samedi 31 décembre 2011

Bon, tel que c'est parti, 2011 ne passera pas l'hiver non plus

Alors que l'année s'achève dans les frimas et les crise de foie qui couvent, j'en profite pour vous glisser, comme ça, un petit bout de Crusades, extrait du tome 3 à sortir, tel que c'est parti, en février prochain. Comme d'habitude, c'est signé moi, Izu et Zhang Xiaoyou, et c'est aux Humanos, vous pourrez pas dire qu'on vous aura pas prévenu.


Voilà. Après, c'est l'occasion de souhaiter une bonne année 2012, dans le désordre, à tous les maniaques de la fin du monde, à tous les ministres de droite qu'on espère au chômage en mai, à Kim Jong-Trois qui a quand même un nom difficile à porter, aux chirurgiens qui implantaient des prothèses PIP pour faire dans le discount mammaire, on souhaite bien sûr une bonne à nez à DSK, bon téléchargement au type du ministère de la Culture qui s'est fait gauler sur un site torrent à ramasser du David Guetta et du Justin Bieber, et c'est là qu'on comprend aussi pourquoi tout va mal, si c'est ça la Culture des gens qui nous gouvernent, on souhaite de ne pas trop crever de faim à tous les gens qui seront fauchés par la crise d'ici la fin du monde, et puis bonne année aussi à mes éditeurs qui attendent de pied ferme mes boulots en retard. C'est à leur santé que je vais me resservir un petit Muscat, tiens.

Et puis bonne année à vous aussi, chers lecteurs et parfois amis, voire lecteurs et gens que je ne connais pas (il y en a aussi), et à tous les amis et non lecteurs, à la famille, aux gens sympathiques que je connais, et aux gens sympathiques que je ne connais pas, sait-on jamais, tiens, il est vraiment bon, ce Muscat, je vais m'en servir encore une lampée, allez.

Non, sérieux, c'était assez nul, 2011, vivement 2012, qu'on voit à quelle sauce on va être mangés, cette fois-ci.

jeudi 29 décembre 2011

Bonne ambiance de fête

Histoire de rester dans un style guilleret, je vous fais tourner ce magnifique document qui m'a été ramené par mes agents en Estonie ;


Voilà, je pense que ça résume assez bien 6000 ans de spéculations théologico psychopompeuses, et ça réussit même à convoquer de loin l'image de ce bon vieil Anubis, qui n'en demandait sans doute pas tant.

mardi 27 décembre 2011

Ergonomie monumentale

Dans mon rêve de cette nuit, nous étions allés pique-niquer sur les hauteurs vers Saint Cloud, parce qu'on n'y avait une bonne vue de Paris. Et c'était le jour où il fallait faire ça, celui du Pliage de la Tour Eiffel. En effet, dans le cadre du Grand Paris, les édiles avaient décidé de déménager la Tour Eiffel. Et comme un démontage-remontage aurait pris trop de temps, il avait été décidé de la coucher sur le flanc et de la replier, de la mettre à plat. Une brochure avait été distribuée, expliquant avec force schémas comment la structure en croisillons de l'édifice permettait pas mal de fantaisies, notamment d'imbriquer les quatre grands pieds les uns dans les autres, ce qui permettait au tout d'être posé sur un wagon plate-forme spécialement dimensionné, et emmené sur les lieux de l'érection nouvelle. La grosse difficulté de l'affaire était bien sûr le passage du tunnel de Meudon, long et étroit, donc le pliage devait économiser au maximum l'espace.

Mais moi, la question que je me posais, c'était comment ils allaient se débrouiller pour mettre la Tour sur le flanc sans qu'elle se rompe. Je les voyais assembler de grosses grues, mais leurs formes étranges ne me renseignaient guère sur la façon de les mettre en oeuvre. Je compulsais les schémas de la plaquette explicative et je regardais à la jumelle le chantier, au loin, taraudé par cette lancinante question...

...Quand je me suis réveillé. En me demandant quels symboles étaient encore à l'oeuvre là-dedans.

dimanche 25 décembre 2011

Noël mammaire

Haro sur les pipelettes pipées à coups de prothèses Pip*. Alors de belles âmes s'insurgent que ces sacs de silicone aient été mis sur le marché, mais semblent faire l'impasse sur la conformité initiale du bazar : en fait, c'est en cours de route que le gérant a changé la formule pour foutre dedans des mastics de silicone un peu moins classe que le silicone à ropoplos normal. Beau phénomène, ce gérant, d'ailleurs : il est recherché par Interpol pour conduite en état d'ivresse. Il a au moins fallu qu'il picole comme un combo Depardieu/Borloo pour justifier ça, il devait être sacrément à la Mas au volant. Ou alors il a le même avocat que Julian "Couilles de Tonnerre" Assange. C'est possible aussi. En tout cas, encore un qui n'aura jamais le prix Nobel. ça aurait pourtant été sympa, j'aurais pu titrer "le père Nobel est une ordure".

Dans l'intervalle, c'est la panique dans les pays où l'on a massivement implanté ces prothèses, notamment en Amérique du Sud. Mais pas au Maghreb, mais peut-être est-ce parce que là-bas, c'est Silicone Voilé.

Hein ? Oui, bon, avec Noël, j'ai un peu picolé aussi, alors je raconte n'importe quoi. Mais au moins, je ne prends pas le volant, moi. Entre boire et conduire, j'ai choisi il y a bien longtemps.

Allez, joyeux Noël et beaux nénés à tous !



*Ce qui n'est pas le cas, parait-il, de Pipa Middleton.

lundi 19 décembre 2011

Bal tragique à Pyongyang : un mort

Tiens, dans la série plus c'est gros, mieux ça passe, le gouvernement veut contraindre la SNCF à la rigueur. Et dans l'article du Figaro expliquant cela, on nous expliquait doctement que le déficit cumulé de la SNCF et de Réseaux Ferrés de France dépassait les...

Mais....

Réseaux Ferrés de France, ça n'avait pas justement été créé pour séparer la compta ferroviaire entre le réseau (dont l'entretien est un gouffre) et l'exploitation ? Or, le plan annoncé par l'état (embauche hors statut, économies diverses) pèse essentiellement sur l'exploitation. On déshabille Jacques pour habiller Paul, en faisant croire qu'ils ont de toute façon une garde-robe commune, alors qu'elles ont été statutairement séparées. La belle arnaque, mais après tout, il n'y a rien de nouveau sous le Soleil.

Sauf que ces annonces arrivent au moment où l'on libéralise le transport des voyageurs.

Et les nouveaux opérateurs, ils mettent la main à la poche pour financer RFF, dont ils exploitent le réseau, ou pas ? C'est marrant, l'article que j'ai lu semblait ne pas se soucier du tout de cette question. Une omission involontaire, sans nul doute... Parce que le foutage de gueule caractérisé à ce point, c'est pas le genre de la maison, non non non ! D'ailleurs, ça ne s'appelle pas du foutage de gueule, mais de la propagande, confondons pas tout non plus.

Autre exemple, c'est la Corée du Nord où on essaie de nous faire croire que le nouveau patron est Kim Jong Un, alors que tout le monde sait que c'est Kim Jong Trois, le fils de Kim Jong Deux, pardon, Kim Jong II. Comme quoi, c'est l'autre qui avait raison : les chiffres, on leur fait dire ce qu'on veut.

dimanche 18 décembre 2011

Nouvelles DC et d'ailleurs

Ceux d'entre vous qui ont épluché le programme d'Angoulème 2012 auront peut-être repéré que le samedi  27 janvier à 17 heures, je donnerai une conférence sur l'historique des DC Comics, des origines à nos jours, et donc sur Superman, Batman et consorts. Ça tombe bien, puisque ça coïncidera avec la reprise en France des comics DC par les éditions Urban Comics, dont le programme est fort alléchant (et m'occupe pas mal vu que je traduis pour eux).

Donc voilà, à vos agendas. Tout ça aura lieu au Conservatoire Gabriel Fauré, place Henry Dunant à Angoulème. Et on en reparlera d'ici là.

(et faut que je les boucle, quand même, le plan et le texte de cette conférence)

samedi 17 décembre 2011

Clémentine à ressort

Je vous avais promis il y a quelques temps de ça de vous exposer mes vues en matière de terrorisme mémétique, l'art de créer de subtiles dissonances cognitives qui s'avèrent dérangeantes. Et, comme l'exemple est encore la meilleure école, j'ai décidé de le faire en étudiant les grands maîtres du passé.

Ceux que ce sujet intéressent peuvent donc aller , lire le petit article que j'ai posté sur Superpouvoir.com, site de référence auquel il m'arrive encore, de temps à autres, de collaborer.

Photobucket
C'est trop de la balle, je vous dis !



Edit : Vu que Superpouvoir a connu quelques accidents dernièrement, l'article n'y est plus dispo. Je l'ai donc reposté ici.

vendredi 16 décembre 2011

Il faut protéger nos enfants !!!!

Là, c'est bientôt Noël. Et donc, pouf, les pubs de jouets partout, les gens qui cherchent LE truc que veulent leurs mômes cette années, etc.

Et, en discutant avec des collègues, j'ai découvert LA série de jouets de l'année. Les mômes d'une collègue la tannent pour des Zu-Zu Trucs, ou Rhoo-Rhoo Pets, je ne sais plus le nom, mais un truc du genre. En tout cas, c'est un improbable machin à base de hamsters en peluche* à roulette et à moteur et, à force de ne pas regarder la télé, j'étais passé à côté des pubs sur le sujet. Et bien entendu, ces hamsters existent en plein de modèles (bébés, avec des coupes de cheveux eighties de la mort, en jupe écossaise dont on ne sait si c'est une écolière japonaise ou un highlander bourru, il y a le hamster cowboy et le hamster plongeur, celui en ciré breton et celui en ski, ceux avec des symboles divers sur la fourrure, comme une spirale, un cœur, un papillon ou l'étoile de l'US Army, et puis il y a les accessoires, conçus pour toucher aussi bien les garçons que les filles, parce que ces licences de jouets ont le gros défaut d'être souvent sexuées, et que y en a marre, qu'il en faut une, à présent, qui puisse toucher TOUTES les catégories de mômes sans exception, avec une stratégie du rouleau compresseur qui ratisse large. Et là, on touche au sublime, parce qu'en plus des voitures et autres véhicules pour hamsters, il y a le burger drive-in, le salon de coiffure, l'armure ninja, l'hélicoptère de police, la pizzeria AVEC la mobylette du livreur,  les méca walkers, les circuits de course, les arènes de combat, la nursery et les pièces de labyrinthes transparents qui se raccordent entre elles et aux bâtiments. Le truc totalement oecuménique ! Les mecs ont inventé un univers de jouets dans lequel un hamster ninja peut piquer la mobe du livreur de pizza pour déposer bébé chez l'esthéticienne.

Rien que le concept du hamster ninja, ça me terrorise, ça me donne envie de me resservir un truc fort distillé dans sa baignoire par un vieillard sénile qui défend sa ferme croulante avec le manufrance chargé à la chevrotine pour sanglier, et de m'en resservir encore un autre derrière, et puis un autre encore. **insérez ici le bruit d'un Nikolavitch qui se chie dessus**

Des hamsters ninjas à roulettes. Voilà les jouets qui font rêver les enfants de nos jours. (et j'ai, pour le coup, un bol incroyable : mes enfants sont soit trop grands, soit vraiment trop petit pour avoir accroché au truc, ils ne m'en ont même pas parlé et ont réclamé des trucs qui n'étaient pas particulièrement aberrants pour leur Noël) et d'un coup, je me dis que les Barbie Greluche et Action-Joe Para sur Kolwezi de mon enfance étaient des jouets assez anodins, finalement.


*D'après le site officiel que j'ai été consulter, l'avantage du hamster en peluche sur le vrai hamster, c'est qu'il ne fait pas ses besoins partout, ne sent pas mauvais et ne meurt pas. Je suis ravi de l'apprendre.

jeudi 15 décembre 2011

Psycho translator party

Ouéééé, j'ai quasiment fini la trad du tome 2 de l'Âge d'Or de Mickey Mouse. Il me reste encore quelques sunday pages à boucler et c'est bon. C'est quand même assez délicat à traduire, ces vieux Mickey. Entre les accents farfelus des cannibales, cuisiniers chinois et autres personnages hauts en couleur, la peur de l'anachronisme de langage et les variations de style de l'auteur (qui s'amusait visiblement comme un petit fou), j'ai eu de quoi me payer de belles migraines.

L'intégrale Darkness dont j'ai lancé la trad en parallèle est bien reposante en comparaison. En plus, j'ai le droit de mettre dedans tous les gros mots qui me vaudraient de sérieux problèmes si je tentais de les glisser  dans un Mickey. (dire que je connais un mec qui glissait des insanités terribles dans Mickey et qui maintenant, n'ayant plus accès à la souris, fout des citations de Corinne Charby dans des trads de Marvel Comics. j'ai des copains qui ont le mal chevillé au corps. faut que je pense à acheter ce bouquin dès qu'il sort, d'ailleurs, pour constituer le dossier).

En attendant, j'ai rendu la semaine dernière le premier tome de la réédition chez Urban des Batman de Grant Morrison. Voilà encore un bouquin qui présentait des difficultés amusantes, vu le côté ultra référentiel de la chose. Difficultés pimentées par le fait qu'un des épisodes était en fait une nouvelle, dans laquelle Morrison s'amuse à faire de la fausse Série Noire avec métaphores polardeuses à deux balles (dans la tête). Ce foutu épisode m'aura pris plus de temps à traduire que les dix autres que compte le volume et m'aura obligé à twister d'autant plus sévèrement qu'en temps normal, je ne suis pas traducteur de prose (ou alors sur des documents plus techniques qu'une nouvelle). Il y aura sans doute un gros boulot de relecture là-dessus. Mais à l'arrivée, le bouquin devrait être hautement cool. Et permettra aux gens restés sur le carreau de l'édition précédente (c'était mon cas) d'enfin apprécier à sa juste valeur le boulot de Momo sur le Dark Knight.

Bref, un mois de décembre riche en boulot (je me lamentais à ce sujet il y a pas deux semaines) et qui n'est pas fini (j'ai un bout de scénar à finir de remanier pour... genre pour hier... ferai ça demain matin) (en attendant, pipi, pâte à dents, un peu de lecture et dodo).

mardi 13 décembre 2011

Ceinture noire de Jodo

Il y a un côté déprimant à voir les gens, dans les transports en commun, lire des manuels de ce qu'on appelle pudiquement "développement personnel" et qui est surtout une accumulation de lieux communs sous un joli emballage qui feraient passer Marc Levy pour un grand visionnaire excentrique et le manuel googletraduit de mon lave-linge pour une perle de sagesse cosmique recelant, pour qui sait y débusquer les pépites, les secrets de l'univers. Mars & Vénus a autant de tomes que bien des séries de tire-à-la-ligne-fantasy à succès (j'ai même cru voir une affiche pour une adaptation au théâtre. bientôt la comédie musicale), des tas de trucs inspirés de la PNL circulent en vente libre, et je ne peux même plus prendre le RER sans me retrouver assis face à une pauvre femme à l'air égaré qui compulse convulsivement Comment ne pas se noyer dans un verre d'eau. Je vous jure devant Dieu que ce bouquin existe. Je l'ai vu de mes yeux pas plus tard que l'autre jour (ou alors c'était Comment arrêter de se noyer dans un verre d'eau. whatever).

Ça a un côté dérangeant parce que c'est du pré mâché. Alors que les gens pas sûrs d'eux qui consultent à tout bout de champ tarots ou Yi-King, ça a un côté intéressant. Ce genre d'oracles fonctionne sur des symboles, sur un flou, sur un décalage entre une imagerie et le réel. Ils impliquent un état d'esprit, une légère ritualisation qui crée des conditions mentales particulières, et surtout un travail d'interprétation, d'analyse, de remise en question. Que ce travail soit bien fait ou pas, c'est un autre débat, mais au moins, la consultation d'un oracle symbolique suppose une démarche active de la part du consultant (à condition bien entendu qu'il manie lui-même l'oracle, pas qu'il se fasse tirer les cartes dans une baraque foraine). L'oracle, malgré son autorité, se pose dans un rapport horizontal avec le consultant. Le manuel de développement personnel est un mode d'emploi qui s'impose d'en haut, une autorité induisant une démarche passive de la part de celui qui y cherche des réponses. Pré mâché, comme je disais. Le manuel est dans un rapport vertical avec son lecteur. Et le lecteur est en bas de l'échelle.

On me dira que ces manuels ne font que combler un des vides laissés derrière elles par les religions constituées, qui ont en effet implosé sur le plan conceptuel depuis bien longtemps et échouent à apporter un réconfort spirituel quelconque tant leur message est parasité par toutes les scories de leur histoire. Des sectes diverses parviennent encore à jouer le rôle de directeur de conscience qu'on assignait jadis à son confesseur, mais elles ne sauraient constituer un guide efficace dans un monde éclaté, constitué d'un maillages d'identités fluctuantes et souvent superposées, dans lequel le savoir circule comme jamais, et où la désinformation se dévore et s'alimente elle-même comme un monstrueux Ouroboros contradictoire, un Ouroboros de Möbius. Les vieux livres sacrés eux-mêmes demandent à présent un effort et un peu de culture pour être lus sérieusement.

Mais entre l'oracle, qui demande une certaine culture du symbole, et le manuel de développement personnel, qui est au développement de soi ce que que la pizza surgelée est à la terrine de canard amoureusement mijotée un dimanche matin en revenant du marché (oui, j'ai enfin résolu les derniers soucis de texture qui empêchaient ma terrine de foie de volaille au Porto d'être un chef-d'œuvre total, c'est tellement une tuerie que la dernière fois que j'en ai fait, ça a été torché en un repas, recta), il existe une troisième voie, un chemin plus tortueux mais plus intéressant, conservant le support du livre, tout en  y appliquant la démarche interprétative sus-mentionnée.

Prenez un bouquin, n'importe lequel, qui ne soit PAS un manuel de développement machin-truc, pas un modèle autoproclammé, pas une philosophie assumée comme telle. Prenez, je ne sais pas, moi, un traité d'épistémologie un peu ancien, un roman de SF (mais pas de Ron Hubbard, faut pas déconner non plus), un recueil de nouvelles d'un auteur obscur du XIXe siècle, l'autobiographie d'un type disparu de la circulation dans l'indifférence générale (mais pas une vedette de la télé ni de la chanson, et de préférence quelqu'un qui l'écrive lui-même, son autobiographie), un Que-Sais-Je sur une branche connexe de l'archéologie, n'importe quoi qui n'ait rien à voir avec la choucroute. Ou même mon mode d'emploi de machine à laver mal googlé, pourquoi pas, si vous êtes en mode warrior mémétique ultimate. Et lisez-le comme si c'était le livre sacré, la solution, l'énigme qui, une fois décryptée, vous ouvrira les portes de la conscience, du bonheur, de l'efficacité au lit ou au boulot, de la connaissance ou de n'importe quoi d'autre qui est votre graal de la semaine. Intériorisez le message contenu dans ce bouquin, faites-en le guide de vos pas, la grille d'analyse du monde qui vous entoure.

Le monde ne sera peut-être pas moins menaçant. Mais il sera sans doute plus rigolo, et par les temps qui courent, c'est déjà pas si mal.

lundi 12 décembre 2011

Crusades is coming (in winter)

Bon, si le temps se maintient et que les dieux ne nous jouent pas un tour pendable (genre avancer la fin du monde au 21 janvier au lieu du 21 décembre, et je me méfie, les dieux sont taquins), Crusades tome 3, la Bataille de Mansourah, sortira chez tous vos bons libraires (et même les moins bons s'ils font des efforts) d'ici la fin février, soit un peu après Angoulème (c'est pas de chance mais c'est comme ça). Crusades, c'est la saga de Guillaume de Sonnac et sa joyeuse bande de fous furieux qui, pour lever le mystère de la Cinquième Croisade, se greffent sur la Septième (vous suivez ?) et mettent au jour un secret aussi vieux que la bibliothèque d'Alexandrie !


Comme ceux qui ont suivi ce qui précédait le savent probablement déjà, c'est signé Izu, Nikolavitch et Zhang Xiaoyu, et c'est chez les Humanoïdes Associés.

Et puisqu'on parle d'Angoulème, en plus d'y être en dédicace (probablement chez Vertige Graphic et La Cafetière) j'y participerai à un débat et j'y donnerai une conférence à propos des comics américains et des super-héros. Plus d'infos bientôt.


vendredi 9 décembre 2011

Gorby or not gourbi

Je suis complètement au taquet, en ce moment, avec à peu près deux fois trop de boulot, des obligations dans tous les sens, la cervelle qui commence à disjoncter et des nuits de sommeil plus tout à fait assez longues pour me permettre de récupérer sereinement. Et bien entendu, j'ai des amis malintentionnés qui m'envoient des vidéos rigolotes pour voir comment je pourrai réagir. Vidéos qui prennent bien entendu du temps à regarder. comme celle-ci, vibrant hommage à un grand homme de l'Union Soviétique finissante :


C'est d'une classe imparable, ça convoque et télescope trop d'univers symboliques à la compatibilité pas fondamentalement évidente, et forcément, donc, ça me plait. Néanmoins, et parce qu'il doit y avoir une justice en ce bas monde, si vous voulez punir quelqu'un d'avoir diffusé ce genre de trucs, allez emmerder le type qui tient le rayon polar/Sf du Gibert Joseph de la station Cluny-La Sorbonne. Vous pouvez pas le louper, il y a deux types à tête de geek poilu dans ce rayon, et le coupable, c'est le plus malingre des deux.

mercredi 7 décembre 2011

Mais... Mrs. Robinson, c'était un hommage à Vendredi ?*

Le phénomène cinématographico-superslipesque du moment, c'est Super. Je peux pas en parler, je ne sais pas si c'est vraiment super ou pas, vu que j'ai pas encore vu. Mais ce principe du type qui s'arme d'une clé à molettes pour combattre le crime m'interpellait, quelque part…

Jusqu'a ce que je voie la gueule de la clé à molette :


C'est juste moi, ou le designer/accessoiriste qui a pondu cet engin n'a jamais vu une clé à molette de sa vie, et a fortiori n'en a jamais utilisée une ? Parce qu'au vu du machin, bien malin celui qui arrivera à l'ouvrir en tournant le bitoniot. Elle a de la gueule, sa titine, mais elle ne peut juste pas marcher. à moins de s'en servir exclusivement pour taper sur la tronches des méchants (d'accord, c'est le concept du film, mais quand même).


Comparez les deux binious, vous verrez.








*Oui, je sais, le titre d'aujourd'hui n'a rien à voir avec le contenu de ce post. Et vous savez quoi ? Je m'en fous complètement.

mardi 6 décembre 2011

Trop tôt, trop vite

J'ai remarqué que l'hypermarché pas loin de chez moi avait déjà sorti les galettes des rois. Ils n'ont guère qu'un mois d'avance, ceci dit. Ils avaient sorti les jouets de Noël et les chocolats juste après avoir plié les trucs d'Halloween. Ça se tient, dans le fond. Le fait que les galettes soient juste à côté du stand diffusant de la musique antillaise avec un type vendant des accras de morue et du pikliz ajoutait un peu au côté surréaliste du truc. La grande surface moderne est une version en 3D du cut-up cher à Burroughs (William, pas Edgar Rice, quoique).

Un qui est un peu en avance aussi, c'est le petit cousin du Loiret d'Anders Breivik, un certain Maxime Buizard, émargeant à l'UMP (branche UMP Jugend) (il est encore étudiant qu'il s'affiche déjà en photo avec une cravate de vieux, c'est dire si c'est un dangereux). Il pensait que la Gendarmerie aurait dû abattre les militants Greenpeace qui avaient infiltré une centrale nucléaire. Et là, il est vraiment en avance d'au moins six mois. La répression à la Syrienne, ce sera seulement si Sarkozy est réélu et récupère le Sénat ensuite, voyons (je conseille à François Hollande de planquer son Blackberry et d'éviter les grands hôtels, on ne sait jamais, et aux Sénateurs de vérifier si le président a le droit de dissoudre le Sénat, on n'est jamais trop prudent). Bref, l'ordre nouveau qu'attendait notre pays semble avoir déjà ses défenseurs. Il a de l'avenir, ce petit. à moins que, dans un sursaut de responsabilité, les électeurs fassent leur travail, bien sûr.

lundi 5 décembre 2011

Un petit coup de Crouzadaisse pour la route


Faut dire ce qui est, les crayonnés de Crusades* il tabassent bien.




*Déjà deux tomes aux Humanoïdes Associés, par Izu, Nikolavitch et Zhang Xiaoyu, en vente dans toutes les bonnes librairies, réclamez votre exemplaire si vous ne l'avez pas déjà.

dimanche 4 décembre 2011

And more, much more than this, he did it Norway

C'est un joli tour de cochon que les experts viennent de jouer à Anders Breivik. Il ne faut pas s'y tromper : En le déclarant pénalement irresponsable, il ne le font pas échapper à la punition, ils le punissent de la pire des manières. Breivik se voyait comme un penseur politique prêt à affronter la prison pour défendre ses idées. En en faisant légalement un malade, les experts l'attaquent sur son seul point faible : l'image de soi. Pour un type de cet acabit, le procès est une tribune, et la prison une forme de martyre qui le conforte dans ses certitudes. La tentation du martyre est toujours très forte chez les exaltés, car elle induit toujours une sensation de supériorité sur les persécuteurs, c'est un réflexe mental bien ancré dans les cultures judéo-chrétiennes, (d'où la tendance systématique, et très inquiétante, de catégories sociales entières à la victimisation, y compris chez des bourreaux d'ailleurs -les récentes sorties d'intégristes catholiques l'ont encore démontré, ainsi que les dénégations gênées de l'UMP dans le Blackberrygate- se poser en victime, de nos jours, c'est le seul moyen d'exister quand on n'est pas solide dans sa tête). Renvoyer à un exalté une image de malade mental, c'est l'atteindre dans ce qu'il a de plus précieux, dans son moteur intime. C'est taper là où ça fait mal. C'est le seul espoir de fendiller un tant soit peu la carapace, la punition frontale ne faisant que l'épaissir et la justifier encore plus.

Poser Anders Breivik comme un pauvre dingue, c'est faire un pas dans la bonne direction. Maintenant, faudrait aussi expertiser les traders et tous les malades qui acceptent des postes genre Ministre de l'Intérieur. Faut être pas bien dans sa tête pour vouloir de ce genre de boulot.

vendredi 2 décembre 2011

Le gros problème, en fait, dans le monde, je crois que ce sont les gens

Aujourd'hui, c'est un peu la Saint Napoléon. Le 2 décembre est un jour qui tient à cœur à tous les bonapartistes, qu'ils penchent plutôt pour l'ogre corse canal historique ou pour Badinguet. Mais c'est aussi, j'ai pu en juger sur pièces, le début de la frénésie de consumérisme pré-noëlesque : c'est incroyable le nombre de gens qui faisaient leurs courses de Noël aujourd'hui. Les cons. Quelle idée de faire ça tous en même temps, je vous le demande ? Les bras chargés de sacs et de trucs énormes, ils ont failli réussir à m'empêcher de faire mes propres courses de Noël à moi. Ils se pressaient tellement partout, dans les couloirs du métro, dans les travées des magasins, partout, que j'avais du mal à passer avec mes propres gros sacs. Quel manque de savoir vivre, alors ! M'énervent, les gens.

Bon, ça m'aura permis de faire une pause dans les traductions. à force de faire plein de trucs en même temps, une page de la traduction de Mickey Chasseur de Baleine s'est retrouvée dans le fichier d'un Batman de Grant Morrison. Alors je pense que le père Grant ne dédaigne pas la technique Burroughs (version William, pas Edgar Rice) (quoique) du cut-up, mais quand même. Je pense que mes éditeurs n'auraient guère goûté la blague.

Et sinon, dans le cadre de la grande campagne pour le reslipage de Superman, un message de saison :

"J'ai deux amours : la coke, et mon slip rouge."

mercredi 30 novembre 2011

Insérez ici un ricanement nerveux teinté d'une petite pointe d'hystérie

Je viens de revoir le planning du mois de décembre. Le mois de décembre se termine traditionnellement aux alentours du 25, pour moi, vu qu'après, comme j'ai des enfants à la maison, il y a tout le tralala des fêtes de Noël, invitations et déplacement divers. Cette année, le 25 tombant un dimanche, on peut même dire que le mois de travail se terminera quelque part au cours de la journée du 23, vu que je me vois mal renvoyer les boulots de décembre le 26 à des éditeurs qui seront de toute façon fermés pour la plupart pendant une bonne semaine.

Or, j'ai fait le calcul ce matin, rien qu'en traductions, je vais devoir faire tenir, au cours de ces 23 jours, rien moins que 39 jours de travail. Si j'y ajoute quelques obligations professionnelles supplémentaires (présence à un Salon, journées en extra promises à un employeur, écriture de scénario, recherches en bibliothèque pour un bouquin en cours d'écriture), on arrive tout benoîtement à une petite cinquantaine de jours de travail. à laquelle il faut ajouter les obligations familiales diverses et variées, les urgences de dernière minute, les petites catastrophes de la vie et ainsi de suite.

Je sens que ça va être rigolo, le mois de décembre, cette année.

samedi 26 novembre 2011

Et ça continue !

Un petit point Crusades pour la route : le tome 3 avance au pas de charge, il n'y a plus qu'une dizaine de pages à dessiner et à coloriser (sur un total de 64). Je vous donnerai la date de sortie dès que je l'aurai.



Et, par ailleurs, il y a une date de sortie en avril pour le tome 2 de Kreuzfahrer, l'adaptation teutonique de l'histoire de ces templiers et autres alchimistes lancés sur la piste d'un des plus grands mystères du monde.

Petit rappel : je serai demain toute la journée au Salon des Ouvrages sur la Bande Dessinée, c'est au village Saint Paul, 17 rue Saint Paul à Paris, dans le quatrième (et ô surprise, c'est accessible par le métro Saint Paul, sur la ligne 1). J'y signerai Mythe et Super-Héros, mais si vous avez des albums (genre Kreuzfahrer) dont vous voulez que je les cochonne avec mes gribouillis, n'hésitez pas !

jeudi 24 novembre 2011

Bacchantes powaaaa !


Entre les commémorations de Brassens et celles de Freddy Mercury, la moustache est à l'honneur*. Il faudrait qu'on voie dans la biographie de Nietzsche s'il n'y a pas un événement que l'on puisse fêter, là, tout de suite, pour avoir un tiercé gagnant de la moustazsche. Ou alors Cavanna, tiens, on doit pouvoir fêter les vingt ou vingt-cinq ans de la dernière fois où il m'a fait vraiment rire. Mais pas Dali. En termes de moustache, Dali, c'est un peu une autre religion, j'ai l'impression. Sa moustache entortillée avait un côté fuyant, comme un genre de Dali de fuite, en somme.

Mon grand regret moustachique c'est quand même, en vertu des lois locales, de n'avoir pu photographier les policiers marocains arborant fièrement la moustache officielle du pays, énorme et tombante, qui sied si bien au prestige de l'uniforme dans ces contrées où la démocratie se cherche encore. Il faut dire que là-bas, il est interdit de photographier les gens en uniforme, hormis les gardes royaux en grande tenue (et encore, quand ils sont en faction. au moment de la relève, ils redeviennent interdits de photo, car quand ils se déplacent, ils sont en opérations. Et faut dire ce qui est, la relève de la garde royale ne se fait pas à l'anglaise, là-bas : si leurs uniformes avaient des poches, je crois que les mecs mettraient les mains dedans, ils font ça à la cool d'une façon que je ne croyais pas possible, c'est fascinant à observer). Donc pas de photos de moustaches noires et viriles. Dommage. C'est quand même un genre d'institution, là-bas, j'ai l'impression.

Et il faut savoir que la moustache est un talisman puissant (qui ne marche pas à tout coup, ceci dit, demandez au petit Saddam H., de Bagdad. mais lui, il lui avait adjoint une barbe à la fin, et c'est peut-être ce qui a annihilé le pouvoir de baraka moustachienne) et à titre de preuve, je convoque à la barre Brassens, justement. Prenons, totalement au hasard, cela va sans dire, ces paroles extraites d'une de ses chansons :

"En voyant ces braves pandores
Etre à deux doigts de succomber
Moi, j'bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées"

Eh bien s'il n'avait pas porté la moustache mais, mettons, une casquette et un pull à capuche (voire une chaîne en or), gageons que tous les roquets psychotiques et les crânes d'œufs de l'UMP auraient donné de la voix pour demander son interdiction, son indignité nationale voire sa lapidation publique. alors qu'il trône encore dans une espèce de panthéon bien mérité, ce qui en soit constitue déjà un gros doigt artistement mis à tous les bien pensants qui le commémorent en feignant de ne pas voir son côté encore et toujours subversif. Chapeau, Georges !




*Notons qu'il existe aussi un côté obscur de la grande moustache, comme l'ont prouvé le petit Saddam évoqué plus haut, ou Joseph Djougatchvili, mais aussi, plus proche de nous, en tout cas de moi, le tandem dirigeant un petit groupe de presse avec lequel j'ai travaillé jadis, et dont les pratiques sociales auraient été d'une drôlerie sans nom si je n'avais pas été du mauvais côté du manche. Heureusement, le mal porte en lui les germes de sa propre chute, vu que leur incapacité à établir des contrats dans les formes fait de moi le seul propriétaire des traductions que j'ai réalisées à l'époque, hé hé hé.

mercredi 23 novembre 2011

Translatador !

En termes de traduction, en ce moment, je jongle énormément entre Star Wars (du Clone Wars à divers formats, et surtout la fin des épisodes Marvel publiés au début des années 80) et du Batman (essentiellement du matériel récent, et de vieilles trads datant de ma folle jeunesse et que je remets en forme). J'ai bouclé Flashpoint, le crossover DC qui relance le bouzin (premier épisode chez tous les bons kiosquiers début 2012). Inutile de dire que mes journées sont très occupées. J'ai rendu aussi le prochain tome de Criminal, et c'est du très bon.

Au rayon des sorties, il y a The Boys 12, qui secouera bien ce pauvre Hughie, DC Legacies 2, qui revient sur Crisis on Infinity Earths, ses dépendances et autres conséquences, l'Âge d'Or de Mickey Mouse, qui reprend les strips de Gottfredson, le magazine Star Wars, the Clone Wars, et le magazine Star Wars Comics Collector qui reprend ces temps-ci les épisodes faisant suite à l'Empire Contre-Attaque.

Par ailleurs, je serai en dédicace ce dimanche (27 Novembre) au Salon des Ouvrages sur la Bande Dessinée. Ce sera au Village Saint Paul, 17 rue Saint Paul à Paris, dans le IVème pour mon bouquin Mythe et Super-Héros, chez Les Moutons Electriques. Il me semble que Monsieur Lainé viendra aussi y trainer du crayon. Venez nombreux.

lundi 21 novembre 2011

Jackass, ce sont des fillettes, en fait

Un pote malintentionné m'a envoyé ça. Ça fait deux heures que je résiste, mais finalement, je craque. Le Jackass Bollywood, il FAUT que je le partage et que je vous en fasse profiter :


Et plus formidable encore que cette bande de psychopathes, il y a la petite membre du jury dont décidément, je ne me lasse pas. Elle est extraordinaire.

Il faut que Patrick Sébastien invite ces mecs. Au moins une fois dans sa vie.

Back in the action

Comme vous l'aurez peut-être noté, je me suis fait rare en ces pages (et sur le ouaibe en général) pendant une petite semaine. De fait, je tirais les dividendes de mon odyssée télévisuelle du mois de septembre, et j'ai donc fait avec ma douce et tendre le voyage gagné à la sueur de mes réponses aux questions championnesques.

Je suis parti avec plein d'idées préconçues sur le Maroc. Qui ont été fracassées en quelques heures, ce qui est toujours enrichissant. J'ai découvert un pays avec ses défauts et ses qualités, mais aussi extrêmement vivant, humain, dynamique. Si les touristes y sont relativement encadrés, il y a quand même moyen de s'échapper , de s'immerger un peu dans le pays réel, terre de contrastes s'il en est : une fois qu'on a vu passer une charrette à âne devant un panneau publicitaire vantant un forfait mobile 3G, qu'on a vu côte à côte l'épicier avec son enseigne Vache-qui-Rit et l'herboriste du coin qui vend aussi bien des cosmétiques, aromates et colorants que des substances destinées à la magie, qu'on a vu les policiers arborant la moustache officielle et la jeunesse dorée locale, mais aussi les mômes des rues et des campagnes, quand on a dîné dans des palais des milles et une nuits et pris un café au bar du Chamonix, l'hôtel des skieurs, on ressort de là avec une impression de bouillonnement porteur de sens, pas si différent, sur le fond, des juxtapositions de matières et de motifs de l'art arabo-andalou.


Et puis il y a des moments magiques, comme en pleine vieille ville de Fès, quand on croise au milieu de types tirant leur âne surchargé un touriste Chinois à la bonne face de lune placide portant un sweat de Tsahal, l'armée israélienne. Et là, on découvre que les marocains sont vraiment aussi compréhensifs et tolérants qu'ils le disent : le chinois a eu zéro emmerdes, même en visitant des écoles religieuses.

J'aurais aimé avoir plus de temps à certains endroits (et les fluctuations du programme m'ont hélas empêché de contacter les amis que j'ai là-bas), et je regrette de n'avoir vu le désert que d'avion, mais je suis assez conquis.

Pays étrange mais très beau, qui m'a rappelé par moments la Yougoslavie d'une époque lointaine et révolue. Les élections approchent (on était en pleine campagne, là), et j'espère sincèrement qu'elle se dérouleront sans incident. Je serais vraiment navré de voir le Maroc basculer comme d'autres pays de la région, mais ce que j'ai vu me donne des raisons d'être optimiste, Inch'Allah.

vendredi 11 novembre 2011

Palsambleu !

Je viens de m'aviser que ça faisait une paye que je ne vous avais pas posté de nouvelles à propos de Crusades, la superbe série que je réalise avec Izu et Zhang Xiaoyu.

Le tome 3 est achevé à plus des trois quarts, à présent. Et en voilà un nouvel extrait rien que pour vos mirettes !


mercredi 9 novembre 2011

La Menace venue d'en haut !

Alors le gouvernement, là, ils sont bien gentils. Ils nous expliquent qu'ils nous protègent de la Crise, des Roms, des Jeunes à Capuche, des DSK en rut, des Grecs, de l'Inflation, des Iraniens, des Kadhafi, des Sodas, de Rachida Dati, de l'Alcool au Volant, du Chômage et de l'Abondance d'argent (qui est la source de tous les maux, comme chacun sait), mais que fait-il contre les vraies menaces qui font peur ?


A-t-il fait voter, ces dernières années, une seule loi qui protège nos enfants d'éventuelles attaques de brontosaures aéroportés ? Hein ? Je vous le dis ! Il n'y en a aucune ! Un tel laxisme est intolérable.

Quoi ? Oui, je suis de mauvais poil. Un astéroïde de la taille d'un porte-avion est passé à ras de la terre hier soir, et on n'a même pas eu la fin du monde à cette occasion. Je suis déçu. Mais déçu !

mardi 8 novembre 2011

Anarchie in ze yucca

On ne contrôle pas la propagation des symboles. Le photographe Alberto Korda n'aurait probablement pas imaginé, le jour où il shoota un Che qui se demandait ce qu'il foutait sur cette estrade et s'est barré 30 secondes après, que l'image allait orner des chambres et des t-shirts de gosses de riches. L'astrophysicien Fred Hoyle, en inventant par dérision le mot Big Bang pour décrire une théorie cosmologique qui lui déplaisait, a du être estomaqué de le voir repris partout, pour conforter l'image qu'imposait la théorie en question.

Et puis il y a Alan Moore et David Lloyd. Chez eux, la créature a échappé à tout contrôle. Ils avaient repris un masque issu du folklore et de l'histoire biflandaise pour en faire l'emblème d'un anarchiste en guerre à mort contre le système et en avaient fait une bande dessinée vite devenue un classique (toujours en vente dans les bonnes librairies, pour encore sept semaines au moins, dans une très excellente traduction due à une espèce de métèque barbu au vrai nom imprononçable, et qui se dissimule du coup sous un pseudonyme patronymique aux consonances est-européennes marquées).


"Moi ? Je suis le roi du Vingtième Siècle… Le Croquemitaine… Le Vilain…
La honte de la famille."

Ce symbole était resté cher au cœur des lecteurs, attaché au décalage porteur de sens entre cette face souriante et ses actions démesurées, monstrueuses et destructrices.

Et puis, des années après, Hollywood en fit un film. Film pas déplaisant, d'ailleurs, mais qui reposait quand même sur un sérieux glissement idéologique. Le mystérieux V y devenait un héraut de la liberté, et non plus de l'anarchisme. Pire encore, l'image de l'homme solitaire en bute contre un état devenu machine à uniformiser était parasitée par celle de foules entières se rebellant en reprenant à leur compte le masque de l'opposant. La lutte contre un système normatif ne trouvait comme arme qu'une autre normalisation. Un peu glaçant quand même.

Et bien entendu, c'est cette dernière version qui s'est durablement gravée dans la tête du grand public. On peut gager que, sur tous les manifestants "indignés" qui défient le système dans le monde entier en arborant le masque de V, pas un sur cinquante n'a lu la BD de Moore et Lloyd. J'irais même jusqu'à dire que ceux qui l'ont lue hésiteraient à porter le masque, de peur d'en dévaluer l'icône. Mais c'est trop tard, l'icône a échappé à ses créateurs et, passée au filtre du cinéma, a changé de sens, de valeur, de portée. J'imagine que, dans sa cave enfumée, Alan Moore doit se rouler par terre en poussant des ricanements déments et hystériques (j'aimerais d'ailleurs savoir à quoi ça ressemble, un ricanement dément et hystérique de Moore, sans doute au rire du Géant Vert, dans les pubs, mais samplé et passé en basse vitesse et en boucle par les Neubauten).

C'est souvent le destin des icônes, d'ailleurs. Qu'étaient Jésus, Bouddha, le Roi Arthur ou d'Artagnan, avant que d'autres, des gens parfois nés des siècles plus tard, en fassent des symboles ? Que signifiaient réellement l'ankh, le triskele ou la croix gammée dans leur contexte, avant que d'autres époques ne s'en emparent ? Que ce soit comme auteur de BD ou comme magicien, Alan Moore a beaucoup travaillé sur les symboles et leurs variations de sens.

L'usage de ce masque est une trahison de l'œuvre de Moore. Plus curieusement, c'en est aussi une illustration. Plus un paradoxe est ironique, plus goûtu il est... Même si ce goût en est curieusement acidulé.

lundi 7 novembre 2011

Un monde au-delà de votre imagination

On se souvient, Dune, par Jodo n'avait pas pu se faire, après une préprod épique, séminale et avortée. Dune, par Lynch, avait coulé DeLaurentiis et signé la fin d'une époque dans le domaine du space opera cinématographique. Il aura fallu attendre les années 2000 pour qu'une nouvelle adaptation, télévisuelle celle-là, voit le jour, avec d'indéniables qualités, mais aussi de terribles défauts.

Mais que se serait-il passé si les débris de l'empire DeLaurentiis avaient été vendus à l'encan ? Et que les droits de Dune avaient circulé sans contrôle pendant la deuxième moitié des années 80 ?

Un producteur a une idée de génie. Lynch n'était pas encore assez visionnaire, assez fou à son goût. Il décide de remonter Dune, avec aux manettes rien moins que Terry Gilliam, encore tout auréolé du succès de Brazil. Sceptique au départ, Gilliam accepte finalement, puis s'enferme pendant trois mois et rend un hallucinant storyboard animé, sur lequel il a collé des têtes d'Omar Sharif, Nathalie Wood, Peter O'Toole (jeune), Marlon Brando et autres Robert Mitchum pour représenter les personnages. La séquence d'animation circule, fait s'étrangler pas mal de monde, mais réussit à convaincre un exec de la Columbia. Qui réussit à obtenir de calmer le jeu sur le casting, d'autant que certaines des têtes retenues par Gilliam à titre d'expérience n'étaient plus budgetables.

Qu'à cela ne tienne, Gilliam se jette à corps perdu dans la préprod, recrute ses vieux copains (Eric Idle fera Feyd Rautha Harkonnen, Michael Palin le mentat félon Peter de Vries et John Cleese Gurney Halleck. En termes d'acteurs normaux, John Neville est retenu pour être le Duc Leto, et John Goodman le sinistre et psychotique baron Harkonnen et la petite Uma Thurman fera la sœur de Paul Atreides, Jonathan Price prenant à son compte le rôle de l'halluciné Muad Dib.

Rapidement, le tournage tourne au chaos. Décors de palais trop travaillés et trop chers qui ne sont même pas terminés quand on commence à filmer, conditions délirantes dans la Vallée de la Mort où sont prises les scènes d'extérieur, perturbées de surcroît par des essais nucléaires effectués dans le comté de Nye, le film explosa son budget en quelques semaines.

Pire encore, la mort de Frank Herbert, auteur du livre, en cours de production, conduit ses héritiers à tenter de geler toute l'affaire. La Columbia biaise en trouvant un nouveau titre et en profitant du fait que Gilliam avait arrangé le script à sa sauce. Dune n'est plus Dune, c'est devenu Les Aventures du Baron Harkonnen, centré sur la psychose créative du Baron, enfermé dans un monde truculent bien à lui, combattant des ennemis peut-être fictifs, ou pas, ou plongés eux-mêmes dans des univers oniriques et délirants. Ce qui aurait dû être au départ une simple épopée initiatique devient une partie de cache-cache à l'échelle du Mental, où chacun des joueurs convoque monstres et messies pour contrer l'autre. L'enjeu ? La domination de la drogue qui donne accès au plan onirique, mais aussi l'éveil total des sens, la conscience cosmique, la perception de l'univers comme un tout, espace et temps mêlés.

Malgré toutes les avanies subies par la production, le film sort enfin en 1988, après des retards en rafale,  et fut un échec retentissant sur le plan commercial, malgré les nombreux prix raflés dans le monde entier. Il contribua à faire de Gilliam un auteur maudit, perturba durablement la carrière de la plupart de ses acteurs (Eric Idle, désespéré, tenta d'entrer au Bolchoï comme danseuse étoile, et Jonathan Price se fit brièvement gourou dans le Sommerset, et ne revint à l'écran que bien des années plus tard, pour incarner Blueberry dans le film controversé de David Fincher). Néanmoins, le film devint rapidement culte, et une copie pirate de son storyboard animé tourne encore régulièrement dans des festivals (on murmure que l'original a été achetée par Trey Parker et Matt Stone qui l'ont analysé image par image pendant cinq ans pour créer leurs propres techniques d'animation).

Alors qu'on murmure qu'un nouveau Dune est en préparation, dont on craint qu'il soit fidèle au livre, mais infidèle à la vision grandiose de Gilliam, les fans réclament à corps et à cris une édition blue-ray digne de cet improbable chef-d'œuvre, toujours bloquée pour de sombres raisons de droits et de mauvaise volonté des héritiers Herbert. Mais John Goodman restera toujours, dans notre cœur, le plus grand des Barons Harkonnen.

samedi 5 novembre 2011

Phobies croisées

Alors que la Grèce annule son référendum sous la pression de l'élite économique mondiale, ce qui en dit long sur la confiance que les banques ont en la notion de démocratie, deux affaires viennent me titiller le fondement de façon désagréable tout près de chez nous.

Entre les manifs de cathos hurlant à la christianophobie parce qu'une pièce de théâtre ne leur plaît pas et l'attentat contre Charlie pour cause de numéro spécial charia, on voit que les calotins de tout poil en reprennent, du poil de la bête.

Il faut se rappeler (christianophobie et islamophobie mises de côté le temps de la démonstration) que les religions révélées ont toujours réclamé pour elles la liberté d'expression, et toujours fait tout ce qu'il fallait pour la confisquer aux autres. Il ne faut pas parler contre la religion. C'est tellement entré dans les mœurs que même dans un pays comme les USA, censé être un peu laïc quand même, avec des amendements constitutionnels forts concernant aussi bien la liberté d'expression que la liberté de culte, non seulement la religion est un critère identitaire fort (les gens acceptent d'être définis comme baptistes, évangéliques, presbytériens, épiscopaliens, etc. toutes dénominations qui, de ce côté de l'Atlantique, n'ont quasiment aucun sens et sont réunies ici sous l'étiquette globale de parpaillots protestants), se revendiquer de l'athéisme est objet de scandale. Ce qui n'est encore rien comparé à l'Arabie Saoudite où, me semble-t-il, on est encore passible de la peine capitale si on passe la douane avec un ouvrage religieux non islamique.

Il est à noter que, dans les deux cas (manifs cathos et plastiquage islamique), c'est le rapport à l'image qui pose le plus problème. L'utilisation du visage du Christ (c'est d'autant plus intéressant que personne ne sait quelle tête il avait, le Jésus. Probablement celle d'un militant Shass, mais allez savoir. L'image du Christ, c'est surtout l'idée qu'on s'en fait, elle est encore plus déconnectée de ce qu'elle est censée représenter que la pipe de Magritte)  dans une pièce de théâtre d'un côté, et une caricature de Mahomet (même problème que ci-dessus, la photo n'existait pas à l'époque du Prophète, le fait que ce soit sa caricature n'a de sens et de réalité que dans l'œil de celui qui la regarde) de l'autre. Cette défense violente et acharnée de la sacralité de l'image, cet investissement fort dans la représentation, il me semble quand même que ça s'apparente de très près à l'idolâtrie. Une pratique réprouvée, sauf erreur de ma part, par ces deux religions. Où la dignité outragée, du coup, se teinte quand même pas mal d'hypocrisie.

Le rapport à l'image, la culture de l'image, cela s'apprend. Mais encore faut-il commencer par le dépassionner, ce rapport. (bon, dépassionner, dès qu'il s'agit du Christ, ça pose des problèmes conceptuels, mais quand même). Dans une société qui fonde beaucoup de choses sur l'image, une société dite de la communication (de l'emballage, dans les faits, et très souvent de l'emballage de rien sous un joli papier brillant, mais c'est un autre problème), un rapport sain à l'image est la clé de la responsabilité individuelle, le moyen d'interroger la propagande, d'interroger les mises en scènes. Si ce rapport à l'image s'infantilise à ce point, c'est tout le système qui peut se dévoyer, et très vite (et quand je parle de dévoiement, c'est à un degré qui ferait passer le Sarkozysme pour un modèle de probité, de sobriété et d'honnêteté intellectuelle).

Il faut se réveiller dès maintenant : on voit les dégâts que peuvent faire ce genre d'excités, même quand ils sont ultraminoritaires, dès qu'ils arrivent à toucher au pouvoir politique. L'exemple israélien avec le parti Shass, qui en trente ans n'a dépassé qu'une fois les 10% de votes mais réussit presque toujours à s'incruster au gouvernement et à peser lourd montre bien la capacité de nuisance de ces gens. En France, on sait que la séparation de l'église et de l'état n'empêche pas des catholiques bien durs de tenter d'appliquer leur programme, ils sont juste un peu plus discrets sur leurs allégeances, les fourbes. Et 245 ans après la mort du Chevalier de la Barre, on voit bien qu'ils veulent que le blasphème soit à nouveau un délit. C'est la démocratie, l'état de droit et la culture qui sont en péril quand ce cancer-là relève la tête.

La religion est une maladie infantile non pas de l'humanité, mais de la spiritualité. Mais même les maladies infantiles peuvent tuer, ce n'est pas l'UNICEF qui me contredira. Et là, comme par hasard, la mère Bachelot ne nous propose pas des caisses de vaccins.

Le problème, ce n'est pas la christianophobie ou l'islamophobie, c'est que certains chrétiens et musulmans soient détestables, et osent prendre des poses victimaires dans un retournement dont la mauvaise foi est incroyable, hallucinante et surtout insultante pour toutes les victimes de pogromes, de croisades, de jihads et de purifications diverses.

"Si j'aurais su, j'aurais pas v'nu"

vendredi 4 novembre 2011

Ambianceurs de soirées boulot

C'est très curieux.

Souvent, quand je bosse (que ce soit de l'écriture pure ou de la traduction), je mets de la musique, de préférence dans un style correspondant à ce que je fais. S'il y a de la bourrinade barbare, un bon petit Conan de Basil Poledouris de derrière les fagots fait souvent l'affaire (mais me tire souvent une larmichette, de nos jours, parce que d'autres que moi, qui ne sont plus là, recouraient à la bande à Basil pour se mettre dans l'ambiance, et leur ombre se met alors à planer sur moi, ce disque est hanté, je ne vois que ça), si c'est du cosmico beyonderesque, Gustav Holst fait bien la blague, ça réussit même, si le texte sur lequel je bosse s'y prête, à me plonger dans des transes à la David Bowman. Pour du polar, le Rat Pack est un ami qui me veut du bien. Curieusement, par contre, quand je traduits du Star Wars, je mets souvent tout, sauf John Williams, et je serais bien incapable d'expliquer pourquoi. Starship Troopers et Robocop (encore Basil, il est partout) ont accompagné des trads d'adaptations de jeux vidéo bourrinesques et des scènes militaires diverses (l'écriture de l'Escouade des Ombres, on se demande bien pourquoi).

Parfois, j'assume d'ailleurs pas mal un certain mauvais goût musical, exhumant des perles de variet' Top 50 des années 80, ou des bandes originales de films lamentables, mais qui pour des raisons non précisées et probablement étranges me mettent pile poil dans l'état d'esprit désiré pour un boulot ou un autre.

Et puis aujourd'hui, j'étais sur la traduction de la fin de Flashpoint (et sur des emmerdes frico-paperassières qui virent au feuilleton, aussi), et Flashpoint, c'est quand même un gros crossover qui tourne à la tragédie, avec un monde au bord du gouffre, un dilemme terrible, et des démonstrations d'amour paternel/maternel/filial par-delà la mort assez fortes, ça m'a même surpris de la part de Geoff Johns, que j'ai connu plus sanguinolent (il y a bien une scène de massacre avec un gamin et un superméchant qui finissent empalés à quelques pages d'intervalle, mais pour du Johns récent, c'est somme toute assez light) et qui pour le coup, retrouve sa splendeur de l'époque déjà lointaine des Avengers ou de certains moments de JSA, quand il savait manier l'émotion.

Et pour traduire ça, me demandez même pas pourquoi, c'était Franz Ferdinand en boucle. Quand on connait mon désamour chronique pour la pop biflandaise, c'est même assez surprenant. Mais là, leurs ritournelles guillerettes mais non dénuées d'une ironie acide m'entraînaient bien et je tombais de la page avec une régularité de métronome.

Des fois, faut pas chercher à comprendre.

jeudi 3 novembre 2011

La citation du jour...

Est de Roger Moore, qui parlait de Sean Connery :


«Sean est un bon acteur, c'est dommage que je ne comprenne rien à ce qu'il dit».


Et en complément, un courrier de refus adressé par le dit Sean à un certain Steve J., de Cupertino :





Je ne sais même plus où j'ai été ramasser ça. Et je ne sais même pas si c'est authentique. Mais c'est un beau document, un document fort, une fenêtre ouverte sur l'intimité d'un être d'exception.

mardi 1 novembre 2011

"Bonne fête des morts, mesdames"

Quand je fais le compte de ce week-end de quatre jours où la plupart des gens n'étaient pas censés bosser, je me suis fait vingt heures en intervention extérieure, quatre heures de traduction, deux heures de relectures de trad, et quatre heures à bosser sur des scénars. Trente heures de boulot en quatre jours, c'est pas mal, pour un week-end de pont. Et c'est sans compter la modif de mon installation électrique et les courses, tant qu'à faire. Et après, les gens me demandent ce que ce c'est que ces gros traits noirs sous les yeux qu'on dirait tracés à l'Onyx Marker. Non non, je ne donne pas dans le look mascara emo. C'est juste mes vrais yeux. Et non, le rouge autour, c'est pas à la Joey Starr que je l'ai obtenu, c'est vraiment à la sueur de mon front. Comment qu'il disait, l'autre dingue, là ? Travailler plus pour gagner plus ? N'importe quoi. C'est une escroquerie pour que les gens n'atteignent plus l'âge de la retraite, ce slogan. La réalité des choses, c'est travailler plus pour pas me faire bouffer tout cru par toutes les saloperies qui n'arrêtent pas d'augmenter. Et encore, j'ai arrêté la clope et je refuse d'avoir une bagnole. Sinon c'est clair que je ne m'en sortirais pas.

Mais bon, plutôt que de me plaindre, ce qui est d'un commun, il faut l'avouer, je préfère regarder du côté de plus malheureux que moi. Prenons les Grecs, par exemple. Non contents de se prendre de plein fouet la fin de l'état providence, ils découvrent que l'Occident Capitaliste (ce qu'on appelait dans le temps, pour rire, je pense, le Monde Libre) pousse des cris d'orfraie à l'idée que les plans d'austérité soient soumis à référendum. C'est curieux, jusqu'à dernièrement, il me semblait pourtant que l'Occident défendait des valeurs comme la démocratie. Mais visiblement, la démocratie, c'est bien tant que ça ne s'oppose pas aux banques et à la finance. On s'en doutait un peu, mais c'est bien de voir le masque tomber un peu, de temps en temps, pour remettre les pendules à l'heure.

Ce qui est amusant aussi, c'est de voir un adversaire de longue date de la Grèce en profiter pour asticoter la bête. Non, pas la Turquie, qui doit contempler la situation atterrée, en se disant "merde, si on a les ennemis qu'on mérite, ce... c'était vraiment ÇA, notre ennemi héréditaire ? Trop la lose !", mais je parle bien évidemment de la Macédoine, ou plus précisément de la "République Ex Yougoslave de Macédoine", vu que les Grecs refusaient catégoriquement de laisser un pays non Grec user d'un nom aussi illustre, et rendu illustre justement par le plus grand des Grecs : Alexandre. C'est ça, l'avantage des morts illustres, on peut les mettre en vitrine, ça fait toujours bien. Sauf qu'il faudrait quand même qu'ils se rappellent que pour les Grecs de l'époque d'Alexandre, ça avait quand même été grave la honte d'avoir été mis à genoux par un de ces demi barbares à peine hellénisés de Macédoniens. La Macédoine était à l'époque un état tampon périphérique, en voie d'acculturation rapide, mais que les vrais Grecs considéraient comme un genre de parasite arriviste et dangereux, contre lequel on se déchaînait en philippiques enflammées. Du coup, la Macédoine actuelle inaugure à tous les coins de rue des statues d'un "Grand Guerrier" qui ressemble de façon assez étonnante à Alexandre. Juste histoire de les faire bisquer l'air de "hé, ça va être reparti comme en 352 av.JC, si ça se trouve on pourra en profiter que ça déconne chez vous pour débarquer, vous allez voir, ça va être marrant". Les ex-Yougoslaves ont un sens de l'humour assez particulier. Et encore, on se dit, heureusement qu'Alexandre n'était pas Monténégrin.

lundi 31 octobre 2011

Graaaaaaaaah

Rheeeeeeuh

Ouais, j'essaie de faire des bruits de monstres parce que c'est Halloween. Et que j'ai vécu l'horreur, ce soir. Comme les gens ne bossaient pas beaucoup aujourd'hui, vu qu'il y avait pont, on m'a demandé de bosser en extérieur. Pour remplacer quelqu'un. Ça m'arrive de temps, ça me permet de me faire des ronds avec une vraie fiche de salaire ce qui parfois permet de rassurer (un peu) impôts, banques et autres organismes sociaux qui sinon, ne comprennent pas la situation d'un type qui touche des droits d'auteur sans faire la couverture des Inrocks. Et comme il se trouve que je n'ambitionne pas de faire un jour la couverture des Inrocks (la dernière fois que j'ai acheté ce canard, c'était pour un numéro spécial Kubrick sorti à l'occasion de la mort du Maître, c'est dire si c'est pas récent), il faut bien que je trouve un moyen de rassurer ces braves gens. Qui sinon me prennent pour un genre d'extraterrestre qui rentre pas dans les bonnes cases

Bref, je bossais. Et comme c'est Halloween, une collègue a eu l'idée sympathique d'amener des bonbons, pour le cas où des gamins déguisés passeraient (il en est passé, accompagnés de leur papa déguisé en.... Je pense qui si Don Diego de la Vega se prenait de l'envie de mettre un masque respiratoire de peintre pour repeindre la carrosserie de Tornado au pistolet, il aurait ressemblé approximativement à ça. ou alors c'était un déguisement de sorcière amatrice de paintball, peut-être, je ne sais pas. et pour le repos de mon âme, je crois que je préfère ne pas savoir). Et cette collègue a, involontairement, eu une idée géniale. Tout bonnement le truc qui fait totalement mouche de façon accidentelle. Un peu comme si Gilbert Montagné butait accidentellement Claude Guéant lors d'une démonstration de l'innocuité du flashball, le genre truc totalement fou mais qui fait halluciner dans son concept et fait remercier le ciel même à des athées. Elle s'était dit, je pense "je vais prendre des bonbons sans sucre pour éviter que ces petits anges se niquent les dents". Et elle a amené un bidule totalement improbable, dont je ne savais même pas que ça existait. Je ne croyais même pas que ça pouvait exister.

Le chamallow sans sucre. Je crois qu'on peut difficilement faire plus concept que ça. à moins qu'un psychopathe n'invente un jour la vodka sans alcool (que ce soit bien clair, le type qui fait ça, je le livre en pâture à des varans de Komodo, rien que pour le principe). Et bien entendu, et c'est ça qui est génial, dans l'idée d'offrir ça pour Halloween, c'est totalement affreux. Incroyablement dégueulasse. J'ai même eu du mal à y croire sur le moment. Un truc de fou, ce machin. Le chef produit a dû être exécuté pour ça, je pense. Et la balle facturée à sa famille. Au moins. Ou alors lui aussi, les varans aveugles qui chantent armés de flashball, je sais pas. Faut ça. Ou un truc du genre. Sinon c'est qu'il n'y a pas de justice en ce bas monde et que vivement 2012 qu'on arrête un peu les conneries (pas Mai 2012, hein, que ce soit le Nain ou l'Autre Pays du Fromage, je ne sais pas si ça changera grand-chose à la capacité de l'industrie alimentaire de repousser les limites de l'indicible, non, je parle bien de Décembre 2012 et ça me rappelle que j'ai promis un bouquin sur l'Apocalypse à un éditeur, à sortir juste avant parce que sinon c'est pas drôle).

Le chamallow sans sucre, c'est un peu à la gastronomie ce que Marc Levy est à la littérature, pour essayer de situer. Ou David Guetta* à la musique. Ou Lady Gaga à l'élégance discrète. Ou DSK à la galanterie raffinée. C'est peut-être une forme de rappel Yin-Yang, une façon de me rappeler que pour qu'existe ce zénith qu'est le bacon-cheeseburger de l'Irlandais du coin de l'avenue (une pure tuerie intergalactique, ce machin, et ça cale vraiment pour l'après-midi, bon ça doit valoir 6 ou 7 fois le prix du cheeseburger de Mc'Do, mais le différentiel est incroyablement justifié, et quand on le fait passer avec une bière du cru, c'est juste win the yes), il faut un truc qui soit le nadir absolu.

Le chamallow sans sucre est parfaitement adapté à Halloween. C'est une horreur.

"Le premier qui m'offre ça, je lui pète les genoux. Et le deuxième aussi." (Boris)




*Tiens, ce qui est génial, de nos jours, c'est qu'il y a des gens, ils n'ont même pas besoin d'ouvrir la bouche, il suffit de voir leur coupe de cheveux, leurs pantalons ou leurs lunettes de soleil qu'ils ont tout le temps à la main même par temps bouché pour savoir qu'ils AIMENT ce que fait David Guetta. C'est très bien, d'ailleurs, qu'ils soient si facilement identifiables, ça évite de risquer de les confondre avec des vraies personnes.

vendredi 28 octobre 2011

Vieilles marmites et jet-packs dans ta face

Avec un peu de retard, j'ai enfin pu me régaler de la réédition française de Rocketeer, chez Delcourt. Ça faisait très longtemps que j'attendais ça. Oh, j'avais la vénérable édition en Comics USA, plutôt bien fichue, mais elle ne couvrait que le début de la série, et elle faisait son âge. En plus, j'avais jamais chopé le deuxième tome.

Là, on a une intégrale, aux couleurs refaites, mais magistralement refaites, c'est respectueux de l'ambiance de l'original, et aussi de la plastique et de la rondeur du dessin de Dave Stevens, c'est juste somptueux. L'histoire, on la connait, c'est un aviateur qui court après un clone de Betty Page, et qui se fait lui-même courir après par des Nazis/agents du FBI/méchants. C'est complètement couillon, mais parfaitement jouissif, et surtout c'est joli comme tout, Dave Stevens était un grand.

Et puis il y a le point qui n'énerve. La traduction. Parce que, et je vais nommer mon collègue, je vais dénoncer sans aucune vergogne mon petit camarade, ce sale petit enfoiré, là, il m'a énervé. C'est Jay Wicky qui s'y est collé, et il prouve une nouvelle fois que sur du matériel connoté d'époque, sur du vintage référenciel, il est le King. Ça coule tout seul, c'est inventif, ça a la saveur et l'odeur d'un vieux film, y a pas une faute de goût, c'est juste du tout bon. Moi qui suis un peu ramenard sur la qualité de mon propre travail, moi qui ne me prends pas pour de la merde, eh bien Jay vient de me mettre un sacré vent. Sa traduction est juste nickel. Juste juste. Juste imparable. Un casting parfait. Il a juste assuré comme une bête.

Ça m'énerve. Oh que ça m'énerve.

Méchant, Jay, méchant. Je te ferai les gros yeux la prochaine fois qu'on se verra. T'es le boss, mec.


L'objet du délit. C'est bon, mangez-en.

jeudi 27 octobre 2011

Juste une mise au point, par souci d'urbanité

Alors au fil de questions qui reviennent, et maintenant qu'il y a des communiqués officiels, je peux donc le dire à présent : oui, je fais partie de l'équipe de traducteurs réunie par Urban Comics, le label du groupe Média Participations qui reprend l'édition des DC Comics en France à partir de 2012.

Il y a de beaux livres qui se préparent, c'est clair. L'équipe éditoriale, ce sont des gens qui aiment le comics. Qui ont envie de faire quelque chose de durable, de solide, avec de chouettes bouquins. Les premières annonces donnent un avant goût de leur démarche, je pense, permettant d'assurer la continuité, mais aussi de revenir sur l'imposant patrimoine DC. Pour un peu, j'ai l'impression de me retrouver dans ce bouillonnement qu'il y avait chez Semic au moment où on lançait les Semic Books, ou on tentait Birds of Prey et Génération DC. Que de souvenirs. Il y a un peu la même énergie. La différence, c'est que leur hiérarchie à l'air de soutenir le truc. Et c'est une différence de taille par rapport à ce qui s'était passé à l'époque.

En tout cas, je suis très content, et assez fier, même, de participer à cette nouvelle aventure, et qui plus est avec des gens que j'apprécie.

Et donc, corollaire implacable autant qu'évident, je serai probablement amené à traduire du Superman en version déslipée (c'est Laurent Queyssi qui a mis la main sur les chouettes épisodes de Joe Casey qui sortent prochainement et qui sont du Superman ancienne manière, avec slip) (je suis fou de jalousie). Alors, à tous ceux qui seraient tentés de me demander ce que j'ai fait de mon intégrité, je leur répondrai qu'en acceptant de traduire du Superman privé de son slip rouge, j'infiltre le système. Je me positionne à l'intérieur. C'est de l'entrisme (bon, parler d'entrisme dans une histoire de slip, j'admets que ce n'est pas forcément très heureux) dans la plus pure tradition trotsko-lambertiste, dans la plus pure tradition rouge, tout se recoupe.

Voilà voilà voilà.

dimanche 23 octobre 2011

Nénés de singe

Un des informateurs habituels de la War Zone (un traducteur que je ne nommerai pas pour respecter sa pudeur naturelle) m'a fait parvenir ce document accablant :


Il prouve sans rémission qu'avant même de se laisser ôter son slip par son éditeur (voir la War Zone du 3 Octobre dernier) Wonder Woman se laissait tripoter par des singes. Et pas juste des singes, hein, des singes Nazis ! 

L'animal aux mains baladeuses semble bien parti pour démonter notre héroïne.

Cela prouve que le mal remonte à bien plus longtemps que ce qu'on craignait. Le déslipage des héros et les singes nazis sont une menace pour notre société ! Nous devons relever la tête et lutter de toute la force de nos front marmoréens pour contrer l'odieux péril national-simiesques !

samedi 22 octobre 2011

Ce n'est que justice, après tout

Un certain nombre de facteurs font que je ne suis pas critique musical. Au premier rang desquels une certaine distance goguenarde envers les poses et les postures des musicos. Et au second rang desquels le fait que plus le temps passe, plus ce qui sort m'emmerde. C'est bien le problème : ça m'agacerait, encore, ça prouverait que ça me touche à un niveau quelconque. Alors que la plupart du temps, même pas, ça distille juste de l'ennui. Si, il y en a un qui m'agace, remarquez, et c'est Christophe Mahé. Il réussit à imiter le style vocal pleurnichard des pisseuses de RnB, et on a juste envie de lui coller des baffes pour qu'il ait au moins une vraie raison de pleurer. Bref. Ce qui se fait en musique dans ce pays, je ne sais pas à qui ça parle, mais en tout cas pas à moi. Et comme je suis un garçon fondamentalement honnête, contrairement à ce que vous pourriez croire, je me vois mal parler sérieusement de musique. Depuis le temps que je n'écoute que des vieux trucs, ce qui se fait maintenant, je n'y connais plus rien.

Mais, par moments, il m'arrive d'être pris de remords, de me dire "c'est juste que je vire vieux con, il faut que voie ce qui se passe, sous peine de m'encroûter et tout". Et donc, de lire une critique d'un album récent, de faire semblant de m'intéresser. Ce qui m'amène à un autre truc curieux qui m'éloigne de la critique musicale. Quand je lis des critiques, en général, il ne faut surtout pas que j'écoute ensuite les disques dont elles parlaient. Ça me rend dingue. En général, le critique musical vous fait plein de comparaisons, convoque plein de belles idées, vous donne l'impression d'une immense profondeur dans l'objet de son étude... Et quand j'écoute le disque, je n'y retrouve en général rien de ce que j'ai lu. C'est quasi immanquable (à part en général avec les critiques de musique classique, mais ceux-là sont souvent de vrais journalistes, ils sont factuels, alors que les autres critiques musicaux, j'en viens à me demander s'ils ne sont pas formés au même endroit que les commentateurs sportifs), il y a un décalage absolu, irréconciliable, un gouffre, entre ce que dit le critique, et la réalité de la musique.

C'est ce qui vient de m'arriver en me connectant au site d'un quotidien français de référence. Il présentait en écoute gratuite le nouvel album de Justice, duo français electro qui avait eu sa petite notoriété, il y a quelque temps de ça, grâce à de savantes provocations ciblées, de l'utilisation d'une imagerie néo-chrétienne risible à un clip "ultraviolent" dont l'interdiction elle-même a été parfaitement mise en scène.

On a souvent essayé de me vendre la French Touch en me vantant son second degré. Dans la plupart des cas, il m'a semblé être au mieux inexistant, au pire complètement artificiel, juste un moyen de se dédouaner d'un manque crasse d'imagination camouflé sous des effets pompiers. Le sampling est par essence une machine à citer, mais un dictionnaire de citations ne devient une œuvre que si on triche avec (voir les pages roses du dico de Desproges, qui pour le coup étaient géniales), il ne suffit pas de prétendre détourner pour détourner de façon effective, sinon c'est comme des terroristes détournant vers Cuba le vol Paris-La Havanne de 12h47. Ou alors, il faut que la citation ne soit qu'une propriété émergente a posteriori, comme ce mythique sample par les Young Gods d'un train qui freinait en gare de Zurich et qui, par la grâce de bidouilles diverses (passé à l'envers hyper lentement) devenait un clin d'œil aux ambiances du Meddle des Pink Floyd.

Bref.

Figurez-vous que, du coup, je l'ai écouté, le nouveau Justice. Il aurait dû avoir tout pour me plaire, c'était quasiment que de la citation de rock progressif des années 70 mis à la sauce electro. Ce même rock progressif que j'ai toujours apprécié, et dont ça fait quarante ans qu'il est de bon ton de se moquer dans les milieux branchés. Sauf que c'est comme si Sexion d'Assaut citait du Racine dans le texte, normalement au bout de deux lignes on a vingt fautes d'orthographes et quatre contresens. Et là, c'est un peu pareil. Je ne sais pas si ces contre-temps systématiques sont délibérés ou juste maladroit, mais ils n'arrivent qu'à châtrer d'emblée l'espèce d'ampleur qui était une des marques du rock progressif (l'autre étant son inventivité, mais il faudra expliquer à certains de nos jeunes artistes que c'est rarement une bonne idée de tenter d'imiter l'inventivité de quelqu'un d'autre, par principe). Du coup, ce qui aurait pu passer pour une tentative de réhabilitation d'un genre moqué ressemble plus à une parodie maladroite, à un pillage pataud, à un réemballage foireux. Grosso modo, ça applique au rock progressif des années 70-75 ce que Daft Punk avait tenté de faire avec le Funk. Avec la même tonitruante absence de résultat probant, la même impression de vide conceptuel, la même mollesse fondamentale planquée sous le concours de beat.

Et qu'en dit le chroniqueur du Monde , employé rémunéré d'un quotidien national de référence ? "Un peu, mais pas seulement. Audio, video, disco est une mutation habile, une transition inespérée entre le Justice d'hier et celui de demain, un duo désormais plus porté sur la disco qui montre les crocs. Histoire de jeter aux oubliettes les habits d'une French Touch fossilisée et tendre vers quelque chose de nouveau."


Et là, on se dit qu'en fait, la crise de la presse et la crise du disque, elles sont méritées toutes les deux.

vendredi 21 octobre 2011

De retour parmi les vivants

Bon, j'ai pu aller à ma réunion mercredi en me bourrant de médicaments, mais je l'ai payé le lendemain en me prenant au double la fièvre, les étourdissements, inflammations oropharyngées et autre trucs pas cools que j'avais réussi à tenir à distance. Le jeudi, j'étais inexistant. Aujourd'hui, j'ai réussi à aligner près de cinq heures de fonctionnement normal, entrecoupées d'autant de temps de sommeil/me tordre de douleur/implorer la mort, pas forcément dans cet ordre.

Dans mes moments de veille, j'ai réussi à bosser un peu, aussi, sur un scénar dont je suis pas sûr d'avoir le droit de parler, et sur une trad qui sinon serait sérieusement en retard. Il le fallait. Les gens comme moi n'ont pas droit aux congés payés, alors on risque pas de toucher des arrêts maladie.

Je note que, pendant mon absence, le monde a gagné un Sarkozy et perdu un Kadhafi, c'est ce qu'on appelle le Karma. Et que Guéant a tempêté car il était incroyable qu'on refuse au superflic de la police politique la présomption d'innocence qu'il avait lui-même refusée au superflic des stups. Dans la série des poids et mesures, j'imagine qu'il y a un deuxième pavillon de Breteuil tout exprès réservé à M. Guéant. Pendant ce temps, à l'époque de l'internet et de la télé, une maire croit qu'on peut empêcher l'accès à l'information en bloquant l'accès à certains journaux sur sa commune.


Bref. Comme tout ceci est somme toute bien morose, je préfère me concentrer plutôt sur des trucs qui font rêver, comme ces expériences sur la supraconductivité, et la lévitation quantique. C'est du lourd, si j'ose dire :


mardi 18 octobre 2011

Corbacks franchouilles

Quand j'étais minot et que j'étais malade, j'avais toujours un petit cadeau pour égayer les journées passées claquemuré dans ma chambre. C'était généralement un bouquin, une bd, une maquette quelconque. C'était sympa. J'aimais bien.

Et là, j'ai passé l'essentiel de ma journée au fond de mon lit, avec 40 de fièvre. J'ai tenté de faire de la traduction sur un ordinateur portable, j'ai lâché l'affaire au bout d'une heure et deux pages.

Et puis le facteur est venu toquer à la porte....

Et j'ai eu une BD, comme quand j'étais petit. L'ami Munaro m'a envoyé le dernier French Crow, dans lequel il réalise un segment. C'est ultra sympa, et en plus, ça m'a fait plaisir pour une raison toute bête : le retour d'une vieille tradition oubliée.

Merci, l'ami !

lundi 17 octobre 2011

Monday night fever

Bon, ça couvait depuis deux ou trois jours, mais j'ai bien l'impression que j'ai la grippe ou un truc qui y ressemble diablement. C'est encore la faute à Miss Piggy, là. Celle qui achetait des vaccins en gros sur la note du pays.

Et bien entendu, demain et après demain, j'ai des rendez-vous en extérieur que je ne peux pas reporter, c'est génial. Et, tant qu'à faire, du boulot à finir avant, en prévision desdits rendez-vous. C'est génial. Bon, comme un des boulots comportait des scènes avec des mecs qui ont la malaria, on va dire que j'étais dans le groove. Mais bon, je tape un caractère toutes les 5 à 7 secondes, c'est navrant. Ça me laisse le temps de contrôler l'orthographe du truc en même temps, vous me direz. Et de me relire. Po.... Sé... Ment....

Greuh.

Je vais retourner me faire une tisane à l'Advil, moi.

dimanche 16 octobre 2011

Dissonance cognitive



En fait, je crois que le concept de “panty shot de R2-D2” me met très mal à l’aise.

Oh, et en faisant du tri dans de vieux mails, je suis tombé sur cet envoi d'un collègue traducteur :

"Je viens de passer une minute à chercher quelle faute j'avais fait à
"imbranlable" pour que le correcteur word me le souligne en rouge,
avant de réaliser que je voulais écrire "inébranlable".

Ah au fait, connaissiez-vous le mot "manustupration"?

C'est stupréfiant.

Purée, je ferais bien une sieste."

On fait un boulot épuisant, les gens ne se rendent pas compte.

samedi 15 octobre 2011

Fossé des générations

Quand mon fils m'a demandé quel était mon pronostic pour le match France-Galles, je lui ai répondu "poupée de son".


Ça ne l'a pas fait marrer.


J'aurais peut-être dû dire "Sucettes à l'Anis", je sais pas.

vendredi 14 octobre 2011

All Work and No Play

Ce qui est terrible, c'est que cette semaine, le moment de détente pendant lequel je ne bossais pas, ça a été le moment où j'ai sorti le marteau piqueur pour faire des trous dans un mur. C'était reposant. Ça me vrillait juste les oreilles, alors que le reste de la semaine a été passé à balayer du regard l'espace entre les comics que je traduisais et l'écran sur lequel s'affichait la traduction que j'étais en train de taper, et retour.

J'ai les yeux explosés.

Ce qui ne m'empêche pas de lire, se soir, pour les reposer, forcément.

Au menu de ces derniers jours, le Mainstream : Enquête sur la guerre globale de la culture et des médias, de Frédéric Martel, un énorme reportage aux quatre coins de la sphère médiatico-culturelle mondiale. Comment on fabrique du spectacle destiné à se vendre dans le monde entier, ou dans des régions balkanisées. Et comment couve la guerre de la culture. Un superbe éclairage, indispensable.

La ville au bord du temps, de Thomas Monteleone, est un vieux bouquin de SF, déniché par hasard dans une brocante. C'est une fresque énorme, à coups de nouvelles déprimantes, d'un avenir de plus en plus mécaniste, d'une socialisation de plus en plus instrumentalisée, d'un utilitarisme poussé à son paroxisme. Horrible et toujours d'actualité. Je le recommande vivement. Et ça se refuse explicitement à trancher entre Thoreau et Batman, ce qui est un plus.

Et puis je me relis Destination : Vide : Le Programme Conscience, de papa Herbert, un roman ardu et assez théorique, mais fascinant, aussi, brassant de très jolis concepts.

Ah, et j'ai enfin vu Thor, le film. Il serait temps, vu que ça fait bien six mois qu'on m'a interviewé à son sujet. Très distrayant, mais quand même gentiment couillon. Avec de très belles trouvailles visuelles, ceci dit.

Voilà. Bon, au menu du week-end, moins de trad, plus de scénar en retard. Wul.

mercredi 12 octobre 2011

Pas de sot métier

Dans mon rêve de cette nuit, j'étais planton à bord d'une navette spatiale, préposé à l'entretien, factotum, indispensable cinquième roue du carrosse, quoi.

La séquence de décollage prenait un temps fou, suite à des problèmes techniques divers et des aléas météo. Du coup, en attendant, je m'étais relevé, et je faisais le ménage, je mettais de l'ordre, je vérifiais que tout fonctionnait correctement. Comme l'heure tournait, j'avais mis la table, aussi, pour que les cosmonautes puissent manger, mais le capitaine avait fait la gueule, en disant qu'après le décollage, la table allait se retrouver dans l'autre sens et que ce serait le bordel, malgré les velcro sous les assiettes.

En plus, il n'était pas partisan de manger avant le décollage. J'avais préparé un couscous au piment et il avait peur de vomir dans son casque après. Je l'ai envoyé se faire foutre et je suis ressorti de la navette pour aller chercher des bouteilles d'oxygène supplémentaires et quelques DVD, parce qu'il restait de la place et qu'il faut bien occuper l'équipage.

Bien entendu, on était à table quand la radio a crachoté "bon les gars, c'est réglé, on décolle dans dix minutes". Pas le temps de débarrasser, tout le monde file à son poste, et moi j'essaie de sécuriser un peu tout en chemin, en me disant, avec les trépidations du décollage, je vais retrouver du couscous partout dans le mess, ça va être le bordel quand on sera en apesanteur. Mais c'était trop tard, j'ai avalé une dernière bouchée en me disant que ce serait déjà ça de moins à ramasser. Et je suis allé me sangler dans mon fauteuil, qui n'était pas à ma taille, les salauds de techniciens nazis de la NASA m'avaient encore joué un vilain tour à leur façon.

Et puis il y a eu le compte à rebours.

Et à 3, je me suis réveillé.

lundi 10 octobre 2011

Les instants de solitude


Bon sang de bois, alors que j'ai 80 pages d'une traduction de XXXX* par XXXX** à relire et corriger, mon pot à café a été mis à laver !

à laver, nom de Dieu !

Sous prétexte qu'il était "dégueulasse" !!!!!

Mais c'est un pot à café, quoi, merde ! S'il était propre, ce ne serait plus un pot à café. Le pot à café qu'on remplit au fil de la journée pour s'en servir de carburant à boulot, bien sûr qu'il est cradouille, c'est dans sa nature, c'est comme si on reprochait, je sais pas, moi, à un politicien d'être de mauvaise foi, ça n'a aucun sens !

On n'est pas aidé.

En plus ils repassaient 100.000 Dollars au Soleil à la télé, et je peux même pas regarder ça, parce que mon éditeur a remis deux thunes dans le bastringue, et que du boulot, du coup, y en a pour des heures.

20 minutes avant la fin du cycle de lavage de la machine bruyante qui a avalé mon pot à café... Pot à café qui en sortira propre comme un sous neuf, mais sera à nouveau "dégueulasse" dans les dix minutes, dès qu'il aura resservi.

Mais pourquoi j'ai arrêté la clope, merde, si je peux même pas me siffler un petit café (bon, dans mon pot qui fait au bas mot un quart de litre) à dix heures du soir quand j'ai du taf ??????




*Il y a des grandes manœuvres éditoriales en ce moment, et je ne sais pas si j'ai le droit de dire ce que je traduis cette semaine. Plus d'infos bientôt.

** Voir *