mercredi 31 décembre 2014

End of days

Bon, c'est pas pour dire, mais j'ai dans l'idée que l'année 2014 ne passera encore pas l'hiver. C'est fragile, ces petites choses-là, ça ne dure jamais très longtemps. D'ailleurs, celle-ci, je ne l'ai pas vue passer.

Au rang des choses qui auront clôturé l'année, je peux annoncer maintenant (j'ai assez avancé dans ce projet pour pouvoir commencer à en parler) que je vais bientôt sortir un gros roman de SF, une sorte de space opera lovecraftien* (c'est le seul moyen que j'aie trouvé de décrire ce monstre textuel dont je suis en train d'accoucher). Le bouquin n'est pas fini, mais j'ai trouvé mon rythme et j'avance à grands pas dessus. Et ça va être très chouette, bardé d'idées farfelues comme j'aime.

Sinon, Saint Louis sort mercredi prochain dans vos librairies. Foncez.

Et sinon, en attendant, je vous laisse vous démolir le foie et les boyaux à coups d'aliments trop gras et d'alcools forts trop libéralement servis. Et je m'en vais faire de même, parce que bon, être raisonnable côté bouffe, ça va cinq minutes. Ou quatre, d'ailleurs.



Ma tuyauterie interne, demain matin (allégorie)







* ou alors de la hard science-fantasy théologique, je ne sais pas exactement.

samedi 27 décembre 2014

Décodage

Je ne sais pas si vous savez, mais la SNCF emploie un langage codé. Par exemple, "incident grave de personne", ça signifie que quelqu'un est passé sous un train et s'est retrouvé étalé sur 50 mètres de rail (ou 300 mètres, quand c'est sous un tgv).

Mais quand le composteur grandes lignes vous dit "tournez votre billet" en refusant de le dépuceler, ça ne sert à rien de le retourner, et d'essayer les trois autres possibilités. "Tournez votre billet", ça signifie en vrai "veuillez infliger au composteur une manchette sèche, du tranchant de la main, sur le côté droit". Et après, ça remarche. Bon, le traducteur en moi remarque que la formule initiale, si elle manque de précision, a le mérite de la concision.

Bon, j'étais à la gare pour m'absenter quelques jours, et pour faire subir à mon régime un sort déhèsquèsque (en  d'autres termes, "fuck the regime"*) et taper dans la charcutaille, la foigraille, la picolaille et autres spécialités de la fin d'année. D'ailleurs, au passages, joyeuses fêtes à tous, amis lecteurs. (et même lecteurs pas amis. j'ai le vin gai, je suis en mode paix sur terre aux hommes de bonne volonté et je vous aime tous) (non, pas de façon déhèsquesque non plus, je suis pas recuit à ce point). Bref, j'en ai profité pour passer chez un petit producteur faire provision de gelée de fleur de sureau, et ça tue grave, ça. J'en trouve nulle part par chez moi, et c'est pourtant une belle invention, je dirais même une des grandes conquêtes de l'esprit humain. Je vais m'en refaire une tartine, tiens, pour la peine.

Allez, bonnes fêtes à tous !!!!



* On peut donner à cette expression un sens politique, aussi, mais je laisse ça sous votre responsabilité. Je suis de trop bonne humeur, là, j'ai pas le couteau entre les dents, je m'en sers pour tartiner le foie gras. Le terme technique "déhèsquèsque", c'est mon cadeau de Noël à la langue française, tiens.

samedi 20 décembre 2014

Loulou in the box

Ha ! Le facteur vient de me livrer le premier exemplaire de Saint Louis. Vu le temps qu'on a passé dessus, ça fait plaisir de l'avoir enfin entre les pognes, celui-là.

Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, Saint Louis est mon prochain album, co-scénarisé avec Mathieu Mariolle, dessiné par Filippo Cenni, avec l'assistance des historiens Etienne Anheim et Valérie Theis (qui parlent de leur indispensable et très précieux travail de conseil sur cet album et d'autres dans le magazine L'Histoire). Tout ça sort chez Glénat le sept janvier prochain, dans une collection qui a déjà évoqué Jaures, Vercingetorix, Philippe le Bel et autres personnages marquants.

Pour vous faire saliver d'avance, je vous reposte quelques images :



Louis IX, plus connu sous le nom de Saint-Louis, roi de France de 1226 à 1270, est le neuvième monarque de la dynastie des Capétiens. Personnage plus complexe et paradoxal que ce que nous laissent entrevoir les images d'Epinal du bon roi dispensant la justice sous le chêne, Louis IX, élevé dans un respect de la foi et une piété rigoureuse sous la coupe de sa mère Blanche de Castille, a une conception essentiellement religieuse de sa fonction et se voit en monarque idéal d'un royaume chrétien. Cette foi inébranlable qui marque l'ensemble de son règne contribue à faire de lui un Saint de son vivant et l'objet d'une vénération après sa mort ; mais elle incarne aussi sa faiblesse face aux réalités économiques, sociales et politiques de son époque. Avec la collection "Ils ont fait l'Histoire", découvrez en BD, le destin de celui qui marquera le XIIIe siècle dans l'histoire comme le "siècle d'or de Saint Louis".

jeudi 18 décembre 2014

Interview exclusive !

Ah, les Etats-Unis, en guerre contre le terrorisme, et qui ne fléchissent pas, qui bombardent l'EI, qui ne ferment pas Guantanamo, qui poussent le Pakistan à faire le ménage, qui restent droits dans leurs bottes, la mâchoire en avant et l'esprit de John Wayne chevillé au corps. C'est beau, dans le genre. C'est la virilitude en géopolitique. Ils font même les gros yeux à Poutine et lui disent parfois des choses désagréables. Et disent à Assad "pardon, désolé, on ne fait que passer, vous êtes bien aimables" quand ils violent son espace aérien pour bombarder ses ennemis.

Mais ils sont trop complaisants avec leurs anciens ennemis et ça leur joue des tours. Tenez, ils sous-traitent les films d'Hollywood à des boîtes comme Sony Pictures, filiale d'un grand groupe japonais. Alors qu'on trouve encore ici et là les petits manuels dessinés par Wallace Wood (je crois que c'était Wallace Wood) expliquant comment reconnaître un méchant Japonais parmi une foule d'Asiatiques normaux.

Mais l'eau a coulé sous les ponts, les ennemis d'hier se sont rapprochés, et Sony produit des films en Amérique. Dont l'Interview qui tue, une comédie sur la Corée du Nord. Dedans, des journalistes sont mêlés à un complot visant à zigouiller Kim Jong Trois, le fils de Kim Jong II. Dieu sait pourquoi, les Nord-Coréens ont pris la mouche (alors qu'ils n'avaient rien dit pour Team America World Police) et ont protesté. Et puis, comme Sony s'en fichait, ils sont passés à la vitesse supérieure et ont piraté (en tout cas on croit que c'est eux) l'ordinateur central de Sony Pictures.

Depuis, on a droit à un Sonyleaks avec plein d'infos croustillantes, des avant-premières des films sur le net et ainsi de suite. Et ça valse sévère. Tout le monde en prend pour son grade. Et les hackers disent en avoir encore sous la pédale.

Et donc, Sony Pictures viennent de se coucher. Comme des merdes. Le film ne sortira pas, ni maintenant, ni plus tard, ni en salle ni sur le net. Tac.

Y a pas eu de bombe posée devant le siège social ni de tags sur les affiches dans les salles de cinéma. Ils viennent de se coucher devant des pirates informatiques qui leur ont mis le froc en bas des jambes devant le monde entier. Et plutôt que de garder leur dignité, ils tendent le cul en disant "bien Monsieur". Ces gens sont des châtrés.

Le remake de l'Aube Rouge (produit par la MGM) sorti il y a quelques temps de ça avait déjà baissé culotte. Au départ, l'ennemi qui venait fouler de ses sandales les vertes collines d'Amérique était la Chine. Et puis comme la Chine est un gros partenaire commercial, avec en plus une grosse diaspora, ça avait été changé à la dernière minute (c'est ça qui est bien avec le numérique) en Corée du Nord, au motif que c'est des chinetoques tout pareil, alors y a pas à changer leurs tronches, juste des bouts d'uniformes, et qu'en plus personne ne les aime. Ou juste des tarés comme moi qui aiment bien la musique militaire nord-coréenne, mais ça ne compte pas. Mais visiblement, les temps ont changé. Pas touche à la Corée, maintenant.

Alors on me souffle dans l'oreillette que même si Sony Pictures est une filiale de Sony Japon, les décisions sont prises en Californie. Et j'ai dans l'idée que si c'étaient les Japonais qui avaient eu la main dans l'histoire, eux auraient sorti le film quand même et adressé un gros doigt à Kim et consorts.

J'ai du coup un conseil à donner à tous les terroristes du monde, aux Talibans, aux Daech, Boko Haram et tous les autres. Arrêtez les égorgeages, c'est ringard et ça fait plouc. Piratez la Fox, piratez Turner, piratez Warner. Vous allez voir, c'est vachement plus efficace. Soral se plaint de ne plus passer à la télé ? Qu'il pirate TF1 ! Mélenchon se plaint que les journalistes lui parlent mal ? Qu'il pirate France TV ! Sarkozy pleurniche que personne ne l'aime à part Morano et Hortefeux (c'est vrai qu'à sa place, moi aussi j'aurais honte) ? Qu'il pirate le site du Monde ! Et puis Valls et Hollande, cotisez-vous et embauchez ces Nord-Coréens pour pirater Goldman Sachs et la Société Générale (qui n'est pas à cinq milliards près, comme elle l'a démontré avec brio). En plus vous pourrez y trouver les quelques sous qui vous manquent pour boucler vos fins d'années et si ça se trouve, votre cote remontera, c'est un bon investissement. Mais tirez-vous les doigts du cul, tous. Ça nous amusera un peu.




PS, le 19/12 : tiens, les salles courageuses qui avaient prévu de diffuser Team America à la place de The Interview ont été empêchées de le faire par la Paramount. C'est le bal des micropéniens, les majors américaines.

dimanche 14 décembre 2014

Je fais décidément un beau métier

"If anyone has the stones to do it, it's you."

Je me disais "je bosse encore dix minutes, et puis ensuite je vais voir ce que je peux faire à dîner." Et puis je suis tombé sur la phrase ci-dessus. Et j'ai calé bêtement, comme un candidat au permis de conduire en haut d'une côte.

Non que la phrase soit particulièrement difficile en soi, mais elle pose un problème rigolo (quoique récurrent) : celui des curseurs qui ne sont pas au même endroit selon les langues. Notamment le curseur de la grossièreté.

Et là, on a une formulation anodine, mais où "stones" signifie très précisément "couilles". Et la traduction en question est destinée à une revue dans laquelle le mot "couilles" ferait tache*. Donc il me faut trouver un mot pas trop grossier pour dire "couilles". Et qui ne soit pas "testicules", par exemple trop direct. Alors les traducteurs de l'ancien temps pouvait utiliser "tripes" pour ça. Ça se faisait. Si je ne trouve rien de mieux, c'est d'ailleurs ce que je ferai. "Tripes".

Ça me chiffonne quand même. Parce que c'est bientôt l'heure de manger, et qu'il ne faudrait pas me prendre pour un Normand, quand même. Alors attention, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je n'ai rien contre ces gens-là. Les Normands sont des êtres humains comme les autres, à part peut-être leur propension à manger des tripes, justement. Qu'elles soient à la mode de Caen ou d'ailleurs. Ou de l'andouille de Vire. Pareil, je ne peux juste pas. N'y voyez pas d'ailleurs la marque d'une quelconque bretonophilie. Celles de Guémené non  plus, je supporte pas. Je ne mange pas d'andouilles. Sans doute de peur d'être un jour accusé de cannibalisme ou de je ne sais quoi.

Bref. Pas de tripes à l'apéro, quoi. Ce serait mal.



Pffff. Y a vraiment une couille dans le potage, ce soir.



PS : bon, j'ai fait une découverte majeure, ce soir. Si cuire à la vapeur des champignons de Paris frais avec des fines herbes et du brocoli ou du chou romanesco est une super bonne idée (je le savais déjà, un collègue traducteur me l'avait soufflée il y a quelques années, et je pratiquais depuis), les remplacer par des shiitakés était une idée à la con. Disons que le résultat est vraiment pas aké.









* Ce n'est pas comme ce blog, sur lequel j'écris "couilles" si je veux. Et "bite", aussi.

jeudi 11 décembre 2014

Prochaines conférences

Demain, vendredi 12 décembre à 18 heures, à la médiathèque du Coteau (42)
Histoire du comic book




Festival d'Angoulème (sous réserve de modifications d'horaires, auquel cas je vous tiendrai au courant)
Vendredi 30 janvier à 19 heures au Conservatoire : les dieux de Jack Kirby
Samedi 31 janvier à 15 heures à l'auditorium du NIL : débat Kirby, le roi des comics, animé par Xavier Fournier (et des tas de participants très intéressants).
Dimanche 1er février à 14 heures au Conservatoire : les dieux de Jack Kirby

Festival médiéval d'Artias (15 au 17 mai)
Je devrais normalement redonner ma conférence sur la Représentation du Moyen-Âge en BD.

Geekopolis (23 et 24 mai)
Je devrais animer quelque chose, probablement une table ronde, et peut-être aussi une conférence.

mercredi 10 décembre 2014

Platitudes





Une petite vidéo qui explore, entre autres, les conséquences d'une terre plate. J'adore.



Sinon, la conférence d'hier à Bagneux s'est très bien passée, merci encore aux bibliothécaires et au public pour leur accueil.

mardi 9 décembre 2014

Genre, la gloire, quoi

Quand le merchandising s'en mêle, c'est là qu'on se dit qu'on est connu. Que ça y est, quoi.

Bon, ils n'en sont pas encore à faire des figurines articulées* à mon effigie. Mais faut bien commencer quelque part.

Et donc, l'album Saint Louis (qui sort le mois prochain, je sais pas quel jour) a été décliné en marque-page.



Trop swag, quoi. Ça m'était jamais arrivé. Je suis tout zému, du coup.

Bon, je sais ce que vous allez me dire : qu'en vrai, dans l'affaire, c'est Saint Louis, qui est connu, et que d'ailleurs même qu'il a une ville à son nom en Amérique, le mec. Et donc que c'est lui qui est mis en avant là-dedans, et pas moi. Mais laissez-moi rêver un peu, quoi, merde !





*Et anatomiquement correcte, tant qu'à faire.

dimanche 7 décembre 2014

Décidément…

Après Rosetta et Orion (dont le vol s'est finalement déroulé sans encombres), il faut croire que cette fin d'année est placée sous le signe des étoiles (quand on y réfléchit, cette expression n'a aucun sens, en fait) puisqu'en bouquet final, nous allons avoir le réveil de la sonde New Horizons.


New Horizons


Et là, si Rosetta s'était un peu éloignée de notre banlieue terrestre, si Orion préparait le terrain à des vols habités relativement lointains, New Horizons pète un peu les stats : cet engin lancé en 2006 vient d'arriver aux abords de Pluton. Bon, la sonde commencera à travailler le mois prochain, donc début 2015, mais force est de reconnaître que le calendrier spatial est chargé, ces temps-ci. Et l'été prochain, elle passera sous l'orbite de Charon (le satellite de Pluton) pour examiner la surface de ces cailloux gelés.

New Horizon est tout à fait complémentaire de Rosetta. Si cette dernière allait éplucher une comète pour en tirer des informations sur les débuts du système solaire, New Horizons file droit à la source : non seulement Pluton, mais aussi la ceinture de Kuiper dont sortent une partie des comètes périodiques (les autres sortent du nuage d'Oort, qu'on n'explorera pas de sitôt : la théorie lui prévoit un diamètre externe de quelque chose comme 2,4 années lumières, auquel cas il n'est pas impossible qu'il touche une formation équivalente, si elle existe, orbitant autour d'Alpha du Centaure).

Après avoir survolé Pluton, elle traquera donc les astéroïdes gelés et autres proto-comètes, avec une forte probabilité de trouver des bazars de 75 kilomètres de diamètre et plus. Vu les distances en jeu, ça prendra quelques années (la mission est programmée jusqu'à au moins 2019), et les images risquent d'être un peu moins spectaculaires que le survol de Jupiter par la sonde il y a quelques années. Mais qu'importe, on reste dans le "to boldly go where no man has gone before", et ça c'est cool.

Truc amusant, le responsable de mission s'appelle Bowman. Mais pas David. Alice. Moi, ça me fait toujours marrer, ce genre de trucs.

vendredi 5 décembre 2014

See you next week

La semaine prochaine, je vais être pas mal occupé et je vais pas mal bouger :

Le mardi 9 Décembre à 19 heures, je donnerai une conférence intitulée Figures et Mythes des Super-Héros à la médiathèque Louis Aragon, à Bagneux (92).

Le vendredi 12 décembre à 18 heures, ce sera une conférence sur l'Histoire des Comics à la médiathèque du Coteau (c'est dans le 42, juste à côté de Roanne).

Il n'y a pas de séance de dédicace de prévue, mais si vous amenez des bouquins, il va sans dire que je me ferai un plaisir de vous les signer.

jeudi 4 décembre 2014

Pour Orion, ce soir, c'est ceinture



Un truc qui est bien, avec les moyens de communication moderne, c'est que j'ai pu suivre le non lancement (oui, pour ceux qui prennent le train en marche,  la fusée n'a pas décollé, finalement) de la capsule Orion tout en continuant à bosser.

Il y avait un stream du lancement, fort bien fichu, avec des commentaires techniques en temps réel. Je l'ai mis dans un coin de mon grand écran, et je pouvais le suivre du coin de l'oeil tout en avançant sur une traduction (le prochain Âge d'Or de Mickey Mouse, si vous voulez tout savoir).

C'est intéressant de se connecter à ce genre de trucs, parce que du coup, on saisit mieux la temporalité de la procédure. C'est quatre fois que le tir a été suspendu à 3 minutes du décollage. Les deux premières pour un souci de météo (un vent au sol qui pouvait perturber le démarrage) puis pour un souci de valve dans un réservoir. Comme la fenêtre de tir était étroite, les ingénieurs ont lancé deux procédures ultra minutées pour régler ce souci technique, dont ils ignoraient même s'il pouvait avoir une incidence sur la mission. Mais comme il s'agissait d'un test de validation avant  de passer aux vols habités, pas question de se planter.

Pour la Nasa, l'enjeu est même énorme. Il ne s'agit pas seulement de son indépendance face aux Russes (depuis la mise à la retraite de la Navette, les astronautes américains font du stop en Soyouz, et ce n'est pas un problème tant que personne n'est fâché avec Poutine), mais aussi face au secteur privé : si Orion n'a pas atteint sa vitesse de croisière avant la mise en service du Dragon 2 de chez SpaceX, les décideurs auront beau jeu de critiquer un programme devenu redondant. Dragon sera largement suffisant pour assurer les rotations de l'ISS.

Mais l'enjeu, pour la Nasa, ce sera justement de disposer d'un appareil capable d'aller plus haut et plus loin que Dragon. Elle jouait un coup d'avance, dans la plus pure tradition de Goddard vendant la météo pour financer ses fusées, ou Korolev promettant des vecteurs nucléaires qui pouvaient aussi, servir à propulser des Spoutnik. Aller plus loin que l'ISS, c'était d'ailleurs tout l'enjeu, même, du test prévu aujourd'hui : dépasser la ceinture de Van Allen, comme savaient le faire les capsules Apollo. Car Orion est même taillé pour aller plus loin que la Lune.

Bon, rendez-vous demain pour la nouvelle fenêtre de tir.




Sinon, rien à voir, mais les plus perspicaces d'entre vous auront remarqué que Fiction n'est pas sorti en octobre. La revue a rencontré quelques zones de turbulences dont elle sort peu à peu. Pour l'aider à sortir de l'ornière, l'éditeur a lancé un financement participatif dont je vous donne le lien ci-dessous. Donc voilà, si vous voulez soutenir une revue de SF exigeante et de qualité, c'est là :



"De grands navires en feu surgissant de l'épaule d'Orion"


C'est cet après-midi (heure française) qu'aura lieu le premier test en vraie grandeur de la capsule Orion. Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, Orion, c'est Apollo 3.0, c'est la version bigger'n better de la vieille capsule lunaire, bénéficiant de toutes les avancées technologiques de ces quarante dernières années.

Orion, c'est la vraie fin du programme Navette. En revenant à des concepts des années 60, la NASA solde définitivement un programme réputé très cher (mais pas tant que ça, quand on fait vraiment le calcul) et surtout pas assez puissant : La Navette, dans le meilleur des cas, ne pouvait monter qu'à 1000 kilomètres d'altitude, et dans les faits, montait rarement au-delà de 600, même si elle pouvait servir de "premier étage" pour le lancement de satellites géostationnaires. Sur ce premier vol test sans équipage, Orion montera à 5000, pour tester son comportement dans la ceinture de Van Allen. Mais sur le papier, sky the limit. Orion est conçu pour aller sur la Lune et au-delà.

Si ce vol inaugural est un succès, la NASA confirmera son avance sur SpaceX, dont la capsule Dragon 2 ne devrait pas voler avant 2017 et qui se cantonnera aux vols en orbite basse.

Donc voilà. Un peu de suspense, quelques beaux enjeux, je vais suivre ça, c'est clair !

mercredi 3 décembre 2014

Le poing sur Robert

Dans mon rêve de cette nuit, j'étais une sorte d'agent secret. D'ailleurs, je portais le même caban que Robert Redford dans les Trois jours du Condor, alors que je n'ai jamais possédé de paletot de ce genre. (par contre, j'ai scotché dix minutes sur une rediff du film l'autre jour, et c'est peut-être bien ça qui a laissé des traces dans le tuyau)

Tout se passait dans une ville un peu exotique mais pas trop, en bord de mer, mais pas la jolie ville côtière méditerranéenne que je visite souvent dans mes rêves. C'était un autre endroit, un poil plus sinistre, avec peut-être un côté Pays de l'Est ou Corée du Nord. L'architecture en était par endroit très menaçante, avec des immeubles gris et massifs émergeant de friches industrielles, entre des voies ferrées.

Je finissais par arriver dans le centre ville, un endroit lui aussi un peu inquiétant, avec des recoins obscurs, des zones en reconstructions et des rangées de bâtiments en brique.

J'étais passé par les cuisines du grand hôtel pour m'infiltrer dedans. C'était agité, là-dedans, des marmitons chinois armés de grands couteaux, de feuillette de boucher et de grandes fourchettes pointues pour piquer la viande qui couraient partout.

J'avais rendez-vous avec un informateur, dans une suite du dernier étage. Mais ça me faisait passer devant le fumoir où il y avait un agent américain ressemblant à Robert Redford vieux, sans le caban bleu marine. Le Redforoïde me regarda passer. J'essayais d'avoir l'air de rien, mais je le soupçonnais d'avoir reconnu le manteau.

Dès que je fus hors de vue, je grimpais quatre à quatre, me demandant s'il ne faudrait pas se débarrasser de lui en cours de route.

Je mis longtemps à accéder au dernier étage, parce qu'en rêve, les escaliers sont souvent étrange. Il arrive fatalement un endroit où ils deviennent étroits, où des sections de la rampe viennent à manquer, où il faut se baisser et se contorsionner pour passer. Pourquoi diable n'avais-je pas pris l'ascenseur ? Ou un autre escalier ?

Les femmes de chambre et maîtres d'hôtel asiatiques me regardaient avancer d'un air atterré. L'un d'eux, par charité, m'indiqua une autre cage d'escalier, qui me permit d'arriver à destination. J'avais perdu un temps précieux, mais ce n'était rien à côté de mes contacts. L'un d'entre eux tournait en rond, cherchant une prise téléphonique pour son mini téléscripteur. L'autre avait fait honneur au minibar.

La mission était vraiment mal engagée. Puis j'entends la machinerie de l'ascenseur se mettre en route. Je m'approche de la porte, je tends l'oreille, et j'entends la voix du Redford s'adressant à quelqu'un d'autre. Qui lui répond avec une voix de tueur à gros bras.

Je me poste sur le côté de la porte de l'ascenseur, pour cogner par surprise sur le premier qui en sortira. La cabine monte, les voix se rapprochent, mon poing part en arrière pour être prêt à taper…

Et je me suis réveillé.

Un peu soulagé, quand même. Le type à grosse voix, je ne sais pas quelle tête il avait, mais il me faisait peur quand même.

lundi 1 décembre 2014

Stellar à l'inter !

Pas grand rapport avec ce qui suit (ou juste un peu), mais c'était joli alors je partage

Après un ouiquende assez chaotique (plein de boulot, et plein de trucs qui ne se sont pas passés comme ils auraient dû* ce qui fait que des trois festivals et salons où j'aurais dû passer, je n'en ai pas vu la couleur d'un seul.

Pour me venger de toutes ces avanies, j'ai fini par me décider à sortir de mon bunker hier soir pour aller au cinéma du coin voir Interstellar, le nouveau Nolan. Oui, je sais, je n'y vais que maintenant, alors que c'était typiquement un truc taillé pour moi. Quand je vous dis que c'est le chaos total, en ce moment, je plaisante pas.

Et voilà mes quelques considérations à chaud sur ce film. Déjà, j'ai eu le nez creux en utilisant l'affiche en illustration de conclusion dans Cosmonautes ! (toujours en vente dans les bonnes librairies, et donc une bonne occasion, si vous avez aimé Interstellar, d'approfondir tout ça en following, hi hi hi, pun intended). Les thèmes et les constats du film recoupent complètement mon propre discours sur le fait qu'on aurait tort de tourner le dos aux étoiles, et tourne autour d'une version à peine détourné de la citation de Tsiolkovski que j'avais mise en exergue.

Plein d'acteurs que j'aime bien (en vrac, Lithgow, Caine, McConaughey), plein de concepts joliment mis en image (le wormhole, le trou noir) ou en récit (le paradoxe de Langevin) et, contrairement à ce que j'ai pu lire par ailleurs, de beaux moments d'émotion.

Et surtout, c'est un vrai bon film de Hard Science-Fiction avec du gros concept très sérieusement traité (même s'il est possible de chipoter sur divers détails techniques) ce qui est loin d'être la règle dans des blockbusters, en général.

Bon, après, il y a de grosses références aux grands anciens (2001, anyone ?) et on sent d'ailleurs que Hans Zimmer se retient désespérément de nous balancer du Zarathoustra à fond. De temps en temps, deux trois notes lui échappent, d'ailleurs, tout de suite coupées dans leur envol par le montage de Nolan. Ça devient presque un gag...











* Dont un boulot pour lequel le client impose un "système d'échange sécurisé" qui tourne sous Java. Autant dire un cauchemar. Déjà "java" et "sécurisé", ça ne va pas ensemble, de base.

PS : tiens... Le biniou me dit que ceci est le millième message de la War Zone. Joyeux anniversaire la War Zone, alors !

dimanche 30 novembre 2014

Le proverbe chinois du dimanche

"Les signes du ciel sont comme les oiseaux : on les voit quand ils passent, mais il est difficile de s’en saisir."

Je l'ai inventé l'autre jour, en discutant avec Munaro.

samedi 29 novembre 2014

Lettres de voyage

Tiens, ça faisait bien longtemps que je n'avais pas fouillé mes archives pour exhumer de vieux articles. Celui-ci a été publié il y a une petite dizaine d'années dans une revue sur les jeux. Je ne sais plus à quelle occasion on m'avait commandé ce papier, en accompagnement de quel dossier. Ce qui est amusant, c'est qu'on y retrouve quelques unes de mes fixettes. Bref… Au moins, comme ça, il ne dormira plus dans un recoin de disque dur.


À des époques où partir n’était pas à la portée de n’importe qui, où revenir était moins fréquent et où savoir écrire pour raconter ses aventures n’était à la portée que d’une élite, le récit de voyage était la seule ouverture disponible sur le monde. De nos jours, l’aviation, la télévision et la presse ont fini par porter un coup dur à ce genre si particulier. Petit voyage en arrière…

Dès l’origine de la littérature, elle a parlé de voyages : l’Épopée de Gilgamesh et l’Odyssée d’Homère en sont des exemples illustres. Si le voyage vers l’Est de Gilgamesh roi d’Uruk relève d’une géographie mythique, son expédition vers la Forêt des Cèdres relève des routes commerciales connues des Mésopotamiens à l’époque. Quant au long retour d’Ulysse, on ne reviendra pas sur les nombreuses interprétations qu’il a suscitées, mais qui affectent toutes aux étapes de son voyage des lieux réels du pourtour méditerranéen (voir plus loin, si l’on accepte la théorie selon laquelle l’Odyssée est la carte codée de la route de l’étain, qui allait jusqu’en Écosse). Pour le roi d’Ithaque comme pour celui d’Uruk, le voyage consistait à s’éloigner de son quotidien, et était initiatique.

Le récit utilitaire

Les géographes grecs et les généraux romains nous ont livré des récits déjà plus réalistes. Quand César décrit les Gaules, la Germanie et la Bretagne, c’est avant tout pour poser le décor de ses expéditions militaires. Mais il prend le temps de raconter ce qu’il a vu et entendu, et de détailler les coutumes des gens qui y vivent, nous livrant des documents exceptionnels sur le monde de son temps.

C’est le Moyen Âge qui voit le vrai développement des récits de voyage. La technologie et le commerce ayant évolué, de plus en plus d’hommes se lancent à l’aventure, allant là où personne (personne de leur peuple, en tout cas) n’était jamais allé. Les Vikings ont laissé des récits de leur découverte du Groenland (et des terres au-delà), de leurs expéditions sur la Volga et de leurs rencontres avec des peuples très différents d’eux. Les voyageurs arabes ont écrit des comptes-rendus de leurs explorations. Si Ibn Battuta se cantonne surtout au monde musulman de son temps, il pousse quand même jusqu’en Chine. Quant à Ibn Fadlan, le récit de son exil dans les steppes du Nord contient le seul témoignage de première main que nous possédons concernant les rites funéraires Vikings.

Deux occidentaux ont laissé une marque durable dans ce domaine :

Le Balte Athanase Nikitine était un marchand que les circonstances conduisirent jusqu’en Inde. Alors qu’il ignore s’il pourrait un jour revoir sa ville natale, il prend néanmoins en note toutes les informations qui pourraient être utiles à ceux qui le suivraient : tarifs, coutumes, goûts des populations. Son Voyage par-delà les Trois Mers est un document exceptionnel sur l’Inde de son temps.

Mais la star du genre reste sans conteste le Vénitien Marco Polo, dont le Devisement du Monde, ou Livre des Merveilles, est un classique encore largement lu de nos jours. Parti avec son père et son oncle à la conquête de nouveaux marchés en Asie (il s’agissait d’ouvrir de nouvelles routes des épices, les intermédiaires arabes et turcs devenant de moins en moins fiables et de plus en plus chers) il en revint la tête pleine d’images et d’histoires, qu’il dicta quelques années plus tard à un certain Rusta, un écrivain spécialisé dans les romans de chevalerie. Le fait que Polo n’ait pas vu tout ce qu’il décrivait (il se borne souvent à rapporter des choses entendues de la bouche d’autres voyageurs), que Rusta ait voulu en rajouter dans le merveilleux et qu’il ait translitéré en Français des noms de lieux donnés par un Vénitien qui les avait entendu prononcer dans des langues qu’il ne maîtrisait pas forcément fait de cet ouvrage une source assez peu fiable, mais d’une lecture fort agréable.

Pourtant, c’est sur sa foi du récit de Polo Christophe Colomb se lance dans la traversée de l’Atlantique. Les navigateurs de cette époque ont souvent laissé des traces écrites : Colomb lui-même, avec une longue justification de son action dans les « Indes Occidentales », ou ce compagnon de Magellan, Antonio Pigafetta, chroniqueur du premier tour du monde. Le récit de voyage devient un instrument de connaissance, le moyen d’appréhender un monde qui devient subitement gigantesque et inconnu.

Exotique et toc

Le Siècle des Lumières apporte un autre développement à ce genre de récits. Voltaire lance son Candide dans des voyages lointains pour illustrer son discours philosophique. Le public de l’époque veut de l’exotisme. On ne lit plus de récits se déroulant dans des contrées lointaines pour mieux les connaître, mais pour se dépayser.

L’exotisme, Chateaubriand s’y vautre complaisamment quand il nous décrit un Mississipi et des Indiens d’opérettes, qu’il était pourtant censés avoir vus de ses yeux. On mettra ça sur le compte de la licence poétique…

Jules Verne préfère un exotisme souvent plus documentaire. Nemo et les conquérants de la Lune ont beau avoir occulté l’essentiel du reste de son œuvre, il n’en reste pas moins que la plupart des Voyages Extraordinaires sont consacrés à la découverte de l’Afrique, à des voyages en Sibérie et à des aventures dans des îles perdues de ce qu’on n’appelait déjà plus les Mers du Sud.

Mais n’en déplaise à ceux qui ont commémoré récemment l’œuvre de Verne, c’est à un ancien officier de l’Armée des Indes qu’on doit les plus impressionnants récits de voyage du XIXème siècle. En effet, le capitaine Burton reste LE grand explorateur de son temps, et un observateur méticuleux. Des sources du Nil à La Mecque, en passant par les bordels de Karachi, ce diable d’homme polyglotte et pragmatique nous aura laissé des rapports circonstanciés et épais de ses voyages dans des endroits que peu d’occidentaux pouvaient alors se vanter d’avoir fréquentés, et il a l’avantage sur nombre de ses contemporains de ne pas se laisser aller à des tirades sur la sainte mission civilisatrice de l’Europe.

Joseph Conrad était capitaine lui aussi, mais de la marine marchande, avant de passer à l’écriture. Il connaît le grand large, mais aussi les limites du romantisme. Ses marins, comme le capitaine Marlowe, souvent narrateur des histoires de Conrad, sont des gens assez terre-à-terre (paradoxalement). Et les personnages comme Kurtz ou Lord Jim qui se laissent entraîner par leurs tourments, s’ils vont loin, n’en reviennent que rarement.

J’ai peur de l’avion

De nos jours, l’avion et des magazines de type Géo ont réduit passablement le recours à la littérature de voyage. Le voyage lui-même ne compte plus, l’exotisme de la destination a généralement été défloré depuis longtemps. C’est le règne des Kerouak sur la route, de voyages plus intérieurs, ou bien celui des confrontations : confrontation d’Amélie Nothomb au management à la japonaise, dans Stupeur et Tremblement, ou confrontation de l’occidental avec les limites de son mode de pensée, dans un Anglais sous les Tropiques, de William Boyd. Il est devenu tellement facile de se payer un week-end à Barcelone ou une semaine aux Maldives, de changer d’air dans la journée, que l’exotisme littéraire, le lectorat le recherche plutôt dans le roman historique, ou dans la science-fiction. Quand on prépare un voyage, c’est avec une revue spécialisée ou un Guide du Routard, plus dans les récits de Marco Polo ou du capitaine Burton…


vendredi 28 novembre 2014

jeudi 27 novembre 2014

Et c'est encore plus mieux quand ça bouge !

C'est la suite du post d'hier : je suis tombé ce matin sur cette vidéo, tournée récemment à Tchernobyl.



Et bien entendu, le type qui a tourné ça était accompagné d'un Stalker. Y a des livres et des films prophétiques, quand même.

mercredi 26 novembre 2014

Le rust, c'est crust

Hier, j'ai fait une animation en milieu scolaire, et plus le temps passe, plus je me dis que j'adore ça, les ateliers d'écriture avec des gamins. Ils bouillonnent d'idées, mais patinent par manque de confiance en soi, et c'est drôlement chouette de les aiguiller, de les pousser un peu, de leur montrer comment ça marche. Et ils ont besoin qu'on les prenne au sérieux : pas qu'on leur dise quoi raconter, mais comment. Ils sont en demande d'outils pour le faire.

Et puis sinon, je continue à collectionner des images de lieux en déréliction, piochées à droite et à gauche (là, pas mal à gauche, puisque les quatre premières photos ci-après proviennent de pays du Bloc Communiste. 



   


Là, par contre, c'est du bazar nucléaire américain de la deuxième guerre mondiale, c'est impressionnant aussi :





Et puis une petite dernière pour la route, puisqu'on me signale que ça aurait été son anniversaire demain : DJ Bruce Lee, le mec qui pourrait éclater David Getta sur une jambe et avec une main dans le dos. Ouuuuuuuu-chaï !



lundi 24 novembre 2014

Insérez ici un jeu de mots foireux en guise de titre, y a pas de raisons que ce soient toujours les mêmes qui bossent

C'est très curieux, ça doit être le temps qui me pousse à compenser, mais en ce moment, j'ai tendance à foutre de l'origan et du thym dans tout. Histoire sans doute d'avoir dans l'assiette le soleil qui manque à la fenêtre. Si ça continue, je vais finir par me racheter du Pastaga.

Et puisqu'on en est aux considérations culinaires, c'est aujourd'hui qu'ils mettent en service la machine à café de la Station Spatiale Internationale. Vous vous rappelez, je vous en avais parlé ici, pour exprimer mon inquiétude fondamentale face au concept barbare de sachets d'expresso qu'on boit à la paille.

dimanche 23 novembre 2014

De retour

Bon, la conférence super-vilain, ça s'est bien passé (j'avais un peu la trouille, parce que la première moitié du truc était une mise en place théorique qui du coup évitait autant que possible de parler de super-vilains, mais évoquait en vrac la mythologie, l'invention de l'imprimerie, et spoilait allègrement le Vicomte de Bragelonne). Bon, truc idiot mais qui m'a vachement déstabilisé au départ, la machine qui servait à projeter l'iconographie tournait sous Windows 8. J'avais jamais vu de près Windows 8, et je comprends mieux ce collègue traducteur qui s'en plaignait dernièrement. On sent le truc taillé pour des téléphones, et qui est laid et malcommode sur un vrai ordinateur. Beuh. Enfin bon, j'ai pas eu la patience (ni le temps) de prendre en main, j'ai fait ma diva et j'ai demandé à un des organisateurs de me lancer le truc.

Un truc bien, c'est que normalement, la conférence a été enregistrée en audio par quelqu'un qui se propose de la retranscrire, et qu'auquel cas, elle sera dispo au format texte sur internet (parce que l'audio, dans ce genre de hall, c'est inexploitable autrement à moins d'avoir un enregistrement à la source, sinon le son est dégueulasse). Je vous en reparlerai à l'occase.

J'en ai profité pour causer bizness avec plusieurs éditeurs avec lesquels je bosse, et les mois à venir, vont être bien chargés, genre je vais bosser comme un ouvrier Sud-Coréen shooté aux hormones. Mais sur des trucs chouettes et intéressants dont, là aussi, je vous reparlerai à l'occase.


Et sinon, le grand plaisir pervers de la conf,
c'était quand même d'expliquer doctement qu'en vrai,
c'est à ça que ressemble Loki, et pas du tout à Tom Hiddleston,
désolé mesdames.
J'adore casser les délires des gens.

samedi 22 novembre 2014

File, que t'es vilain !

Hop, je vous rappelle que demain à 13 heures, au festival Paris Comics Expo de la porte de Champerret, je donne une conférence consacrée aux Super-Vilains.

Venez nombreux.

mercredi 19 novembre 2014

Fils de pub, le retour

"La première qualité du philosophe, c'est l'étonnement", tout ça. J'aime bien être encore capable de m'étonner parfois de banalités, de prendre du champ par rapport à ce que, à force de l'avoir sous les yeux tous les jours, nous ne voyons plus.

Et puis à l'inverse, parfois, je m'étonne de ce qui étonne les gens. De ce qui leur semble curieux ou bizarre alors qu'à moi, ça semble tomber sous le sens.

Là, je suis tombé sur une interview d'un "strategy consultant" qui commentait un sondage à propos des marques plébiscitées par les Français.

Il faut savoir que la marque arrivée en tête est celle d'une célèbre chaîne de magasins de surgelés dont le nom évoque celui d'un célèbre capitaine de l'USS Enterprise. Non, pas Kirk-o-gel. L'autre. Et c'est probablement mérité, parce que c'est vrai qu'ils font de plutôt bons produits.

Bref, ce brave monsieur qui ferait sans doute mieux de se trouver un métier en rapport avec ses compétences réelles était surpris de voir plus de marques de distribution que de marques de restauration, en ces termes : "De manière surprenante, il semble plus agréable de pousser son caddie que de prendre un repas au restaurant."

En d'autres termes, voilà encore un pauvre garçon qui semble croire que Starbucks sert du café et qu'on s'y rend pour boire du bon café. Ha ha. Je pouffe.

Il n'a pas tout à fait l'air de se rendre compte que la restauration sous enseigne et la restauration tout court, ce n'est pas exactement la même chose. Oh, il y a des petites enseignes qui sont chouettes, je pense par exemple à "Chez Papa, spécialités du Sud-Ouest", dont je ne sais même pas si ça existe encore, mais ils avaient deux ou trois restaurants dans Paris, et je ne regrettais jamais d'y aller tant on y mangeait bien. Mais ce n'est probablement pas une marque de notoriété nationale, les seules qui soient concernées par une telle enquête.

Mais alors, les grosses enseignes de restauration, c'est quoi ? McDo, Flunch et Courte Paille ? Je ne veux pas être méchant et tirer sur l'ambulance de "strategy consultants" qui ont sans doute bien plus de diplômes que moi, mais quand j'ai envie de me faire plaisir en allant au restau, ce ne sont pas dans des chaînes franchisées que je vais. Je n'y vais pas consommer de la marque, je vais essayer de trouver un cadre agréable et sympa pour passer un bon moment entre amis en mangeant raisonnablement bien, et de préférence de manger quelque chose que je n'aie pas l'habitude de manger chez moi.

Ça s'appelle un biais, ce problème rencontré par ce profond penseur. Les "strategy consultants", ils sont employés par des marques. Ils sont là pour positionner des produits. Pas étonnant, dès lors, que ce soit le caddie qui arrive en tête dans leurs études, et pas la table de formica du McDo, qui a force de notoriété et d'omniprésence est devenu le symbole d'une standardisation et d'un nivèlement par le bas. Mais en ne pensant qu'en termes de marque et de produit, ils réduisent leur champ de vision. Ils deviennent aveugles à tout le reste. Leur vision de la réalité devient complètement tronquée.

Leur outil ne correspond plus au réel. C'est cela qu'a remarqué notre grand stratège. C'est cela qui le surprend. Sa grosse faute de méthode, c'est qu'il n'arrive pas à faire de cette surprise une raison de remettre ses outils en cause.


mardi 18 novembre 2014

Mouk-mouk !



Tenez, histoire de vous culturer un peu, une petite vidéo issue de ce cycle de mini-confs diffusées sur le site du Monde. Y a des trucs en astrophysique et dans plein d'autres domaines, c'est vachement bien fichu.

En moins de quinze minutes, ça n'entre pas dans le détail, mais ça permet de faire un petit point clair sur l'état de la recherche dans un domaine donné, avec en plus les conditionnels au bons endroits, ce qui est rafraichissant et bienvenu. Mais forcément, vous me connaissez, vous voyez bien qu'on est au cœur des sujets qui me passionnent et autour desquels je tourne depuis des années (transmission d'un savoir abstrait et de structures culturelles complexes, glissements du langage, etc.).

Bon, sur un détail à la fin, j'aurais des réserves quant à ce qui est dit : la recherche a repéré des mécanismes de transmission culturelle chez un certain nombre d'animaux (chimpanzés et épaulards, notamment, avec même la notion de transmission de tabou chez les chimpanzés) ce qui fragilise la distinction tranchée qui est présentée ici. Il doit exister un effet de seuil quelque part dans le processus, et c'est même sans doute un point clé de tout le truc. C'est un détail, mais si l'on n'y prend garde, ça peut devenir un point aveugle de la réflexion et c'est dommage.

lundi 17 novembre 2014

Faut pas confondre devenir chèvre à Méribel et jouer les boucs au ski

Dans la série des inconvénients d'avoir des ados à la maison (outre la collection complète des Bluray de Twilight sur l'étagère du salon), il y a le fait de devoir en tant que père s'intéresser à ce qu'ils écoutent, lisent et regardent. Parce que ça fait partie de la responsabilité des parents, tout ça.

Et résultat des courses, j'écoute de la J-Pop à fond depuis ce matin, pendant que je bosse. Ce n'est pas absolument pas raisonnable. Je soupçonne ces ritournelles suraigües de se vriller bien profondément dans les soubassements du cortex pour ne plus en sortir jamais. C'est une arme secrète des Japonais pour détruire l'occident, un truc addictif qui détruit le cerveau graduellement, c'est un peu leur réponse à la guerre de l'Opium*.

Changement de plan, les mecs. On laissez tomber l'artillerie,
on se met au soft power et on va tous les niquer, les longs-nez !








* Oui, je sais, la guerre de l'Opium, c'était avec les Chinois, je suis au courant, foutez-moi la paix, je raconte qu'est-ce que je veux. Si les politiciens ont le droit d'arranger les faits à leur sauce avec une absence de vergogne qui touche au grand art, je vois pas pourquoi je m'en priverais.

samedi 15 novembre 2014

Point d'étape

Semaine un peu agitée, entre accidents à gérer, virus de saison, boulot, rendez-vous loupés, relecture pour la huitième fois du même bouquin pour traquer la dernière virgule mal placée avant qu'il ne parte chez l'imprimeur. Et puis écrire un article un peu pointu. Et des bouts de scénars. Et des trads. Et un bout de roman. La routine, quoi.

Et puis, forcément, vous vous en doutez, j'ai suivi de près tout ce qui concernait Rosetta et Philae. Et bien entendu, je suis gravement frustré. Pas à cause des soucis rencontrés par la petite sonde quand elle a tenté de se poser sur la comète : des soucis de ce genre sont inévitables. Un appareil de ce genre ne se pilote pas aussi simplement qu'un drone quadricoptère asservi à un iPhone, d'autant qu'il y a un lag de plus de vingt minutes dans chaque sens, une visibilité allant de médiocre à nul, sans compter le fait que tout se déroule à une température qui transformerait sur place une armée de pingouins en promotion du mois chez Picard. Les techniciens qui contrôlaient Philae ont mis dans la cible, et les rebonds, pentes et autres accidents du terrain ne sont que des péripéties. Les instruments ont globalement bien fonctionné avant que les batteries ne lâchent (mais la sonde a été légèrement déplacée pour permettre au soleil de les recharger péniblement, donc l'histoire n'est probablement pas finie), et c'est là que la frustration s'installe.

Certaines des données sont en cours de traitement, et il y a un énorme boulot de dépouillement à faire dessus. Mais certaines autres sont déjà connues… Mais sous embargo : les responsables ont un accord avec la presse scientifiques, et les infos ne sortiront qu'à la publication des articles. Il faut donc attendre. Non pas le traitement, non pas la transmission… Mais la publication.

Je comprends bien entendu les raisons de la chose, et elles sont légitimes, mais c'est un peu comme une fin de saison de Game of Thrones*, on est tout de suite en mode "vite la suite" ! Surtout qu'une partie de ces données sont à la clé de nos conceptions de la formation du système solaire, et que les résultats des prélèvement de Philae peuvent les confirmer ou, au contraire, nous conduire à les réviser radicalement. Comme quoi y a pas besoin d'un gros méchant pour avoir un bon suspense.



*Accessoirement, je trouve très flippant qu'ils aient pris lord Littlefinger pour promouvoir Rosetta, dans ce superbe clip diffusé la semaine dernière.

mardi 11 novembre 2014

Tout est meilleur avec un filet de sauce rouille

Pour oublier une journée qui a été compliquée et agitée, j'ai décidé de retrouver la sérénité et le sens de la finitude des choses en postant quelques clichés rustpunk.






lundi 10 novembre 2014

Le matin des magiciens, et le soir, et jusqu'à tard dans la nuit

Plus le temps passe, et plus je m'aperçois qu'il y a un truc que j'ai oublié de coller sur ma carte de visite. Sous mes casquettes de traducteur, de scénariste, d'essayiste, de conférencier, je m'aperçois que je suis devenu aussi, et de plus en plus souvent, "consultant en trucs foutraques". Je veux dire, ça a toujours été le cas. Rien qu'un bouquin comme Apocalypses !, "ça a débuté comme ça", aurait pu en dire Céline. C'était la mise au propre et l'extension de notes du même genre que celles que je poste parfois ici, de réflexions sur la croyance et la façon dont elle se transforme vite en rapport au monde et en Weltanschauung (mot très pratique à placer dans les dîner en ville pour faire genre j'ai lu Shopenhauer) (en vrai, je n'ai pas lu Shopenhauer) (et de toute façon, je n'ai que faire des platoniciens, je considère Platon comme une fripouille et, plus généralement, comme une belle saloperie, mais ça nous éloigne de notre sujet). Des notes, j'en accumule sur tout et n'importe quoi, parfois suite à des conversations, parfois suite à des demandes ciblées, parfois par pur vice.

Mon approche des choses, mon côté boulimique de savoir bizarres et ma façon de jongler avec font que depuis vingt ans, il arrive plus ou moins fréquemment qu'on vienne me demander de jouer les Sherpas dans des domaines un peu obscurs du savoir pour en tirer des espèces de fulgurances baroques. Ouais, consultant en trucs foutraques, c'est exactement ça. Rien qu'aujourd'hui, en deux occurrences distinctes et face à trois personnes différentes, j'ai été consulté sur des domaines aussi farfelus que l'architecture extraterrestre (non pas comment bâtir une base habitable sur un monde étranger, non, mais trouver les caractéristiques de constructions fondamentalement non humaines, mais partiellement compréhensibles néanmoins par les malheureux qui y pénètrent), sur la possibilité de créer un équivalent du test de Turing pour déterminer à quel type d'intelligence étrangère l'on peut avoir affaire, et surtout s'il y a une conscience à la clé (avec discussions sur le thème du célèbre test de la tache), sur des notions complexes d'astrophysique pré et post Big Bang (et quelles étaient les limites théoriques à nos connaissances cosmogoniques et pourquoi), sur la motorisation Alcubierre (et la difficulté technique de la chose, reportez-vous à Cosmonautes ! et à mon article dans le numéro 19 de Fiction), sur la pilosité faciale et ses incidence sur le statut social à certaines époques très précises, sur le chapitre 12 de l'Apocalypse de Saint Jean et certains parallèles qu'on peut en tirer avec des mythes eschatologiques divers du Proche Orient, et eschatologiques aux deux bouts du spectre car commencement et fin du monde se répondent très souvent, sur les diverses sortes de chien des enfers répertoriés (du C'hi Du breton au Cerbère grec en passant par tout un tas de bestioles sympathiques aux crocs acérés) et sur diverses modalités de passage vers l'après-vie. (et pour tout autre chose, j'ai passé une partie de la journée à suivre la piste d'un certificat de naissance vieux de plus d'un siècle dans lequel s'est glissé une erreur de dix ans, et qui a généré des interprétations dont certaines sont proprement délirantes)

Ce qui me sidère le plus, ce n'est pas que je sois en mesure de répondre à toutes ces demandes. C'est qu'avec le temps, un certain nombre de personnes s'attendent de façon parfaitement naturelle à ce que je le sois.

Ouais, faut que je rajoute ça la prochaine fois que je me fait des cartes de visites. Alex Nikolavitch, consultant en trucs foutraques. Je trouve que ça claque.


vendredi 7 novembre 2014

Changer de disque

Hop, une très jolie image, publiée cette semaine par des scientifiques, et qui me rappelle vachement un phosphène vu un jour où j'avais foncé bille en tête dans une porte transparente en verre blindé :


En fait, c'est le disque d'accrétion d'un bébé étoile situé à 400 années-lumière d'ici, dans la constellation du Taureau, pris grâce à un radiotélescope interférométrique*. On dit bébé étoile, parce que même si la température est en train de monter au centre, les réactions thermonucléaires ne semblent pas encore s'être mises en route.

Ce qui rend ce cliché fascinant, c'est que c'est le seul de son genre : on n'a encore jamais observé de système solaire à ce stade précis de sa formation. Ici, on voit bien que le centre commence à se condenser sur lui-même, mais surtout, on voit aussi ces stries noires, à la périphérie, ressemblant aux divisions des anneaux de Saturne. Et c'est exactement le même principe : elles signifient que de gros cailloux ont commencé à balayer et à amasser la poussière sur certaines orbites. Oui, ces stries noires sont les traces laissées dans le disque d'accrétion par des bébés planètes faisant leurs premiers pas. C'est hyper émouvant, je trouve.

L'autre disque qui fait l'actualité scientifique ces temps-ci n'est pas une nouveauté. Je vous le redonne :


Vous l'avez reconnu ? Ce petit machin est un des grands mystères de l'archéologie. Non qu'on ait le moindre doute quant à sa provenance ou à sa datation. Simplement, on était jusqu'à présent incapables de le lire. Bien des déchiffrements ont été proposés, sans qu'aucun ne s'impose. Celui-ci n'en est peut-être qu'un de plus, mais il ferait du disque une invocation à la déesse mère, dont on sait qu'elle était souvent associée à des serpents dans l'imagerie minoenne (et la spirale est assez ophidienne, pour le coup). Cela ferait du disque une amulette à l'usage des femmes allant accoucher, ou un recueil des prières à prononcer pendant la grossesse ou au moment de l'accouchement. La langue serait une forme ancienne d'indo-européen, apparenté semble-t-il à certains langages d'Anatolie.

Reste à voir si cette percée permettra le déchiffrement du Linéaire A, l'une des trois écritures de la Crète ancienne, qui a succédé aux hiéroglyphes du disque de Phaistos, cette petite galette à peu près contemporaine des pyramides, et qui représente un casse-tête pour les linguiste depuis un bon siècle.





* On en tire une image, mais ce qui est capté, ce sont des ondes radios captées par plusieurs antennes, en fait. Simplement, une fois traitées, elles permettent de reconstituer l'organisation spatiale de l'objet étudié, qui est totalement invisible aux longueurs d'ondes de la lumière ordinaire : il est dissimulé par une nébuleuse de poussières. Ce sont ces poussières, d'ailleurs, qui l'ont nourri à la base.

jeudi 6 novembre 2014

"shut up and calculate" (Richard Feynman)

Une discussion que j'avais récemment revenait sur l'affaire Kerviel. Mon interlocuteur me disait "oui, quand on dit que la Société Générale a perdu 5 milliards dans l'affaire, ils sont bien passés quelque part, non ? Donc s'ils sont perdus à un bout, qui les a gagnés à l'autre ?" (une théorie dont on parle peu veut que le chiffre des pertes ait été artificiellement gonflé pour faire passer des trucs pas nets par pertes et profits dans le bilan, que l'affaire Kerviel était un moyen de faire porter le chapeau à un cave pour tout un tas de gentillettes saloperies qu'il s'agissait de camoufler) (je ne connais pas assez le dossier pour savoir si c'est solide, mais bon, ça me semble une hypothèse intéressante).

Par ailleurs, quand on fait le déroulé des évènements de l'époque, il a été établi que si la Société Générale n'avait pas soldé immédiatement les positions de Kerviel au moment de leur découverte, mais plutôt attendu que la poussière retombe, elle aurait pu diviser la perte par dix. C'est le principe édicté par Warren Buffett, je crois, qui dit que tant qu'on ne vend pas, on n'a rien perdu. La perte reste virtuelle et il y a moyen d'éventuellement redresser la barre. Ce qui crée les crash, ce sont les comportements panurgo-ovins des acteurs du marché, traders cocaïnés, banquiers pétochards et autres fonds de pensions qui se croient acteurs rationnels tout en s'en remettant à la "main invisible du marché". Forcément, une telle contradiction fondamentale ne peut que générer des effets rigolos.

Ce principe de Buffett est vachement intéressant, parce qu'il m'en rappelle un autre : tant que vous n'avez pas ouvert la boîte de Schrü… Schrëude… Shrö… Machin, là, qui n'aimait pas les chats… Enfin bref, tant que vous n'avez pas ouvert la boîte, le chat qui est dedans n'est ni mort, ni vivant.

Le principe du chat de Schrödinger ne marche PAS
avec un contenant transparent, crétin !


Cette multiplication des acteurs qui se croient rationnels tout en étant soumis pieds et poings liés* à des forces qui les dépassent visiblement crée des conditions qu'on ne retrouve guère, dans le monde réel, que dans la physique quantique. Peut-être vaudrait-il donc le coup d'appliquer les équations d'Heisenberg, Dirac, Feynman et les autres aux flux financiers et d'y appliquer de façon stricte l'interprétation de Copenhague : l'argent est une particule virtuelle qui, dès lors qu'on parle de flux financiers massifs comme ceux générés par le trading haute fréquence, fonctionne à de très hautes énergies, mais n'interagit plus que très peu avec le monde matériel. Le "marché", il ne faut donc pas chercher à y voir la moindre réalité, ni même la moindre représentation du réel. C'est quand même une sacrée pierre dans le jardin de tous les escrocs qui nous parlent de "réalisme" en économie.







* Cette soumission est rendu visible par leur uniforme : comparez l'image du décideur à cravate avec celle des Bourgeois de Calais qui viennent supplier la corde au cou, et vous verrez que ça se ressemble quand même vachement. 

mercredi 5 novembre 2014

Nom de Zeus, fichtre, bigre et palsambleu !

Je ne sais pas si vous vous rappelez de Shine on me, ce chef d'oeuvre de... Comment dire... Je suis pas sûr qu'il y ait exactement un mot pour ça. Et pourtant, j'ai un vocabulaire qui ferait vomir un bouc normalement constitué.



Bref. Machin, là, Chris "regard de braise et cheveux de vampire pédé dans un manga pour jeunes filles" Dane Owens (ou alors c'est Chris Dane "regard de braise et cheveux de vampire pédé dans un manga pour jeunes filles" Owens, je ne sais pas exactement) a récidivé. Nous avons enfin droit à la suite de Shine on Me et c'est merveilleux. Y a des explosions, de l'air guitar pourrie, des poses de poseur, et même une guerrière avec un slip en fer, que demander de plus, franchement ? C'est l'équivalent en clip vidéo d'une fanfic de lycéenne ou d'un roman Bragelonne. C'est vraiment très fort.



Le méchant flashback....

Tiens, en faisant du tri dans mes mails, j'ai retrouvé une discussion avec le Trad Pack sur les vieilles séries TV. Et j'y revenais sur Cosmos 1999, et je vous rebalance ce que j'en disais, parce que les gens ont le droit de savoir :

Je vénérais le professeur Bergman, étant môme. Le commandant Koenig était un
homme, un vrai, toujours droit, mais Bergman, c’était le mec qui savait tout
sur tout, et quand il savait pas, il trouvait. Je voulais devenir comme ça,
en grandissant. encore quelques années et j’aurai la même coupe de cheveux,
d’ailleurs.

Et puis à 17 ans, y a eu une rediff, et j’ai compris que Bergman racontait n’importe quoi. Mais vraiment n’importe quoi tout le temps.


dimanche 2 novembre 2014

à Mojave, on fait pas dans le Mojito

Ah, je ne savais pas de quoi me parlait la personne qui, en dédicace, m'évoquait un coup dur pour les vols spatiaux. J'étais au courant pour l'explosion au décollage de la fusée Antarès, mais pas du crash d'un appareil de chez Virgin dans le désert de Mojave (ben oui, quand on est en festival à signer des bouquins, on s'informe moins).

Et donc, la compagnie a perdu un appareil et un pilote. Et oui, c'est un sacré coup dur pour l'espace privé. Il semblerait que la motorisation de l'appareil soit en cause, et particulièrement le carburant. Mais pour l'instant, les articles évoquant ce paramètre sont incompréhensibles et je soupçonne un souci de traduction (sujet pointu sur le plan technique + week-end avec jour férié = généralement des articles très approximatifs) (mais disons simplement pour l'instant que c'est une fusée à carburant solide, mais pas à poudre : le propergol est un genre de polymère bizarroïde)(mais là, les Russes et leurs moteurs de réforme n'y sont pour rien).

C'est d'autant plus dommage que, sur le plan technique, la solution de tir choisie est plus sécurisante que la fusée à décollage vertical. Le SpaceShip Two démarre comme les anciens X-1 ou X-15, grâce à un avion porteur qui l'emmène en haute altitude et lui donne un impulsion motrice. Quand l'appareil se détache de son porteur, il enclenche ses moteurs fusées, puis monte directement, profitant de la raréfaction de l'air en haute altitude pour avancer avec une dépense en carburant minimale.

Avec un tel système, on atteint assez facilement la "limite légale" de l'espace, fixée arbitrairement à 100 kilomètres d'altitude*, ce qui est suffisant pour des vols touristiques, mais insuffisant pour rallier des stations comme l'ISS orbitant entre 330 et 420 kilomètres. Enfin... On devrait atteindre, parce que rien ne dit à ce stade que Virgin puisse redémarrer les essais de ses SpaceShip dans l'immédiat. C'est une compagnie privée, et ce qu'on tolérait très bien de la part de l'US Air Force (qui consommait des pilotes d'essais au rythme où un baleineau avale le krill), on le supporte tout de suite moins quand c'est privatisé. Peut-être parce que le secret défense ne s'applique pas, je ne sais pas...





* Quelques infos à ce sujet dans Cosmonautes !. Le problème étant crucial pour la qualification d'astronautes des pilotes du programme X-15 dans les années 60, j'en parle à l'occasion des problèmes liés au programme Gemini, dans lequel se sont retrouvés plusieurs pilotes de X-15, dont d'ailleurs un certain Neil Armstrong qui parvint par la suite à une certaine notoriété dans le domaine de l'exploration spatiale.

samedi 1 novembre 2014

Rappel des troupes

Un mot avant de partir pour signaler que je serai en dédicace aujourd'hui et demain au Salon Fantastique, c'est à l'Espace Champerret.

J'ai vu qu'il y aurait aussi sur divers stands Estelle Faye, Olive Péru, André-François Ruaud, Arthur Morgan et bien d'autres.

C'est l'occasion de venir prendre Fiction, mais aussi tout plein de bouquins !

mercredi 29 octobre 2014

Dernière minute

Tiens, plusieurs infos sortent sur la récente explosion au décollage d'une fusée Antarès.

Et c'est hyper drôle, en fait. Bon, ce serait moins drôle s'il y avait eu des mecs à bord, mais heureusement, c'était un tir de fret à destination de l'ISS.

Alors, que ce soit bien clair, il ne s'agit pas d'accabler les Russes. Mais bon... Si la fusée Antarès est bien américaine, un appareil du secteur privé, d'ailleurs, puisque le ravitaillement de la station spatiale internationale a été partiellement privatisé, les moteurs sont de fabrication russe.

Et attention, c'est pas n'importe quoi comme moteurs. Ces moteurs "AJ-26" sont en fait des moteurs "NK-33", selon leur dénomination d'origine. Des moteurs de forte puissance conçus à la base pour la fusée N-1.

Vous ne voyez toujours pas ? C'est que vous n'avez pas lu Cosmonautes !, et il est temps que vous corrigiez cette grave lacune. Car j'y explique le triste destin de la fusée lunaire soviétique N-1.

Cet énorme engin, légèrement plus gros d'ailleurs que son homologue américaine Saturn 5, devait décoller début juillet 1969 pour expédier un communiste sur la Lune. Le programme lunaire habité soviétique ayant été lancé avec un peu de retard sur son concurrent américain, il a fallu gagner du temps. Notamment sur certaines phases de tests.

Arrivé au moment où leurs adversaires Américains, ces cochons de capitalistes bourgeois, aussi occidentaux que décadents, semblaient prêts à partir, le corps des cosmonautes a voulu tenter le quitte ou double. Et les décideurs politiques ont reculé. Alors que les pilotes étaient prêts à signer une décharge pour tenter le coup et coiffer les américains au poteau, le Comité Central a exigé un test à vide. Et pour le coup, le Comité Central a eu le nez creux.

Une défaillance d'un des moteurs a engendré une explosion d'une puissance de 10 kilotonnes, du même ordre de grandeur donc que la bombe d'Hiroshima, et un cratère de deux kilomètres de large. Le programme lunaire russe était mort et enterré, et la suite c'est de l'histoire : quelques semaines plus tard, le petit pas pour l'homme était un pas américain.

Mais la production des moteurs avait été lancée, et il y eut par la suite encore quelques tentatives d'employer la fusée N-1. Pas toutes couronnées de succès, loin s'en faut. Et 150 moteurs NK-33 sont restés dans un hangar, à prendre la poussière pendant plusieurs décennies.

Jusqu'à ce qu'ils soient retrouvés, remis en état, et revendus à pas très cher. C'est pas de la mauvaise came : les quatre tirs précédents d'Antarès se sont déroulés sans encombre, avec précisément les mêmes moteurs.

Mais perso, je confierais pas une vie humaine à un moteur issu du programme N-1. Y a quand même un lourd karma.

Attack of the clowns

C'est dans toutes les infos depuis quelques jours sans qu'on sache exactement ce qui relève du réel, du canular, du p'tit con qui croit au canular et en rajoute une couche... Des clowns psychopathes rôderaient, paraît-il, dans les villes de notre beau pays pour effrayer les passants.

Votre War Zone préférée avait déjà étudié le phénomène dès l'époque de ses prémisses, avec une analyse de pourquoi le clown psychopathe, déjà, et pas plus tard que l'année dernière en évoquant l'étrange cas du clown de Northampton, rôdant dans une ville qui a déjà son pesant de phénomènes bizarres, ne serait-ce que parce qu'Alan Moore y habite et y créée.



Non, ça suffit, quoi ! Arrêtez de me mêler à vos conneries, merde !

Donc bon, un phénomène d'interpénétration du réel par l'imaginaire, une contagion mémétique de cet ordre, c'est très moorien, sur le fond. On ne sait même pas d'ailleurs, dans les faits-divers diffusés par la presse, ce qui est sérieux, ce qui est artificiellement gonflé, ce qui relève du canulard, ce qui relève de grands malades saisissant une occasion. La police ne fait pas le détail et embarque tout ce qui passe. Mais la saison va vite passer. C'est Halloween à la fin de la semaine, on devrait avoir un pic de clowns vendredi soir, et puis ensuite on s'approchera peu à peu des fêtes de fin d'année, et des Père Noël envahiront nos rues. Et dans le tas, si ça se trouve, il y aura des Papa Noël psychopathes avec des manches de pioche et des couteaux de chasse.

C'est ici que vous l'avez lu en premier, en totale exclusivité…

"And all very hush-hush."


PS : bon, par rapport à hier, ça semble être réglé. J'ai viré pour l'instant les liens externes, demandé une vérification du site par l'hébergeur et a priori, ça remarche normalement. Mon beau blog à moi que j'ai n'est plus vérolé comme une grue de Whitechapel. Et apparemment, il ne l'était même pas, d'après les analyses que j'ai pu mener. Ouf.

mardi 28 octobre 2014

étrange

J'ai eu des messages d'erreur en me connectant à la War Zone, aujourd'hui, selon lesquels des logiciels malveillants seraient à l'oeuvre dedans. Du coup j'ai désactivé plein de trucs, mais j'ai encore ces messages.

De deux choses l'une, soit c'est le serveur blogger qui est piraté (mais je n'ai pas eu ces messages en me connectant à d'autres blogs), soit quelqu'un est venu foutre la merde, une semaine après que je me sois moqué des cathos qui s'y connaissent en Plug et de Gazprom. Je ne me savais pas assez gros pour intéresser ce genre de malfaisants, donc ça m'étonnerait quand même aussi. Si vous avez des messages curieux vous aussi, ou des outils pour pousser l'analyse, tenez-moi au courant.

dimanche 26 octobre 2014

Encore du Loulou !

Puisque c'est le jour du changement d'heure (il me fallait bien un prétexte quelconque), voici la quatrième de couve du Saint Louis, qui sort en Janvier !


samedi 25 octobre 2014

Y a du pinard dedans, Depardieu passe par là, et là, c'est le drame

L'image flippante du jour : un montage de photos de la NASA montrant la façon dont la mer d'Aral a fondu ces dernières années :


(c'est de reparler de Dune hier qui m'a fait repenser à ce document que j'ai stocké il y a quelques semaines de ça)

vendredi 24 octobre 2014

Les Hérétiques de Dune saga l'autre

Tiens, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas fendu d'une bafouille au sujet de Dune.

L'occasion du jour, c'est que j'ai enfin mis la main sur le documentaire sorti l'an passé concernant le Dune de Jodorowsky, le "greatest movie never made".



Cela fait très longtemps que, comme bien d'autres amateurs de l'œuvre de Frank Herbert, je suis fasciné par ce projet maudit, ce film dont la préproduction aura été complètement séminale et qui aura laissé une empreinte indéniable sur le cinéma mondial, ainsi que sur la bande dessinée. Mais le temps passant, de plus en plus d'éléments avaient transpiré, et même si le projet reste fascinant, j'étais de plus en plus dubitatif, voire critique.

Ce sont en partie ces éléments qui m'avaient conduit à écrire ce précédent billet recadrant un point qui me semblait essentiel : le mysticisme dans Dune était un vernis recouvrant un univers hautement matérialiste sur le fond. Sans rentrer dans le détail, disons que l'obsession mystique des personnages de Dune a souvent conduit à interpréter toute l'oeuvre comme mystique par essence, et il me semble que c'est un contresens pur et simple.

Confier Dune à Jodo, c'était forcément se vautrer dans ce contresens.

Alors attention, je ne dis pas que ça aurait été un mal en soi, juste que son Dune aurait été avant tout le reflet de Jodo plus que celui d'Herbert. Une version, une interpretatio jodoica. D'ailleurs, dans le documentaire, Jodo lui-même reconnaît n'avoir lu le livre qu'après avoir lancé la préproduction de son film, et être entré dedans nanti de toutes sortes de préconceptions nées de son premier contact avec l'œuvre : un résumé oral enthousiaste fait par l'un de ses amis.


Petit Harkonnen entre amis

Si Dune est beaucoup moins mystique qu'il n'y paraît, Alejandro Jodorowsky n'a rien d'un rationaliste ni d'un matérialiste : il est porteur de tout un apparatus initiatique et ésotérique (les mauvaises langues parleront plutôt d'un bric-à-brac) qui transpire dans toute son œuvre. Pour une part, Jodo est un bateleur de grand talent qui jongle avec les symboles, et il est très difficile de déterminer quand ces symboles structurent ses récits et quand ils se contentent de les parasiter purement et simplement, ne fonctionnant plus qu'à la manière d'un attirail combinatoire et conventionnel.

Jodo sur Dune, on pouvait se douter qu'il en aurait fait autre chose. Et les restes de son Dune qui ont été recyclés dans ses BD (essentiellement l'Incal et les Métabarons) ne pouvaient que conforter dans cette idée.

Avec ce gros documentaire, on a enfin accès à une vision en profondeur de ce qu'aurait été le film, avec des interviews de la plupart des intervenants (mais pas du regretté Moebius, hélas, qui pourtant s'était exprimé sur le sujet à plusieurs reprises, et de façon fort intéressante). Mieux encore, le doc est agrémenté de plusieurs scènes animées à partir du storyboard de Moebius ou des peintures de Chris Foss. Le résultat donne une bonne idée de ce qu'aurait pu être le film finalisé, et des écueils qu'il restait à surmonter au niveau effets spéciaux. Quand plusieurs intervenants disent que les technologies pour ça n'ont existé que plusieurs années, voire plusieurs décennies plus tard, on ne peut que leur donner raison : rien que le plan séquence d'ouverture ne me semble faisable qu'avec des cadors de l'image de synthèse (ou alors des experts du raccord de montage invisible, qui iraient se pendre après).


Le final, dans lequel Paul devient un messie apportant l'illumination à ses compagnons, puis à la galaxie toute entière. Dans le livre et ses suites, ce qu'il apporte, c'est le Jihad et la mort. Le salut est d'une autre nature, et il ne viendra que bien plus tard, une fois digéré l'encombrant héritage du "messie". Le propos d'Herbert n'est pas symbolique ou mystique : il démonte un mécanisme social, l'interaction entre politique et religion. Ce qui est très loin des préoccupations de Jodo, qui cherchait semble-t-il à créer une œuvre totale destinée à imprégner la psyché du public, un peu comme Grant Morrison qui dit avoir construit son Final Crisis comme un sigil magique.

Que Jodo ait été en train de trahir Herbert, ce n'est peut-être pas en soi un problème. Je ne reproche pas à Stanley Kubrick de trahir Stephen King quand il l'adapte (sans doute parce que j'adore le cinéma de Kubrick, alors que les bouquins de King me tombent des mains). Je ne reproche pas à Ridley Scott d'avoir trahi Philip K. Dick dans Blade Runner, primo, parce que je laisse ça à Manœuvre, deuzio parce que s'il s'en éloigne sur la forme, Scott est complètement fidèle sur le fond (putain, il était bon, Scott, à l'époque. Dommage qu'ils l'aient remplacé en cours de route par un répliquant défectueux). à l'inverse, ça m'agace quand les frères Wacho ou Zack Snyder trahissent Alan Moore, justement parce qu'ils essaient d'être fidèles sur la forme au point d'en négliger et d'en méconnaître totalement le fond. Et que si Moebius a été un des grands génies de la bande dessinée, sur son versant dessin, c'est Moore qui en est le grand génie côté scénar.

Alors Jodorowsky sur Dune ?  Ça aurait été une trahison claire et nette sur le fond, et probablement un peu aussi sur la forme. Mais le cinéma de Jodo est à l'image de ses BD : aussi incroyablement fascinant qu'agaçant. L'indiscutable talent y voisine presque toujours avec l'escroquerie patente. La puissance visionnaire y avance main dans la main avec des chapelets de clichés. La maestria s'y accompagne parfois de quelque chose dont on ignore s'il s'agit de je-m-en-foutisme radical ou de volonté assumée de dépasser les manières de faire classiques, admises et traditionnelles. La réalité doit à chaque fois se trouver quelque part entre les deux termes de la question.



 Ce combat s'est retrouvé quasi tel quel dans l'Incal


Ça fait trente ans que je lis du Jodo, et quinze que j'en regarde sur écran. Le bonhomme, que j'ai eu deux ou trois occasions de croiser en festival ou en libraire, m'a toujours semblé affable et sympathique, loin  de l'espèce de gourou exalté que laissent deviner les interviews. Les Métabarons est une série dans laquelle bien des choses m'agacent terriblement, et que je relis pourtant avec régularité. Ça veut probablement dire quelque chose : ce que je trouve mauvais en soi, je ne le relis pas, ou alors très longtemps après si quelqu'un tente de me convaincre d'une erreur de jugement de ma part. Jodo, et malgré tout ce qui m'horrifie chez lui, livre un travail d'une vraie force, et peut-être même d'une vraie pertinence.

Un intervenant du docu dit que, peut-être, c'est aussi bien que ce film n'ait pas existé, parce que sur son cadavre ont prospéré bien des choses, dont notamment le premier Alien. Ce côté fantomatique participe d'ailleurs d'une image idéalisée, sans doute trop belle, évacuant les inévitables problèmes de réalisation, d'acteurs ou d'effets. Pour beaucoup, ce film avorté fascine par son mystère, et peut-être ce documentaire en dévoile-t-il un peu trop : le film finalisé aurait-il été aussi fascinant ? Peut-être. Avec Jodo, on ne sait jamais…


Les quatre précédents articles de la série sont , , et .