mercredi 29 février 2012

Vanishing day

Le 29 février est un jour curieux, un jour un peu étrange, un jour qui n'existe pas vraiment, ou seulement un an sur quatre (et qui existe donc encore moins que le chat de Shrü… Schreude… Schrödinger, qui est vivant un coup sur deux). Il s'apparente aux jours Uayeb du calendrier Maya, jours un peu à part (en nombre variable semble-t-il, 5, plus 1 pour gérer les décalages bissextiles éventuels, mais sur ce dernier point, les avis divergent, et diverge, c'est énorme), qui étaient considérés comme néfastes et qui étaient donc chômés, pour éviter les accidents. On devrait faire pareil avec le 29 février, en faire un jour férié intermittent, un jour de recueillement permettant de s'interroger sur la bizarrerie intrinsèque des choses. C'est Aristote qui disait (je crois) :"le premier devoir du philosophe, c'est l'étonnement", et de fait, notre monde blasé a perdu la capacité de s'étonner pour les bonnes raisons. 29 février, fête de l'étonnement, ce serait frais. Et bien plus marrant que les fêtes du Travail où l'on fait tout sauf du travail, ou ces fêtes genre Assomption et Pentecôte dont la moitié des gens ne savent même plus ce qu'elles veulent dire. Ou le 14 Juillet où on nous explique que c'est normal de commémorer un soulèvement populaire en faisant étalage de force militaire. Bref. Je milite pour un 29 février libre, hasta siempre bissextilù !


Et sinon, dans les nouvelles sans rapport, Cyrille Munaro a ouvert un blog, complètement munaresque, mais heureusement pas cyrillique.

mardi 28 février 2012

Mickey Maousse (air connu)

Je vais un métier qui réserve parfois de surprises. Tenez, pas plus tard que ce ouiquende, en traduisant un épisode de Mickey pour le tome 3 de l'intégrale qui sort chez Glénat, je suis tombé sur cette phrase magnifique :


It’s a dull day when there isn’t a dick in this place.”


Toute traduction d'une telle merveille ne peut-être qu'une trahison. Encore, ça aurait été dans The Boys ou une série du même genre, il y avait quelque chose à faire. Mais là, si je m'abandonne à mes instincts, je me fais virer, et Disney m'enverra aux basques les Chinois du FBI pour me faire des trucs dégueulasse à la barre à mine.


On fait un métier pas facile, quand même, des fois.

vendredi 24 février 2012

Histoire qu'on meure tous un peu moins cons, avant que l'univers ne se dilue dans l'immensité



Mon vieux camarade l'autre Alex m'a fait passer ceci. Si vous avez un peu de niveau en biflandais, et une heure devant vous, regardez cette petite conférence. C'est Lawrence Krauss, un astrophysicien éminent, voire prééminent (et non pas proéminent, Yann. Non content de l'avoir fait dans le rédactionnel de Flashpoint, t'en as glissé un aussi dans l'Anthologie. ça va finir par se voir, vieux) qui explique la vie, l'univers et le reste. C'est à la fois passionnant, instructif et drôle.

Et n'oubliez pas : "gravity sucks".

jeudi 23 février 2012

Injustice dans la voirie !

J'étais sur Paris ce matin.

Et, en remontant la rue Lamarck, j'ai découvert un fait curieux : on a filé une rue plus longue à un certain Abbé-Patureau (qui n'a pour lui que d'avoir été curé dans le quartier) qu'à Alfred Nobel et Pierre Dac, qui sont quand même deux bienfaiteurs de l'humanité, l'un, pour avoir avec l'invention de la dynamite trouvé un moyen tout à fait darwinien d'éliminer les artificiers maladroits, et l'autre pour avoir inventé la recette de la confiture de nouille qui compte au rang des plus grandes conquêtes de l'esprit humain. Cette inégalité des rues prouve bien qu'on n'en a pas fini du sinistre pouvoir de la soutane. Y a des trucs à faire avec les tripes des derniers patrons et les derniers curés, je vous raconte même pas.

Bref, je suis scandalisé de voir qu'en ce pays de la laïcité, on en fait plus pour les calotins que pour les philosophes (les vrais, ceux dans la tradition de Nasr'uddin Hodja, pas les parasites médiatiques à brushing), alors que les comiques tentent de donner aux gens une vraie distance critique, ce qui n'est généralement pas le cas des prêcheurs (sauf Jesse Custer, mais c'est un cas particulier, vous en conviendrez sans peine).

Alors histoire de poser ma pierre au militage pour une rue Pierre Dac digne de ce nom (Nobel, on s'en fout. Depuis que Kissinger a eu le Prix Nobel de la Paix, on se dit que le Nobel, c'est comme la Légion d'Honneur, on l'a trop filé à n'importe quoi pour le prendre encore au sérieux), je vais vous rediffuser, sous vos yeux ébahis et un tonnerre d'applaudissements un vieux texte écrit en hommage au Maître soixante-trois :


Le sirop de ravioli


Prenez une boîte de 800 grammes de raviolis en conserve. Pas des raviolis frais en barquette. D'abord parce que ma recette est conçue pour cette quantité précise de 800 grammes, et que les barquettes en font entre 250 et 300, en général. Et pour le goût, c'est pas pareil non plus. Il faut donc une de ces boîtes avec une marque se terminant par "i", ou une version de distributeur des mêmes, une de celles dont la dégoulinante sauce tomate cache pudiquement bien des choses. Une de celles dont une ancienne collègue, qui avait bossé dans l'inspection sanitaire, disait jadis : "la fabrication du ravioli, c'est de la science fiction".

Ouvrez la boîte sans vous blesser (très important. Je ne veux pas être tenu pour responsables de vos maladresses) et faites réchauffer à feu moyen. Quand la sauce tomate frémit, mixez doucement (avec un de ces mixeurs à main qui servent à faire la soupe) et en ajoutant 800 grammes de sucre en poudre. Baissez à feu doux et continuez à mixer, en ajoutant graduellement un demi-litre d'eau. Laissez mijoter une vingtaine de minutes en touillant régulièrement. Filtrez au chinois pour récupérer le jus. Laissez mijoter le jus (le dépôt peut être utilisé pour la célèbre recette du sorbet au ravioli) en ajoutant encore 200 ml d'eau. Ajoutez en remuant doucement encore 500 grammes de sucre. Laissez mijoter à feu doux encore une vingtaine de minutes. Puis mettez en bouteille. Vous devez avoir entre 750 ml et 1 l de sirop. Servez frais, avec un volume de sirop pour cinq d'eau. Vous pouvez aussi l'utiliser pour des cocktails à parasol en papier dont l'incroyable originalité ravira vos amis bobos.

mercredi 22 février 2012

Space needs you !



Tiens, un petit appel de Stephen Hawking, qui pense qu'on aura besoin dans un avenir proche de gens qui se passionnent pour l'espace au lieu de scotcher devant Secret Story. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé à Stephen Hawking, ce matin. Ah, si. Parce que Colonel Reyel passait à la radio. Et que je me souviens distinctement m'être dit "acheter le même vocodeur qu'Hawking pour avoir l'air aussi intelligent que lui quand on parle, c'est un peu comme essayer d'avoir le regard de DSK pour emballer des nanas, c'est prendre le problème à l'envers." En plus, Hawking a la décence élémentaire de ne pas chanter, contrairement à la plupart des chanteurs.

lundi 20 février 2012

Dernière Minute


Bon, ayé, on a la date officielle pour la sortie de Crusades, tome 3, par Nikolavitch, Izu et Zhang Xiaoyu : Il sera dans les bacs le 28 mars 2012 (flûte, 10 jours trop tard pour ma séance de dédicace au Leclerc d'Osny, le samedi 17 mars).

Cette année, ce sera sans moi

Dans mon rêve de cette nuit, je me faisais courser par un Klaus Kinski armé d'un sabre. Je réussissais à le paumer dans des petites rues, mais c'était quand même flippant.

Ignition City, de Warren Ellis, sort bientôt en France chez Glénat. J'en signe la traduction. Une petite interview sur le sujet ici.

J'ai décidé de boycotter le Salon du Livre de Paris, cette année. Ça fait près de dix ans que j'ai droit tous les ans à une accréditation. Là, on me la refuse sans explication (alors que j'ai fourni la preuve, comme chaque année, que j'étais un auteur publié). Renseignement pris à la ronde (parce que l'organisation du salon n'a même pas eu l'élémentaire courtoisie de répondre au mail que j'avais envoyé demandant pourquoi les règles du jeu avaient changé), ils n'accréditent apparemment plus les auteurs qui ne sont pas en dédicaces. Alors que le salon est un lieu de rencontre bien pratique pour les professionnels qui font vivre le livre dans ce pays, même s'ils ne viennent pas se coller derrière une table pour faire des gris-gris sur les bouquins.

 Pas question en tout cas que je fasse la queue pour payer ma place ou que j'aille quémander des invitations. J'ai dans l'idée que les gens qui prennent ce genre de décisions sont des gestionnaires à cravate, le genre de gens qui n'ouvrent pas souvent des bouquins, trop occupés qu'ils sont à faire de la communication. Ces gens sont des parasites, qui feront risette à tous les candidats à la présidentielle et autres ministres qui viendront draguer les milieux de la culture, mais qui refusent l'entrée aux gens dont la vie, c'est de faire des livres. Qu'ils aillent se faire foutre. Si j'ai des bouquins à acheter cette année (j'en profite toujours, du salon, pour prendre des trucs chez des petits éditeurs, ou des bouquins chez des gros, mais mal diffusés) j'irai ailleurs. Et si j'ai des cafés à prendre avec éditeurs, auteurs et autres gens qui font des livres, je le ferai dans des endroits mieux fréquentés.


dimanche 19 février 2012

Next week, same bat newstand, new bat channel !

Bon, je viens de recevoir les premières revues publiées par Urban Comics. à tous les pisse-froid qui se demandent pourquoi je les reçois à gratuit avant tout le monde (elle ne sortent officiellement que le 24, c'est à dire vendredi prochain), ce n'est pas une question de favoritisme, c'est juste que j'en suis le traducteur, cuistres !

Bref. Très agréablement surpris par la qualité du papier (il semble que ce soit un détail sur lequel les gens de chez Urban sont très vigilants) qui change des trucs tout cheaps qu'on voit un peu partout dans ce domaine.

Petit review rapide pour vous donner envie :


Flashpoint, le crossover qui redéfinit DC. Ce premier numéro comporte en prologue la fin de la série Flash par Geoff Johns, cinq numéros qui sont le prologue indispensable du crossover, qui en posent en filigrane les enjeux. Plus le premier épisode du crossover lui-même, qui s'achève sur un chouette cliffhanger.


Batman Showcase, avec la suite de la série Batman Inc par Grant Morrison. Il est quasi indispensable d'avoir lu les épisodes précédents, publiés dans Batman Universe 10, chez Panini, sinon le début de ce numéro, qui y fait directement suite, sera imbitable. Hormis ce détail, on voit Morrison avancer ses pions pour la suite, pour la fameuse confrontation avec Léviathan, qui sera publiée un peu plus tard dans l'année.

Beau démarrage donc pour les revues Urban, nanties de surcroît d'une excellente traduction par un des ténors du genre... Quoi ? J'en fais un peu trop, là ? Bon, admettons. Sérieux, traduction mise de côté (je ne suis forcément pas objectif), c'est de la bonne came, tout ça. Mangez-en.

vendredi 17 février 2012

En vrac

Oui, je suis un peu en vrac, mais ce n'est pas le sens du titre de ce post. J'appelle ainsi la notule du jour juste parce que je compte bien y jeter des considérations en vrac, c'est tout. Alors bon, la ramenez pas trop non plus.

Une de mes activités habituelles, en ce moment, c'est de traduire des séries DC pour les revues qui vont sortir chez Urban Comics. Tout plein de jolis magazines DC Comics (on ne rappellera jamais assez que c'est à mourir de rire, l'expression DC Comics. Parce que ça signifie très exactement Detective Comics Comics. N'importe quel bon détective saurait pourtant que la répétition du mot comics ne sert pas à grand-chose, ici. enfin bref, c'est même pas le sujet) qui seront bientôt dans vos étalages.

Et donc, ça me confronte à nouveau à la narration par tranches mensuelles. Chacune des séries concernées ne sera diffusée qu'au rythme d'un épisode à la fois. Ce qui est normal, sur le fond, mais comme je traduis beaucoup plus souvent des albums que des revues, je n'ai plus vraiment l'habitude. Parce que, le croirez-vous, cette subtile distinction entre comics publié mensuellement ou compilé par paquet de six, ça change subtilement ma façon de travailler et d'envisager la traduction elle-même, et même c'est donc de ça que je voulais vous parler aujourd'hui.

C'est assez macluhannien, d'ailleurs. Publié en album ou en revue, c'est le MÊME comic book. Mais quand il est édité en album, tous les passages genre "résumé de l'épisode précédent" deviennent redondants, inutiles, et même parasites de la narration.

Alors si le résumé est juste un gros pavé de texte en début d'épisode, c'est simple, le réflexe de base est de le faire tout simplement sauter pour l'édition album. Et de le conserver pour l'édition en revue.

Mais si le rappel des épisodes précédents est intégré à la narration, dans les dialogues par exemple, ça devient plus coton. Ces rappels sont là pour les lecteurs qui ont besoin d'être remis dans le bain, qui ont lu l'épisode il y a un mois. Si on enchaîne les épisodes, ce qui est normalement le cas dans un album, ils deviennent un peu inutiles. C'est à ça qu'on reconnaît les auteurs consciencieux (qui mettent des rappels, certains autres auteurs écrivent visiblement avec la compilation en tête et ne s'emmerdent plus à faciliter la vie des lecteurs du mensuel) mais doués : leurs rappels ne sont pas parasites, ils trouvent un moyen de les glisser au détour d'un dialogue, d'une façon qui ne soit ni lourde, ni répétitive. Là, sur la version album comme sur la version magazine, on a tendance à traduire pareil.

Mais quand l'auteur est consciencieux ET mauvais, c'est tout de suite une autre paire de manches (je vous rassure tout de suite, là, sur les mags que je traduis, on a au scénar Pete Tomasi et Gail Simone, qui sont plutôt bons, je trouve). Je repensais par exemple à Jim Krueger, dont j'ai eu à traduire l'an passé le Project Superpowers 2 (publiés en 2 albums, qui sont du coup les numéros 3 et 4 en VF), qui malgré toutes ses bonnes intentions, était une purge intégrale, répétitive, lourdingue, dans laquelle les mêmes personnages répétaient d'un épisode à l'autres les mêmes choses de la même façon, et mettaient quatre pages à le faire. Quand ils ne sortaient pas d'un coup de leur chapeau un élément important que l'auteur avait oublié de mentionner dans l'épisode précédent. Horrible. Là, j'ai pris sur moi d'en réécrire une partie, jusqu'à ce que je baisse les bras, que je laisse tomber, et que je finisse par laisser tel quel.

Sinon, quand c'est juste un peu redondant, je retaille gentiment pour que ça passe mieux. Voilà, c'était ce que je voulais dire aujourd'hui. ça n'a pas grand intérêt, en fait. (et j'ai encore 150 pages de relectures à faire. pffff) (bref).

Sinon, coïncidence amusante et qui n'a rien à voir, quelqu'un est arrivé ce sur blog en tapant dans Gougueule "réédition du cycle Fulgur ?". Justement, je suis en train de me relire Triplanétaire, le premier tome de ce cycle fondateur signé EE Doc Smith, du grand space opera intergalactique à l'ancienne. Je m'éclate en relisant ce machin ultra daté. Mais par contre, je ne crois pas à l'éventualité d'une réédition dans un avenir mesurable. C'est vraiment ultra daté, justement. Alors ça en fait le charme, mais du coup il faut avoir le palais formé à ce genre de goût comme on n'en fait plus.

Le plus amusant, c'est que certaines idées sont étonnamment modernes, par exemple sur le traitement de la première rencontre entre les humains et les extraterrestres névians. Si les Névians sont physiquement monstrueux, ils n'en demeurent pas moins une espèce hautement évoluée, dotée d'un sens éthique net. L'intéressant, c'est que même si les humains qui les rencontrent prennent la mesure de ce degré d'évolution, ils n'arrivent pas vraiment à surmonter leur répulsion physique, et même s'il y a communication fructueuse, ils les traitent en ennemi. La duplicité n'est pas là le fait des monstres, mais celui des humains. Pour un bouquin de 1934 (bon, l'édition courante est une version remaniée quelques années plus tard, mais tout donne à penser que cet élément est d'origine), je trouve ça en avance sur son temps.

Pour la petite histoire, ce cycle fut abondamment pillé par les auteurs qui réinventèrent Green Lantern dans les années 50-60. Difficile de ne pas faire de parallèles entre la Patrouille Galactique et le GL Corps, entre l'Anneau et le Joyau, et qu'un personnage s'appelle Arisia ne saurait être innocent.

Après, une autre chose qui pose question est la traduction. Si elle mérite un dépoussiérage sur plein de trucs (un mot comme "magnétoscope", qui avait un sens précis dans la tête de Smith, à une époque où le mot "radar" n'était pas encore inventé, en vient à évoquer quelque chose de très différent pour nous. de même, je verrais bien Névians et Arisians rendus en néviens et arisiens, qui m'écorchent moins l'oreille), le côté un peu daté de la traduction va bien aussi au côté daté du bouquin. Alors, retraduire dénaturerait-il l'œuvre, ou bien cela permettrait-il de lui donner une seconde jeunesse, d'en souligner les (quelques) aspects modernes ? La question mérite d'être posée.


Cette illustration n'a strictement aucun rapport avec ce qui précède
C'est juste que je continue dans le thème de ces derniers jours

jeudi 16 février 2012

Concorde entre les petits pères des peuples

Alors, dans les commentaires d'une récente War Zone, le mystérieux Alan Bax nous avait renvoyé sur un site russe pour de belles madames à acheter sur catalogue illustrations rétrofuturistes.

J'ai adoré ces illustrations, avec leur côté visionnaire et désuet tout à la fois. Mais certaines méritaient quand même une légende en français, parce que "les gens ont le droit de savoir".

Florilège :

Crash du Concorde : l'hypothèse du laser ennemi

Le commandant Kustoff présente : la soucoupe Kursk


Notre nouveau feuilleton : Neo Bolje, par Yakov Kirbitch
Premier épisode : Glasnost sur Apokolipsgrad

Notre gadget : la montre télé de Dick Tratski


Voilà. Oui, je suis très fatigué, en ce moment, je bosse beaucoup trop. Ça se voit tant que ça ?

lundi 13 février 2012

Prochaine dédicace

Je serai en dédicace le Samedi 17 Mars à l'Espace Culturel du Centre Leclerc D'Osny (Val d'Oise), toute la journée, dans le cadre de leur festival de BD annuel, toujours bien sympa.

Si tout va bien, il devrait y avoir le Tome 3 de Crusades :, tout chaud tout frais sorti de presses.

samedi 11 février 2012

Confondons pas tout

Je sais que des fois, vous en avez marre que je revienne sans arrêt sur ma fixette graphique pour la propagande communiste. J'y peux rien, j'adore les vieilles affiches russes et chinoises.

Mais bon, parlons plutôt d'art moderne, par exemple d'un certain Valery Barykine, graphiste de son état. En fait, ce garçon semble avoir un peu les mêmes obsessions que moi :


Pin-ups, cosmos et néoréalisme socialiste. Pour moi, c'est forcément Win the Yes.

Enfin, Win the Da, en tout cas.

jeudi 9 février 2012

Polar de saison

Ouais, je sais ce que vous allez me dire, c'était la semaine dernière, la Chandeleur. Foutez-moi tranquille, j'avais trop de boulot. Bref. Ce que vous allez voir ci-dessous, j'avais proposé le concept à l'ami Zaitchick, quand il faisait toutes ces fausses couves de Série Noire. Mais là, le calembour était vraiment trop vaseux, même pour lui. Donc, j'ai décidé d'assumer seul. Voilà.


mercredi 8 février 2012

Le grand musée de l'éphémère

Tiens, ça fait bien longtemps que je ne vous avais pas glissé en passant une bonne vieille affiche de propagande soviétique. Par les temps qui, courent, je dirais que c'est un devoir sacré. C'est la preuve qu'en effet toutes les civilisations ne se valent pas : il y a les civilisations qui savent produire de l'image, et les autres. Et la nôtre n'en fait pas partie, il suffit de regarder n'importe quelle campagne institutionnelle de chez nous, que ce soit la sensibilisation au code de la route, la lutte contre le cancer, l'engagez-vous/rengagez-vous ou n'importe quelle cause du jour pour se rendre compte que, quand même, tous nos "communicants" sont des gros nuls, complètement à la ramasse avec leur photos tristounes, qu'ils sont en fait, tristement, plus nazes que nazis en somme. En lieu et place de géants, on a des guéants, c'est franchement, ça ne le fait pas.

Il y avait des géants sur terre en ces temps-là. Même qu'ils étaient soudeurs.

Par ailleurs, la vidéo de Dusty Springfield que j'aie postée l'autre jour me conduit à m'interroger sur une notion que l'internet a rendue obsolète. Le titre de la vidéo mentionne qu'elle est "v. rare", very rare, de l'ordre de la rareté introuvable, préservée par la grâce d'un vieux magnétoscope puis par une numérisation à peu près adéquate. Mais dès lors qu'un contenu est en ligne, a fortiori sur un site fréquenté comme i-thunes, il n'est plus rare, puisqu'il est à la portée de n'importe qui qui clique dessus, sans limitation de nombre. La rareté n'existe pas dans le monde numérique (Pour autant qu'il ne soit pas bridé comme ça en prend le chemin, fermetures de sites de stockage obligent, alors que c'est justement le monde numérique qui nous permet de conserver des documents comme celui que je vous balance ci-dessus, et qui sinon pourraient finir par être perdus). Du coup, je trouve curieux qu'on flaggue encore "rare" ou "very rare" des contenus dont la simple mise en ligne conjure la rareté, l'anéantit pour le compte. C'est un archaïsme de pensée, une queue vestigielle surgie d'une époque de pénurie culturelle...

lundi 6 février 2012

De la musique pour me botter le train

C'est pas la première fois que je me fais la remarque, et d'ailleurs je m'étais épanché ici même à ce sujet, mais parfois ce dont j'ai besoin comme musique, à titre personnel, pour me mettre la tête dans une logique de travail, n'a que peu voire pas du tout de rapport avec le boulot auquel je dois me livrer.

Tenez, ces temps-ci, par exemple, je traduis le nouveau Kick-Ass. Pas a priori le truc fin et élégant. D'ailleurs, dans cet album-là, les auteurs poussent encore un peu les potards sur ce qu'on appelle chez les créatifs la "shock value". On a donc des exécutions de petits enfants à l'arme de guerre et un viol collectif. Je sais pas si je vous avais déjà dit à quel point Kick-Ass est un truc délicat et gentillet. Bref. Et là, hier, pour bosser, j'écoutais en boucle la BO du Barry Lyndon de Stanley Kubrick, et quelques extraits de la BO de Shining (celle qu'il a fallu que je télécharge, vu que la maison de disques n'a PAS LE DROIT de la sortir en CD pour de sombres raisons de droits pas respectés, du coup je vais pas être plus royaltiste qu'une maison de disques, faut pas déconner non plus).

Et là, aujourd'hui, pour les épisodes bien sanguinolents et bien provoc, eh bien je me fais une cure de Dusty Springfield. Cherchez pas à comprendre. Moi-même, je ne cherche plus à comprendre mes envies musicales. Surtout quand je bosse. L'essentiel, c'est que la musique me permette de me concentrer et d'avancer. Vite. Parce que j'ai punaisé au mur la liste des trucs à faire avant la fin du mois, et rien que sur ce qui est confirmé et sûr, faut pas que je faiblisse. Donc la miss Dusty, si décalée soit-elle par rapport à ce que je fais, si ça fait la blague, ça fait la blague. (et si ça se trouve, demain, ce sera du AC/DC pour traduire Star Wars. Voire des reprises de AC/DC par Shakira -pour m'avoir exposé à ça, Fef, sache que je te hais- continue à faire tourner les aberrations, mec, ça me torpille les neurones, c'est exactement ce qu'il me fait pour bosser sur Kick-Ass)




Quoi, schizo, moi ? Ouais. Mais plutôt deux fois qu'une : paire de schizos !

vendredi 3 février 2012

Les escrocs sont des cons

Je viens de recevoir ce mail, sur mon adresse pro (ce qui déjà, en soi est parfaitement ridicule, puisque mon adresse pro est au nom de Nikolavitch, et que la seule administration à l'utiliser est la caisse des auteurs, les autres se contenant de mon vrai nom) :


Bienvenue
Nous avons étudié vos droits à partir du 01 juillet 2011 Il apparait apres culcul pour Caisse d'Allocations Familiales pour la periode du 01.11.2011 au 12.01.2012,vous n'avez rien recu alors que vous aviez droit a 415,21 Euro.

Service Client
www.caf.fr


Ça m'a vraiment bien fait rire. Outre le côté culcul de leur calcul et leur syntaxe légèrement déficiente, nos spammeurs n'ont pas complètement compris que, dans les administrations de ce pays (pour celles qui résistent encore un peu à la vague d'ultralibéralisme impulsée d'en-haut par le Nain), il n'y a pas de "service client". Tout au plus, pour les plus avancées d'entre elles,  un service "relation aux usagers". C'est presque touchant.

Le mail comprenait aussi un lien, que je n'ai pas cliqué par mesure d'hygiène numérique. Mais si le site était aussi brillant que le mail, j'imagine qu'il fallait être vraiment pas nobélisable pour s'y laisser prendre. Parce que, et c'est ça qui est malheureux, il semble que des gens se laissent prendre par ces pauvres tentatives de phishing. Et ça, c'est quand même inquiétant. J'aurais presque tendance à dire que ceux qui se laissent avoir par des escroqueries aussi minablement exécutées le méritent un peu, mais en fait non, c'est vraiment de l'escroqueries qui s'attaque aux pauvres gens, réalisée par des pauvres types.

Quand on y réfléchit, en fait, c'est plus triste que rigolo.

jeudi 2 février 2012

Le monde comme il va (mal)

Avec tout ça, le boulot, le festival, la fatigue, la crève, j'ai un peu décroché de l'actu. Ça fait pas de mal, d'ailleurs. L'actu à haute dose, c'est comme la gnôle ou la clope, ça finit par être nocif. Suffit de voir Claire Chazal ou Audrey Pulvar pour s'en convaincre. Ça esquinte grave.

Mais on ne peut pas non plus vivre en cénobite (non, ce n'est pas un gros mot) retranché dans une tour d'ivoire. D'autant que le trafic d'ivoire est interdit, alors pour monter les murs de la tour, je vous dis même pas. Et là, pouf. Le football fait 74 morts et on ne l'interdit toujours pas (on préfère le sous-traiter aux Qatari, maintenant, juste pour pouvoir leur faire porter le chapeau si ça déconne). Hollande débarque la gueule enfarinée en plein meeting. La gueule enfarinée, pour un politicien, c'est normal, mais je savais pas qu'on pouvait prendre l'expression au premier degré comme ça. Couvert de poudre, l'autre pays du fromage. Bon, y en a d'autres, on le sait, c'est pas que de la farine qu'ils s'envoient sur le museau, mais en général ils sont plus discrets. Le gros scandale, aussi, c'est les affiches du film Infidèles, avec Jean Dujardin. Y a des gens qu'on trop de temps libre. Ça devient systématique, ces engueulades à propos d'affiches de film ou de pubs diverses. Ils ont que ça à foutre, les gens, de beugler parce qu'une comédie grivoise a une affiche d'un mauvais goût très sûr ? Si le mauvais goût ne se cantonnait qu'à ça, pourtant, ce ne serait que véniel. Il me semble que les déclarations de Guaino et Guéant sont bien pire dans le genre mauvais goût, par exemple, ou que les unes de l'affaire DSK et de ses suites sont pas mal dans le genre, ou la politique fiscale qui se profile à l'horizon, qui relève de la comédie sinistre. Et puis il y a l'entrée en bourse fracassante de Fèces-Bouc, qui démontre qu'on peut grassement monétiser les contenus dématérialisés d'internet, pour peu qu'on rende ça glamour. Et donc que les multinationales des médias et de la culture ont loupé le coche il y a déjà cinq ou six ans.

Non, sérieux, l'actu, à petite dose seulement. Je préfère encore me remettre au boulot, tiens.