dimanche 30 septembre 2012

Hoc est corpus delicti (ou, en VO : "the butler did it")

Aux infos, ils parlaient du procès du majordome du Pape. Ce qui permet de se plaindre, une fois encore, du fait qu'il n'y a plus de petit personnel : de Ben Sixtine à mamie Liliane, les grands de ce monde se font balancer par leurs larbins (et il me semble que ça avait déjà été le cas pour Lady Di). On ne peut plus faire confiance à personne, si on ne peut plus mener nos petites saloperies en paix sans que le maitre d'hôtel ne s'en offusque, ne se sente pousser une conscience ou pire, se dise que les journaux assureraient vachement mieux sa retraite bien méritée que le patron légitime.

Et donc, le majordome de Sa Sainteté papy Joseph passe devant les juges du Vatican. Et c'est là que ça devient intéressant. Les infos ont affirmé que la chose était exceptionnelle de par la gravité des charges. Vu que le reste du temps, le tribunal vatican n'a à statuer que sur des affaires de petite délinquance.

Et là, pouf. Je me dis "tiens ?". Petite délinquance au Vatican, c'est quoi ? Dans la mesure où la population locale se monte à 832 personnes, essentiellement des curetons ou des gardes suisses, à quoi peut donc bien ressembler la petite délinquance ? La dernière fois que j'ai vérifié, l'endroit manquait de zozos à casquette qui brûlent les voitures et piquent les scooters (quoique dernièrement, la tendance semble s'être inversée à Paris : on pique les chiens et on brûle les scooters, c'est bien de varier les plaisirs). Le pickpocket égaré chipe peut-être un portefeuille ou deux dans les replis d'une soutane, mais si ça se trouve, une bonne partie des curetons a fait vœu de pauvreté. Alors que reste-t-il dans le domaine de la petite délinquance ? Incitation au dopage (on se souvient de Jean-Popaul II, conservé dans l'EPO avec des techniques que même Lance Armstrong lui envierait) ? Trafic d'hosties de contrebande, forcément détaxées (mais quel est le régime de taxation locale de l'hostie, d'ailleurs ?) ? Tripotage d'enfants de chœur en bande organisée (mais je croyais que c'était dépénalisé, ça, au Vatican) ? Simonie ? Conduite de messe en état d'ivresse ? Port de soutane non réglementaire ? Hérésie mineure ?

Fichtre, bigre, et diantre. Voilà qui mériterait une enquête approfondie. Si ça se trouve, le Vatican est un gros foyer de petite délinquance, encore pire que Sarcelles.

vendredi 28 septembre 2012

Burton again

Pas beaucoup mis la War Zone à jour ces derniers temps. Ce n'est pas tant que j'aie trop de boulot, d'ailleurs, mais surtout que j'ai trop de boulots différents à faire en même temps. La cervelle finit par disjoncter d'un poil. Comme si j'avais besoin de ça pour disjoncter, vous me direz, mais là, c'est quand même plus que d'habitude.

Et parmi ces nombreux travaux en cours, il y en a un dont je peux désormais parler, parce que l'info est maintenant officielle : mon deuxième album dans la collection Explora, chez Glénat sera aussi consacré à Richard Burton (le vrai, pas l'acteur). C'est toujours en collaboration avec Christian Clot (collaboration plus resserrée ce coup-ci, d'ailleurs, ça devient de la vraie coécriture, pour le coup), mais cette fois-ci c'est dessiné par Lionel Marty (le Rêve de Jérusalem, chez Dupuis). Non que Dim-D ait démérité, mais il a d'autres projets en cours, que j'ai d'ailleurs hâte de voir.


mardi 25 septembre 2012

La citation du mardi


"Quand vous avez un incendie dans un avion, vous ne pouvez aller nulle part, et vous ne pouvez pas faire entrer de l’oxygène à l’intérieur de l’avion, parce que les fenêtres ne s’ouvrent pas. Je ne sais pas pourquoi c’est impossible. C’est un vrai problème."

Alors on aurait pu croire que c'était Jean-Claude Van Damme, c'était assez dans sa manière. Mais même JCVD sait mieux que ça comment marche un avion. On aurait pu croire que c'était George W. Bush, aussi. Mais non, W. n'y est pour rien, cette fois.

Et c'est pourtant pas faute d'essayer


C'est de Mitt Romney, en fait. Alors que les leaders de l'UMP se battent pour faire genre le plus sarkozyste des deux, le candidat républicain à la Maison-Blanche vient très habilement de se poser en très digne successeur de George W.

Entre l'inconscience de l'effet de l'oxygène sur les incendies, et le fait que la notion de dépressurisation semble totalement lui échapper, c'est presque beau, je trouve.

dimanche 23 septembre 2012

Message à caractère sécuritaire

C'est vrai que depuis des années, je profite de l'espace de liberté d'expression qu'est ce blog pour y balancer des images de singes, qu'ils soient singes informaticiens, singes miliciens, singes terroristes ou singes nazis. Parce que les gens ont le droit de savoir et tout et tout.

Mais néanmoins, faites attention à ces bêtes-là. Si sympathiques qu'elles soient. Même si vous êtes un homme, un vrai. On ne sait jamais. On n'est jamais trop prudent, comme le prouve ce document accablant.

C'est vrai, quoi, gare aux mandrills.





C'était un message du SGEG, Service Général d'Education aux Gorilles.

jeudi 20 septembre 2012

Burton !


Coïncidence troublante ! On en parlais pas plus tard que l'autre jour, et voilà que le facteur est venu me livrer mes exemplaires de Burton vers les sources du Nil, mon nouvel album, et mon premier album à sortir chez Glénat. Comme son nom l'indique, ça relate l'expédition menée au milieu du XIXe siècle par Richard Burton (le vrai, pas l'acteur) en quête des mythiques sources du Nil, et la façon dont ça a tourné à la grosse fâcherie avec son compagnon de route.

C'est écrit par moi, dessiné par Dim-D, supervisé par Christian Clot (qui a aussi écrit un petit cahier informatif sur Burton, c'est en fin d'album et c'est drôlement bien fichu), les couleurs sont de Hugo Poupelin, et c'est dans la collection Explora.

Voilà voilà, normalement, c'est dans les bacs la semaine prochaine, ruez-vous dessus en poussant des hurlements gutturaux et en ouvrant grand vos porte-monnaie.

lundi 17 septembre 2012

Out of Africa

Tiens, puisque la date de sortie de Burton (par moi, Christian Clot et Dim-D) approche, je vous en rebalance quelques cases :


Et si vous voulez en voir plus, n'hésitez pas à aller sur le blog d'Hugo Poupelin, le coloriste. C'est vrai, quoi, on ne parle pas assez des coloristes, et je dois avouer qu'il a fait un super boulot sur l'album, dans des conditions pas forcément faciles (et que je ne lui ai sans doute pas facilitées, d'ailleurs : ayant majoritairement publié en noir et blanc, j'ai tendance à ne pas trop me préoccuper de la couleur, et surtout à ne pas y penser en écrivant, du coup, je ne mets pas assez d'indications de couleurs et d'ambiance lumineuse dans mes scripts).

En tout cas, ça sort le 26 septembre.

dimanche 16 septembre 2012

Hésitation

Comme on est déjà en Septembre, et donc que Noël approche, et que comme je le disais hier, par les temps qui courent il vaut mieux être prévoyant, j'ai commencé à réfléchir à ma missive annuelle au vieux barbu vêtu de rouge. En plus, comme je mets un temps fou, après avoir cacheté une enveloppe, à l'emmener à la poste, mieux vaut que je m'y prenne tôt.

Et en fait, j'hésite.

C'est un dilemme quasi cornélien.

Qu'est-ce qui serait le mieux pour Noël, à votre avis ?


L'action figure Oscar Wilde ?






Ou l'action figure Jeff Lebowski ?


Rhaaa, j'hésite. C'est vraiment trop dur, des fois.



samedi 15 septembre 2012

Prévoyance

On arrive au moment où, chaque fois qu'il y a une grosse vedette qui passe l'arme à gauche, les journaux rivalisent d'inventivité rassie pour trouver un gros titre qui résume le truc. Ça va du "salut l'artiste" à "baisser de rideau", etc. Ou à un truc vaguement lié à sa carrière quand on en trouve un (j'aurais bien mis "Bedtime for Bonzo" à la mort de Reagan, par exemple).

Si la vedette avait atteint une masse critique suffisante en termes de légende et d'amour de son public, il y a aussi des gens pour ne pas y croire, et c'est ainsi que James Dean, Elvis, Lady Di et Michael Jackson coulent des jours heureux sur une île cachée et paradisiaque. Ou alors, ils se cachent et vont revenir (il parait que Michael Jackson va revenir le 21 décembre 2012, par exemple. Je le tiens de source sûre : le mec qui l'a vu dans ses visions a des champignons extras).

Hum.

Du coup, comme je suis un garçon prudent et organisé, je commence à réfléchir à ce qu'il faudra dire quand Arnold cassera sa pipe. Pas Arnold de Arnold et Willie, hein. En plus, "qu'est-ce que tu me racontes-là ?", serez-vous en droit de me dire, vu que je crois qu'il est déjà calanché. Non, je parlais du vrai Arnold. Arnold Schwarzennator.

Et là, s'il rejoint le paradis des biceps, je pense qu'on aura le droit soit à "Hasta la vista, baby" en une de Libé, ou à "I'll be back", pour ceux qui le croiront voué à un retour en majesté.

Voilà, comme ça on est parés au cas où.

C'est bien d'être prévoyant, moi je dis.

vendredi 14 septembre 2012

Géographie des songes

Encore une rediffusion d'un vieil article (2005, déjà !), mais passablement remanié.
Les esprits chagrins regrettent souvent l'absence de logique propre au rêve. Et en effet, si l'on s'en tient à l'étymologie, le rêve n'a aucune logique, puisqu'il émane de l'inconscient, qui fonctionne par nature à un niveau non verbal. Dans le rêve, on est dans le symbole et pas dans sa formulation, dans la vision plus que dans le logos. Mais si l'on considère que le rêve est un discours que nous tient l'inconscient, alors il devient logique en soi, même s'il relève d'une logique qu'on qualifiera de différente.

Le rêve est une mise en scène symbolique par l'inconscient de notre perception intime du monde dans lequel nous nous débattons, sans s'embarrasser de la plupart des filtres sociaux et culturels que nous portons tels une armure à l'état de veille, ces filtres qui nous permettent d'adopter une personna sociale et de maintenir une barrière entre le moi et le monde. Le rêve est une représentation de la façon dont notre inconscient perçoit le monde, et le moi s'y mélange au monde, il met en exergue les lieux qui ont contribué à forger notre personnalité, ces endroits extérieurs en apparence au moi, mais qui y sont intégrés à leur manière. Dès lors, comparer les lieux que l'on fréquente à l'état de veille et ceux qu'on arpente en rêve peut ouvrir certaines portes.


Quels sont les lieux que je visite, au coeur de la nuit ? La maison de mon enfance, par exemple. C'était un lieu étrange, biscornu, très ancien, que j'adorais et que je regrette encore (elle a été abattue il y a près d'une trentaine d'années) et le quartier qui l'entourait. Ce sont des lieux qui ont compté pour moi, et la mémoire onirique les restitue tels quels, y compris dans des détails que je croyais avoir oubliés. J'ai rêvé il y a peu du plancher vermoulu du petit grenier, par exemple. Ce petit grenier, je n'y mettais jamais les pieds, je n'y ai pénétré que trois ou quatre fois dans ma vie tout au plus, et je n'y repense jamais. Et là, d'un coup, des détails très nets me sont revenus, détails que je sais vrais, comme ces lattes du plancher, un peu disjointe, qui permettaient de voir le sol du porche, six mètres plus bas. Je rêve souvent de la terrasse, du toit de l'atelier, du terrain vague d'à côté, qui avait été un dépôt de charbon, puis un dépôt de matériel, puis un endroit informe, retourné à l'état sauvage. Divers éléments du quartier sont des passages obligés, et sont dans mes rêves tels que s'en souvient le petit garçon que j'étais (l'adulte est allé les voir, mais le changement d'échelle survenu avec la croissance les rendait méconnaissables et sans intérêt, alors qu'en rêve ils gardent leur échelle énorme).

Je rêve fréquemment de la ville où j'habite depuis quelques années. Curieusement, je ne rêve quasiment jamais de la ville où j'ai habité les dix ans qui ont précédés. Tout au plus certains de ses éléments se retrouvent, épars, dans d'autres endroits visités en songe, une ou deux rues que j'aime bien. Faut-il préciser que je ne me suis jamais senti chez moi dans cette ville-là ? Alors que je me suis totalement intégré à mon nouvel environnement.

Les rêves m'emmènent dans des lieux que j'aime, et dans des lieux que je déteste ou que je crains, mais pas dans des lieux qui, quand on y réfléchit, m'indiffèrent assez. Sauf dans un cas, une rue où je suis allé me promener deux fois il y a très longtemps, sur ma pause de midi, dans une ville où je travaillais, une rue trop longue et sans agrément, dépourvue du moindre intérêt, et dont je rêve pourtant assez régulièrement. Pourquoi ? Mystère. Il faudra que j'aille y voir à l'occasion si un détail important ne m'y a pas échappé. Ou alors, elle est devenue le symbole, pour mon esprit, d'une forme de désert urbain, la quintessence de ce genre de lieux interchangeables et moroses où l'on ne s'attarde pas.

Plus curieux, et bien plus fréquents, il y a les lieux composites, ou déformés. Le virage serré, au bout de la rue qui menait à la bibliothèque municipale (à celle de la ville d'à côté, en tout cas) a été modifié il y a une éternité. Mais en rêve, je le vois tel qu'il était quand je le prenais à vélo. Par contre, les immeubles de cette rue sont différents de la réalité, pris dans une résidence qui n'a rien à voir, à l'autre bout de la région. Telle ville côtière qui revient très régulièrement dans mes rêves mélange les caractéristiques de plusieurs endroits où j'ai pu passer, parfois très brièvement, de Dinard à Barcelone en passant par Sibenik et Venise. Fluctuante au début, sa géographie a fini par se stabiliser, et je m'y sens chez moi, connaissant à peu près à présent la façon dont ses artères principales s'articulent entre elles, et la façon dont elles descendent doucement vers la mer. Et quand, éveillé, je repense à cet endroit, je peux localiser précisément dans le monde réel chaque bâtiment, chaque rue. Cette ville côtière n'a pas de nom, en tout cas. Elle a ses vieux quartiers aux maisons hors d'âge, sa zone industrielle de l'époque de la révolution industrielle, toute en brique rouge et en ferrures rivetées (c'est là que, dans un rêve ancien, j'ai été récupérer le Nautilus, avant d'en refiler avec réticences les clés à Kirk Douglas et depuis, chaque fois qu'en rêve je repasse devant le bassin, il est désespérément vide). Cette ville a même ses traditions, comme les mystérieux bateaux-carnaval et, si le temps semble s'y être arrêté, elle a un passé très dense, qui me revient parfois par bribes. C'est un endroit où j'aimerais bien aller couler mes vieux jours, mais j'ai dans l'idée que c'est mal barré.


à l'autre bout du spectre urbanistique, il y a New York. Pas le vrai New York, bien sûr. Mais un endroit démesuré qui s'appelle New York, dans lequel l'aéroport est en centre ville, dont les rues forment un étrange labyrinthe rectiligne où l'on se perd facilement sans avoir jamais tourné, et dont les ruelles donnent parfois sur de petits quartiers préservés, un peu mystérieux, presque bucoliques. Curieusement, ce New York onirique semble intégrer le centre commercial de la Plazza de Catalunia, à Barcelone, et l'intégrait même à un moment où je n'avais encore jamais mis les pieds à Barcelone et jamais entendu parlé de la Plazza de Catalunia. Me retrouver un jour confronté au lieu réel que je ne connaissais pas alors que je l'avais visité à deux ou trois reprises en rêve m'a un peu estomaqué, m'a mis profondément mal à l'aise.

La gare générique de mes rêves est pour partie celle de mon enfance, pour partie celle à côté de laquelle je me suis installé à l'adolescence (à une station d'écart, d'ailleurs, dans les faits). À présent, elle intègre d'ailleurs quelques éléments d'autres stations que je me suis trouvé fréquenter ces dernières années. Le trajet des trains qui y passent est pour sa part totalement aberrant, mélangeant les caractéristiques de pas moins d'une dizaine de lignes de banlieue que j'ai prises à un moment où à un autre. Et ces trains sont toujours en retard. Alors que je ne voyage quasiment qu'en train, et que c'est un moyen de transport qui me convient tout à fait, quand je le prends en rêve, le train devient quelque chose de menaçant, plongeant dans l'inconnu, traversant des friches industrielles colossales.

Curieusement, les différences entre lieu réel et lieu rêvé, quand elles sont criantes, ne me choquent pas. C'est quand elles sont infimes qu'elles m'inquiètent plus et me réveillent. C'est ainsi qu'une nuit je me suis réveillé. Je suis allé aux toilettes, et au moment de faire mon affaire, j'ai réalisé que l'emplacement de la cuvette et celui du lavabo avaient été inversés. Ce qui était normalement à gauche (les toilettes) était maintenant à droite, à la place du lavabo, et inversement. Ça m'a réveillé en sursaut, trempé de sueur. Un rêve trop réel, où le moindre décalage faisait peur. Il m'a fallu faire un terrible effort de volonté pour me lever, et aller vérifier que les choses étaient rentrées dans l'ordre. Le constatant, j'ai d'ailleurs enfin pu enfin aller pisser, mais ce n'est pas le propos du jour.

Il y a une certaine logique dans cette géographie des rêves (et parfois des cauchemars). Mais cette logique m'échappe encore pour partie. Un jour je dresserai une carte du monde de mes rêves, avec sa cité côtière si pitoresque, ce quartier de mon enfance préservé au moins certaines nuits des outrages des promoteurs, ce New York délirant et kafkaïen, ce Paris de carte postale démente, à la Seine plus étroite, aux façades pimpantes, aux habitants aimables, ces lignes de train allant nulle part ou vers des endroits que je préfèrerais éviter, et aussi ces trous sur la carte, ces endroits que j'évite effectivement, dans le secret de mon sommeil, sans que je sache exactement pourquoi...

jeudi 13 septembre 2012

Hadopitres

Et donc, on vient de juger la première victime pardon, le premier couillon pris dans les filets de la célèbre loi Hadopi, celle que même la Corée du Nord nous envie.

L'affaire vaut le coup d'être notée, parce qu'elle permet de démontrer toute l'absurdité de la dite loi.

Alors voilà, nous avons un brave artisan Belfortain qui s'est fait gauler à quatre reprises à télécharger du... C'était quoi, déjà ? Ah oui, une poignée de chansons de Rihanna. Et donc, le juge le condamne.

Attention, stop !

Déjà, le monsieur n'est pas condamné pour avoir téléchargé ces chansons. Tout le monde sait, le juge y compris, que ce brave homme n'a rien téléchargé, et ne saurait probablement même pas comment faire. Tout le monde le sait et tout le monde en convient. Le seul tort de ce monsieur est d'être titulaire de l'abonnement internet qui a permis le téléchargement incriminé.

C'est ça là toute la beauté kafkaïo-ubuesque de la chose. La loi ne sanctionne pas le téléchargement. Tout simplement parce qu'il est impossible de prouver qu'une personne donnée a téléchargé quoi que ce soit, et que par ailleurs, en droit de la propriété intellectuelle, la qualification de "vol" d'un téléchargement reste très problématique, puisqu'il n'y a pas soustraction d'un exemplaire dans la poche de son légitime propriétaire (et on en a parlé dernièrement, le fait que le Comité International Olympique puisse se prévaloir de la défense de la propriété intellectuelle pour faire la chasse aux vendeurs de porte-clés montre bien que la notion a besoin d'un sérieux réexamen). Du coup, le brave monsieur est condamné pour n'avoir pas sécurisé sa ligne. Et du coup, madame en a profité pour télécharger comme un goret (ou une gorette, plus précisément) les quatre chansons de Rihanna, au mépris des mails et des recommandés d'avertissement payés sur vos impôts. Depuis, il va de soi que le couple est en instance de divorce (moi aussi, si ma femme écoutait du Rihanna, je crois que je l'aurais mauvaise).

Les gens qui téléchargent du Céline Dion n'ont que ce qu'ils méritent
D'ailleurs, les gens qui ECOUTENT du Céline Dion n'ont que ce qu'ils méritent

C'est là toute l'hypocrisie de l'affaire. Madame n'est pas condamnée, alors que c'est elle qui a permis de caractériser le délit. Alors que justement, le fait qu'Hadopi ne puisse pas tout surveiller avait conduit les flics du réseau à se concentrer sur les gros trucs, ceux téléchargés par les jeunes et par les téléspectateurs de TF1, de Direct 8 et de NRJ12, les trucs de Rihanna, le nouveau Johnny, le film des Transformers, etc. L'Hadopi avait au moins cette vertu-là : elle pouvait devenir une formidable machine à sanctionner le mauvais goût et donc contribuer graduellement à l'élévation esthétique et culturelle de la population. La vraie fonction éducative de l'institution, elle était peut-être là, justement.

Mais non, ce n'est même pas la conne qui écoute du Rihanna qu'on a puni (puisqu'on punit le défaut de sécurisation, mais on le punit d'une amende indexée sur le nombre de chansons, c'est bien la preuve que le truc est trop alambiqué pour être honnête, d'autant plus qu'on peut difficilement sécuriser sans se couper de protocoles qui permettent le plus légalement du monde de télécharger La Nuit des Morts Vivants, le Cuirassé Potemkine, les mises à jour de logiciels courants ou les œuvres complètes de Balzac), c'est un pauvre mec qui croyait que Rihanna, c'était un plan pour prendre l'avion à pas cher.

Voilà, ça nous a coûté 12 millions d'euro cette année. Ça fait cher de la pantalonnade.

mercredi 12 septembre 2012

Intégral !

Alors normalement, ça :

Vous l'aurez reconnu : c'est l'intégrale Crusades
Par Izu, Nikolavitch et Zhang Xiaoyu

...C'est aujourd'hui dans toutes les bonnes crémeries, et même quelques mauvaises.

Hop, je vous file la 4 de couve au passage :

De fausses pistes en vraies révélations, l’épopée du templier Guillaume de Sonnac et de ses compagnons se déploie dans cette intégrale d’une aventure placée sous le triple signe de l’horreur, du fantastique et de la SF au temps des croisades ! Parti enquêter sur les vraies raisons de l’échec de la Cinquième Croisade aux portes de Damiette, le Templier Guillaume de Sonnac va faire une découverte stupéfiante. Le problème, c’est que son enquête va le conduire à des conclusions contraires à l’histoire officielle, au dogme et aux intérêts de la papauté. Complot politique, énigme ésotérique ou science-fiction ? La trilogie Crusades explore toutes ces pistes pour choisir sa voie, résolument renversante.

mardi 11 septembre 2012

Nom de Zeus (bis)

C'est pas nouveau. Vous l'avez sans doute déjà vu. Mais je me suis rematé la plus formidable trilogie des années 80 la semaine dernière, et donc je tenais à marquer le coup en passant une vidéo qui m'a fait rire.



lundi 10 septembre 2012

L'apéro au cognac, je trouve ça hardcore quand même

Je sais pas pourquoi, je recommence à faire des rêves absurdes. Je veux dire, plus absurdes que d'habitude (et j'ai des habitudes solidement ancrées en la matière). Pas forcément windsormccaysques, mais pas forcément très loin quand même. (note à moi-même : ne pas essayer de populariser l'adjectif "windsormccaysque", c'est quand même assez bordélique à orthographier)

Là, dans mon rêve de cette nuit, j'avais rendez-vous à Paris. Pas le vrai Paris, hein, le Paris que je vois en rêve, celui où les bâtiments ne sont pas couverts de suie de diesel et de crottes de pigeons, dans lequel la Seine est plutôt un joli canal qu'on traverse par des ponts piétonniers assez pimpants, avec des gens aimables et du ciel bleu. En fait, ça ressemblait un peu à Venice, Californie, mais sans les surfers et les bodybuilders. Ou alors à la ville bizarre de Babe 2. Bref, encore une de ces villes qui n'existent que dans mes rêves mais que je visite souvent (il y a une étrange persistance de la géographie, dans mes rêves) (note à moi même 2 : arrêter d'abuser des parenthèses). En tout cas, dans la tête, c'était Paris.

Et j'y avais rendez-vous avec un de mes frangins. Qui m'appelle sur le portable pour me dire que finalement, non, il ne va pas pouvoir déjeuner avec moi dans ce restaurant hyper classe dont tout le monde dit du bien. Je me retrouve seul sur les quais. Je ne sais plus pourquoi j'étais dans ce quartier, un truc lié au boulot, un rendez-vous libraire, si je me souviens bien, ou un truc du genre. Je traverse le fleuve et j'arrive sur l'île. Laquelle ? Je n'en sais rien. Je sais juste qu'elle est légèrement surélevée, et qu'il y a une espèce de complexe dessus, mi centre commercial, mi forteresse médiévale reconvertie. Inutile de dire que ça aussi, ça se trouve pas sur les cartes.

J'entre dans le restau d'un pas décidé, mais naturel. Aux regards des serveurs, je me rends compte que naturel, je le suis jusqu'au bout des fringues. Pas naturiste, hein, naturel. Ce n'est pas un de ces rêves où on se retrouve à poil dans un cocktail mondain, ou affublé d'une chemise dont même Nicolas Cage voudrait pas. Là, non, je suis juste habillé en Nikolavitch : jean fatigué, t-shirt noir informe, blouson de toile avachi et bottes au cirage approximatif et lointain. Pas la tenue correcte exigée de rigueur* dans ce genre de restaus hyper classe. Mais alors que tous me fusillent du regard, et que l'un des employés se prépare avec une jouissance insigne à m'éconduire en me faisant remarquer que l'établissement est plein comme un œuf, un de ses collègues prend les devants et m'indique la dernière table libre, dans un recoin où je ne ferai pas trop tache, derrière une monumentale plante verte.

"Monsieur Lavitch", me dit-il, "veuillez me suivre. La maison est très honorée de votre visite et tient à vous offrir l'apéritif, bien entendu."

J'en suis comme deux ronds de flanc. Déjà la gloire ? à cheval donné, on ne regarde pas les dents, c'est bien connu, alors je ne me fais pas prier, mais je suis intimidé. J'hésite à me commander un pastaga. Je ne veux pas mettre ce gentil serveur encore plus en porte-à-faux qu'il n'est. Si ça se trouve, c'est secrètement un geek, il a lu mes trucs et se fait plaisir, mais il risque de se faire avoiner par ses collègues, dans les vestiaires. J'essaie mentalement de me composer un apéro qui en impose, quand soudain, mon train de pensée est rompu par un éclat de voix.

"Ah non, de grâce, épargnez-moi ces cocktails ridicules aux noms grotesques qui semblent conçus pour qu'on les oublie dans les cinq minutes qui suivent ! Apportez-moi un cognac, plutôt."

Je risque un œil entre le mur et la plante verte. Et je vois une vieille bonne femme toute sèche, un genre de Cruella, toque en dalmatien mort incluse, qui se frite avec une des serveuses. Le serveur qui m'avait accueilli arrive ventre à terre à ma table. Sur le ton de la confidence, il me fait :

"Monsieur Lavitch… Je suis navré de vous demander ça, mais la deuxième place à votre table de deux est la seule qui reste dans le restaurant… Et cette dame se trouve être une critique gastronomique que la direction a peur de froisser. Accepteriez-vous de… Enfin… Comment dire…"

Je hausse les épaules.

"Dites-lui que je l'invite à ma table, ça limitera les dégâts. Parce que dans le genre froissage, j'ai l'impression que vos collègues ont déjà fait le gros du travail. Et dites-lui que je le lui offre, son cognac."

Le temps qu'il aillent la chercher, je me plonge dans la lecture de la carte. Le feuilleté d'escargots me fait de l'œil. Je vais prendre ça, c'est sûr et certain. Le serveur revient, accompagné de Cruella Michelin (Ou Cruella Gault, ou Cruella Millaud, j'ai oublié le nom qu'il m'a dit), il lui glisse quelques mots à l'oreille, genre lui dore la pilule en lui racontant que je suis un écrivain célèbre, ou un auteur de BD de talent, une connerie, quoi. La dame s'arrête, le regarde d'un air incrédule, regarde mon t-shirt noir informe et plutôt grisâtre à force d'être délavé, éclate d'un rire à faire souiller son slip à Méphistophélès en personne, et vient s'asseoir.

"Enchantée, Monsieur de la Vitche. Je n'ai pas l'honneur de connaître votre travail, je le crains."

"Moi non plus, Madame Michelin (ou Gault, ou Millaud). Mais ce n'est pas grave. Quelqu'un qui prend l'apéritif au cognac ne peut pas m'être fondamentalement antipathique."

"Ah, vous voyez bien que j'ai raison !", fait-elle au serveur. "Vous offrirez un cognac à Monsieur de la Vitche, sur ma note."

Une serveuse apporte les cognacs, étrangement clairs, mais très capiteux. Nous engageons, moi et Cruella Mi… Gau… Bref… Une de ces conversations totalement emprunte de banalité qu'on attend de gens bien élevés dans ces cas-là. Elle commande plusieurs trucs improbables à la serveuse. D'une voix rendue légèrement pâteuse par le cognac, je demande mon feuilleté d'escargots.

On me l'amène rapidement. Il sent incroyablement bon. J'en ai l'eau à la bouche. J'en découpe un petit bout que je croque…

Et je me suis réveillé. Avec une distincte sensation de gueule de bois, et envie de feuilleté aux escargots.

N'en ayant pas au frigo, je me suis encore une fois contenté de café et de tartines au petit-dèj.






* En Français dans le texte, bien entendu.

dimanche 9 septembre 2012

D'abord, on ne dit pas "compote", on dit "ami pas très malin"

Et comme hier, le titre ci-dessus n'a aucune espèce de rapport avec le contenu de ma vaticination dominicale.

D'ailleurs, de vaticination, il n'y en aura pas parce que je suis naze et que j'ai la cervelle en ami pas très malin. Alors je vais la remplacer par quelques zoulies images rustpunk :





Tout ceci vient, bien entendu, de Russie et d'autres pays de l'ex URSS, grande pourvoyeuse d'imagerie de cette sorte.

Et, histoire de finir sur une bonne impression, une image de singe lourdement armé, parce que ça faisait longtemps.

"Hasta siempre grrrreuhaaaaar"

samedi 8 septembre 2012

Hiroshige mon amour

Non, le titre du post n'a aucun rapport avec ce qui va suivre. C'est juste que je potassais y a pas longtemps un carnet de croquis de ce géant de l'estampe japonaise, hélas éclipsé dans l'esprit du public par Hokusai. Les éditions Phébus avaient en tout cas publié il y a une dizaine d'années un recueil de ses études, esquisses, croquis et autres dessins jetés en vrac sur le papier, et c'est juste une tuerie, je me replonge dedans régulièrement. Tout comme j'ai relu hier la Ballade des Pendus, de François Villon, qui est juste un poème gigantissime. (entre autres bouquins antédiluviens, feu mon grand-père avait laissé une vieille édition de Villon qu'il tenait probablement de son père à lui, un bouquin dans laquelle je remets régulièrement le nez avec bonheur)

"Prince Jhésus, qui sur tous a maistrie,
A luy n'avons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre."

Bref.

Non, le sujet du jour, c'est que dans mon rêve de cette nuit, je devais réparer un bidule mécanique. Le dispositif n'était pas horriblement complexe, c'était un petit volant d'inertie (le même genre de truc qui faisait rouler vos petites autos genre Hotweels, quand vous étiez minots), y avait à tout casser une dizaine de pièces.

Tout portait à croire que les pièces provenaient bien du même mécanisme. Même métal, même degré d'usure et de corrosion, même fabrication.

Et pourtant, aucune ne coïncidait. C'était toujours des plans genre le bidule carré dans le trou rond, l'éperon trop court, la tige trop longue.

Pourquoi est-ce que, quand je bricole en rêve, les pièces ne correspondent jamais entre elles ? Pourquoi ? C'est désobligeant, à la fin !!!!


vendredi 7 septembre 2012

Du bordel dans la boite aux lettres

Avant toutes choses, je note que sur la tuerie d'Anglais en Savoie, personne n'a encore fait de blague sur "Boucherie à Chevaline". Je trouve que le niveau baisse vachement, quand même, ces temps-ci. Ou alors les gens ont des espèces de pudeurs, je ne sais pas.

Mais bon, c'est pas tout ça, je viens de recevoir l'intégrale Crusades. Ça fait quand même un gros morceau : 280 pages, 1 kilo 410. Ça a même coincé la boite aux lettres, j'ai failli avoir besoin d'un pied de biche pour sortir le truc.

Pour ceusses qu'auraient pas tout suivi, c'est de ça que je cause


Normalement, vous devez pouvoir obtenir votre propre exemplaire mercredi prochain, le 12 septembre. Et pour ceux qui n'auraient vraiment rien suivi, Crusades c'est une série médiévale que j'ai coécrite avec Izu, et qui a été dessinée par Zhang Xiaoyu. Ça raconte l'histoire du secret des Templiers, du secret de la Bibliothèque d'Alexandrie et des secrets de la Septième Croisade. Il y a aussi des souterrains, de la baston, du mystère, des espèce de zombies troglodytes, des assassins, un alchimiste un peu dépressif et dépravé, un mongol énigmatique, un pape et un barbu un peu barbouze. Autant dire que c'est cool, quoi, comme si David Morrell et Jacques Bergier s'étaient associés pour écrire le script du Nom de la Rose versus The Thing. Je vous assure. (Oui, c'est vrai,  depuis que je sais que je suis un "european top writing talent" je m'essaie aux envolées lyriques), (mais c'est juste comme ça, pour voir).

Bref, si vous aviez loupé l'édition précédente en trois tomes, c'est l'occasion ou jamais de combler vos lacunes en bourrinades ésotériques.

jeudi 6 septembre 2012

Droit de copie

La presse en ligne est pratique à plus d'un titre. Déjà, les sites des grands quotidiens permettent d'avoir accès à de l'information de bonne qualité sans sortir de chez soi. Certes, comme tout un chacun, j'aime bien aller me lire le journal sur le zinc du bistro du coin, mais il faut bien reconnaître qu'avec tout le boulot que j'ai en ce moment, je m'accord de moins en moins souvent cette petite pause café au bout de la rue.

Du coup, pour être informé, la presse en ligne est indispensable pour qui reste chez soi à travailler plus pour pas crever la bouche ouverte (encore rendu une traduction cet après-midi, une note d'intention pour un album hier, une nouvelle lundi, et je n'ai pas assez avancé sur la révision urgente d'un scénario, ni sur une autre traduction. du coup, mon poème épique en douze chants est obligé d'attendre). Et ne me parlez pas du journal télévisé. Les gens qui sont capables de se contenter du journal télévisé pour s'informer n'ont que ce qu'ils méritent. Entre la mise en scène visant à emballer le poisson, les "mesdames et messieurs bonsoir" et autres "de bien belles images, sans transition", le remplissage inutile et le fait qu'on ne puisse pas sauter les paragraphes inintéressants ni les pages sportives ni les pauses pub, le journal télévisé s'apparente à une perte de temps. Sur le site d'un grand quotidien, vous pouvez sélectionner l'info qui vous intéresse, celle qui vous concerne ou celle qui vous semble pertinente, et vous concentrer dessus. Et dans le temps qu'il faut à la potiche de service pour poser trois question idiotes à un clampin qui débite des éléments de langage appris par cœur, vous avez pu avaler un article de fond de trois ou quatre feuillets, plus deux dépêches et le chapô de trois articles de plus. Quand vous voulez aller plus vite, vous allez beaucoup plus vite que la télé. Et quand vous voulez vous arrêter sur un détail qui vous semble significatif, vous pouvez, alors que la télé va neuf fois sur dix insister lourdement sur des détails inutiles, avant d'enchainer sur des sujets plus glamour, et donc généralement dénués de la plus petite parcelle d'intérêt.

Oui ? Non, en effet, je regarde de moins en moins la télé, merci de l'avoir remarqué.

Comme souvent j'ai le regard accroché par des articles qui recoupent de près ou de loin mon travail, il m'arrive de les archiver. Parfois, je copie-colle un paragraphe dans un fichier documentaire à cet effet. Et puis parfois, je veux récupérer tout l'article, ou toute l'interview, ou les graphiques qui vont avec. Parce que c'est la source d'info dont j'ai besoin pour boucler un chapitre, coller au bon endroit la citation d'expert qui va bien, voire servir de toile de fond à un bout de scénario.

On peut copier coller tout l'article dans un fichier, mais en général, c'est très moche parce que très souvent, la sélection ne fait pas la différence entre le corps du texte et ce qu'il y a à côté, voire les éléments extérieurs entrelardés dedans qui ne se voient pas sur le site, mais qui se voient très bien dans votre traitement de texte.

Heureusement, la plupart des navigateurs internet ont la fonction "enregistrer la page sous". C'est bien pratique : en deux clics, vous avez archivé l'article qui vous intéresse dans un dossier idoine. J'ai comme ça des dossiers "astrophysique", "conquête de l'espace", "magouilles politiques", "paléontologie et archéologie", "criminologie", "paranoïa galopante", etc. Hop, le navigateur enregistre la page html, et un petit sous-dossier avec tous les petits éléments qui vont avec, les gifs, les infos de calage, les javascripts qui font marcher l'affichage des dépêches en temps réel, etc.

Et puis, de temps, je fais un peu de ménage là-dedans. Parce que c'est vrai, quand j'archive l'interview d'un exobiologiste, je n'ai pas besoin d'avoir en haut à droite le feed des dernières infos sur la Convention Démocrate, en bas la pub pour Maatric le service de rencontres numéro 1 sur un segment de population dont je ne fais pas partie, l'affichage du résultat de la ligue des champions et le bouton "like" de Fèces-bouc.


Et là, selon l'expression consacrée, c'est le drame.

Quand j'ouvre le sous-dossier, je découvre qu'il y a entre 82 et 157 fichiers annexes à la page. Dans le tas, il y a en général une ou deux illustration de l'article. Trente images correspondant à des pubs ou à des éléments de navigation dans le site, et plein de trucs bizarres aux noms imbitables. Et si d'aventure vous foutez le tout à la corbeille (après avoir prélevé les images pertinentes), vous pouvez vous attendre à une jolie surprise.

Déjà, une partie des pubs dynamique restent, parce qu'elles étaient tout bêtement intégrées sous forme d'un lien html. Par contre, vous avez perdu la moitié de la mise en forme du texte, qui du coup arrive en gros pavés illisibles de toute la largeur de la page. Vous pensiez gagner du temps ? Vous voilà mûrs pour reprendre tout le truc dans un éditeur html pour en élaguer les merdes et redonner au texte à peu près forme humaine. Le truc était emmerdant avant de benner le sous-dossier ? Maintenant il est quasi inexploitable.

C'est à croire qu'ils le font exprès pour vous forcer à acheter la version papier et à découper à l'ancienne l'article pour le coller dans un dossier avec de la colle blanche à papy. C'est plus chiant à trier, plus chiant à indexer, plus chiant à retrouver.

'Chier !

**Insérez ici une bordée de grommellements bourrus.**

mercredi 5 septembre 2012

Updatatio linguisticorum

L'église catholique romaine, contrairement à ce que l'on croit généralement, est capable de se moderniser. C'est pourquoi Ben Sixtine a demandé à ses services compétents de diffuser un nouveau lexique latin permettant d'adapter bulles et encycliques au monde d'aujourd'hui :


Adresse mail : inscriptio cursus eletronici 
Apartheid : segregátio nigritarum 
A priori : ex antecapto iudício 
Barman : tabernae potóriae minister 
Basket-ball : follis canistrīque ludus 
Best-seller : liber máxime divénditus 
Blue-jeans : bracae línteae caerúleae 
Cigarette : fistula nicotiana 
Déodorant : foetōris delumentum 
Discothèque : taberna discothecaria 
Drogue : medicamentum stupefactīvum 
Enfant gâté : puer indulgéntia depravatus 
Egoïste : sui cómmodi studiosus 
Gangster : gregalis latro 
Mountain bike : bírota montāna 
Minijupe : tunicula minima 
ONU : Unitarum Nationum Coetus 
Ordinateur : instrumentum computatorium 
Punk : punkianae catervae ássecla 
Série TV : fabula televisifica 

Il était temps ! Et du coup, je n'ai qu'une chose à dire !

Fabricate diem, punkianae catervae assecla !

mardi 4 septembre 2012

Il cause dans le poste une fois encore !

Tiens, j'avais quasi oublié cette interview, donnée en janvier dernier à Angoulème, à propos de Mythe & Super-Héros :


Mythes et superheros par ultrazonetv

C'était pour Ultrazone TV, une chaine Dailymotion. Y a plein d'autres interviews, genre Alex Alice, Monsieur Lainé ou André-François Ruaud, mon bien aimé éditeur pour Mythes et Super-Héros et Apocalypses.

lundi 3 septembre 2012

Télescopage de concepts...


Gozzilla, c'est le fils caché de Godzilla et d'un Gorilla ? Diffilcile de déterminer s'il tient plutôt de la maman ou du papa, alors. Mais en tout cas, il a l'air d'avoir la libido de King Kong.

Quand les Japonais avait sorti King Kong contre Godzilla, en tout cas, on ignorait que ça s'était terminé par une réconciliation sur l'oreiller.

Dans le reste de mon actualité, j'ai rendu une nouvelle ce matin, qu'on m'avait demandée pour une anthologie. J'ignore si elle sera retenue dans le final cut, mais ça faisait longtemps que je ne m'étais pas livré à ce genre d'exercice. Pourtant très plaisant. Je vous en reparlerai bientôt, je pense.

dimanche 2 septembre 2012

C'est la faute à ce sacré Charlemagne, parait-il

Je suis assez épaté par ma petite dernière. C'est la rentrée des classes cette semaine, et elle est surexcitée à l'idée d'aller à l'école. Pour elle, c'est visiblement une affaire de statut : si elle va à l'école, c'est qu'elle est devenue grande. Ça la met sur un pied d'égalité avec les grands frères et autres grandes sœurs. Elle a vraiment envie d'y aller. Elle nous en aura parlé tout l'été.

Ce qui est marrant c'est que, quand je me projette dans les brumes d'un très lointain passé, quand j'avais à peu près le même âge, je me souviens distinctement m'être planqué derrière le fauteuil du salon pour tenter d'échapper à la chose, le jour de ma première rentrée. L'école, pour moi, c'était avant d'y aller la première fois un truc mystérieux et menaçant (après aussi, c'était menaçant, ça avait perdu tout mystère, mais j'ai découvert très vite que dès qu'on se retrouve avec des groupes de gens un peu nombreux, on se retrouve avec une majorité de connards) (notons que je n'employais pas le terme "connards" à l'époque pour qualifier la chose, parce que j'étais bien élevé et que je ne connaissais pas le mot. Mais je n'en pensais pas moins).

De fait, aller à l'école m'arrachait à la douce quiétude du logis familial, aux loisirs simples, comme me pouiller avec mes frangins, regarder des livres avec des images, ou écouter des disques. Et justement, un de ces disques racontait l'histoire de Pinocchio. Et, bien entendu, il y avait sur le disque Jiminy Cricket qui expliquait sèchement "Mais voyons, tu ne vas pas à l'école pour t'amuser ! Tu vas à l'école pour travailler." Et là, j'avais des visions horribles, limite du genre wagonnet dans la mine. Oh, il m'était arrivé d'accompagner une fois ou deux mon père à son travail, mais il avait un travail qui me semblait cool : tout casser dans des magasins pour ensuite les refaire à neuf en plus joli, je trouvais ça rigolo. En plus il y avait plein d'outils, plein de trucs et de machins, c'était bien. Mais aller en touriste voir le travail des autres, c'était sympa. Alors qu'aller travailler moi-même, c'était une autre paire de manches.

C'était trop affreux, je ne voulais pas y aller. Non, surtout pas.

Du coup, je suis admiratif de l'espèce d'optimisme foncier de la petite, qui veut être sûre d'avoir au moins un crayon et un cahier dans son petit cartable pour être sûre de faire des choses de grande quand elle sera à l'école. C'est pas de moi qu'elle tient ça, tiens.

samedi 1 septembre 2012

Jésus, Marie, Joseph...

Alors l'internet était en panne chez moi. Ça m'arrive rarement, mais ça arrive parfois. Après moult manipes ésotériques, j'ai réussi à remettre tout en route, quoique de façon vacillante. Et là, pouf, mail de Fef, le scénariste de Métal Maniax. Ça fait quelques temps qu'il s'amuse à poster sur son blog des reprises improbables. Et parfois, il m'en envoie la primeur, car il sait que je suis un grand pervers amateur de ce genre de trucs, un fan de Light my Fire en Flamenco, de One Vision en techno nazie et autres Beat It en merengue cubain. Et là, bref, il m'a envoyé encore un truc lamentable dans le genre, du Metallica en celtique, et alors que normalement, je ne devrais même pas trop faire le con avec mon internet vacillant et qu'en plus j'ai du boulot, et fatalement, malgré tout, j'ai fourbi une riposte. Et puis, comme souvent dans ces cas-là, un clic sur un lien en entraine un autre, et on se retrouve... à aller plus loin, trop loin, éternellement, de nuages en marécages, de vent d'Espagne en pluie d'équateur, par delà le bord flou de la santé mentale, dans des contrées où il ne faudrait pas aller. En fait, là :




Et là, je crois que ça vaut le prix Shine on me pour l'année 2012. Au moins. C'est juste trop de choses dedans, trop de bonne volonté complètement dévoyée, trop de retour aux années 80, trop de kitcherie, trop de voix mélangeant le velours et la guimauve à parts égales (et la guimauve sur le velours, je vous raconte pas comment c'est dur à ravoir, à 40° en machine), trop d'effets de lumière à trente centimes d'euros, trop de bonheur, quoi.