ces grandistributeurs-qu'ils-sont-méchants-ils-oppriment-les-paysans, et constatant que que les placards se vidaient (et qu'il me fallait du pécul, de la lessive et autres denrées de première nécessité), j'ai couvert la distance qui me séparait de ce lieu de perdition.

Lots de yaourts, paquets de café et tranches de lard font partie de l'ordinaire de ce genre d'expédition. Tout comme les tablettes de chocolat. Non, je n'arbore pas un ventre d'Apollon (le mien est plutôt modèle Dionysos, pour situer), mais il y a des filles de tous les âges à la maison, et si je n'ai pas de quoi fournir leur consommation de chocolat, c'est la révolution, et je les crois même capables de couper des têtes si on les prive trop longtemps de leur drogue marron en carrés sécables.

Et puis ça a été le drame. Je suis tombé sur une nouveauté. Je ne savais pas que ça existait. Vous connaissez les Tuc ? Pas les travaux d'utilité collective, non, les biscuits salés addictifs. Eh bien ils viennent d'en sortir au goût chorizo. Alors fatalement, il a fallu que j'essaie.

Donc j'ai pris le paquet modèle maousse. Parce qu'un essai de ce type doit être scientifique. Et méthodique. Et poussé. Et avec un Igor ou un Robin local. Un jeune assistant, quoi. Genre mon fils qui adore les Tuc ET le chorizo, et qui n'aurait pas eu idée jusqu'ici d'associer les deux sans ces pousse-au-crime de l'industrie agro-alimentaire. Et qui, s'il avait appris que j'étais passé devant une pile de paquets de Tuc au chorizo sans en prendre, j'en aurais entendu reparler jusqu'à la fin de mes jours.

Et donc on a testé.

Et validé le concept.

Et développé.

En fait, ce sera le bon tuyau du soir de l'oncle Niko : prenez une tranche de fromage plat pour croque-monsieur. Pliez-la en deux, et glissez dedans un Tuc au chorizo. Une fois ceci fait, NE MANGEZ SURTOUT PAS le produit de votre expérience, mais prenez-le en sandwich entre deux autres Tuc au chorizo. Une fois que ça c'est fait, là vous pouvez manger.

Et en vérité je vous le dis : c'est matricide*.





*En langage djeunz, on dit "ça tue sa mère", mais le principe est le même, à une vache près.

dimanche 20 septembre 2015

Enter the professor

Bon, ayé, j'ai donné hier mon premier cours de bande dessinée.

Entendons-nous bien : des ateliers BD, j'en ai donné quelques uns dans diverses écoles et collèges de la région, mais là, la MJC de ma ville m'a embauché pour donner un cours hebdomadaire sur les principes de la BD, et c'est pas du tout le même sport, du coup.

Le truc s'est décidé au printemps dernier, on a mis en place avec la structure les conditions de l'opération, et depuis hier, c'est parti. Toutes les semaines, je vais inculquer des notions de narration, de découpage et de construction du récit à des élèves de 7 à 77 ans ou presque (en fait, l'amplitude totale est plutôt d'une quarantaine d'année, ce qui est déjà pas mal et m'oblige à un grand écart permanent sur les notions abordées).

En arrivant hier, je me chiais positivement dessus de trac. Et en fait y avait que des élèves sympas, attentifs, et même studieux. Du coup c'est passé d'une traite, on a abordé plein de trucs et on a fait connaissance. Et c'était super. Ça m'a refilé la niaque, du coup.





In auzeure niouzes : il paraît que Friends a été élue meilleure série télé de tous les temps. Je commence à piger pourquoi je ne regarde plus tellement la télé.

samedi 19 septembre 2015

Passez en bande son The Wall à fond les ballons

Okay, j'ai compris, c'est terminé, j'arrête.

J'en fais le serment solennel, je ne foutrai plus les pieds dans les réunions d'information de début d'année dans les écoles.

En général, elles sont passées à énoncer les mêmes platitudes ("c'est l'année la plus déterminante" -les dix qui avaient précédées l'étaient déjà, dans les bouche des proviseurs- ou "là, ils faut qu'ils se mettent à vraiment travailler, ils ne peuvent plus fonctionner sur des acquis" -répété en CM2, 6ème, 4ème, 3ème, seconde et maintenant première-). Ça, encore, pourquoi pas, c'est la nature de l'exercice, et la langue de bois scolaire (sur le même rang du "je n'ai jamais vu une classe aussi dissipée de toute ma carrière", répété par tous les profs à 80% ou 90% des classes, ce qui pose un intéressant problème statistique).

Passons sur le fait qu'un lycée se piquant d'enseigner l'art et le design ne devrait pas faire ses présentations en Powerpoint. C'est comme si une école hôtelière distribuait des lasagnes Findus au cheval. Mais le Powerpoint avec des textes en corps 6, projeté dans un auditorium de 150 place, ça mérite très clairement le camp de travail en Ouzbékistan. Et en slip.

Mais tout ça, en fait, c'est véniel.

Le problème commence vraiment quand sur une heure dix d'intervention, un intervenant parle pendant 45 minutes de l'importance du travail pendant que trois des autres hochent la tête (et ne prendront la parole que trois à quatre minutes chacun), sachant que pour chacun d'entre eux, cette heure sera décomptée comme du travail. Je ne supporte plus cette façon qu'on a de considérer comme du "travail" l'acte de présence passif à des réunions où ne s'échangent de toute façon que des platitudes, de la langue de bois et des omissions gênantes.

Problématique aussi est la mise en scène laborieuse d'une incompétence généralisée. Comme l'année précédente, certains postes d'enseignants n'étaient pas pourvus à la rentrée, et la raison invoquée c'est que les enseignants prévus se sont désistés (ou ont entamé leur congé maternité la veille de la rentrée). Le rectorat n'a pas eu le temps de se retourner, et donc, pas de prof pour l'instant. Comme personne ne semble se préoccuper d'une quelconque chaîne de responsabilité dans l'histoire, ce genre de situations se répètent d'une année sur l'autre. Et la question qui se pose, alors, c'est : à quoi sert l'obèse appareil administratif de l'éducation nationale ? Parce que toutes les réformes semblent peser sur les professeurs et les programmes, et apparemment jamais aucune sur ce qu'on appellerait ailleurs "le back office" et "les ressources humaines". Un peu de communication entre les intervenants début Août, et le problème serait probablement déjà réglé... Mais bon, "communication", visiblement, c'est un problème (la dernière fois que j'ai vérifié, la communication consiste à faire circuler des informations dans les deux sens. de nos jours, elle est généralement pratiquée comme un moyen de faire circuler à sens unique des formules toutes faites et généralement vides de sens) et "début Août" le plus sûr moyen de faire s'étrangler toutes les personnes concernées.

Restaient les représentants des organisations de parents d'élèves. Les pétitions de principes de ces gens-là sont toujours belles. Mais à force d'insister sur le fait qu'ils sont apolitiques, ils doivent taire leurs divergences d'opinion (tout au moins en public) et vident de son sens par là même la raison de leur existence. Car dès qu'il y a élection, représentation et confrontation de points de vue, il y a politique. C'est pourquoi le "syndicat non politique" est une fiction nuisible. Dépolitiser les débats portant sur l'organisation et l'exercice de l'autorité, c'est les vider de leur sens. Et ce d'autant plus qu'on sait tous sur le fond que ces organisations sont politiques de toute façon. Ce qui ajoute l'hypocrisie à la manipulation.

Donc là, au fil de cette heure ce matin, ma mauvaise humeur a monté, monté, monté, aggravée par cette sensation de perte de temps foncière, de vacuité emballée de formules et de déclarations d'intention.

Je m'inflige depuis des années ces conneries par sens du devoir. Après tout, il s'agit de l'avenir de mes enfants. Mais là, quand je vois à quoi je confie l'avenir de mes enfants, je commence à ressortir les épingles à nourrice et les slogans punk qui avaient cours quand j'étais gosse. En tout cas, pour la première fois de ma vie, je me suis barré d'un de ces machins avant la fin. Et je n'y refoutrai plus les pieds, jamais. Trop risqué : je risquerais de taper sur des gens, et il parait que c'est mal vu.

mardi 15 septembre 2015

Franc du collier

Une fois n'est pas coutume, je vais peut-être donner raison à Marine Le Pen, qui vient de rouvrir un dossier très douloureux. Elle a en effet comparé la situation actuelle avec les "migrants" (je trouve gênant ce terme, et je ne suis pas le seul : il dédramatise délibérément la situation de ceux qui sont avant tout des réfugiés) à ce qui s'était passé sous nos latitudes au cinquième siècle de notre ère, à l'époque de ce qu'on a appelé les "invasions barbares" et que nos voisins Allemands, qui ont l'air de s'y connaître appellent Völkerwanderung, ce qui signifie "migration des peuples".

Parce que rappelons-nous exactement ce qui s'était passé et revoyons l'action au ralenti : un peuple avait débarqué sous prétexte de bosser (les chefs de tribus prenaient aux gallo-romains les boulots dont ils ne voulaient plus parce qu'ils les trouvaient sales et mal payés, genre à l'époque gouverneur de cité ou général de légion) tout en étant poussés au cul par de plus méchants qu'eux, et en ont profité pour prendre les commandes, péter les églises et les vases qu'il y avait dedans Daech style, revendiquer pour eux la polygamie, se lancer dans des opérations d'intimidation religieuse (leur pouvoir politique était inféodé à des instances religieuses), avant d'imposer la loi de leur peuple, qui rabaissait notons-le le rôle de la femme. Ils ont même changé le nom du pays, ces salauds-là. Et ont revendiqué pour eux des droits divins qu'ils refusaient au reste du peuple, et il a fallu plus de douze siècles pour les leur arracher. Et puis ils nous ont entraînés dans un paquet de guerres dans tous les sens.

Ces gens-là s'appelaient les Francs et c'étaient de vrais saloperies, quand même. Et il en reste plein partout, d'ailleurs, on peut faire des statistiques à partir des noms : "Ménard", par exemple, c'est un nom d'origine franque, donc on voit bien qu'ils infiltrent encore nos institutions (bon, on a déjà réussi à leur arracher la monnaie, y a une treizaine d'années, parce qu'ils avaient leur nom sur les pièces et tout, une véritable infection, je vous dis).

Donc ouais, si Mme Le Pen veut aller au bout de son discours et foutre également dehors ces sales parasites de Francs (et qu'on rende son vrai nom à notre pays, du coup), là, d'accord. Sinon on restera dans les demi-mesures de petits joueurs.

dimanche 13 septembre 2015

Le faux crossover, c'est le mashup de la BD

Tiens, en mettant de l'ordre, j'ai retrouvé un truc bien idiot, une planche réalisé pour un premier avril où nous avions réussi pendant deux ou trois heures à faire croire au monde qu'il y aurait un crossover entre Star Trek Next Gé et Predator.

L'objet du délit

vendredi 11 septembre 2015

Tradition du traducteur

Longtemps que je n'avais pas fait un point sur mes traductions qui sortent. Autant le faire maintenant :

Fantastique Jobs ! est une bio illustrée du fondateur d'Apple. Un peu hagiographique, mais sans nier pour autant les travers du bonhomme, et plutôt bien foutu et pas mal contextualisé. Et c'est chez Fayard.

Chez Glénat, Lazarus - Tome 02 nous raconte la suite des déboires de Forever Carlyle, bras armé de sa famille, dans un futur trop crédible pour ne pas être dérangeant.

Urban sort le mois prochain Trees, Tome 1. C'est du Warren Ellis, donc c'est bien. C'est du Warren Ellis sur un sujet de SF, donc c'est intelligent. On ne sait pas encore où il va avec tout ça, mais ça donne bien envie de le suivre.

Toujours chez Urban, BATMAN et ROBIN tome 3 est sorti le mois dernier, tout comme le Flash Tome 3, et c'est du bon super-slip bien distrayant.

à propos de super-slips, Panini réédite THE BOYS T01 et c'est l'occasion de vous y mettre si vous ne l'avez pas déjà fait. Par contre, soyez sûrs d'avoir une  bonne tolérance aux gros mots, situations scabreuses et humour sarcastique.


Et complètement hors traductions, Glénat sort la semaine prochaine un euromanga du genre thriller ésotérique intitulé Mont Tombe : la dernière légende du Mont-Saint-Michel qui a été scénarisé par mon vieux complice Izu (celui de Crusades ). Il se trouve que j'ai été conseiller en Apocalypses et autres complots séculaires et ésotériques sur ce bouquin, coédité avec le Centre des Monuments Nationaux.

Voilà voilà !

mardi 8 septembre 2015

Dépité de devoir débiter

Je parlais l'autre jour d'un média participatif débitant la communication en tranches de 140 caractères, et j'ai découvert depuis la joie sans mélange des contorsions typographiques qu'implique cette limite dès lors qu'on veut faire une phrase. C'est l'occasion, je crois, de vous causer ici-même et non pas là-bas de mon roman, sur lequel je bosse depuis plus d'un an maintenant. Si je devais le débiter en touites, il m'en faudrait 2858 pour le balancer sur le réseau. Mais je vous rassure, on n'en est pas encore là. Parce que quand il sera fini, il en faudra entre 3500 et 3600, rien que ça.

Bon, comme vous êtes gentils, je vous en mets pour 14 touites :


Les venelles étaient tortueuses et en pente, et Wangen trébuchait plus qu'à son tour, rattrapé à chaque fois par un gantelet de métal lui broyant l'épaule pour le remettre debout.
Ils traversèrent une rue plus large, tout en bas, dont le caniveau central recueillait toutes les eaux des alentours, y compris les plus sales. Il fallait trouver des gués faits d'épaisses dalles souillées émergeant du flot brunâtre, et même ainsi l'ont était pas certain d'échapper aux éclaboussures puantes.
De l'autre côté, le groupe s'engouffra dans un nouveau réseau de petites rues, plus rectilignes et parfois pavées. Les maisons étaient plus récentes, certaines étaient même bâties en pierre et nanties de portes de bois épais et clouté d'airain le teintant de traînées vertes là où la pluie l'avait attaqué.
Au détour de ce qui semblait être un entrepôt, ils se retrouvèrent bloqués par une charrette de légumes ayant heurté une borne et versé. La rue était totalement bouchée par les chevaux paniqués, les gamins tentant de chaparder les victuailles ayant roulé sur le pavé, les sergents de ville tentant de contenir la foule et ne faisant qu'ajouter au chaos.
Le petit peloton de licteurs fit halte devant le volet baissé à l'horizontale d'un petit estaminet donnant sur l'extérieur. Épuisé par ce brouhaha et ce grouillement envahissants, qui contrastaient avec ce qu'il avait pu vivre ces dernières semaines, Wangen s'adossa à un mur, puis s'assit, haletant de soif.
«  Qu'a-t-il fait, ce pauvre garçon ? »
Il leva la tête. Derrière son comptoir, l'aubergiste le regardait avec compassion en essuyant des écuelles.
« Il a partagé le pain des hérétiques » rétorqua sèchement un licteur massif.
L'homme eut un léger mouvement de recul. Wangen lui adressa un triste sourire.
« C'était cela ou mourir de faim, l'ami. »
Le boutiquier le contempla un bref instant, le jaugeant du regard, puis lui tendit un gobelet contenant une infusion d'herbes.

dimanche 6 septembre 2015

Power of the 140

Bon, ben voilà, j'ai sauté le pas : me voilà titulaire du compte @Nikolavitch sur Touitaire. J'ai à peu près aucune idée de comment ça marche (mais bon, si Nadine Morano et Nabila y arrivent, c'est que ça doit pas être d'une complexité démentielle). Par ailleurs, j'avais même pas fini de m'inscrire que le bazar me réclamait mon numéro de téléphone et l'accès à mon carnet d'adresse. J'ai failli l'envoyer se faire foutre, parce que je trouve ça quand même outrecuidant (marrant qu'outrecuidant soit la dernière survivance du verbe cuider, qui est complètement sorti du lexique en moins de cinq siècles). Et puis j'ai vu qu'on pouvait zapper cette phase. Sinon, ma grande aventure touitairesque se serait arrêtée là.

J'ai mis en suivi deux ou trois comptes de potes et d'auteurs dont je savais qu'ils touitaient, et à partir de là, vogue la galère.

Et donc, si vous voulez suivre mes vaticinations en 140 caractères, vous savez où aller toquer.

jeudi 3 septembre 2015

La citation du jeudi

Jon Stewart (celui de la télé qui a été remplacé par un noir*, pas le noir de la BD qui remplaçait Hal Jordan) explique pourquoi il arrête le journalisme satirique politique :



Watching these channels all day is incredibly depressing. I live in a constant state of depression. I think of us as turd miners. I put on my helmet, I go and mine turds, hopefully I don’t get turd lung disease.

Ce qui traduit veut dire approximativement :

"Regarder ces chaînes toutes la journée est incroyablement déprimant. Je vis dans un état de dépression perpétuelle : je nous vois comme des mineurs de merde. Je mets mon casque, je descends dans la mine pour aller y chercher de la merde, et j'espère que je choperai pas une merdicose du poumon."

Si vous ne savez pas qui est Jon Stewart, c'est trop tard.







*Accessoirement, j'aime beaucoup l'humour de Trevor Noah, le remplaçant en question. Ses sketches sont à hurler de rire, et essayez de choper la vidéo où il explique Boko Haram à Jon Stewart, ça vaut son pesant de produits pétroliers.