vendredi 31 août 2012

Interview Tim Truman

Une des choses dont j'avais été très fier sur l'ancien Superpouvoir, c'était d'avoir pu interviewer un auteur que j'apprécie énormément, Tim Truman. Cette interview, qui date de 2007, a été perdue dans le crash du site, mais j'ai retrouvé le texte dans mes archives perso, en cherchant tout à fait autre chose. Alors pour pas que ça reste dans un placard, je vous la remet ici :


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Alex Nikolavitch, pour Superpouvoir.com : Salut Tim. Pour présenter rapidement Tim Truman, disons que c'est un des dessinateurs historiques des indés des années 80, avec notamment Grimjack et Scout, avant de passer chez Vertigo, sur Jonah Hex au début des 90's, et maintenant chez Dark Horse, avec du Star Wars (Aura Sing, Outlander) et surtout Conan. Tim, tu as étudié à l'école de Joe Kubert. En France, nous en entendons souvent parler, mais sans en savoir beaucoup plus. Peux-tu nous dire comment ça fonctionne, et comment c'était ?

Tim Truman : Je n'y suis pas resté très longtemps, mais quand j'y ai pris des cours, de 79 à 81, c'était un cursus de 3 ans spécialisé dans le dessin pour les comic books et les comics strips, avec aussi des classes d'illustration et de publicité. Joe venait d'ajouter un module d'animation. Nos profs étaient tous des vétérans de l'industrie américaine des comics : Hy Eisman, le grand Bob Oksner, Dick Giordano, Dick Ayers., John Belfi, et Joe Kubert lui-même. Ce fut une expérience formidable. On m'a demandé de faire une petite présentation aux élèves, ce printemps, et j'espère avoir le temps de le faire.


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AN : En tant qu'auteur, comment te définirais-tu ?

Tim Truman : Les trois choses que j'essaie de marquer dans mes histoires sont "personnages", "thème" et "crédibilité". Je veux poser des personnages marquants qui sont transformés par les évènements de l'histoire. J'essaie de garder à l'esprit une thématique qui soit un axe central, un pivot autour duquel tourne toute l'histoire. Et je veux que les personnages et les péripéties soient crédibles, même quand je fais dans le fantastique délirant. Pour y arriver, je fais pas mal de recherches. J'étudie des cultures réelles et je tente de les utiliser pour appuyer les éléments de mon récit.

Parfois, il me semble que je suis trop subtil dans les conclusions que je veux en tirer  dans l'histoire, mais je crois que la subtilité peut être un élément clé pour construire une histoire qui aille au-delà du simple récit d'aventures. Je n'aime pas dire aux lecteurs quoi penser ou quoi croire. Idéalement, je veux que le lecteur participe, qu'il fasse partie de l'histoire, observant les personnages et parvenant à leurs propres conclusions sur les protagonistes et ce qu'ils subissent. Laisser quelques questions intéressantes tourner dans la tête du lecteur est mieux que de lui donner toutes les réponses.

La plupart de mes histoires sont de l'aventure, bien sûr, mais en général, elles impliquent des personnages issus du peuple. Des personnages  "sortis du ruisseau", et peu de membres de "l'élite". Quand j'écris des personnages qui pourraient faire partie de l'élite, comme dans Hawkworld, ils passent généralement par des expériences qui les font descendre dans la rue, et les obligent à voir le monde par les yeux des gens "normaux".

Et puis je suis très attiré par les anti-héros. J'aime les héros avec des failles, et je n'aime pas les méchants totalement mauvais.

Ce qui est amusant, c'est que même si j'aime dessiner et que je suis sans doute plus connu comme dessinateur, j'ai plus confiance en mes capacités de scénaristes. Bien sûr, quand je suis les deux en même temps, c'est probablement l'idéal pour moi. Pourtant, j'apprends énormément quand j'écris pour d'autres dessinateurs. Par exemple, quand je travaille avec eux sur Conan, que j'écris, c'est très intéressant de voir comment des gens comme Richard Corben, Paul Lee et Gary Nord interprètent mes scripts et mes synopsis. Ils peuvent trouver des points de vue surprenant et rafraîchissants sur les personnages, et des compositions auxquelles je n'aurais pas forcément pensé si j'avais dessiné ces histoires moi-même.

AN : Après l'école, tu es arrivé chez First Comics, pour y créer Grimjack avec John Ostrander. Une partie du design avait déjà été faite par Lenin Delsol, mais le résultat était très différent du personnage que nous connaissons. Quelle a été l'étendu de ton apport ?

Tim Truman : Suffisante pour que John Ostrander obtienne par contrat des droits égaux pour nous deux sur le personnage, ce dont je le remercie. Quand John et moi avons commencé à travailler ensemble, ça a donné lieu à une réelle fusion d'idée et d'influences.


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AN :  C'est aussi chez First Comics que tu as réalisé un graphic novel, Time Beavers, et là, tu étais aussi scénariste. C'était ta première tentative en tant que tel ?

Tim Truman : Avant que je ne passe professionnel, j'étais aussi intéressé par l'écriture que par l'illustration. Mais il me semblait qu'il y avait plus d'écoles et d'opportunités pour des dessinateurs, alors je me suis orienté comme ça. Une des raisons pour lesquelles les comix underground et les BDs européennes m'attiraient et me fascinaient, c'était que des dessinateurs comme Spain Rodriguez, Robert Crumb,  Jack Jackson, George Metzger, Phillippe Druillet, Moebius, et Hugo Pratt écrivaient et dessinaient leurs propres histoires. Hormis quelques notables exceptions comme Eisner, Kubert, Kane, Toth et quelques autres, peu d'auteurs américains mainstream le faisaient. Et j'étais donc déterminé à y arriver un jour.


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J'avais publié quelques histoires avant d'avoir mon diplôme de la Kubert School, et plus tard, j'ai écrit et dessiné quelques histoires pour des revues de jeux de rôle. Chez First, j'ai écrit deux histoires du Munden's Bar (en back-up de Grimjack) avant que Mike Gold ne me donne le feu vert pour Time Beavers. Ce fut un projet très amusant, et un des premiers graphic novels à être publié aux USA, dans la première douzaine.

AN :  C'était un développement de ces "funny animals" étranges que tu avais créé dans Night of the Killer Bunnies, une histoire de Grimjack assez délirante ?

Tim Truman : J'ai toujours été attiré par ce genre d'histoires. Pas mal de mes travaux d'étudiants à la Kubert School étaient des trucs d'aventures étranges avec des funny animals. C'est quelque chose qui est facile, pour moi. Plus facile, en fait, que le dessin réaliste. Quelques uns de mes travaux préférés peuvent être vus sur mon site :


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Quand je regarde ces dessins, je pense que c'est clairement le style avec lequel je suis le plus à l'aise. Dans les nouvelles planches de Grimjack, j'essaie d'ailleurs d'employer ce genre de techniques d'exagération humoristique, très cartoony, pour libérer mon style, et je trouve que ça fonctionne pas mal. Tu vois, cette année, je me suis aperçu qu'il ne fallait plus que j'essaie à ce point de dessiner les choses de la façon dont j'aime qu'elles ressemblent. J'ai essayé d'arrêter d'aller à l'encontre de mon "style naturel", et je laisse les choses sortir de la façon que veulent mon esprit et ma main.


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AN : Tu as créé par la suite Scout, une série post-apocalyptique, dont le personnage principal s'appelait Emanuel Santana. Cela brassait politique, shamanisme, Indiens d'Amérique… Tu te vois comme un auteur politique ?

Tim Truman :  Oui, mais probablement plus sous un angle sociologique. Je suis  un gauchiste assumé. Pas un libéral (au sens américain du terme, qui correspondrait en France à un socialiste), mais un gauchiste. Je suppose qu'on pourrait définir mon orientation politique comme un mélange étrange de socio-populisme des années 20, mixé avec la défense des droits civiques qu'on associe aux libertariens. Mes grands-pères, mon père et mes oncles étaient mineurs de fond, ouvriers dans des usines, bûcherons, etc… Et ils étaient tous syndicalistes. Le beau-père de ma mère a participé à la grande grève des mineurs de Virginie Occidentale, dans les années 20. Sous leur influence, j'ai été élevé dans l'idée que les gouvernements devraient être au service des travailleurs, et pas des corporations.


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AN :  Santana, ça évoque aussi des références musicales. Tu es toi-même musicien, et tu as travaillé avec les Grateful Dead. La musique, c'est important dans ton approche créative ?

Tim Truman :  Très important. J'ai été très influencé par l'imagerie véhiculée par les chansons de Grace Slick et Paul Kantner, du Jefferson Airplane, quand j'étais jeune. Ils ont nourri mon imaginaire, et j'ai utilisé ça par la suite dans mon travail. J'écoute beaucoup de rock et de blues quand je bosse. Certaines chansons sont la bande-son de ce que je produis.


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Je suis  vraiment un geek de la musique. Mes styles favoris sont le blues  et le heavy anglais  des années 60 et 70, les rocks anglais et américains basés sur le blues, le rock de San Francisco, le country-rock, le blues… J'aime aussi pas mal de groupes progressifs. Tout ce qui met la guitare en avant, en fait. Je suis sans doute plus un fan de musique que de BD. J'aime les deux, mais si je devais choisir entre ma collection de comics et ma collection de CDs, je choisirais la seconde sans hésiter.

Ces influences musicales se retrouvent dans quasiment tous les aspects de mon travail visuel. Quand je compose une page, j'ai en tête des concepts musicaux comme le rythme, le crescendo, etc… Pour moi, la page idéale, c'est celle qui véhicule une sorte de bande-son quand on la regarde.

Quand je travaille avec un scénariste ou un dessinateur, j'essaie d'employer les mêmes techniques que si cette personne et moi étions dans un "boeuf". On regarde, on écoute ce que joue l'autre, et ensuite on balance quelque chose qui va le souligner, ou le compléter, pour le plus grand bénéfice de la musique elle-même.


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AN :  Un autre élément important dans ton oeuvre, c'est aussi le Western. Du western modernisé, comme dans Scout, Dead Folks, etc... Ou à l'ancienne, dans Jonah Hex ou The Kents, voire les deux à la fois (dans Grimjack 10-11, basé sur un voyage temporel, où le héros pille ce qui ressemble fort au cadavre de Clint Eastwood). Tu t'identifies aux personnages de Western ?

Tim Truman :  Je vais encore me faire passer pour un genre de héros des classes populaires, mais je pense que les classes laborieuses, dans le Western, c'est quelque chose qui me parle. Des gens normaux pris dans des situations qui ne le sont pas.

J'en suis venu à la conclusion que pratiquement tous les genres de fiction aventurière américain sont influencés par le Western. Même les polars ou les histoires de super-héros brassent des thèmes, des personnages et des situations qui prennent directement leurs racines dans les westerns.


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AN :  Cette question vaut aussi pour Simon Girty, un personnage assez sombre de l'histoire américaine que tu sembles vouloir réhabiliter.

Tim Truman :  Plus le "réévaluer" que réellement le "réhabiliter". Girty a toujours eu une réputation déplorable, parce qu'il a combattu aux côté des "sauvages païens", des tribus indiennes. J'ai réalisé que si les vieux historiens le détestaient, ce n'était pas parce qu'il était un homme détestable, mais parce qu'il était perçu comme un traître à sa race. Et plus je lisais à son sujet, plus j'ai découvert les mensonges véhiculés à son sujet. J'ai voulu éclairer différemment sa carrière et ses mobiles.




AN :  Après Crisis, DC t'a confié le relaunch de Hawkman. Tu as établi ses nouvelles origines dans la mini-série Hawkworld, en prenant bien garde à rester cohérent avec la version du Silver Age. Puis est venue la série régulière, qui a fait exploser la continuité. J'ai cru comprendre que ça venait d'une décision éditoriale sur laquelle tu n'avais pas de contrôle. Comment as-tu ressenti la chose ? Et comment John Ostrander est-il venu se greffer à tout ça ?

Tim Truman : C'était très certainement une décision éditoriale, mais Ostrander et moi avons accepté de jouer le jeu. Ce fut tragique, en effet. La mini-série initiale avait été conçue d'une façon qui aurait pu fonctionner. C'était l'histoire des années de formation de Katar Hol sur Thanagar, une quinzaine d'années avant la continuité DC de l'époque.

Cette mini s'était vraiment bien venue, et avait obtenu le prix Haxtur, en Espagne. Mais j'ai une capacité d'attention très limitée dans le temps. Je mets beaucoup d'énergie dans mes projets, et quand j'en ai terminé, j'ai terminé. J'ai dit ce que j'avais à dire, fait ce que je voulais faire, et je vais planter mes dents dans autre chose ensuite. Après avoir rendu la mini-série, j'étais mentalement passé à autre chose, j'en avait fini avec ce sujet. Mais comme elle avait été remarquée, l'editor voulait que mon nom reste sur ce qui allait suivre. Alors on m'a crédité comme co-scénariste, alors qu'en fait, j'étais plutôt un genre de consultant. Rétrospectivement, je trouve ça assez égoïste de ma part, et ça a contribué à lier mon nom et mon travail au bazar de continuité qui s'en est ensuivi. D'une façon inutile et imméritée, je pense.


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Ceci dit,  John Ostrander a écrit de bonnes histoires. Dommage qu'on n'ait pas plus défendu la chronologie qui avait été décidée au départ. Ça aurait évité d'abîmer le personnage.

AN : Justement, Geof Johns a fini par intégrer ta version de Hawkman à la nouvelle définition du personnage. As-tu lu ces épisodes ? Qu'en as-tu pensé ?

Tim Truman : Désolé, mais non. Je ne sais même pas ce qu'ils en ont fait. Mais j'ai prévu d'aller y jeter un coup d'oeil à l'occasion.

AN :  Tu as défini John Ostrander comme ton "frère", et Joe R. Lansdale comme ton "autre frère". La relation entre vous doit être forte. Et vous semblez partager un certain sens de l'humour noir, un humour un peu macabre. Vous êtes très semblables ? Ou vos ressemblances masquent des différences notables par ailleurs ?

Tim Truman :  Nous sommes très semblables sous certains aspects, et très différents sous d'autres. Il me semble que ma sensibilité personnelle et mes intérêts se situent grosso modo à mi-chemin entre John et Joe. John a une approche moins sombre que la mienne, et la mienne est moins sombre que celle de Joe. Quand Joe écrit, ça vient des tripes, il planifie très peu, il pose des personnages et des situations intéressantes, puis attaque la page 1 et laisse l'histoire s'écrire d'elle-même.




John pour sa part, semble travailler beaucoup plus en amont. Il veut avoir une idée précise de là où l'histoire l'entraînera avant de commencer à l'écrire.

Et de fait, je suis un peu entre les deux. Comme je le disais, je pense d'abord aux personnages et au thème général, et c'est ce qui m'importe le plus. Tout ce que je fais ensuite est fondé sur l'interaction entre les personnages et ce thème.

Ce qui fait que, quand je travaille avec eux, nous nous équilibrons mutuellement. Nos histoires relèvent vraiment d'une collaboration à part égale.

AN :  Te voilà à présent big boss sur Conan. Tu en as dessiné quelques épisodes (écrits par Busiek puis Lansdale), et maintenant tu écris la série régulière (en laissant le dessin à d'autres). Ton rapport avec Conan est similaire à celui que tu entretiens avec les héros de Western ou Grimjack ?

Tim Truman : Probablement, dans la mesure où, comme la plupart de mes personnages de Western préférés, Conan est principalement un genre très héroïque d'anti-héros. Si une telle expression a un quelconque sens.


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AN : Est-il difficile de rendre justice à ce personnage, de ne pas le trahir ? (et je pense personnellement que sur Conan, tu es parfaitement dans le ton)

Tim Truman : Toutes les difficultés que je rencontre, je me les crée à mesure, parce que je veux faire les choses bien. Le Conan de Robert E. Howard est sans doute l'influence majeure de mon travail, quand j'étais jeune. Dire que je vénère le personnage est en dessous de la vérité. Comme ce personnage est important pour moi et ses autres fans, je me documente autour de Conan comme je le ferais pour un personnage réel, historique. Alors je me mets pas mal de pression pour faire les choses bien, pour faire quelque chose que Robert E. Howard lui-même pourrait approuver.


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Ceci dit, pour rester moi-même en tant qu'auteur, je ne veux pas non plus copier Howard. Je veux que mon travail soit compatible avec son style sans qu'il ait l'air de vouloir être lui. Je pense que Howard comprendrait et respecterait mon approche, et qu'il ferait pareil si, pour une quelconque et étrange raison, nos rôles étaient inversés.

AN : As-tu des regrets à propos de ta carrière ? Des trucs que tu aurais voulu faire mais n'aurais pas fait, ou feras un jour ?

Tim Truman : Mon seul regret c'est, qu'en début de carrière, j'ai été catalogué comme un "rapide", et que je n'ai pas passé assez de temps à raffiner ma technique comme je l'aurais dû. J'ai pris de mauvaises habitudes qu'il m'a fallu des années pour surmonter. Mais bon, autant être un type dont le travail se bonifie avec l'âge que l'inverse, comme c'est trop souvent le cas, pas vrai ?

jeudi 30 août 2012

De bonne grâce

Tiens, hier, je suis tombé sur un amusant petit problème de traduction, et j'ai décidé de vous en faire profiter, vu que dernièrement un fâcheux m'a reproché d'utiliser un mot pour un autre, alors que selon lui, je devrais considérer comme sacrée jusqu'à la moindre virgule du texte original. Ce qui pose un problème dès qu'on aborde la notion de structure de langue, mais bon, n'en demandons pas trop aux gens non plus, hein. Bref. Autant que je vous montre un peu les cuisines.

Le contexte, un duel au sabre, dont un des participants est un samouraï.

La VO :
"Nakadai receives the death blow with grace and gratitude."

Le problème : "death blow" se traduit généralement par "coup de grâce". Mais comme il y a "grâce" juste après dans la phrase, ça fera une vilaine répétition*. Pour l'éviter, il faut bidouiller d'un côté ou de l'autre. "L'estocade" pour "death blow", ça me semblait pas bon, c'est plus un terme de tauromachie, et le thème de la scène, c'était quand même le respect entre guerriers. Le "coup fatal", c'était bof. J'ai donc gardé "coup de grâce". Et donc j'ai joué sur le deuxième terme. Ça donne donc ça :


"Nakadai reçoit le coup de grâce avec élégance et gratitude."


Ça a l'air tout bête, mais c'est sur des bêtises comme ça qu'on se retrouve à passer dix minutes sur une malheureuse bulle.


* La répétition est considérée en Français comme une faute de style, même si l'on peut parfois jouer avec des répétitions pour appuyer un effet. Alors qu'en Anglais, c'est tout à fait toléré, et c'est d'ailleurs une source de migraines pour le traducteur consciencieux.

mercredi 29 août 2012

Back in the Armageddon


Tenez, pour vous faire patienter avant novembre (et surtout avant le 21 décembre), voilà la couve, mais aussi et surtout la 4 de couve d'Apocalypses, une brève histoire de la fin des temps, publié chez un estimable éditeur lyonnais, les Moutons électriques.

Et la 4 de couve, elle dit ceci :



Apocalypse…

Le mot évoque des catastrophes aux proportions bibliques : pluies ardentes, invasions de sauterelles en métal, cavaliers fauchant l'humanité, anges en feu qui tombent, chiens et chats couchant ensemble et décors qui s'écroulent comme aux plus beaux jours du péplum italien. Notre époque a de surcroit enrichi l'imagerie apocalyptique du spectre du champignon nucléaire et des glyphes calendaires mayas.

Signe des temps : les prophètes de malheur pullulent et envahissent tout tels une onzième plaie.

Et s'ils s'étaient tous trompés ? Et si le ciel ne nous tombait pas sur la tête ? Et si Godzilla ne venait pas nous croquer ? Et si Damien n'était qu'un petit garçon mal élevé ?

Et d'abord, qu'est-ce qu'elle raconte en vrai, l'Apocalypse ?



Vous voilà prévenus !

mardi 28 août 2012

L'invasion se poursuit

Habitué à prêcher dans le désert comme le premier Jean-Baptiste avec son slip en peau de chameau venu, j'avais jadis mis en garde contre l'effroyable menace que pouvaient constituer les attaques surprises de brontosaures aéroportés. (avant de cliquer sur le lien, mettez à fond La Chevauchée des Walkyries, c'est encore plus mieux comme ça)

Bien entendu, et comme d'habitude, personne ne m'a écouté.

Et je découvre que c'est de pire en pire : Maintenant, ils ont des tricératops volants !

en plus, il a un casque à la Dark Vador,
c'est bien la preuve que c'est un méchant


Qu'est-ce qu'on attend pour réagir, bordel ???

lundi 27 août 2012

Carbonisé !

Je compte les tagliatelles à la Carbonara au rang des plus grandes conquêtes de l'esprit humain. Surtout quand on mégote pas sur le parmesan. J'étais justement pas plus tard que dernièrement en train de méditer devant une assiette généreusement garnie en tagliatelles à la Carbonara (et en parmesan) quand je me suis avisé d'un détail en apparence insignifiant, mais qui pouvait avoir son importance.

La sauce Carbonara est, comme son nom l'indique, une invention des Carbonari. Alors là, je vous vois me regarder d'un œil torve et incrédule, mais je vous assure que je ne vous raconte pas des craques. Ou en tout cas, pas plus que d'habitude.

Donc, les Carbonari. Le nom remonte aux anciens charbonniers italiens, qui opéraient dans les forêts profondes des Apennins. Là, ils vivaient dans le dénuement et des cabanes, et ils produisaient du charbon de bois. Dès le Moyen-Âge, les dissidents politiques avaient pris l'habitude de se réfugier dans les cahutes des charbonniers, dont ils partageaient la maigre pitance le temps que les archers des Gibelins les oublient.

L'invention (en fait, l'importation grâce à Marco Polo) des nouilles rendit cet exil plus supportable : au lard et au fromage des charbonniers, les exilés pouvaient ajouter de la crème et des pâtes, et dès lors, il devient "in" d'entrer en résistance et de se réfugier dans les cabanes des "carbonari". La cabane en forêt, c'était devenu incontournable quand on voulait jouer les engagés, comme Cuba ou le Larzac dans les années 70. Le trip à la Thoreau, c'est mieux devant une bonne assiette.

Au tournant du 19ème siècle, cette tradition contestataire s'était bien installée dans les forêts. Les rituels professionnels des charbonniers en avaient fait une sorte d'alternative écolo-friendly de la franc-maçonnerie. Dès lors, tout le jus révolutionnaire et anticlérical de l'époque trouvait à s'exprimer chez les charbonniers, qui voyaient d'un bon œil ces gens leur apporter des pasta en échange du gîte et du couvert. L'idéologie de ces mouvements, vite importés en France, se rapprochait peu ou prou de celle des Illuminés de Bavière interdits quelques années auparavant, et les groupes mirent en œuvre des systèmes de cloisonnement qui seront repris par la suite par les groupuscules communistes.

Franc-maçons, Illuminati, complots communistes, il y a tout ça dans votre assiette quand vous vous servez des pâtes généreusement nappées de crème fraiche, de lardons, de parmesan et d'un jaune d'œuf. En mangeant de la carbonara, vous vous faites les propagateurs et les continuateurs d'un complot très ancien. C'est dingue, non ?

Prochainement, "l'attentat de la gare de Bologne était-il le fait des sectateurs de la sauce Bolognaise ?"

Et pour répondre à votre question, oui, j'ai arrêté la meringue, à présent associée à un terrible traumatisme. C'est aussi pour ça que je suis à fond dans les pâtes à la carbo. Hasta siempre pasta !

dimanche 26 août 2012

Sale année pour le futur



Entre Ray Bradbury qui a passé l'arme à gauche avant  les vacances, Roland C. Wagner mort plus tôt ce mois-ci et Neil Armstrong décédé hier soir, on peut dire que ça va mal pour le futur. Notre futur se meurt à mesure que ceux qui le rêvent ou l'incarnent tirent la révérence et se retrouvent enfermés dans un passé figé. Vous noterez que je n'inclus pas Steve Jobs dans les incarnations du futur. Le futur vendu par Jobs (et Zuckerberg et les autres de cet acabit), en fait, il ne m'intéresse pas tellement, je le considère même comme une escroquerie : l'iphone et fèces-bouc, ce n'est pas le futur, c'est le culte de l'immédiateté, c'est l'enfermement dans le présent, justement, avec juste un petit vernis technophile qui, sur le fond, était déjà moisi à l'époque du futurisme italien. C'est baisser la tête pour voir ses messages inutiles genre "je like" ou "kikoulol", alors que Ray Bradbury et Roland C. Wagner nous forçaient à voir plus loin, et Neil Armstrong, plus haut. Ils nous apprenaient à rêver à des choses plus grandes que nous.

Mais comme disait Queyssi : "On nous a volé notre futur."

Du coup, je vous balance un bout de texte, extrait d'un truc sur lequel je bosse depuis quelques semaines et dont je vous reparlerai plus avant un peu plus tard, dans le futur, justement.


Le 21 juillet 1969, près d'un demi milliard de personnes étaient devant leur téléviseur. Le spectacle qui s'offrait a eux n'était pourtant pas très exaltant visuellement : une image tremblotante, étrangement contrastée, floue, un spectre sautillant et informe à la voix métallique ponctuée de bips. Et pourtant, ces gens regardaient leur écran d'une façon quasi religieuse, en retenant leur souffle. Certains avaient veillé jusqu'à une heure indue et avaient même appelé leurs enfants devant la lucarne.

Il faut dire que le spectre s'appelait Neil Armstrong, et qu'il venait de poser le pied sur la Lune, un satellite naturel orbitant à près de 400.000 kilomètres au-dessus du plus proche téléspectateur. C'était un exploit jamais vu, survenant pourtant à la fin d'une décennie d'exploits du même genre. C'était une nouvelle limite qui venait d'être atteinte, une nouvelle frontière. L'humanité retenait son souffle, et sentait confusément s'ouvrir une ère nouvelle.

Et pourtant, en posant le pied sur la Lune, Neil Armstrong venait de mettre fin à la course à l'espace, et au lieu d'ouvrir une nouvelle ère d'exploration, il annonçait la fin de l'époque des pionniers. Dans la décennie qui suivit, le "réalisme" reprit le dessus. Au lieu des énormes fusées, on mit en place un programme de navettes censément plus rationnel. Les nouveautés produites grâce à l'exploration spatiale se sont avérées très prosaïques. Ce sont les aliments lyophilisés, les couches-culottes et le GPS, le logiciel qui permet de voir sa maison depuis le ciel et le téléphone portable qui permet de rompre par SMS même quand madame est à Singapour ou à Rio.

Le temps a passé. En l'an 2000, un acteur ayant fait carrière en incarnant un commandant de station orbitale apparaît dans une publicité expliquant pourquoi on n'a pas besoin de voitures volantes, vu qu'on a plein de solutions de e-business qui permettent de faire des affaires sans se déplacer. Quand on tape Armstrong dans un moteur de recherche, on a cinq à huit fois plus de chances de tomber sur un coureur cycliste à l'éthique douteuse que sur un astronaute ayant laissé la marque de sa botte dans la poussière immuable de l'astre des nuits.


Il y aura eu quatre fois plus de personnes pour regarder le mariage du fils de Lady Di qu'il n'y en avait eu pour l'exploit d'Armstrong. L'imaginaire a changé d'objet. Il a peut-être même changé de nature.

samedi 25 août 2012

Fiat lux (mais dans le respect des ressources énergétiques)

Alors voilà : je lisais une chronique économique à propos de l'épineux problème que posent les terres rares. Comme leur nom l'indique, ces minerais ne sont pas très courants. Or, depuis quelques années, ils sont au cœur de la fabrication de tous les petits bazars dont on a du mal à se passer* : ampoules à basse consommation, smartphones, ordinateurs, tablettes, écrans plats, etc. et qu'on fabrique en quantités toujours plus importantes. Et comme la Chine détient l'essentiel des réserves et en fait la plus grosse consommation, ça pose problème à tous les autres pays. Au point qu'on envisage de profiter du réchauffement climatique pour creuser au Groenland et dans des coins du genre pour équilibrer tout ça.

Or, je viens de voir qu'un industriel français dont je ne citerai pas le nom (mais dont j'ai pas mal utilisé en mon temps les petits blocs-notes orange) venait de mettre en place une filière pour recycler les terres rares présentes dans les ampoules électriques. Et bien entendu, tout le monde applaudit à cette initiative de bon aloi, frappée au coin du bon sens à la fois écologique et économique (car ces terres rares, relâchées dans l'environnement, sont un polluant toxique). Joli coup de com' pour la boite en question.

Et là, d'un coup, je m'interroge. Depuis que les ampoules basse consommation sont sorties, il y a de ça déjà quelques années, on nous rappelle à tout coup qu'il ne faut pas les jeter à la poubelle, mais les mettre dans des bacs à recycler prévus à cet effet. Ce qui fait que j'ai un sac à ampoules, que je vais porter au bac de la supérette du coin chaque fois qu'il est plein (pas souvent : tout comme le lapin qui fait rataplan tching tching, elles durent vraiment plus longtemps). La question qui se pose, c'est : elles étaient recyclées comment ? Je savais qu'on récupérait le mercure (gros polluant industriel, pour le coup), mais le reste ? On en faisait quoi, si on n'a que seulement maintenant l'idée de récupérer les terres rares qui valent pourtant pas mal de pognon et son dangereuses ? Qu'est-ce qu'on a fait des années de déchets générés par le recyclage ?

On se paierait pas encore une fois nos fioles, par le plus grand des hasards ?

(Pendant ce temps-là, on m'apprend que les zicos et les créateurs de mode s'inspirent des années 90 pour leurs nouvelles productions. ils n'ont à ce point plus d'idées pour en être réduits à recycler des fonds de poubelles culturelles ?)

* à des degrés divers : je n'ai ni smartphone, ni tablette, par exemple.

vendredi 24 août 2012

Trop une star (dans mon cagibi)

Wow, je viens de tomber sur le site US d'Amazon sur l'annonce de la sortie début 2013 de Crusades*  en version américaine. C'est cool. Une belle intégrale en hardcover et tout. Et, en lisant l'argumentaire, je découvre ceci : "An all-new take on the time of the Crusades brought to you by top European writing talent".

Wow ! Me voilà bombardé "top writing talent" ! Alors heureusement que je suis payé pour savoir que ce n'est que de la communication : quand il ne fait pas l'article à nos amis d'outre Atlantique, mon éditeur ne me traite pas du tout comme un "top writing talent", plutôt comme quelque chose que le chat aurait ramené en loucedé après un stage dans le local à poubelles. Mais bon. Ils auraient carrément pu ajouter "as seen on french TV" : oui, dimanche prochain, 26 août, allumez votre télé sur France 3 à 18 heures, ça vous fera peut-être marrer.


*Vous pouvez aussi le précommander sur Amazon.fr ici :Crusades. Mais j'ignore totalement ce que vaut la traduction US.

jeudi 23 août 2012

On croit rêver

Après le repas, pour ma pause post prandiale (oui, pléonasmitude : la pause d'après repas est forcément post prandiale), je me suis mis un vieux cartoon Superman des frères Fleischer. C'était sur un DVD trouvé à vil prix dans un bac. J'avais déjà un DVD compilant la quasi totalité des Superman des frangins, mais plusieurs éléments me donnaient à penser que la qualité d'image serait un peu meilleure sur celui-ci. C'était d'ailleurs le cas : meilleure qualité d'image, meilleure qualité de son. Par contre, toujours pas de VO, c'est quand même dommage. Pour la VO, rendez-vous ici, du coup.

Mais ce qui m'a un peu étonné, c'est l'avertissement en début de DVD. Oh, ça fait des années qu'il n'y a plus de quoi s'étonner de voir des avertissements anti-piratage au début d'un DVD. Sauf que là, je ne sais pas si c'est légal : les Superman des frangins Fleisher, ils sont libres de droits. Dans le domaine public. Les seules restrictions à leur usage sont liées à la trade mark déposée sur le personnage. Mais sinon, n'importe qui a le droit de les diffuser. C'est ça, le domaine public. Donc les diffuser avec un avertissement anti-copie, c'est s'arroger des droits sur l'œuvre (dont le copyright) que l'on n'a tout simplement pas, me semble-t-il (d'autant que ces petits éditeurs qui ressortent ces pépites du dessin animé des années 40 ne le font, et ne peuvent le faire, que parce que c'est libre de droits, justement). Si quelqu'un dans le coin a des notions de droit en la matière, ça m'intéresserait qu'il nous fasse profiter de ses connaissances.

Et sinon, je suis tombé sur une bouteille de shampooing arborant fièrement un petit logo "no silicone". Outre le fait que la mention en Anglais est un poil ridicule sur un flacon vendu en France qui arbore fièrement aussi la mention "Paris" sous la marque/nom du coiffeur qui a vendu les droits de son nom à un industriel, ça me plonge dans un abîme de perplexité. Primo, j'ignorais qu'on foutait du silicone dans les shampooings. Deuzio, j'ignorais aussi que sous cette forme, ça pose un problème quelconque qui justifie qu'on puisse se vanter de son absence dans la formule. On sait qu'il y a des modes en ce domaine, généralement lancées par le biais d'études produites par les premiers à avoir l'idée de lancer des gammes "sans -insérez ici le nom du produit maudit de la semaine-" mais le silicone ? Cela veut-il dire que les shampooings Frank P. se fournissaient en silicone frelaté chez Pip ? Ou bien qu'un de leur concurrent fout du silicone dans ses produits, et qu'on essaie de le shooter en sous-entendant que le silicone dans les shampooings, c'est nocif ?

Ça me surprend et ça m'épate, en tout cas. Y a des communicants qui méritent le goulag, je pense.

mercredi 22 août 2012

Pluies de grenouilles ! Anges en feu ! Ha ha ha !

Hop, je remets une petite giclée d'iconographie non retenue dans Apocalypses, une brève histoire de la fin des temps. Histoire de, justement. La photo de Plisken était censée apparaitre dans une section consacrée à l'effet EMP. Celle de Djodj, dans un truc sur le Grand Complot. Celle avec Kirk illustrait une section sur Holocaust 2000.


Snake Plisken a parfaitement compris le principe, ce qui lui permet de dégommer la civilisation.
(Escape from LA, 1996, John Carpenter)


Contre les influences pernicieuses des ondes négatives aliens et de la propagande du Complot,
la cage de faraday en papier d'alu est un plus.
(Signes, 2002, avec d'ailleurs Mel Gibson, toujours lui)



Mais n’oublions jamais que toutes ces grandes théories
font l’impasse sur un sain principe
 rappelé en son temps par Napoléon, qui s’y connaissait
en pouvoirs, coups d'état et complots :
"N’attribuez jamais à la malveillance ce qui s’explique très bien par l’incompétence."


Le pilote de B-52, cavalier d'une apocalypse initiée par l'homme. (Failsafe)


Comment placer d'un coup, en une image, la grande révélation du film ?
Quand La planète des singes se fait planète des signes.


Le personnage incarné par Kirk Douglas. Métier : créateur de centrales nucléaires.
Hobby : papa d'antéchrist.


mardi 21 août 2012

Rien ne finit jamais

Bon, on fignole et on peaufine (enfin, surtout l'éditeur qui assure la maquette, moi j'ai le beau rôle, je me contente d'envoyer des bouts de textes, des correctifs et des images additionnelles alors que lui, il en chie pour faire de tout ça un bouquin qui ait de la gueule), et on a quasiment fini  Apocalypses.

Hélas, certaines images n'auront pas été retenues dans le final cut, notamment pour des raisons de droits. C'est la life, comme disent les jeunes. Mais j'ai décidé de vous en faire profiter, parce que bon. Suivant l'humeur, j'en rajouterai peut-être d'autres dans les jours qui viennent.


Au tournant des années 1980, alors que le yuppie est encore présenté comme un modèle, l'incarnation du nouveau rêve américain selon Reagan, le punk motorisé est la nouvelle Bête. (Mad Max 2)



Noyée dans le smog, la ville pourrissante de Soleil Vert.


Se sent-on vraiment protégé à l'ombre des missiles atomiques ?
C'est pourtant l'idée qui préside à leur déploiement massif.


Les destructions de la Première Guerre Mondiale auront marqué durablement l'imaginaire artistique. Ici, une aquarelle représentant le cloitre de Messines en 1914 après un échange d'artillerie. Son auteur, Adolf Hitler, atteindra la notoriété quelques années plus tard en se lançant dans la politique.


lundi 20 août 2012

Gong, le châtiment !

Pfff, relu la maquette d'Apocalypses, une brève histoire de la fin des temps, pour y traquer la coquille, le mot manquant, l'enchaînement pataud. C'est vraiment un sport épuisant, la relecture. "Que celui qui a des yeux pour relire, relise" pourraient dire les anciens prophètes, mais quand même.

Je suis quand même tétanisé par la débilité insigne de certaines légendes d'illustrations que j'ai réussi à coller là-dedans. Il arrive un moment où je ne peux pas m'empêcher de faire le mariole. Je suis un peu l'anti-Rorschach : "même face à l'Apocalypse, jamais de sérieux". Mais faut dire qu'avec toutes les pleureuses, cassandres et autres jeteurs d'anathèmes qui occupent l'espace public, un peu de bonne humeur ne fait pas de mal.

Mais j'ai dans l'idée que je ne vais vraiment pas me faire que des amis avec ce bouquin.

Et donc, ça sortira en novembre prochain, chez les Moutons électriques.

dimanche 19 août 2012

Chez les Bifs, le fromage n'a pas d'odeur

Parce que c'est dimanche et que j'avais envie de faire un truc un peu léger (histoire d'oublier l'actu : entre la condamnation au goulag des punkettes russes, la police sud-africaine qui tire sur les grévistes et les Britanniques qui menacent d'attaquer une ambassade pour récupérer Julian "couilles de tonnerre" Assanges, j'en ai un peu marre de vivre sur la planète des Nazis), j'ai ressorti deux ou trois vieilles idées qui datent d'il y a bien longtemps, quand j'étais un jeune chien fou, et puis j'ai fait une illus là-dessus, vite fait, d'un coup de Piposhop :


De mémoire, c'est Jim Lainé qui avait trouvé le titre, et puis on avait stormé des idées, et puis j'avais pondu quelques pages de scénar, et puis on n'a pas poursuivi et les pages ont été perdues, c'était du tapé à la machine et tout.

L'idée, c'était que dans le futur, l'Union Européenne, sous la pression de la perfide Albion, avait interdit la plupart des fromages cools. Il ne restait plus que le gouda, le cheddar et la mimolette. Mais un terroriste au masque de vache-qui-rit défie le pouvoir en passant des camemberts en fraude sur une moto à la Judge Dredd.

Faudrait aussi que je scanne les pages de Mighty Jesus, une BD qui était sortie dans le fanzine Beurk, avec des dessins de Frank Tizzoni. Le concept, c'était que Don Glogaueur avait trouvé dans une grotte en Palestine une couronne d'épine magique, qu'il se l'était mise sur la tête, et qu'il s'était retrouvé nanti du costume et des pouvoirs de Jésus (marcher sur l'eau, multiplier des trucs, ne plus être mort au bout de trois jours). On avait fait un épisode où il combattait son ennemi le Captain Pilatus (qui se transformait en méga-centurion en plongeant les mains dans une vasque mystique) et un léviatzilla. J'avais écrit aussi l'épisode spécial origines qu'on n'a jamais sorti, mais qui était bien con.

Lointaine époque, où sont les neiges d'antan, et tout ce qui s'ensuit.

samedi 18 août 2012

Only in Japan...


Mon fiston a récupéré dans une broc un jeu pour Playstation avec dedans un petit chimpanzé qui doit choper des bananes dans des plateformes et des circuits, c'est un truc à la Sonic le hérisson, grosso modo, mais avec un chimpanzé à la place du hérisson. En vertu du principe que si quelque chose est cool, ce sera deux fois plus cool avec un singe*. C'est une loi mathématique qui avait été formulée, de mémoire, par Mort Weisinger. Ou alors c'était Julius Schwartz, je ne sais plus. Bref.

En tout cas, dans le jeu le singe a une voix kawaï un peu couinante.

Et bien entendu, il couine quand il tombe d'une plateforme.

Et bien entendu aussi, il y a un niveau très complexe avec des plateformes intriquées, où il tombe tout le temps pour se rattraper juste en-dessous avant de retomber et ainsi de suite. Et du coup, il couine toutes les deux secondes.

Et là, c'est terrifiant. Parce que vu (entendu, en fait) de la pièce à côté, ça donne l'impression qu'un vidéaste fou a monté en boucle hyper speed une vidéo de japonaise en uniforme à col marin en train de se faire monter, voire démonter, par un gros black majeurement membré. Le couinement répétitif et frénétique évoque exactement ça, je vous jure.

C'est très déstabilisant.

Et je suis prêt à parier que le programmeur qui s'occupait de ce bout là du jeu l'a fait exprès.

C'est juste pas possible autrement.


* Il existe un corollaire à cette loi, qui veut que si n'importe quoi est deux fois plus cool avec un singe, c'est doublement deux fois plus cool quand c'est un singe nazi. Faites l'expérience chez vous, c'est épatant.

PS : oui, je sais, deux posts le même jour. Ce n'est pas que je n'ai pas de boulot, là, c'est juste qu'il faut chaud et que du coup, j'ai activé le mode procrastination 2.0 à fond les ballons. D'ailleurs j'ai été à deux doigts d'aller faire couiner le singe. Du coup, j'ai préféré mettre un vieux Dead Kennedys pour couvrir. Pas que ça me fasse bosser plus vite, mais au moins je n'ai plus la vision associée aux couinements.

Où est Charlie ? Au Checkpoint, forcément

Bon, un petit check saisonnier de mes parutions du moment :

Dans les semaines à venir, vous allez pouvoir vous régaler avec l'Intégrale Crusades, qui compile la fracassante série que j'ai coécrite avec Izu avant de la confier au graphisme expert de Zhang Xiaoyu. C'est de la grosse bourrinade, mais je me suis bien amusé à l'entrelarder d'un beau complot templier qui tache. La date officielle, c'est le 12 septembre.


Deux semaines plus tard, il y aura la sortie de Burton, coécrit cette fois avec Christian Clot, et avec aux dessins Dim-D qui après s'être fait les dents sur Allan Quatermain s'attaque au real McCoy, pardon, au real Burton.


Au rayon des trads, je viens de voir en kiosque le Marvel Universe Hors Série 13, avec une histoire de Wolverine contre les zombies, qui fait plus ou moins suite à un Punisher contre les zombies que j'avais traduit il y a quelques temps de cela. J'ai pas encore vu le The Darkness, Tome 4 : Destination infernale mais je sais qu'il est sorti, et je crois que Choker sort ces jours-ci. Vous devez aussi pouvoir facilement trouver le Tome 2 de Batman par Morrison, sans compter mes boulots de trad en kiosque dans Batman Saga, DC Saga, Star Wars Comics Collector et Star Wars The Clone Wars.

Je crois que j'ai fait le tour !

vendredi 17 août 2012

Auto destruction

Suivant l'humeur, les gens présents, l'ambiance et bien entendu les données corrigées des variations saisonnières, je peux répondre de façon très différente aux questions sur mon absence d'appétence pour la chose automobile (là, par exemple, je suis d'humeur guillerette, alors je dis "absence d'appétence pour la chose automobile" au lieu de dire, par exemple "ma haine viscérale pour ces poubelles à roulettes qui puent"). De fait, à quarante ans passés, je n'ai pas de bagnole, pas le permis, et aucune ambition d'avoir l'un ou l'autre. Et donc, quand les gens ouvrent de grands yeux, tant dans notre civilisation suicidaire l'automobilité semble systématiquement associée à la normalité, je suis parfois sommé de détailler ma position.

Et donc, selon l'humeur et tout ce qui s'ensuit, ma position s'énonce des façons suivantes, mais énoncées alternartivement :

- On me dit depuis tellement longtemps "boire ou conduire, il faut choisir", que j'ai choisi de façon définitive et irrévocable. Par patriotisme, je soutiens la filière viticole de mon pays, et par universalisme, la filière spiritueux de plusieurs pays de l'Est. (mais pas la filière Whisky, parce que le Whisky est une boisson bourgeoise, occidentale et décadente. alors que la Vodka, le Rakija et l'Aquavit, non.) (Le Cognac a des aspects bourgeois et décadents, mais mon patriotisme alcoolémique l'emporte à tout coup sur mon sectarisme post prolétarien).

- La bagnole rend cons les gens, et je suis déjà bien assez con comme ça sans en rajouter. J'ai souvent remarqué l'effet pernicieux de la voiture sur les gens. Des personnes civiles et civilisées le reste du temps deviennent des charretiers irresponsables quand on leur colle un volant entre les mains. Aucun ne tolère chez les autres ce qu'il fait lui-même. Quand un conducteur a un accident quelconque, ce n'est jamais de sa faute, toujours celle du con d'en face qui avait peut-être priorité, mais allait un poil trop vite, ou a viré trop serré, ou n'a pas mis son clignotant, ou si, il l'avait mis mais on le voyait pas bien, etc. La bagnole racornit l'âme à un degré qui m'a toujours semblé répugnant.

- La bagnole fait en France plus de morts en une semaine que les attaques de requins en font en un an dans le monde entier. Et pourtant, à part en banlieue à la Saint Sylvestre, personne n'organise de battues et de campagnes d'exterminations des bagnoles, alors qu'on parle d'exterminer les requins. Cette hypocrisie m'escagasse et je refuse donc d'y souscrire en rentrant dans le jeu automobile. (de fait, la bagnole a encore tué pas plus tard que la semaine dernière quelqu'un dont j'appréciais à la fois le travail et les quelques échanges que nous avions eu jadis. et à par Le Monde, aucun gros média ne semble en avoir parlé. Alors que si Pascal Obispo se tuait en bagnole, on aurait droit au choeur des pleureuses siciliennes en boucle pendant une semaine) (après, c'est aussi une des raisons pour lesquelles je me fous de la belle gueule de James Dean chaque fois que j'en ai l'occasion)

Mel Gibson est une des icônes de la fantasmatique automobile
C'est bien la preuve que c'est un truc de beauf abruti


- On me dit que la bagnole est un gain de temps, mais il se trouve que j'ai fait le calcul : pour les deux à trois heures effectives qu'une bagnole pourrait me gagner par semaine, il faudrait que j'en bosse au moins autant pour payer ladite bagnole, sans même compter l'essence, l'assurance, le parking et les réparations éventuelles. Le coup du temps gagné grâce à la bagnole, c'est une des plus belles escroqueries du siècle.

- Je lutte à mon petit niveau contre la logique comptable de nos gouvernants. La voiture reste le nerf de la guerre des politiques industrielles et économiques pour une raison bien simple : une voiture vendue, c'est déjà d'emblée autant de circulation d'argent que 10.000 baguettes de pain, 1.000 bouquins, ou 500 ordinateurs. Et en plus, la voiture une fois vendue continue à faire circuler plein de pognon, via les assurances, taxes sur l'essence, péages, parkings, radars automatiques, réparations... The gift that keeps on giving. On n'est même plus dans une arnaque, à ce stade, mais dans un racket organisé, d'autant plus efficace que les victimes sont consentantes. Pas envie de me faire arnaquer comme ça. Si j'ai le pognon pour 1.000 bouquins, je préfère m'acheter 1.000 bouquins qui me procureront du plaisir et consoleront parfois même mon âme plutôt qu'une boite en fer qui ne pourra m'attirer que des emmerdes.

Mais tout ça, en fait, c'est presque véniel. Le vrai problème de la bagnole, le plus insidieux, il est ailleurs.

Mais revenons vingt ans en arrière. à l'époque, jeune et naïf, et plutôt conciliant, j'avais accepté sous la pression de mon entourage de passer le permis. Je ne me faisais pas une montagne de la chose : je voyais bien que de parfaits abrutis arrivaient à l'obtenir du premier coup. D'ailleurs, j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de parfaits abrutis sur nos routes.

Et au cours de code, ce fut le choc. Les deux outils qui m'avaient tant aidé par le passé, le raisonnement et l'instinct, ne m'étaient d'aucun secours. Tenter de donner une réponse intelligente et logique à une question de code de la route, c'était l'échec quasi assuré. Certes, il semblait bien y avoir une logique dans le système, mais elle était tellement arbitraire et contre intuitive qu'il fallait la bachoter au cas par cas d'un bout à l'autre. L'horreur. Alors que j'avais de super notes en pharmacologie en me contentant d'apprendre entre 5 et 10 % du cours, les 5 ou 10 % axiomatiques dont on pouvait inférer et déduire tout le reste à la volée et par le seul raisonnement. En code de la route ? Pas possible de faire comme ça. J'ai tenu une dizaine d'heures, avant de me dire que j'avais assez perdu de temps avec ces conneries, de me barrer en claquant la porte et sans même tenter l'examen. Et sans la moindre espèce de regret. Je sais bien que l'intuition et le raisonnement ont leurs limites, qu'il est bon d'avoir explorées. Mais ils demeurent des outils universels, la solution de repli  qui marche à tout coup en cas de doute et de situation imprévue. à tout coup... Sauf en code de la route.

Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de mettre le nez dans des études sur les méthodes de torture psychologique employées pendant la guerre de Corée et dans les camps de rééducation en Chine Populaire. L'apprentissage du code de la route fonctionne exactement de la même façon. La sanction tombe dès qu'on s'avère incapable de raisonner dans le seul cadre du système arbitraire qu'on cherche à imposer. On ne récompense pas l'effort ni la qualité du raisonnement, contrairement à ce qui peut se passer en cours de maths, même en cas d'erreur de résultat. On ne récompense que l'adéquation parfaite avec le système, si aberrant et contre intuitif soit-il. Et pour parvenir à cette adéquation, il faut s'astreindre à méthodiquement mettre en veille toute forme d'intuition et de raisonnement logique conventionnel. Vu le temps de réaction limité dont on dispose en voiture, il faut que l'application de la logique délirante du code soit intégrée au niveau du réflexe mental prioritaire.

C'est d'autant plus malsain et vicieux que, dans notre société, le passage du permis est un rituel d'accession à l'âge adulte. Être adulte, c'est être autonome, et être autonome, c'est avoir une voiture. Le passage à l'âge adulte s'accompagne donc d'un apprentissage, d'un conditionnement poussé qui conduit à nier les outils intellectuels de base. Pour devenir un adulte responsable, il faut mettre son intelligence et son esprit critique dans sa poche et apprendre le Code. Avec l'apprentissage sous-jacent du "c'est comme ça et pas autrement, alors tu fais comme on t'a dit et tu fermes ta gueule, c'est le prix de ton droit de vote, connard". En associant passage à l'âge adulte et passage du code et du permis, on se fabrique un corps citoyen qui tout en croyant du comme fer à l'imagerie individualiste de la bagnole (encore une belle escroquerie, il suffit de voir un bouchon sur le périf pour se convaincre que cinquante mille individualistes vont tous dans la même direction et à la même non vitesse quand on les met ensemble) se retrouve coulé dans un moule conceptuel et comportemental qui m'inquiète au plus haut degré.

Refuser la bagnole, c'est un devoir d'hygiène éthique.

mercredi 15 août 2012

Devoirs de vacances

Bon, me voilà reviendu de cette semaine de vacances que je m'étais royalement octroyé, et qui aura été quand même pas mal parasitée par le boulot.

Un coup d'oeil à la pile des "à faire avant la fin du mois", et me voilà reparti pour un tour. Y de l'actu qui se prépare pour la rentrée, en plus, entre l'intégrale Crusades, puis le Burton, puis enfin, un peu plus tard, Apocalypses. Sans parler des nombreuses traductions qui encombreront bientôt les étals des libraires.

Mais bon, j'aurai au moins mis cette semaine à profit pour lire tranquille, sous un parasol, en m'emplissant les poumons des fragrances de la campagne.

Et j'avais gardé tout exprès pour ma semaine de vacances le Druide de mon vieux camarade Olive Péru. J'avais envie de me le lire tranquille, à la fraiche, quand j'aurais eu nettoyé mon emploi du temps de tous les espèces de congères qui en bouchaient l'horizon. Ça faisait plusieurs mois que je me disais : ce sera ma lecture détente des vacances.

Et je me suis régalé. C'est son premier roman et il a de menus défauts normaux dans ce cas-là (petits détails de style et de structure), mais c'est complètement, totalement racheté par l'ambiance extraordinaire qu'il arrive à planter quasiment d'emblée. Le mal ancien qui rôde, dont la main se tend pour frapper à l'improviste, on le sent, on le devine, il est là et il met bien mal à l'aise. Le gars Péru nous le distille d'une façon bien vénéneuse, faisant monter la tension jusqu'à ce que ça bascule dans l'épique.

Et l'épique, c'était là où je l'attendais au tournant, ce gaillard qui sait ce qu'il y a de meilleur dans la vie. Et il a balancé ce qu'il fallait là où il le fallait, et ça charcle, et ça poutre, et il arrive à faire naitre de vrais beaux moments d'émotion avec quelques personnages bien sentis. Je lis assez peu de fantasy, mais là il a mis tout ce que j'aime dans le genre dans les 600 pages de son bouquin. J'attends de pied ferme ce qu'il sortira d'autre en roman.

Je suis aussi tombé sur Le naufrage du Titanic : Et autres écrits sur la mer, de Joseph Conrad. Comme j'adore Conrad, je l'ai dévoré avec délices. C'est un recueil d'articles dans lesquels on sent le marin un peu fatigué par ce que la mer devenait à son époque : un lieu de villégiature pour bourgeois cherchant sur des palace flottants les mêmes agrément qu'à terre. Le naufrage du Titanic est pour Conrad la conséquence logique et ultime de  ce contresens. Un bateau de cette taille a besoin de chaloupes et de bons matelots, pas de loufiats capables de servir un café français par n'importe quel temps.

En dehors de ça, je me suis fait plaisir aussi en me replongeant dans Ronsard. J'éprouve un véritable bonheur à m'immerger dans la poésie de cette époque-là, écrite dans ce moyen François pas complètement dégrossi, qui part dans tous les sens, mais qui a une saveur à nulle autre pareille. C'est vraiment une belle langue, pleine de vie et de sève, qui titille le palais comme un petit vin de l'année. C'est typiquement le genre de chose qui me remet la tête à l'endroit, me redonne un sens de la perspective, me fait du bien à l'âme.

mercredi 8 août 2012

Insérez ici une bordée de jurons obscènes

Aaaaah, les vacances, le farniente, le doux abandon, après un mois de juillet et un début Août qui avaient été très, très chargés. Mais les gros boulots à finir ont été finis, expédiés, bouclés. Et donc, je m'accorde quelques jours en famille, au fin fond de la cambrousse, peinard, à tester des spécialités locales. J'ai pris une clé USB avec les boulots en cours, juste au cas où, histoire de pouvoir réagir s'il y a un pépin (Apocalypses est à la maquette, autant que je puisse répondre aux questions de l'éditeur s'il y a le moindre souci), mais bon, l'expédition des affaires courantes, c'est dix minutes au mail le matin, et douze le soir, et la vie est belle.

Oh, tel éditeur pour lequel je fais des traductions toque, mais juste pour me dire que cette fois il m'envoie un peu en avance le PDF à traduire, au lieu de le faire en retard comme pour chaque tome, systématiquement, de telle série sur la VF de laquelle j'officie. Rien d'urgent, mais je télécharge quand même les fichiers, on ne sait jamais, allez savoir si le serveur sera fermé par le FBI d'ici mon retour, tiens... Donc hop, un quart d'heure de plus sur l'ordi au lieu de bouquiner sous le parasol ou de faire un tour à vélo. C'est juste que je suis prudent.

Oh, un co-scénariste me dit qu'on nous réclame une page-test pour le dessinateur, sur un projet historique qu'on ne pensait attaquer qu'en Septembre. J'ai toute la doc. Mais chez moi, à 450 bornes. Donc la page test, je la tombe avec Wikipedia et un Lagarde et Michard déniché au grenier comme seule source de doc. Bonjour le professionnalisme. Mais j'y mets un point d'honneur : ah, on essaie de me pourrir mes vacances, mon troisième jour de vacances seulement depuis le début de l'année ? Je renvoie la page test : l'éditeur et le dessinateur devront la traiter. Vos vacances aussi, elles sont à la baille, ha ha ha. Je tomberai pas tout seul.

Et puis paf, la question par mail, alors que j'allais me resservir une bolée de cidre et une crêpe avec du caramel au beurre salé dessus. "Dis, tu as les fichiers de telle trad -le tome 4 d'une série que je traduis pour un éditeur au nom évoquant curieusement une des stars de la restauration rapide-, normalement tu avais dû les envoyer début juillet mais on les retrouve pas ? Sauf que mes archives fichiers, je les ai pas, je peux rien renvoyer du genre. Et surtout, la trad en question, on ne me l'a jamais commandée, on ne m'a jamais envoyé le matos à traduire, et vu qu'on ne m'avait même jamais envoyé mon exemplaire du tome précédent, je ne savais même pas qu'il était sorti. Bref, je vais avoir quelques dizaines de pages de traduction à torcher en vitesse.

Quelqu'un en veut à mes vacances.

ça se paiera cher.

samedi 4 août 2012

C'est la fin du fin ! (ou l'inverse)

Vous l'aurez noté, ça fait quelques jours que je ne vous ai pas asséné mes désopilantes (ou horripilantes, c'est selon le degré d'appréciation que vous me portez, bande de canailles) vaticinations sur l'air du temps, la vie, l'univers, le reste.

Des vacances éventuelles ne sont pas en cause. Très loin de là. Je viens de passer la semaine à jongler entre la traduction du tome 2 de Batman : Knightfall (un gros paveton de plus le 300 pages) et le bouclage d'Apocalypses ! une brève histoire de la fin des temps, la fracassante monographie que publieront les Moutons électriques juste avant la fin du monde. Histoire que vous soyez préparés et qu'on ne vous fasse pas pendre des messies à des lanternes. On ne sait jamais.

Bref, ça ressemblera à ça :


Sobre, élégant, et pas du tout printanier, inutile de dire que j'adore la couve du toujours excellent Sébastien Hayez, à qui l'on devait déjà celle de Mythe & Super-Héros, toujours en vente dans les meilleures librairies.

Bon, j'y retourne. Je suis en train de remanier le chapitre sur le Grand Complot Mondial avant que tout ne parte à la maquette. Et la pie perchée de l'autre côté de la fenêtre me regarde d'un sale œil. Je parie que c'est une Bird in Black chargée de me surveiller pour le compte des illuminatis reptiliens qui organisent les jeux olympiques pour flamber l'argent de la Relance avant que les gens ne s'en servent pour des trucs utiles et intelligents.