mardi 31 août 2010

Hado mal en pi

Ah, il fallait s'y attendre : l'Hadopi (mais si, vous savez, la police des réseaux chargée de défendre les droits d'auteurs de Julien Doré, le chiffre d'affaire de la Fnac et la rémunération du président de la Sacem avec des moyens inspirés de la République Populaire de Chine) n'a pas encore commencé à envoyer les mails d'avertissement aux contrevenants que des petits malins en ont déjà envoyé de faux, espérant ainsi récupérer des coordonnées bancaires d'internautes terrorisés.

Heureusement, les systèmes modernes de messagerie ont une arme imparable contre ces courriers d'escrocs : le bouton "indésirable".

C'est donc simple, vous recevez un mail de l'Hadopi ? Inscrivez-le directement comme spam, c'est plus prudent. On ne sait jamais quel voleur peut se cacher derrière.

lundi 30 août 2010

Taser ta gueule à la récré

On signale une invasion d'armes camouflées en téléphones portables. De petites saloperies qui permettent d'envoyer une décharge électrique assez violente. C'est discret, compact, et ça fait très mal.

De bonnes âmes s'élèvent contre le commerce en vente libre (et à bas prix) de ces appareils. "Ces produits qui sont en vente libre représentent un réel danger pour la santé des personnes", a déclaré dernièrement un grand spécialiste, Monsieur Di Zazzo, qui s'inquiète visiblement de voir des armes électriques entre les mains de zazzous. Nous le remercions chaleureusement pour avoir donné l'alarme à propos de ce délicat problème. On manque de citoyens désintéressés qui s'inquiètent sincèrement du bien être de leurs contemporains. Et il s'y connait, ce monsieur. Vu qu'il est importateur en France du célèbre Taser. Vendu beaucoup plus cher.

mercredi 25 août 2010

Dernière minute

On m'annonce à l'oreillette le décès de Satoshi Kon. Par respect pour les fans et la famille, on évitera les calembours à base de Satosh'ti, merci.

Pour les ségolénistes* rassis et boursouflés d'inculture qui réduisent la japanime et le manga (en confondant d'ailleurs les deux, pour faire bonne mesure) à Goldorak, Ken le Survivant et autres petites culottes loligoths, rappelons que Satoshi Kon était dessinateur/réalisateur/scénariste multiprimé, surtout connu sous nos latitudes pour son très lynchien Perfect Blue. Il avait aussi participé aux côtés d'Oshii au très glaçant Patlabor 2 qui reste un pur bijou de politique fiction.

Et puis un réal japonais qui revendique Philip K. Dick dans ses influences, il me plaît forcément, vous pensez bien (Bon, Bernard Werber aussi, il revendique Dick dans ses influences, mais d'abord, il n'est pas réalisateur japonais, et en plus, chez Satoshi Kon, ça se voyait).

Alors voilà. Sayonara, Kon, comme on dit dans le Sud (puisque, je l'ai dit plus haut, on n'évoquera pas le Nord cette fois-ci).




*Oui, je passe assez de temps à médire sur le nain psychopathe pour rappeler que je n'apprécie guère non plus la Charentaise ex de l'autre pays du fromage. Le pluralisme, c'est l'essence de la démocratie. La justice du Niko se doit d'être impartiale.

dimanche 22 août 2010

Mais que fait le Ministère de l'Intérieur ?

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"Non, sérieusement, je devrais laisser nos concitoyens courir le risque de se faire marcher dessus par des araignées géantes qui n'ont même pas leurs papiers en règle ? Non. J'ai décidé que la peur devait changer de camp et qu'il fallait les renvoyer chez elles. C'est ce que nous allons faire." (Nicolas S., de la rue du Faubourg St Honoré)

samedi 21 août 2010

Ultimate maroille warrior

Un aveugle qui se bastonne au sabre japonais dans le Nord...


C'est un Zatoïch'ti.

vendredi 13 août 2010

Beware the blob

La perversion alimentaire prend parfois des allures d'apostolat suicidaire. Que ce soit en termes de picole ou de bouffe, il m'arrive de taper dans le bizarre et de tenter des expériences qui tétaniseraient d'effroi une créature lovecraftienne.

Comme on a les amis qu'on mérite, et que j'ai dû commettre des ignominies sans nom dans une vie antérieure, certain de mes amis, camarades et autres proches ont aussi leur bouffées culinaro-délirantes.

C'est ainsi que certain libraire sévissant dans une grande enseigne vendant de la culture neuve et d'occasion dans le quartier étudiant de Paris m'a initié à toutes sortes de pickles qui arrachent la gueule et à des boissons polonaises que même les Polonaises évitent de prendre au petit déjeuner. C'est aussi ce douteux personnage (ou un ami commun exilé, je ne sais plus, il y a des traumas que l'esprit humain tente miséricordieusement de brouiller) qui m'avait fait découvrir la pâte à tartiner au speculoos. Celle dont un savant calcul m'avait permis de déterminer que si Elvis avait remplacé son beurre de cacahouètes par ce truc, il serait probablement mort en 72 au lieu de 77. C'est ce produit venu du Nord que mon fiston appelle "Nutella Harkonnen", en hommage à l' embonpoint du Baron du même nom et à ses habitudes de vie quelque peu déviantes.

Depuis cette découverte, j'avais eu une sorte de prise de conscience de mes limites bêtement humaines. Je savais que j'avais été trop loin. Que certaines choses n'étaient pas faites pour qu'on les approfondisse. Hormis quelques écarts véniels avec des cacahuètes au wasabi, ou des alcools exotiques, j'avais essayé de mener une vie chaste, presque prude, sur le plan culinaire, me cantonnant à des excès normaux, comme la mascarpone à la petite cuiller (saupoudrée de sucre, cannelle et cardamome, ou de coulis de caramel au rhum, selon l'humeur). Tel un héros fatigué raccrochant ses éperons au porte-manteau de la vie, je m'étais rangé.

Et puis des collègues traducteurs (des métèques aux origines curieuses, un russo-belfortain et un anglo-alsacien, vous voyez le genre, les serbo-versaillais de souche comme moi ne devraient pas se mélanger avec des gens pareils) ont titillé le démon, en me parlant de rituels blasphématoires opérés à l'aide du Marmite, cette mythique pâte à la levure consommée en Biflandie et dépendances. Sentant monter des besoins contre-nature, il a fallu que je bande toute la force de mon adamantine volonté pour résister à l'appel du Marmite, quand j'en vis une pile, dans le rayon "produits du monde" de la grande surface locale. Les petits pots au contenu malfaisant m'appelaient jusqu'aux tréfonds de mon âme. Mais pour le salut de mon âme, justement, je préférais ne pas savoir. Il y a des chose qui sont trop déviantes pour l'homme, et que je préfère laisser aux outre-manchais qui les ont appelées en ce monde.

Tout à ma lutte intérieure, je dus un instant me retenir au rayonnage pour ne pas défaillir.

"Et là, c'est le drame."

Ma main s'est abattue sur un pot à l'aspect innocent et à la couleur pimpante, et j'ai découvert le Fluff.

Mon âme vient de plonger dans des tourments infernaux bien pire encore que tous ceux que pouvait annoncer le diabolique Marmite.

Fluff... Un mot qui en dit long.

Comment décrire la chose ? C'est annoncé comme une pâte à tartiner au marshmallow. J'ai pris un pot aromatisé à la fraise. C'est pâteux, extrêmement collant, rose et vaguement mousseux. L'ensemble dégage une impression parfaitement, exclusivement et fondamentalement chimique. Et je crains fort que ce ne soit extrêmement addictif.

Pis encore, l'étiquette indique une recette facile à faire soi-même impliquant la chose. Mélangez à part égale avec de la margarine, passez-le tout au micro-ondes à pleine puissance, et versez le résultat encore bouillonnant sur vos céréales de petit déjeuner (un de mes informateurs, que pris de panique, j'avais contacté, m'a parlé d'une étiquette, aperçue jadis, donnant une recette de croque-monsieur Fluff/beurre de cacahuète, mais rien que de taper ces mots à la file, une partie de mon foie vient de se liquéfier).

Priez, mes bien chers frères. Priez pour le repos de mon âme et de mon estomac.

Le mal a un nom. Et une texture. Et un goût sucré, et...

Je...

AAAAAAAARGH !

lundi 9 août 2010

Le Fils du Retour

J'étais allé traîner mes bottes dans une grande surface culturelle, une de celles dont le nom évoque une vieille chanson de Louise Veronica Ciccone, même pas pour y acheter des trucs, c'était sur le chemin d'une grande surface de bricolage où j'avais des trucs à récupérer d'urgence pour plier des travaux chez moi. Bref.

Une jeune libraire était en train de ranger des trucs dans un rayon et de mettre un peu d'ordre (je sais pas si vous avez remarqué, mais en librairie, la plupart des clients semblent physiquement incapables de remettre un bouquin à l'endroit où ils l'ont pris pour le feuilleter, ce qui fait que n'importe quel rayon tourne au boxon en quelques heures dès lors que des gens passent devant, c'est ce ce qu'on appelle le Second Principe de la Littérodynamique). J'en étais à remarquer que les éditions Bragelonne sortent du Robert E. Howard en mode rafale et qu'il va falloir que je rattrape mon retard en la matière. Le Bran Mak Morn me fait de l'œil, on ne se refait pas. Pour une fois que j'ai envie d'acheter des bouquins de chez Bragelonne, c'est digne d'être noté (et si vous n'avez pas encore leur intégrale des Conan du même Howard en trois épais volumes illustrés, je ne vous parle juste plus).

Arriva soudain un responsable librairie furibard. De son discours outré sur le ton du "qui m'a fait un coup pareil ?", il ressortait que quelqu'un avait pris une grosse pile de bouquins de Marc Lévy, l'avait mise dans un carton, et retournée à l'envoyeur. Le type avait limite la bave aux lèvres et voulait savoir qui avait fait ça et faisait la tournée des libraires pour mener son enquête inquisitoriale.

J'ai été lâche. Je n'ai pas lâché à haute voix "c'était un employé qui avait du goût, au moins". Mais je l'ai pensé très fort. La pauvre fille n'y était pour rien (ou tout du moins l'a prétendu), et le responsable haineux a poursuivi sa quête du coupable.

Peut-être n'était-ce qu'un stagiaire à qui on avait dit "tu retournes les bouquins de plus trois mois" et qui ayant vu cette pile a décidé de faire son travail comme on lui avait demandé, ne sachant pas que Marc Lévy est le gros pondeur de best sellers bien de chez nous que même le Président en lit, et qu'un libraire qui n'aurait pas des piles monstrueuses de Marc Levy commettrait l'équivalent commercial d'un seppuku effectué à la cuiller à pamplemousse.

Mais je préfère avoir l'image d'un petit terroriste culturel, qui a enfourné sciemment ces bouquins dans le carton, en disant "ces merdes ont plus de trois mois et prennent la place de livres intéressants dont la syntaxe dépasse la simple triade sujet-verbe-complément enrubannés de guimauve. Retournons-les, et avec ce que nous remboursera le diffuseur, on pourra commander des petits trucs sympas chez de petits éditeurs qui aiment le beau style ou les bonnes histoires ou les trucs qui secouent un peu le cocotier".

J'ignore si tu existes, terroriste culturel. Peut-être n'es-tu qu'une fiction née de mon imaginaire enfievré. Mais je suis de tout coeur avec toi, juste au cas où. Parce que ça me redonne un peu d'espoir en l'humanité. C'est mon pari pascalien à moi.

samedi 7 août 2010

Tiramisu Rex

Dans mon rêve de cette nuit, il y avait une espèce de conspiration de méchants. Pour la dézinguer, il fallait que je m'infiltre dans un hôpital où avaient lieu des expériences contre nature. Avec un pote (qui effectivement est devenu brancardier, mais que je n'ai pas revu depuis vingt ans), on se faisait passer pour des brancardiers histoire de savoir ce qui se passait.

Les détails sont flous, mais j'arrivai à m'échapper après une poursuite en chariot à médicaments dans la rue. Et surtout, je me retrouvais obligé de planquer un tyrannosaure en parfait état de marche dans mon jardin (genre tombé du camion, le tyrannosaure). J'en étais à barricader les fenêtres donnant sur le jardin pour éviter les accidents (j'avais surpris le fiston en train de passer la tête en criant : "trop cool, un t-rex ! dis papa, pourquoi il fait que six mètres ?") et mon père me demandait ce que je comptais en faire, parce que ça risquait de me coûter bonbon en barbaque si ça s'éternisait, mais qu'au besoin il connaissait un type qui vendait des carcasses de boeuf de réforme à l'industrie des pâtées pour chiens et...

Et je me suis réveillé.

jeudi 5 août 2010

Vers l'infini et au-delà

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j'ai toujours adoré les affiches chinoises de propagande. Il y a là-dedans une énergie communicative, un premier degré réjouissant, une ambiance quasi bollywoodienne et un sens de la chromie à rendre daltonien un Pierre et Gilles normalement constitué.

Mais les affiches chinoises de propagande liées à l'espace, mes amis, c'est encore mieux. C'est juste beau.

mardi 3 août 2010

Ça s'arrange pas

En lisant le journal, je suis tombé sur cette info qui m'a sidéré.

Les travaux de désensablement au Mont Saint Michel ont conduit à déplacer les parkings. Et maintenant, les visiteurs auront un petit kilomètre à faire à pied pour atteindre ce qui fut la Perle de l'Occident.

Et c'est parait-il un drame. Un kilomètre virgule trois, pour un humain normalement constitué, c'est quinze minutes de marche. Vingt cinq quand l'humain normalement constitué s'est pété un orteil (par amour de la science, je me suis dernièrement livré à cette intéressante expérience de translation avec orteil en miette). Eh bien il semblerait que ce soit trop. Des objections s'élèvent contre ce nouveau système qui pénalise, parait-il, les visiteurs et mettrait en péril l'économie touristique de la zone.

Hé, ho, les mecs... Quinze minutes à pied, ça n'a jamais tué personne, que je sache. Et l'approche d'un lieu pareil sur ses propres papattes permet, me semble-t-il, de mieux profiter de la vue, voire de se pénétrer du caractère majestueux et vaguement sacré de l'endroit. Les gens sont devenus fainéants et aveugles à ce point ? Dépendants de la bagnole et philistins à ce point ? Parce que l'argument du temps passé à faire le trajet ne tient pas. Il ne s'agit que de quinze minutes, et l'accès au site est perpétuellement embouteillé, donc en saison un piéton va plus vite qu'une voiture. Non, c'est bien de la paresse crasse.

Affligeant.