lundi 31 octobre 2011

Graaaaaaaaah

Rheeeeeeuh

Ouais, j'essaie de faire des bruits de monstres parce que c'est Halloween. Et que j'ai vécu l'horreur, ce soir. Comme les gens ne bossaient pas beaucoup aujourd'hui, vu qu'il y avait pont, on m'a demandé de bosser en extérieur. Pour remplacer quelqu'un. Ça m'arrive de temps, ça me permet de me faire des ronds avec une vraie fiche de salaire ce qui parfois permet de rassurer (un peu) impôts, banques et autres organismes sociaux qui sinon, ne comprennent pas la situation d'un type qui touche des droits d'auteur sans faire la couverture des Inrocks. Et comme il se trouve que je n'ambitionne pas de faire un jour la couverture des Inrocks (la dernière fois que j'ai acheté ce canard, c'était pour un numéro spécial Kubrick sorti à l'occasion de la mort du Maître, c'est dire si c'est pas récent), il faut bien que je trouve un moyen de rassurer ces braves gens. Qui sinon me prennent pour un genre d'extraterrestre qui rentre pas dans les bonnes cases

Bref, je bossais. Et comme c'est Halloween, une collègue a eu l'idée sympathique d'amener des bonbons, pour le cas où des gamins déguisés passeraient (il en est passé, accompagnés de leur papa déguisé en.... Je pense qui si Don Diego de la Vega se prenait de l'envie de mettre un masque respiratoire de peintre pour repeindre la carrosserie de Tornado au pistolet, il aurait ressemblé approximativement à ça. ou alors c'était un déguisement de sorcière amatrice de paintball, peut-être, je ne sais pas. et pour le repos de mon âme, je crois que je préfère ne pas savoir). Et cette collègue a, involontairement, eu une idée géniale. Tout bonnement le truc qui fait totalement mouche de façon accidentelle. Un peu comme si Gilbert Montagné butait accidentellement Claude Guéant lors d'une démonstration de l'innocuité du flashball, le genre truc totalement fou mais qui fait halluciner dans son concept et fait remercier le ciel même à des athées. Elle s'était dit, je pense "je vais prendre des bonbons sans sucre pour éviter que ces petits anges se niquent les dents". Et elle a amené un bidule totalement improbable, dont je ne savais même pas que ça existait. Je ne croyais même pas que ça pouvait exister.

Le chamallow sans sucre. Je crois qu'on peut difficilement faire plus concept que ça. à moins qu'un psychopathe n'invente un jour la vodka sans alcool (que ce soit bien clair, le type qui fait ça, je le livre en pâture à des varans de Komodo, rien que pour le principe). Et bien entendu, et c'est ça qui est génial, dans l'idée d'offrir ça pour Halloween, c'est totalement affreux. Incroyablement dégueulasse. J'ai même eu du mal à y croire sur le moment. Un truc de fou, ce machin. Le chef produit a dû être exécuté pour ça, je pense. Et la balle facturée à sa famille. Au moins. Ou alors lui aussi, les varans aveugles qui chantent armés de flashball, je sais pas. Faut ça. Ou un truc du genre. Sinon c'est qu'il n'y a pas de justice en ce bas monde et que vivement 2012 qu'on arrête un peu les conneries (pas Mai 2012, hein, que ce soit le Nain ou l'Autre Pays du Fromage, je ne sais pas si ça changera grand-chose à la capacité de l'industrie alimentaire de repousser les limites de l'indicible, non, je parle bien de Décembre 2012 et ça me rappelle que j'ai promis un bouquin sur l'Apocalypse à un éditeur, à sortir juste avant parce que sinon c'est pas drôle).

Le chamallow sans sucre, c'est un peu à la gastronomie ce que Marc Levy est à la littérature, pour essayer de situer. Ou David Guetta* à la musique. Ou Lady Gaga à l'élégance discrète. Ou DSK à la galanterie raffinée. C'est peut-être une forme de rappel Yin-Yang, une façon de me rappeler que pour qu'existe ce zénith qu'est le bacon-cheeseburger de l'Irlandais du coin de l'avenue (une pure tuerie intergalactique, ce machin, et ça cale vraiment pour l'après-midi, bon ça doit valoir 6 ou 7 fois le prix du cheeseburger de Mc'Do, mais le différentiel est incroyablement justifié, et quand on le fait passer avec une bière du cru, c'est juste win the yes), il faut un truc qui soit le nadir absolu.

Le chamallow sans sucre est parfaitement adapté à Halloween. C'est une horreur.

"Le premier qui m'offre ça, je lui pète les genoux. Et le deuxième aussi." (Boris)




*Tiens, ce qui est génial, de nos jours, c'est qu'il y a des gens, ils n'ont même pas besoin d'ouvrir la bouche, il suffit de voir leur coupe de cheveux, leurs pantalons ou leurs lunettes de soleil qu'ils ont tout le temps à la main même par temps bouché pour savoir qu'ils AIMENT ce que fait David Guetta. C'est très bien, d'ailleurs, qu'ils soient si facilement identifiables, ça évite de risquer de les confondre avec des vraies personnes.

vendredi 28 octobre 2011

Vieilles marmites et jet-packs dans ta face

Avec un peu de retard, j'ai enfin pu me régaler de la réédition française de Rocketeer, chez Delcourt. Ça faisait très longtemps que j'attendais ça. Oh, j'avais la vénérable édition en Comics USA, plutôt bien fichue, mais elle ne couvrait que le début de la série, et elle faisait son âge. En plus, j'avais jamais chopé le deuxième tome.

Là, on a une intégrale, aux couleurs refaites, mais magistralement refaites, c'est respectueux de l'ambiance de l'original, et aussi de la plastique et de la rondeur du dessin de Dave Stevens, c'est juste somptueux. L'histoire, on la connait, c'est un aviateur qui court après un clone de Betty Page, et qui se fait lui-même courir après par des Nazis/agents du FBI/méchants. C'est complètement couillon, mais parfaitement jouissif, et surtout c'est joli comme tout, Dave Stevens était un grand.

Et puis il y a le point qui n'énerve. La traduction. Parce que, et je vais nommer mon collègue, je vais dénoncer sans aucune vergogne mon petit camarade, ce sale petit enfoiré, là, il m'a énervé. C'est Jay Wicky qui s'y est collé, et il prouve une nouvelle fois que sur du matériel connoté d'époque, sur du vintage référenciel, il est le King. Ça coule tout seul, c'est inventif, ça a la saveur et l'odeur d'un vieux film, y a pas une faute de goût, c'est juste du tout bon. Moi qui suis un peu ramenard sur la qualité de mon propre travail, moi qui ne me prends pas pour de la merde, eh bien Jay vient de me mettre un sacré vent. Sa traduction est juste nickel. Juste juste. Juste imparable. Un casting parfait. Il a juste assuré comme une bête.

Ça m'énerve. Oh que ça m'énerve.

Méchant, Jay, méchant. Je te ferai les gros yeux la prochaine fois qu'on se verra. T'es le boss, mec.


L'objet du délit. C'est bon, mangez-en.

jeudi 27 octobre 2011

Juste une mise au point, par souci d'urbanité

Alors au fil de questions qui reviennent, et maintenant qu'il y a des communiqués officiels, je peux donc le dire à présent : oui, je fais partie de l'équipe de traducteurs réunie par Urban Comics, le label du groupe Média Participations qui reprend l'édition des DC Comics en France à partir de 2012.

Il y a de beaux livres qui se préparent, c'est clair. L'équipe éditoriale, ce sont des gens qui aiment le comics. Qui ont envie de faire quelque chose de durable, de solide, avec de chouettes bouquins. Les premières annonces donnent un avant goût de leur démarche, je pense, permettant d'assurer la continuité, mais aussi de revenir sur l'imposant patrimoine DC. Pour un peu, j'ai l'impression de me retrouver dans ce bouillonnement qu'il y avait chez Semic au moment où on lançait les Semic Books, ou on tentait Birds of Prey et Génération DC. Que de souvenirs. Il y a un peu la même énergie. La différence, c'est que leur hiérarchie à l'air de soutenir le truc. Et c'est une différence de taille par rapport à ce qui s'était passé à l'époque.

En tout cas, je suis très content, et assez fier, même, de participer à cette nouvelle aventure, et qui plus est avec des gens que j'apprécie.

Et donc, corollaire implacable autant qu'évident, je serai probablement amené à traduire du Superman en version déslipée (c'est Laurent Queyssi qui a mis la main sur les chouettes épisodes de Joe Casey qui sortent prochainement et qui sont du Superman ancienne manière, avec slip) (je suis fou de jalousie). Alors, à tous ceux qui seraient tentés de me demander ce que j'ai fait de mon intégrité, je leur répondrai qu'en acceptant de traduire du Superman privé de son slip rouge, j'infiltre le système. Je me positionne à l'intérieur. C'est de l'entrisme (bon, parler d'entrisme dans une histoire de slip, j'admets que ce n'est pas forcément très heureux) dans la plus pure tradition trotsko-lambertiste, dans la plus pure tradition rouge, tout se recoupe.

Voilà voilà voilà.

dimanche 23 octobre 2011

Nénés de singe

Un des informateurs habituels de la War Zone (un traducteur que je ne nommerai pas pour respecter sa pudeur naturelle) m'a fait parvenir ce document accablant :


Il prouve sans rémission qu'avant même de se laisser ôter son slip par son éditeur (voir la War Zone du 3 Octobre dernier) Wonder Woman se laissait tripoter par des singes. Et pas juste des singes, hein, des singes Nazis ! 

L'animal aux mains baladeuses semble bien parti pour démonter notre héroïne.

Cela prouve que le mal remonte à bien plus longtemps que ce qu'on craignait. Le déslipage des héros et les singes nazis sont une menace pour notre société ! Nous devons relever la tête et lutter de toute la force de nos front marmoréens pour contrer l'odieux péril national-simiesques !

samedi 22 octobre 2011

Ce n'est que justice, après tout

Un certain nombre de facteurs font que je ne suis pas critique musical. Au premier rang desquels une certaine distance goguenarde envers les poses et les postures des musicos. Et au second rang desquels le fait que plus le temps passe, plus ce qui sort m'emmerde. C'est bien le problème : ça m'agacerait, encore, ça prouverait que ça me touche à un niveau quelconque. Alors que la plupart du temps, même pas, ça distille juste de l'ennui. Si, il y en a un qui m'agace, remarquez, et c'est Christophe Mahé. Il réussit à imiter le style vocal pleurnichard des pisseuses de RnB, et on a juste envie de lui coller des baffes pour qu'il ait au moins une vraie raison de pleurer. Bref. Ce qui se fait en musique dans ce pays, je ne sais pas à qui ça parle, mais en tout cas pas à moi. Et comme je suis un garçon fondamentalement honnête, contrairement à ce que vous pourriez croire, je me vois mal parler sérieusement de musique. Depuis le temps que je n'écoute que des vieux trucs, ce qui se fait maintenant, je n'y connais plus rien.

Mais, par moments, il m'arrive d'être pris de remords, de me dire "c'est juste que je vire vieux con, il faut que voie ce qui se passe, sous peine de m'encroûter et tout". Et donc, de lire une critique d'un album récent, de faire semblant de m'intéresser. Ce qui m'amène à un autre truc curieux qui m'éloigne de la critique musicale. Quand je lis des critiques, en général, il ne faut surtout pas que j'écoute ensuite les disques dont elles parlaient. Ça me rend dingue. En général, le critique musical vous fait plein de comparaisons, convoque plein de belles idées, vous donne l'impression d'une immense profondeur dans l'objet de son étude... Et quand j'écoute le disque, je n'y retrouve en général rien de ce que j'ai lu. C'est quasi immanquable (à part en général avec les critiques de musique classique, mais ceux-là sont souvent de vrais journalistes, ils sont factuels, alors que les autres critiques musicaux, j'en viens à me demander s'ils ne sont pas formés au même endroit que les commentateurs sportifs), il y a un décalage absolu, irréconciliable, un gouffre, entre ce que dit le critique, et la réalité de la musique.

C'est ce qui vient de m'arriver en me connectant au site d'un quotidien français de référence. Il présentait en écoute gratuite le nouvel album de Justice, duo français electro qui avait eu sa petite notoriété, il y a quelque temps de ça, grâce à de savantes provocations ciblées, de l'utilisation d'une imagerie néo-chrétienne risible à un clip "ultraviolent" dont l'interdiction elle-même a été parfaitement mise en scène.

On a souvent essayé de me vendre la French Touch en me vantant son second degré. Dans la plupart des cas, il m'a semblé être au mieux inexistant, au pire complètement artificiel, juste un moyen de se dédouaner d'un manque crasse d'imagination camouflé sous des effets pompiers. Le sampling est par essence une machine à citer, mais un dictionnaire de citations ne devient une œuvre que si on triche avec (voir les pages roses du dico de Desproges, qui pour le coup étaient géniales), il ne suffit pas de prétendre détourner pour détourner de façon effective, sinon c'est comme des terroristes détournant vers Cuba le vol Paris-La Havanne de 12h47. Ou alors, il faut que la citation ne soit qu'une propriété émergente a posteriori, comme ce mythique sample par les Young Gods d'un train qui freinait en gare de Zurich et qui, par la grâce de bidouilles diverses (passé à l'envers hyper lentement) devenait un clin d'œil aux ambiances du Meddle des Pink Floyd.

Bref.

Figurez-vous que, du coup, je l'ai écouté, le nouveau Justice. Il aurait dû avoir tout pour me plaire, c'était quasiment que de la citation de rock progressif des années 70 mis à la sauce electro. Ce même rock progressif que j'ai toujours apprécié, et dont ça fait quarante ans qu'il est de bon ton de se moquer dans les milieux branchés. Sauf que c'est comme si Sexion d'Assaut citait du Racine dans le texte, normalement au bout de deux lignes on a vingt fautes d'orthographes et quatre contresens. Et là, c'est un peu pareil. Je ne sais pas si ces contre-temps systématiques sont délibérés ou juste maladroit, mais ils n'arrivent qu'à châtrer d'emblée l'espèce d'ampleur qui était une des marques du rock progressif (l'autre étant son inventivité, mais il faudra expliquer à certains de nos jeunes artistes que c'est rarement une bonne idée de tenter d'imiter l'inventivité de quelqu'un d'autre, par principe). Du coup, ce qui aurait pu passer pour une tentative de réhabilitation d'un genre moqué ressemble plus à une parodie maladroite, à un pillage pataud, à un réemballage foireux. Grosso modo, ça applique au rock progressif des années 70-75 ce que Daft Punk avait tenté de faire avec le Funk. Avec la même tonitruante absence de résultat probant, la même impression de vide conceptuel, la même mollesse fondamentale planquée sous le concours de beat.

Et qu'en dit le chroniqueur du Monde , employé rémunéré d'un quotidien national de référence ? "Un peu, mais pas seulement. Audio, video, disco est une mutation habile, une transition inespérée entre le Justice d'hier et celui de demain, un duo désormais plus porté sur la disco qui montre les crocs. Histoire de jeter aux oubliettes les habits d'une French Touch fossilisée et tendre vers quelque chose de nouveau."


Et là, on se dit qu'en fait, la crise de la presse et la crise du disque, elles sont méritées toutes les deux.

vendredi 21 octobre 2011

De retour parmi les vivants

Bon, j'ai pu aller à ma réunion mercredi en me bourrant de médicaments, mais je l'ai payé le lendemain en me prenant au double la fièvre, les étourdissements, inflammations oropharyngées et autre trucs pas cools que j'avais réussi à tenir à distance. Le jeudi, j'étais inexistant. Aujourd'hui, j'ai réussi à aligner près de cinq heures de fonctionnement normal, entrecoupées d'autant de temps de sommeil/me tordre de douleur/implorer la mort, pas forcément dans cet ordre.

Dans mes moments de veille, j'ai réussi à bosser un peu, aussi, sur un scénar dont je suis pas sûr d'avoir le droit de parler, et sur une trad qui sinon serait sérieusement en retard. Il le fallait. Les gens comme moi n'ont pas droit aux congés payés, alors on risque pas de toucher des arrêts maladie.

Je note que, pendant mon absence, le monde a gagné un Sarkozy et perdu un Kadhafi, c'est ce qu'on appelle le Karma. Et que Guéant a tempêté car il était incroyable qu'on refuse au superflic de la police politique la présomption d'innocence qu'il avait lui-même refusée au superflic des stups. Dans la série des poids et mesures, j'imagine qu'il y a un deuxième pavillon de Breteuil tout exprès réservé à M. Guéant. Pendant ce temps, à l'époque de l'internet et de la télé, une maire croit qu'on peut empêcher l'accès à l'information en bloquant l'accès à certains journaux sur sa commune.


Bref. Comme tout ceci est somme toute bien morose, je préfère me concentrer plutôt sur des trucs qui font rêver, comme ces expériences sur la supraconductivité, et la lévitation quantique. C'est du lourd, si j'ose dire :


mardi 18 octobre 2011

Corbacks franchouilles

Quand j'étais minot et que j'étais malade, j'avais toujours un petit cadeau pour égayer les journées passées claquemuré dans ma chambre. C'était généralement un bouquin, une bd, une maquette quelconque. C'était sympa. J'aimais bien.

Et là, j'ai passé l'essentiel de ma journée au fond de mon lit, avec 40 de fièvre. J'ai tenté de faire de la traduction sur un ordinateur portable, j'ai lâché l'affaire au bout d'une heure et deux pages.

Et puis le facteur est venu toquer à la porte....

Et j'ai eu une BD, comme quand j'étais petit. L'ami Munaro m'a envoyé le dernier French Crow, dans lequel il réalise un segment. C'est ultra sympa, et en plus, ça m'a fait plaisir pour une raison toute bête : le retour d'une vieille tradition oubliée.

Merci, l'ami !

lundi 17 octobre 2011

Monday night fever

Bon, ça couvait depuis deux ou trois jours, mais j'ai bien l'impression que j'ai la grippe ou un truc qui y ressemble diablement. C'est encore la faute à Miss Piggy, là. Celle qui achetait des vaccins en gros sur la note du pays.

Et bien entendu, demain et après demain, j'ai des rendez-vous en extérieur que je ne peux pas reporter, c'est génial. Et, tant qu'à faire, du boulot à finir avant, en prévision desdits rendez-vous. C'est génial. Bon, comme un des boulots comportait des scènes avec des mecs qui ont la malaria, on va dire que j'étais dans le groove. Mais bon, je tape un caractère toutes les 5 à 7 secondes, c'est navrant. Ça me laisse le temps de contrôler l'orthographe du truc en même temps, vous me direz. Et de me relire. Po.... Sé... Ment....

Greuh.

Je vais retourner me faire une tisane à l'Advil, moi.

dimanche 16 octobre 2011

Dissonance cognitive



En fait, je crois que le concept de “panty shot de R2-D2” me met très mal à l’aise.

Oh, et en faisant du tri dans de vieux mails, je suis tombé sur cet envoi d'un collègue traducteur :

"Je viens de passer une minute à chercher quelle faute j'avais fait à
"imbranlable" pour que le correcteur word me le souligne en rouge,
avant de réaliser que je voulais écrire "inébranlable".

Ah au fait, connaissiez-vous le mot "manustupration"?

C'est stupréfiant.

Purée, je ferais bien une sieste."

On fait un boulot épuisant, les gens ne se rendent pas compte.

samedi 15 octobre 2011

Fossé des générations

Quand mon fils m'a demandé quel était mon pronostic pour le match France-Galles, je lui ai répondu "poupée de son".


Ça ne l'a pas fait marrer.


J'aurais peut-être dû dire "Sucettes à l'Anis", je sais pas.

vendredi 14 octobre 2011

All Work and No Play

Ce qui est terrible, c'est que cette semaine, le moment de détente pendant lequel je ne bossais pas, ça a été le moment où j'ai sorti le marteau piqueur pour faire des trous dans un mur. C'était reposant. Ça me vrillait juste les oreilles, alors que le reste de la semaine a été passé à balayer du regard l'espace entre les comics que je traduisais et l'écran sur lequel s'affichait la traduction que j'étais en train de taper, et retour.

J'ai les yeux explosés.

Ce qui ne m'empêche pas de lire, se soir, pour les reposer, forcément.

Au menu de ces derniers jours, le Mainstream : Enquête sur la guerre globale de la culture et des médias, de Frédéric Martel, un énorme reportage aux quatre coins de la sphère médiatico-culturelle mondiale. Comment on fabrique du spectacle destiné à se vendre dans le monde entier, ou dans des régions balkanisées. Et comment couve la guerre de la culture. Un superbe éclairage, indispensable.

La ville au bord du temps, de Thomas Monteleone, est un vieux bouquin de SF, déniché par hasard dans une brocante. C'est une fresque énorme, à coups de nouvelles déprimantes, d'un avenir de plus en plus mécaniste, d'une socialisation de plus en plus instrumentalisée, d'un utilitarisme poussé à son paroxisme. Horrible et toujours d'actualité. Je le recommande vivement. Et ça se refuse explicitement à trancher entre Thoreau et Batman, ce qui est un plus.

Et puis je me relis Destination : Vide : Le Programme Conscience, de papa Herbert, un roman ardu et assez théorique, mais fascinant, aussi, brassant de très jolis concepts.

Ah, et j'ai enfin vu Thor, le film. Il serait temps, vu que ça fait bien six mois qu'on m'a interviewé à son sujet. Très distrayant, mais quand même gentiment couillon. Avec de très belles trouvailles visuelles, ceci dit.

Voilà. Bon, au menu du week-end, moins de trad, plus de scénar en retard. Wul.

mercredi 12 octobre 2011

Pas de sot métier

Dans mon rêve de cette nuit, j'étais planton à bord d'une navette spatiale, préposé à l'entretien, factotum, indispensable cinquième roue du carrosse, quoi.

La séquence de décollage prenait un temps fou, suite à des problèmes techniques divers et des aléas météo. Du coup, en attendant, je m'étais relevé, et je faisais le ménage, je mettais de l'ordre, je vérifiais que tout fonctionnait correctement. Comme l'heure tournait, j'avais mis la table, aussi, pour que les cosmonautes puissent manger, mais le capitaine avait fait la gueule, en disant qu'après le décollage, la table allait se retrouver dans l'autre sens et que ce serait le bordel, malgré les velcro sous les assiettes.

En plus, il n'était pas partisan de manger avant le décollage. J'avais préparé un couscous au piment et il avait peur de vomir dans son casque après. Je l'ai envoyé se faire foutre et je suis ressorti de la navette pour aller chercher des bouteilles d'oxygène supplémentaires et quelques DVD, parce qu'il restait de la place et qu'il faut bien occuper l'équipage.

Bien entendu, on était à table quand la radio a crachoté "bon les gars, c'est réglé, on décolle dans dix minutes". Pas le temps de débarrasser, tout le monde file à son poste, et moi j'essaie de sécuriser un peu tout en chemin, en me disant, avec les trépidations du décollage, je vais retrouver du couscous partout dans le mess, ça va être le bordel quand on sera en apesanteur. Mais c'était trop tard, j'ai avalé une dernière bouchée en me disant que ce serait déjà ça de moins à ramasser. Et je suis allé me sangler dans mon fauteuil, qui n'était pas à ma taille, les salauds de techniciens nazis de la NASA m'avaient encore joué un vilain tour à leur façon.

Et puis il y a eu le compte à rebours.

Et à 3, je me suis réveillé.

lundi 10 octobre 2011

Les instants de solitude


Bon sang de bois, alors que j'ai 80 pages d'une traduction de XXXX* par XXXX** à relire et corriger, mon pot à café a été mis à laver !

à laver, nom de Dieu !

Sous prétexte qu'il était "dégueulasse" !!!!!

Mais c'est un pot à café, quoi, merde ! S'il était propre, ce ne serait plus un pot à café. Le pot à café qu'on remplit au fil de la journée pour s'en servir de carburant à boulot, bien sûr qu'il est cradouille, c'est dans sa nature, c'est comme si on reprochait, je sais pas, moi, à un politicien d'être de mauvaise foi, ça n'a aucun sens !

On n'est pas aidé.

En plus ils repassaient 100.000 Dollars au Soleil à la télé, et je peux même pas regarder ça, parce que mon éditeur a remis deux thunes dans le bastringue, et que du boulot, du coup, y en a pour des heures.

20 minutes avant la fin du cycle de lavage de la machine bruyante qui a avalé mon pot à café... Pot à café qui en sortira propre comme un sous neuf, mais sera à nouveau "dégueulasse" dans les dix minutes, dès qu'il aura resservi.

Mais pourquoi j'ai arrêté la clope, merde, si je peux même pas me siffler un petit café (bon, dans mon pot qui fait au bas mot un quart de litre) à dix heures du soir quand j'ai du taf ??????




*Il y a des grandes manœuvres éditoriales en ce moment, et je ne sais pas si j'ai le droit de dire ce que je traduis cette semaine. Plus d'infos bientôt.

** Voir *

vendredi 7 octobre 2011

Sean aucune vergogne !

C'est un grand jour pour la cause du Slip Rouge ! Alors que DC Comics refuse toujours de rendre à Superman le plus indispensable de ses ustensiles vestimentaires, c'est un soutien de poids qui vient de se révéler :

Sean Connery, l'homme qui fut James Bond et le papa d'Indiana Jones, celui qui désinguait des malfrats spatiaux comme qui rigole et au mépris de la pesanteur dans Outland, celui qui cachetonnait dans le Robin des Bois de Kevin Costner et le Chapeau Melon avec Voldemort, celui qui... On va peut-être s'arrêter là. Sean, quoi.

Bref. Sean sort de sa retraite pour défendre une sainte cause :

"De toute façon, j'étais plus
à une Connery près"


Merci, m'sieur Sean. C'est beau, de payer de votre personne comme ça.

jeudi 6 octobre 2011

Violation du secret de la correspondance privée

De temps en temps, ça me prend comme ça, je fais du tri dans mes mails. Faut dire que comme je suis laxiste et que je ne fais le tri que quand ça me prend, c'est à dire pas souvent, que j'ai le même compte depuis des lustres, et qu'avec les collègues du Trad Pack, on a une mailing list secrète qui permet de parler boutique, pluie et beau temps et autres sujets indispensables, la boite mail, elle a démesurément enflé.

J'ai pété les 30.000 mails dernièrement. Ça prend un temps fou à charger, du coup, cette connerie. Donc du coup, je trie. J'en ai viré au moins 70 depuis hier. En fait, j'en ai probablement viré plus, mais il en est encore arrivé plein dans l'intervalle. C'est un peu danaïdesque, cette affaire.

Et bien sûr, en mettant le nez dans tout ce bordel, je tombe sur des considérations intéressantes émises par des collègues, comme le mystérieux J.W. que je ne nommerai pas pour respecter son anonymat, vu que comme il écrivait les aventures de Mickey, dans le temps, il a quand même un standing à tenir. Mais gâcher ces perles de sagesse, ce serait mal. Il faut balancer ça à la postérité pour que ça se retrouve dans un dictionnaire de citations de l'an 2000 2100 dont nos gouvernants du futur se serviront pour émailler leurs discours en se donnait l'air vaguement intelligents.

Bref.


"Moi je dis qu'on en a *pas fait assez* pour la *baiser*, cette salope
de Mère Nature. En fait il aurait fallu la faire *jouir* un bon coup,
et les problèmes de pollution nanani, ce serait réglé.

Putain, on est en 2010, et on a ni la voiture volante, ni l'esclave
sexuelle robote remboursée par la sécurité sociale, ni l'éradication
définitive de l'hiver. A la place on a les montres à écran de la Force
G, mais sans bracelet, et des jeux vidéos qui nous font danser comme
des cons.

On s'est plantés quelque part, là maintenant c'est sûr. Reste à savoir
exactement où, pour mettre toutes nos ressources (et donc, tous
mourir, mais c'est un détail) dans la recherche pour siphonner
l'énergie de tout l'univers et créer une machine à remonter le temps
pour changer le moment où ça a coincé.

Bon, je pense que je vais présenter ma candidature à la présidence du
monde sur ce programme. Qui me suit ?"



Voilà. Il fallait effectivement que ces choses soient dites.

Ah, et puis j'ai retrouvé ça, aussi, on parlait de petit dèj' et de clope du matin :




"Le croissant le matin, je peux pas. Faut se lever, aller parler à des
gens, dès le matin... pfff...

Alors c'est galettes de riz soufflé Biorg.

Avec du pâté. Non, je déconne."





Et sinon, dans la série on a les amis qu'on mérite, Boston Justice m'a envoyé ça hier :


lundi 3 octobre 2011

Crénom, mais c'est un complot !

Bon, vu que mes attributions professionnelles me conduisent à me pencher de beaucoup plus près sur les titres publiés outre-Atlantique par DC Comics ces dernières années, me voici en train de rattraper une partie de mon retard en la matière (la période post Final Crisis et toute la cavalcade Blackest Night m'ont complètement échappé, et me sont à quelques exceptions près légèrement tombés des mains quand j'ai tenté le coup). En ouvrant ce volumineux dossier, je viens de découvrir que le déslipage de Superman, contre lequel je m'élevai avec véhémence encore récemment, n'était pas un cas isolé, mais avait de plus été préparé par deux autres déshabillages de super-héros notoires, rien moins que Robin qui perd son slip vert et Wonder Woman sa culotte étoilée.

Nos valeurs s'effondrent graduellement. La preuve en images :

Des documents accablants

Voilà. Maintenant nous en avons la preuve : l'affaire du slip rouge n'est pas isolée. Il y a chez DC Comics un serial killer de slips. ET LE FBI NE FAIT RIEN, PUTAIN ! QUE DALLE !

Ah, ça m'énerve, tiens.


**S'en va en ronchonnant et en claquant la porte**

dimanche 2 octobre 2011

Complètement au taquet

Vous l'aurez probablement remarqué, je n'ai pas gratifié ce blog de nouvelles vaticinations, annonces tonitruante ou autres dissertations aberrantes sur des sujets absurdes. Il y a à cela plusieurs raisons, la moindre desquelles n'étant pas le boulot, en vertu du principe selon lequel "all work and no play makes Jack a dull boy" (contactez M. Jack Torrence pour vous expliquer la chose. il connait bien). Ce n'est pas qu'un gros boulot me soit tombé dessus du coup (quoi qu'il y ait ça aussi), mais c'est cumulatif : aux boulots déjà commencé s'additionnent d'autres trucs, les uns derrière les autres. Alors on commence à jongler, à hiérarchiser les priorités, à voir les trucs déraper, et on se retrouve à être genre aux 35 heures, mais par jour.

Forcément, ça assèche un peu la capacité à communiquer. (insérer ici l'image d'un Nikolavitch en mode wookie, retranché dans son bunker) D'autant que sur certains boulots, j'attends que l'éditeur fasse les premières communications. (sur d'autres boulots, j'ai fait les tests, et puis refusé le truc, je préfère laisser d'autres gens que moi se planter sur des bouquins complètement suicidaires).

En dehors de ça, j'ai reçu l'édition allemande de Spawn : Architects of Fear, qui présente en deuxième partie une traduction de Simonie, ce qui fait bien plaisir. La petite bio qui accompagne la chose mentionne au passage Crusades, ce qui est logique vu que c'est une actu outre-Rhin, mais aussi Tengu-Do et et Central Zéro, deux trucs qui n'ont pas eu à ma connaissance les honneurs d'une teutonique traduction. Mais qui continuent d'exister, quelque part, dans des espèces de limbes éditoriales...