vendredi 31 décembre 2010

Bon, ben c'est pas tout ça...

Mais j'ai bien l'impression que 2010 ne passera pas l'hiver.

Je pense donc qu'il est temps de passer à autre chose. L'an a vécu ce que vivent les ans, le temps d'un printemps et des saisons connexes, il faut s'y faire, et le voilà qui tire sa révérence sous les flonflons et la préparation intensive de crises de foie homériques.

Bien entendu, c'est pile juste avant le réveillon que j'ai eu une fuite et qu'il a fallu que je file chez Casto pour choper la pièce pour la réparer. Je note que tous les gens qui étaient dans le Casto avaient l'air dans le même état de stress que moi, sentant bien que s'ils ne trouvaient pas rapido une solution technique, le passage à 2011 s'effectuerait la clé à molette à la main, alors que normalement ça se fait avec le tortillon qui fait pouet quand on souffle dedans. Bon, réussi à contenir les dégâts. Je finirai la réparation demain, si je suis d'humeur.

Quant à vous, j'espère que vous ne lirez ce texte que demain, ça voudra dire que vous avez une vie.

à l'année prochaine, bisous à tous. Même à ceux qui piquent. Je suis d'humeur généreuse ce soir.

jeudi 30 décembre 2010

Variousse niouzes

Bon, après quelques jours de pause pendant les fêtes, me voilà de retour. J'en ai profité pour me reposer, pour avancer des trucs très en retard, et pour bouquiner un peu.

C'est comme ça que j'ai un peu creusé la légende de Cuchulainn, un héros celtique des temps anciens. Je connaissais mal, je savais juste qu'il avait eu de gros soucis avec la Morrigane. Là, j'ai découverte sa fin : cerné d'ennemis, déjà transpercé de plusieurs coups de lance, il s'est adossé à un menhir, s'y est attaché avec sa ceinture en hurlant "je veux mourir debout !" et a attendu la charge finale une épée dans chaque main. C'est pas mal, je trouve, Mel Gibson dans Braveheart fait petit joueur, à côté. C'est bien épique, bien badass, comme on dit de nos jours. Les héros celtiques gagnent à être connus.

J'ai bossé aussi à l'iconographie de mon bouquin sur les super-héros, aussi. Là, je suis content, j'ai trouvé une page de Batman par Dick Sprang avec un épis de maïs géant. C'est chouette.

J'ai découvert aussi des pubs sur internet proposant aux gens de devenir traders en bourse. C'est clair que trader par correspondance, ça peut pas être pire que les vrais. Je me demande si des gens se laissent prendre à ces trucs, quand même. Les gens sont moins cons qu'il n'y parait. La preuve, ils ont boudé le réseau social de l'UMP. Et même les Belges sont malins : ils viennent de découvrir qu'on peut se passer de gouvernement pendant 200 jours et pas être plus malheureux pour autant. On devrait faire pareil ici, pour voir. Rien qu'en salaires et en frais de ministres, on devrait économiser un petit milliard sur le budget.


Bon, et sinon, je viens d'apprendre le décès de Bobby Farrell, le chanteur de Boney M*.

Vu qu'il est mort à St Petersbourg, autant y aller à fond dans l'hommage :

Le fantôme du moine fou a-t-il frappé ?


(bon, dans le clip ça se voit trop qu'il porte un faux nez**)

*Et non pas bonnets M, comme le croient sottement les amateurs d'implants mammaires. L'implant, c'est mal, même à Noël et même mammaire.

**hommage à Orson Welles et au petit Marcel G.

vendredi 24 décembre 2010

Grelots, houx et autres décorations saisonnières

Bon, je vois que le 24 tombe un 24, cette année, et donc que c'est Noël ce soir (en tout cas, Noël pour les cochons de papistes occidentaux qui ne savent pas qu'en vrai, chez les gens sérieux, ça tombe début janvier)(m'en fous, ça me donne une occasion supplémentaire de m'en mettre plein la lampe*. par ce froid, c'est pas négligeable).

Je souhaite donc un joyeux Noël à tous mes amis cochons de papistes et assimilés, parce que je ne suis pas sectaire, hein, manquerait plus que ça. Bon Noël au papa Noël des pubs Coca Cola (qui a quand même un teint rubicond qui conduit à s'interroger sur le contenu de ses bouteilles). Bonne fête du Sol Invictus à tous mes amis néo-païens, voire même archéo-païens s'il y en a. Bonne fin d'année festive à tous les laïcs qui ont quand même quelques bonnes bouteilles au frais, et mes amitiés quand même à tous les autres, y compris à ceux que je serais foutu d'oublier, par la faute des dites bonnes bouteilles. Parce que bon, j'ai tenté de conserver mes neurones dans l'alcool, et je ne suis pas certain que le résultat de l'opération soit tout à fait satisfaisant.

Voilà voilà.



*l'expression "s'en mettre plein la lampe à Noël" vient des bougies de Hannukah, vu qu'on en met plein. Je parie que vous ne saviez pas. Moi même, j'ignorais cette étymologie curieuse avant de l'inventer, ce matin même.

mardi 21 décembre 2010

La courte vue n'est pas le monopole des courts sur pattes

Oui, parce que pour une fois, notre Petit Mamamouchi national n'est pas seul responsable des problèmes du pays. Là, c'est plutôt une forme de myopie collective des décideurs qui me conduit à me caresser la barbe d'un air pensif.

Deux affaires ont coup sur coup posé la question du contrôle des substances chimiques et pharmaceutiques, celle du Mediator et celle des tapis-puzzle. Comme, sur le Mediator, certaines alertes semblent avoir été données il y a longtemps, ça permet aux décideurs actuels de se défausser avec élégance sur leurs prédécesseurs. Mais l'affaire des tapis-puzzle montre que les mêmes processus sont encore à l'œuvre.

L'affaire des tapis-puzzle, c'est la découverte que des agents ajoutés aux plastique pour l'assouplir peuvent avoir des effets délétères sur la santé, surtout quand l'usager numéro un est un nourrisson. Les produits concernés sont donc retirés de la vente pour enquête complémentaire. C'est louable. Frédéric Lefebvre est même monté au créneau sur les sujet, ce qui démontre contre toute attente qu'il peut servir à quelque chose d'intelligent, des fois, ne serait-ce que par inadvertance. Oui, mais...

Mais l'année dernière, ce sont sur des biberons et autres bouteilles de ketchup qu'on avait posé exactement le même problème. Un agent de texture des plastiques qui était peut-être délétère, et qu'on a retiré par précaution. Qu'est-ce qu'on parie que l'année prochaine, ce sera l'agent de texture du lino, des bottes en caoutchouc ou des cirés bretons qui sera mis en cause ? L'affaire des biberons aurait pu être l'occasion de lancer une évaluation de TOUS ces agents de texture. Mais non, on agit au coup par coup, dans la précipitation, en espérant que la prochaine fois, ça tombe sur le successeur, parce que c'est pas tout ça, mais les industriels gueulent quand on leur demande de retirer des produits.

Mediator, c'est un produit qui, depuis longtemps, n'est plus prescrit pour son indication première. C'était un produit contre le diabète, mais on l'utilise depuis des années en complément de régimes amincissants. Or, ça fait vingt ans que le législateur resserre les vis sur les médicaments amaigrissants, les coupes faim, les extraits thyroïdiens, diurétiques et autres saloperies qui finissent par sérieusement esquinter. Sauf que là encore, c'est du coup par coup.

Quand Isomeride a été retiré de la vente, on a fait semblant de ne pas voir que Mediator posait le même problème : facile de se défausser, ce n'était pas un amaigrissant, c'était un produit pour le diabète. Pas d'évaluation globale de tous les produits prescrits hors de leur champ normal d'indication et détournés de leur usage pour que madame entre dans son maillot de bain. Il faut dire que la pression est terrible. Madame réclame à son médecin, et change de médecin si elle n'obtient pas satisfaction. à tel point que même les nutritionnistes, pourtant censés savoir que certains mélanges sont dangereux, prescrivent à tour de bras et sans contrôle. Pourtant, avec la Carte Vitale et son traitement automatisé des données, rien ne serait plus simple pour la Sécu que d'épingler en masse les médecins qui prescrivent hors AMM. Sauf que la clientèle de ces médecins, ce sont aussi les femmes de députés ou de ministres...

Alors il faut des morts pour qu'on ouvre le dossier. Et qu'on le referme vite fait, pour éviter les éclaboussures. En attendant le suivant. Et des médicaments sortent encore avec des dossiers bidonnés, des études bâclées, des pattes graissées.

Et on continue à gérer au coup par coup, quand il est sans doute trop tard, en essayant de refiler le bébé au voisin, au prédécesseur ou à tout bouc émissaire commode, sans prendre de recul. En attendant le suivant. Et celui d'après. Et ainsi de suite.

samedi 18 décembre 2010

Ecritures, majuscules et paroles

Borges est un auteur auquel je reviens régulièrement. S'il est souvent jugé aride par ceux qui l'approchent une première fois, la fréquentation assidue de sa prose (et parfois de ses vers) est riche de plaisirs métaphysiques intenses.

J'ai épluché des dizaines de fois certains de ses recueils, comme Fictions ou Enquêtes. D'autres, découverts parfois plus tard, m'ont moins marqué. L'Aleph est un de ceux-là, relu moins souvent. Mais néanmoins, un des textes qu'il contenait m'avait particulièrement frappé, et je l'ai relu récemment avec plaisir : l'écriture de Dieu. C'est un texte crépusculaire, l'histoire d'un prêtre aztèque prisonnier des Espagnols, dont la cellule jouxte celle d'un jaguar. Se souvenant d'une ancienne légende évoquant un message laissé par son dieu, une formule magique de toute puissance, il puise dans ses souvenirs pour trouver l'endroit où elle a pu être écrite. Puis finit par s'aviser que le dieu y a pourvu : la formule est écrite sur le jaguar, ce sont les taches de son pelage, et il ne reste plus qu'à les décrypter. Le prêtre s'attache donc à la tâche absurde et grandiose qui consiste à lire les taches du jaguar.

J'adore ce texte. Il est fort, il est fondamentalement magique, et il est beau.

En feuilletant le livre pour picorer des passage, je retombais sur le titre de la nouvelle. Et je m'avisai d'une curieuse anomalie. Pour moi, depuis des années, sans même me poser la question, il s'agissait depuis le départ de l'écriture de Dieu. Et en fait, avec ma manie de la lecture rapide, je ne m'étais jamais aperçu que la nouvelle s'appelait en fait l'écriture du dieu. Ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas du tout la même chose.

Fébrile, je relisais une nouvelle fois la nouvelle, craignant que cette rétrogradation (on passe de Dieu, Tout Puissant, illimité, éternel et incréé, à un dieu, à une chose à la prééminence moins évidente, peut-être créature de dieux plus anciens) n'amoindrisse la portée du texte. Que cette écriture soit moins fondamentale, moins universelle que si elle était le langage ultime de l'univers.

Une lettre et un artifice typographique, la majuscule, et le sens de tout un texte peut en être subtilement changé.

Et pour vous en convaincre, je vous propose un exercice amusant : recopiez le premier verset de l'Evangile Selon Saint Jean, en omettant les majuscules, en le recopiant intégralement en minuscules. Veut-il dire tout à fait la même chose ? Et maintenant, posez-vous la question : majuscule/minuscule, la distinction typographique existait-elle à l'époque de la rédaction du dit évangile* ?

C'est aussi pour ce genre de vertiges que j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer Borges.




*Il me semble qu'elle a été introduite sous Charlemagne. Sacré Charlemagne, toujours à foutre la merde.

jeudi 16 décembre 2010

Dernière minute

On vient de m'annoncer la mort de Jean Rollin.

Je viens vous en parler ici parce que, dans les morts cinématographiques, elle va immanquablement être éclipsée par celle de Blake Edwards.

Jean Rollin, pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est -c'était- une sorte de phénomène innexpliqué du cinéma français, un homme qui a patiemment labouré le même sillon narratif des années durant. Rollin, c'est Bunuel qui se serait pris pour le fils de Jesus Franco et d'Eric Rohmer, ou l'inverse, ce sont d'improbables films de vampires à l'érotisme étrange et à la narration complètement éthérée, ces longs plans séquence, ces mêmes brise-lames battus par les flots sur une morne plage qu'on retrouve d'un film à l'autre… C'est bizarrement fascinant et hypnotique, c'est un plaisir diffus qui se mérite.

Si vous n'avez jamais scotché devant un film de Jean Rollin, fin bourré à deux heures du matin, vous ne pouvez pas comprendre ce que je ressens ce soir.

Voilà voilà...

On se calme et on boit frais à Berchtesgaden

On le sait, à un moment où la neige risque de nous retomber dessus et de générer encore des tas d'embarras, voire de la pagaille, au point que certains se demande si l'ex gouverneuse de l'Alaska n'est pas la personne la plus qualifiée pour nous sauver (ou qu'en tout cas, elle ne pourra pas être pire que nos gouvernants à nous), il est utile de rappeler que le co-voiturage est déjà un début de solution au problème des bouchons. Mais sachez-le, le co-voiturage n'est même pas une invention récente, comme le démontre le document ci-dessous :

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De nos jours, une telle campagne serait totalement non envisageable. Eric Besson et Brice Hortefeux se sentiraient visés à cause de leur voiture de fonction, et maintenant que Frédéric Lefebvre est trop occupé à confisquer des tapis-puzzles pour monter au créneau, ils n'ont plus personne pour les défendre. à part Nadine Morano. Et être défendu par Nadine Morano, je ne le souhaite à personne, par pure charité. Je ne déteste personne à ce point-là, quand même. L'intention de nuire a ses limites.

Enfin...

Pour conclure, et dans un souci de pluralisme, laissons quand même la parole au principal intéressé :


"De toute façon, si personne ne m'emmène, je fais un Mahler."



mercredi 15 décembre 2010

The horror, the horror

On le sait, le spam (ou "pourriel", en bon Français), c'est mal. Ça envahit nos boites mail en nous promettant monts et merveilles, d'assurances auto pas chères (j'ai pas d'auto), de mutuelles avantageuses (je suis satisfait de la mienne, et j'ai pas confiance dans des trucs basés Dieu sait où), de pilules à faire pousser la bite (euh...), de logiciels soit disant légaux à pas cher hébergés sur des serveurs en Sibérie (que du Windows, donc je suis pas concerné non plus, et puis bon, des serveurs russes, j'ai tendance à me méfier, on se demande pourquoi), de propositions de veuves/filles/arrière cousines de dictateurs en fuite pour faire sortir du pognon d'Afrique (l'Afrique n'a déjà pas assez pognon, je vais pas encore leur en soutirer, j'ai des principes), des invitations Fesses-Boucs (vous connaissez mon amour immodéré pour cet engin), etc.

Depuis le temps, mon logiciel de messagerie a appris a repérer tout ce fatras et à le zapper direct, tel un Flash Gordon armé d'un fulgurant à l'ancienne qui dézingue, le brushing impeccable et la conscience en paix, des créatures contrefaites aux yeux globuleux.

Et puis là, paf. C'est le drame. Je viens de recevoir un spam horrible. Une invention du diable. Un concept totalement blasphématoire et, bien entendu, fabriqué aux USA (ce n'est donc pas un gadget porno japonais. Les gadgets pornos japonais, ça entre encore dans une autre catégorie).

Ce pourriel tentait de me vendre une boite en plastique qui permet de faire cuire les nouilles au micro-onde. Imaginez le truc. Au micro-onde, putain ! Sans casserole, sans salière, sans cuiller en bois pour touiller amoureusement, sans fourchette pour porter l'estocade à une nouille dans l'eau frémissante pour vérifier qu'elle soit al dente ou carrément molle d'un claquement de langue. Non. Un truc en plastique pour faire cuire les nouilles dans ce machin stupide qui fait "bzzzzzzzt-ding" et "un coup c'est trop chaud, un coup c'est trop froid, mais c'est jamais bien".

Faut vraiment être le fils à personne pour avoir ne serait-ce que l'idée d'inventer un machin pareil. Et au moins être adhérent à l'UMP pour avoir envie d'en vendre à des gens.

**s'en va en claudiquant et en maudissant le ciel d'un poing rageur tel un dessin de Berni Wrightson de la grande époque**

dimanche 12 décembre 2010

Le monde comme il va

Aujourd'hui, parce que c'est dimanche, la War Zone va, sous vos applaudissements nourris vous révéler deux documents étonnants qui éclairent d'un jour étrange la marche de monde sur lequel on a généralement les pieds dessus, sauf quand on prend l'avion.

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Celui-ci nous vient du Mexique, une manifestation de soutient à Julian "Couilles de Tonnerre" Assange, l'homme par qui Wikileaks arrive, devant l'ambassade Britannique à Mexico. Vous noterez qu'avec un mois et six jours (le document date d'hier) de retard, les manifestants portent un masque de Guy Fawkes, le catholique qui avait tenté de faire sauter le Parlement à Londres. C'est aussi, et surtout, une référence à V pour vendetta, chef d'œuvre bédéistique dont l'excellente traduction est disponible dans toutes les bonnes librairies. Là où c'est vertigineux, c'est que la manifestation géante de gens portant le masque de V/Guy Fawkes n'existe pas dans la BD, mais uniquement dans le film qui en a été tiré, et qui est à la limite (et encore, je ne dis pas de quel côté de la limite) du contresens. Je comprends le soutien qu'apportent ces gens à Couilles de Tonnerre, j'apprécie qu'ils fassent référence à V pour ce faire (le retournement contre elle-même de la surveillance panoptique est un des thèmes de V), mais c'est dommage que cette référence se fasse par le biais de l'adaptation filmique. Ça gâche un peu.

Le document suivant :

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…Je l'ai récupéré sur le blog de Warren Ellis. Là, on est dans un truc qui interpèle aussi à plein de points de vue. "Whisky japonais", déjà, sur le principe, ça inquiète. Mais "Yamakazi", en plus ? Là, ça terrorise. Je trouve assez épatante la capacité des adeptes du Parkour (qu'en France, par la grâce d'un Besson, pas Eric, l'autre, on appelle Yamakazis) à sauter tous les obstactes de façon à la fois spectaculaire, efficace et élégante. Mais l'ajout de whisky dans l'équation, c'est juste mal. Non que je me place dans le camp des ligues de vertus à la solde de l'idéologie bienétriste qui me donnent envie de sortir mon révolver dès qu'on me parle de jogging (calibre 44 magnum, le révolver, pour faire bonne mesure, punk), mais acrobaties + alcool, ça me semble un mauvais combo.

C'est pour ça que je ne fais jamais d'acrobaties.

Et faut que j'arrête de boire, c'est Yamaza... Zu... Merde. C'est pas exactement Yamakazi. Bref.

samedi 11 décembre 2010

Règles de bon usage

Je ne crois pas vous en avoir parlé avant, mais à titre personnel, je milite contre l'utilisation du terme "pouf" pour dire salope. Parce que j'aime bien les poufs. C'est confortable et cosy, dans un intérieur, surtout un pouf un peu mou, genre en cuir. Alors c'est dégradant pour ce noble ustensile de faire de son nom une insulte sexiste.

Alors que "pouffe" pour désigner une grognasse, là, d'accord. La nuance est subtile, mais elle a son importance. C'est là-dessus qu'on peut faire la différence entre quelqu'un de bien éduqué et un branlouze*.

C'est comme les gens qui écrivent "vioc" pour "vioque". Je supporte pas. C'est intolérable. Ou "barjo" à la place de "bargeot". Horrible. On sait que les gens ne savent plus parler la langue, mais il ne savent plus l'écrire non plus. Ces saloperies de SMS ont tout corrompu. Miserere nobis. Nous devons défendre la pureté de la langue, sans charre**.




*le branlouze, c'est genre le type qui lit pas le bulletin météo et qui dit après "la météo m'a pas prévenu", oui, c'est à toi que je pense, François F.

**'j'en veux beaucoup à la relectrice d'une de mes traductions qui avait orthographié un "'sans charre" de bon aloi en "sans char" absolument tristoune, d'ailleurs. C'est lamentable et déprimant.

mardi 7 décembre 2010

Un vent de Sibérie souffle sur les BM

Ce matin, quand je suis allé au courrier, il faisait plutôt beau. Pas radieux, hein, mais plutôt beau, ce qui par les temps qui courent est déjà pas si mal.

Le temps de manger, pouf, terminé, tout est couvert de neige et ça pèle. Et il a fallu que je ressorte pour aller au courrier, vu qu'il n'était pas encore passé quand il faisait beau. Pas conciliant, le facteur. Il m'a obligé à aller crapahuter dans la neige et la bouillasse. Et d'ailleurs, il aurait fait sa tournée plus tôt, il aurait échappé lui aussi à la neige et à la bouillasse. Le voilà bien puni, et par là où il avait péché, en plus. Dehors, tout est blanc. Les bagnoles sont recouvertes de poudreuse et perdent leurs forme, se transformant en tertres blancs le long de la route, comme un alignement de tombes de grognards le long des trajets de la Retraite de Russie.

Pas un temps à mettre un Nikolavitch dehors, quoi. J'ai encore froid au pied d'être allé au courrier. Pour récupérer un catalogue et deux relevés sans intérêts, en plus. Et il faudra que je ressorte chercher les enfants à l'école. Alors que je resterais bien claquemuré dans mon bureau à avancer sur des scénars parlant d'explorateurs de l'Afrique, de Croisés en Egypte ou d'archéologues dans les déserts d'Irak et faubourgs.

Note à moi-même : ne plus jamais me resservir un café dans le même mug qui m'avait servi ce midi à boire du bouillon de potée aux lardons. L'association des goûts est assez malheureuse.

lundi 6 décembre 2010

Wookie-leak, c'est quand Chewbacca va au petit coin ?

Je repensais à l'histoire de Julian "couille de tonnerre" Assange, à son mandat d'arrêt international pour une histoire de fesse douteuse, alors qu'il venait de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière diplomatique.

Que reproche-t-on au juste à WikiLeaks ? De révéler tout haut que ce que les diplomates disaient tout bas dans le dos des dirigeants du monde. On n'avait pas besoin de WikiLeaks pour savoir que Berlusconi était taré, Sarkozy en plein ego-trip maniaco-dépressif, que l'Iran chiite faisait flipper toutes les pétro-monarchies sunnites, etc. Mais dans les chancelleries, on affectait d'employer un langage plus feutré, pour éviter que quiconque ne perde la face. La diplomatie internationale est le règne de l'hypocrisie, ça fait partie du jeu. Et les fuites de documents diplomatiques sur WikiLeaks semblaient annoncer la fin du règne de l'hypocrisie en politique internationale. On se disait : maintenant, le peuple sait que c'est pipeau, flageolet et concert de violons désaccordés.

Il suffit de voir les réactions un peu partout pour voir que nombreux sont ceux qui s'accommodaient très bien de l'hypocrisie, et qui ont peur quand on commence à appeler un chat un chat. L'hypocrisie a toujours été sécurisante pour ceux qui ne veulent pas voir les failles d'un système.

Mais on a annoncé un peu vite la fin de l'hypocrisie. Le mandat contre Assange, les gesticulations de Besson, les pressions de toutes part pour assécher WikiLeaks avant les révélations sur les banques (dernière en date, la banque suisse qui ferme un compte d'Assange sous prétexte de "fausse adresse", parce qu'il ne résidait pas à Genève) , c'est un message. Un message discret et ô combien diplomatique, pour nous dire que de toute façon, l'hypocrisie n'est pas morte, que c'est business as usual. Que les bouffées de franchise annoncent encore plus de langue de bois et de faux semblants.

En attendant, puisque WikiLeaks a été shooté sur les serveurs DNS et ne peut donc plus être utilisé en toutes lettres comme adresse internet, voici les accès par IP de deux sites miroirs, juste au cas où. http://46.59.1.2/, et http://213.251.145.96/. Sait-on jamais, ça peut servir.

vendredi 3 décembre 2010

Une machine à transformer soi-même les chanteuses en saucisses, c'est un Herta-kit ?

En fait, c'était juste pour vous refourguer une citation de Clint Eastwood que j'ai retrouvée dans mes archives.

"Cela aurait pu être l'un des meilleurs films de guerre jamais réalisés. Excellent scénario, excellente distribution, subtil message antiguerre. Mais les choses ont mal tourné. Le tournage s'est enlisé en Yougoslavie. Au final, on a eu une histoire sur un groupe de branleurs pendant la Seconde Guerre mondiale."

Il parlait, vous vous en doutez, de De l’Or pour les Braves. Un film dans lequel Donald Sutherland a quand même une des plus belles répliques du monde.

jeudi 2 décembre 2010

Ça devient n'importe quoi

Dans mon rêve de cette nuit, la municipalité organisait dans le parc un "concert des anciens", où pas mal de vieilles vedettes venaient faire leur show sur la pelouse, sous les ovations d'une foule clairsemées de parents venus accompagner leurs gamins au toboggan et autres pataugeoires.

Quand j'arrivais, Ozzy Osbourne faisait un boeuf à la guitare électrique avec Ernest Borgnine, les pieds dans la pateaugeoire à gamins, justement. Je me suis surpris à penser trois trucs :

"Tiens, il s'est remis à la guitare, le père Borgnine ? J'avais même oublié qu'il était musico, lui."

"Il va nous le refaire, le coup du 'et après, quoi ? on chantera des cantiques ?'"

et

"Dans la pataugeoire, avec toute cette flotte, le come-back risque de ne pas durer longtemps"

Bandant alors toute ma volonté pour m'arracher à l'open-bar Haribo, je fendais bravement les flots de la pataugeoire, qui m'arrivaient aux genoux, pour tirer le pauvre Ernest Borgnine de ce traquenard.

Puis je me suis pris les pieds dans le fil de sa guitare, je me suis vautré comme une grosse daube, et je me suis réveillé.

Va falloir que ça se termine vite, cette gastro, parce que les médocs me déglinguent sérieusement la tête, là.

mercredi 1 décembre 2010

"Alors il frappe, comme couille de tonnerre"

Bon, le titre de cette entrée est la traduction très libre du refrain d'une chanson de Tom Jones consacrée à l'agent 007. Mais je rappelle aux enfants que je suis un traducteur professionnel. Vous, ne tentez sous aucun prétexte ce genre d'exercice à la maison, je décline toute responsabilité. Surtout que je fais ça par pur vice, vu que la suite n'a absolument aucun rapport. C'est juste que je soigne ma gastro explosive en me passant des vieilles musiques de film et en avalant des médocs par poignées entière comme un Elvis en rut.

Après cette digression liminaire, forcément, je ne sais même plus de quoi je voulais parler au départ. C'est malin. La gastro, c'est une chose terrible. Terrible. Ah, ça me revient, c'était aussi une histoire de fuites, tiens, dont je voulais vous parler. Je trouve assez amusant qu'Interpol lance un mandat international (ou Red Notice) contre la patron de Wikileaks pile au moment de l'histoire des archives diplomatiques américaines qui sont colportées partout. Parce que l'affaire qui justifie officiellement ce mandat (une sombre histoire de moeurs) me semble un peu anecdotique par rapport à la puissance de feu engagée : ce sont 188 pays qui sont censés participer à la chasse à l'homme. Jusqu'à présent, il me semblait que ce genre de moyens étaient réservés à des criminels de haut vol, genre mafieux russes, voleurs d'enfants, trafiquants de drogue ou terroristes. Pas sur une affaire de fesse pour laquelle il n'est même pas encore inculpé, et sur laquelle il n'existe que des "suspicions raisonnables", pas des preuves. Avouez que c'est curieux.

Bon, après, les deux Suédoises, à force de sortir des secrets d'état, j'imagine que ce garçon a fini par se prendre pour James Bond (qui se tape contractuellement deux nanas par film, rappelons-le) et qu'il aura voulu leur montrer ses couilles de tonnerre.

mardi 30 novembre 2010

L'a-t-il fait exprès ?

Pendant que j'attendais (longuement et en vain, la SNCF se fait une spécialité de se chier dessus, en ce moment, et sur la fiabilité, et sur l'affichage, du coup j'ai pris un bus) sur un quai de gare, mon attention a été attirée par un panneau publicitaire pour le best-of d'un chanteur quelconque (ces chanteurs de maintenant, je les confonds tous, de toute façon).

Le truc a passablement attiré mon attention :

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Je rêve, ou ce type se prend pour Jack Hawksmoor ? Tout y est, les pieds nus, les sauts par dessus les toits, le costume noir. Est-il fan ? Ou son publicitaire l'est-il ? Ou est-ce une étrange coïncidence ?

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lundi 29 novembre 2010

Ah, ça pourrait le faire

J'ai évoqué il y a quelque temps de ça tout le bien que je pensais de Trône de Fer, la saga de George R.R. Martin. Grosso modo, c'est un peu Les Rois Maudits avec un poil de magie, des tomes en forme de pavés, et des personnages bien baisés de la caisse (genre, Jamie Lannister le Régicide ferait passer Elric le Nécromancien pour un type équilibré). Plus des plans dans les plans du genre qu'on en avait plus vu d'aussi beaux depuis la mort de Frank Herbert.

La chaîne américaine HBO est en train de produire une série TV tirée de tout ça et, au vu de cette bande annonce, j'ai l'impression que ça pourrait être franchement pas mal.


dimanche 28 novembre 2010

Oh et puis merde

Histoire d'enfoncer le clou, un autre mail de Jay W., consacré cette fois aux Aristochats :

Ils repassent les Aristochats sur le câble. J'avais pas dû le revoir
depuis l'âge de 9 ans. J'avais oublié plein de trucs :

- Les couleurs psychédéliques des scènes de musique Jazz
- Le chat siamois encore plus politiquement incorrect que les pires
méchants de Fighting American ou du Captain America des 40s, mais qui
passe comme une lettre à la poste sur une chaîne de télé française
(alors que des Tex Avery sont régulièrement censurés quand les
personnages apparaissent en "blackface" après une explosion, par
exemple. Va comprendre, Charles.).
- Le chat anglais qui est de toute évidence un hippie complètement drogué.

Mais ça m'a surtout inspiré une suite : les Aristochats, c'est
l'histoire d'une vieille aristo complètement cinglée qui veut léguer
sa fortune à son laquais et à ses quatre chats. Le laquais, qui a bien
raison parce que les chats, c'est tous des connards, et que faut pas
déconner, les acquis sociaux des travailleurs c'est pas de la merde,
veut se débarasser des greffiers et c'est ça le film.

Bon, à la fin, le laquais loupe son coup, est rayé du testament, et la
vieille crée un centre d'accueil pour chats de gouttière.

La suite : cette vieille dingue, avec des idées aussi farfelues, paume
évidemment tout son fric. Elle perd tout et doit s'installer dans un
appart' minuscule avec toute la smala des chats. Et ça se termine en
fait-divers sordide comme on en a tous entendu parler : une petite
vieille morte boulottée par ses chats.

Mais on raconte ça du point du vue des chats :
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- Elle commence à puer...
- Bon allez les chochottes, garez-vous d'là, moi j'attaque le croupion...


Perso, je me le revois régulièrement, les Aristochats. Je suis très fan. Il y a plein de détails qui me font marrer, comme la famille oie, le vieux tonton pervers alcoolo et ses deux "nièces". C'est assez terrifiant. Et puis Edgard est un méchant magnifique. Le prolo haineux et poissard, mais avec lequel on peut compatir. J'adore les deux clébards, aussi, Napoléon et Lafayette. Ils sont redoutables. Je recommande assez, les Aristochats.

Tous contre la vermine communiste

Dernièrement, je me suis aperçu que mon logiciel de mails ramait. Vérification faite, c'était parce qu'il y avait plus de 27.000 mails archivés dedans. Je me suis dit qu'il était temps de faire un peu de ménage. Là, en deux jours, j'en ai déjà shooté plus de 500.

Forcément, en faisant du tri, je retombe sur des perles de conversation. Dieu sait pourquoi (enfin si, je sais pourquoi, c'était parti d'une vanne sur K-2000, et le fait qu'en vrai, ce soit conduit par l'homme invisible et pas du tout par un ordinateur qui parle, et que quand David Hasselhof change les vitesses, l'homme invisible kiffe) (bref), la conversation est tombée sur Supercopter. Vous savez, cette série bien reaganienne des années 80 avec un héros polynévrosé aux commandes d'un hélicoptère supersonique. La série avait un côté répétitif qui pouvait être agaçant. Mais pour ma part, j'aimais bien le côté super-héros technologique du truc. Et puis j'avais déjà l'âge de voir la grosse propagande crasse qu'il y avait dedans, alors en plus, ça me faisait rire en prime.

J'imagine assez les réunions de scénaristes :

"aujourd'hui, le méchant sera Libyen."

"On avait déjà un Libyen la semaine dernière, patron."

"Un Allemand de l'Est, alors ?"

"La semaine d'avant."

"Russe ?"

"On en a déjà eu quatorze cette saison."

"Merde, ça va finir par se voir. Bon, mettons un industriel américain véreux, pour le quota."

Je sais, j'ai mauvais fond. Mais bon, quand à la fin des années 80, ils ont changé le casting pour en faire un truc un peu plus policé, c'est subitement devenu nul. Sans héros psychopathe, sans la bouille rigolarde d'Ernest Borgnine en contrepoint, sans budget et sans l'anticommunisme galopant au point de mériter le Prix de Diane, ce n'était juste plus pareil.

Et donc, je suis retombé sur un mail de l'ami Jay W. Qui résume, une fois de plus, vachement bien le truc :

"Et comme ça repasse en ce moment sur NRJ12, je suis tombé sur une fin d'épisode l'autre jour : c'est vraiment deux dingues irresponsables avec un hélicoptère qui lancent des missiles sur tout ce qui bouge. C'est Team America avant la lettre."

Alors je sais, c'est pas bien de dévoiler comme ça une correspondance censée être privée. Mais le père Jay, il est capable d'aligner ce genre de trucs en rafale. Ça fait des mois que je le tanne (et je ne suis pas le seul) pour qu'il ouvre un blog diffusant ce genre de réflexions. Les gens ont le droit savoir.

Comme il ne le fait pas, je sors le best-of jusqu'à ce qu'il craque.

Na.

samedi 27 novembre 2010

Le châtiment "gong" le chatiment, ha ha ha !



En cherchant complètement autre chose, j'ai découvert que le code de loi édicté par Alfred le Grand (un roi saxon de l'ancien temps. c'est tellement ancien que les Anglais ne parlent même pas de Moyen-Âge pour son époque, mais d'Âge Obscur, c'est dire) s'appelait "Doom Book". On peut traduire ça par "Livre du Jugement", ce qui est à la fois exact et parlant. Alfred, pour la petite histoire, est un des rares rois saxons à avoir quasiment unifié l'Angleterre. Parce qu'entre les Danois, les Celtes et les autres, ce n'était pas une mince affaire à contrôler, tout ce bazar, à l'époque. Il faudra d'ailleurs attendre encore quelques années pour qu'on puisse réellement parler de "Roi d'Angleterre". On me souffle d'ailleurs à l'oreillette que techniquement, Alfred était roi de Wessex et de Mercie, pour situer. Mercie, Alfred. Mais en tout cas, mettre la pile aux Danois, à l'époque, c'était pas mal. Ils étaient pas commodes, les Danois.

En tout cas, après avoir pris le contrôle d'un gros bout du pays, il a tout réformé pour essayer de le garder, ce contrôle. Le Doom Book était un des principaux outils pour cela.

Et là, forcément, quand on me parle de Doom Book pour contrôler tout un pays et punir ses ennemis et autres criminels, la façon dont je visualise, c'est quand même un truc de ce genre :



...


Faut peut-être que j'arrête les comics, moi.

Ça déforme, à force.

jeudi 25 novembre 2010

Tiens tiens...

L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire vient de rendre un rapport très intéressant qui met enfin le nez dans les régimes miracles vendus à tour de bras par des nutritionnistes dénués de scrupules avec la complicité d'éditeurs qui aiment bien quand les nombres d'exemplaires vendus s'écrivent avec plus de six chiffres.

Ce rapport n'hésite pas à rappeler une notion de pur bon sens : un régime doit être individualisé -tout le monde ne métabolise pas de la même façon-, encadré, et surtout s'accompagner d'un travail sur le mode de vie -j'ai des voisins qui prennent la bagnole pour faire 500 mètres, et tous les régimes du monde échoueront à leur faire perdre du poids-. Le rapport met aussi le doigt sur la nocivité foncière des régimes déséquilibrés pris en suivant le bouquin sans se livrer à une analyse détaillée des besoins réels de la personne.

Ça fait du bien de voir qu'il y a encore des gens responsables, qui sont prêts à aller à contre-courant de ce culte de la minceur associée au bien-êtrisme. Pour juger du terrorisme auquel se livrent les nutritionnistes, il suffisait de voir, il y a encore quelques temps de ça, les arguments d'un des plus médiatiques de ces marchands d'anorexie, à la télé, qui tentait de faire culpabiliser la représentant d'une association de gens en surpoids. Le type était puant, et avait à mes yeux d'autant moins matière à l'être que j'avais eu entre les mains, vers la même époque, une ordonnance de sa main, qui démontrait à quel point lui-même ne croyait pas à ses boniments : il associait royalement des comprimés d'hormones thyroïdiennes à un diurétique, association très efficace (dans la catégorie plus facile, plus rapide, plus séduisant) mais interdite du fait de ses effets délétères sur la santé.

J'ai beaucoup de respect pour la démarche salutaire de l'ANSES. C'est bien qu'ils mettent les pieds dans le plat et tirent une bordée sur cette mafia d'ayatollahs qui cherchent à régenter nos assiettes. J'ai peur néanmoins que ce ne soit prêcher dans le désert. Les nutritionnistes vedettes bénéficieront toujours de la complaisance des médias, de la complicité de la presse féminine, et globalement de la demande de masochistes qui veulent se montrer sur la plage, mais surtout pas se montrer tels qu'ils sont, et qui réclament du dogme alimentaire. Parce que c'est confortable, le dogme. C'est délicieusement déresponsabilisant.

Enfin...

Du coup, je me demande si ce n'est pas pour ça que j'aime le sumo. Dans le contexte actuel, ça a comme un côté subversif.

mardi 23 novembre 2010

Le point bouquins

Rendu quelques traductions ces derniers temps, celle d'un Swamp Thing, notamment, mais aussi du Star Wars, du Mickey et quelques autres petites choses. Envoyé pas mal de pages de scénar à droite et à gauche, aussi. Ça, je vous en parle dès que possible.

Mais surtout, je suis en train de mettre la dernière main (avec juste six mois de retard) à ceci :



C'est censé paraître en avril, alors il faut que je me magne. J'en suis à boucler l'iconographie et à retailler le chapitre sur l'invasion des auteurs rosbifs, qui a changé pas mal de choses à nos illustrés de super-slips préférés.

Voilà ce qu'en dit le site de l'éditeur :

Quoi de plus dissemblable que le mythe, qui s'abreuve aux sources les plus ancestrales de la culture humaine, outil de civilisation et d'explication du monde, muséifié par le temps et les artistes qui en firent statues, tableaux ou opéras, et les illustrés qui, depuis 1938, racontent les aventures de héros de papier aux costumes bariolés et aux pouvoirs improbables ?

Quel rapport entre Samson et Superman ? Stan Lee est-il vraiment l'Homère du XXe siècle, et dans ce cas, qui en est le Virgile ? Qui est le vrai Captain Marvel ? Et d'abord, qui c'est le plus fort, entre la Chose et Hulk ?

Beaucoup de questions que le lecteur éclairé ne se pose peut-être pas, et auxquelles cet ouvrage tentera cependant de répondre, parfois par la bande, une méthode qui a au moins le mérite de coller à son sujet.

lundi 22 novembre 2010

La citation du lundi

...Est due à Jay Wicky. Je l'ai retrouvée au fond d'un mail, et on parlait de la glamourisation des tueurs dans le cinéma (avec comme exemple malsain les suites et les prequels du Silence des Agneaux qui faisaient la part belle à Hannibal Lecter) :

"Mais en tout cas, au niveau "glamourisation", y a un truc que le remake n'enlève pas à Freddy : ça reste un monstre de carnaval. C'est toujours un mec défiguré avec un fedora et un pull à rayures. Il ressemble à Frank Miller."

samedi 20 novembre 2010

And the Gonzo is...

Avec un poil de retard, je viens de lire Artères souterraines, le roman de Warren Ellis. Warren Ellis, ça fait longtemps que je suis fan. Je suis d'ailleurs pas peu fier d'avoir été son traducteur sur plusieurs bouquins, comme Fell, Océan et quelques autres. C'est un auteur dont les obsessions me parlent.

Artères Souterraines est donc son premier roman. Les gros lecteur d'Ellis ne seront pas tellement surpris. C'est fondamentalement ellisien. Ça évoque pas mal Desolation Jones ou Fell, il n'a pas cherché à faire quelque chose de nouveau par rapport à ce qu'il fait habituellement (mais ce qu'il fait habituellement est déjà pas mal décalé). Premier conseil : ne pas le lire la nuit, à côté de votre moitié. Vous risquez de la réveiller. J'ai le ricanement brutal, pour ma part, et ça secoue le lit. Et il faut le dire, ce bouquin est très drôle. Bon, à condition de trouver drôles des types qui se masturbent en regardant des films de godzilla, des milliardaires texans qui feraient passer George W. Bush pour un intellectuel brillant et équilibré, des tueurs en série qui se plaignent de leur traitement par les médias et, d'une façon générale, une écriture assez gonzo.

Oui, en fait, Artères Souterraines ça a un petit côté Chuck Pahlaniuk qui ferait du gonzo. Sauf que ça existe déjà, ça, que ça s'appelle Le Festival de la couille et autres histoires vraies, et que c'est aussi une lecture recommandée. Et que ouais, il y a de sérieux points de convergence. Mention spéciale à la traductrice qui a fait du bon boulot, parvenant à bien restituer le ton pince sans rire dépressif sous anabolisants du père Warren.

Après, si vous êtes choqués par l'alcoolisme et le tabagisme, ce bouquin n'est pas pour vous. Parce que l'alcoolisme et le tabagisme sont les plus véniels des péchés qui y sont décrits (il y a aussi une interview du type qui a inventé la sodomie, un directeur de cabinet qui s'injecte de l'héroïne en regardant Fashion Channel, des expansions testiculaires, de la cuisine texane, des opérations de chirurgie plastique au mastic à salle de bain, des formes rares de zoophilie, et des godemichés en forme de petit Jésus). Evitez d'offrir le bouquin à Christine Boutin pour sa fête, quoi. Elle pourrait mal le vivre.

Personnellement, je recommande assez vivement.

Mais je suis un sociopathe, il m'arrive de manger du Fluff, j'écoute de la techno nazie, je n'ai pas de vie, et Frederic Lefebvre me fait rire. Donc je ne suis peut-être pas totalement représentatif des goûts généraux du public.

mardi 16 novembre 2010

"la plus grande saloperie qu'aient jamais inventée les hommes"

Au rang des grosses bévues de l'espèce humaine, je compte, vous le savez sans doute, la bière sans alcool, le Coca-Cola, le téléphone portable et la bagnole.

Mais en tête de peloton vient, bien évidemment, la publicité. La publicité, c'est ce truc dans lequel les marques investissent tant de pognon et qui est créé par ces types qu'on appelle les publicitaire. Pour situer, les publicitaires ce sont ces gens qui croyaient pendant un temps que le catogan était cool, que des coupes de cheveux à la Frédéric Lefebvre n'étaient pas ridicules, ces gens qui portent des lunettes à grosse monture en plastique pour se donner l'air intelligent, qui sont généralement incapables de bander sans un ou deux rails de coke, et qui vieillissent ensuite pour découvrir que, quand la coke et les pilules bleues ne suffisent plus, se consoler avec des Rolex ne fait illusion pour personne (ça trompe tout au plus les membres des jeunesses UMP). Je les soupçonne d'avoir inventé René la Taupe, aussi.

Encore, s'ils se contentaient de rester entre eux et de vendre du yaourt en faisant croire qu'il fait maigrir (alors qu'il faut au moins du Médiator et les régimes du Docteur Dukon à base de porridge mais avec le bon blutage sinon ça ne marche pas), ce serait un moindre mal. On pourrait les regarder de loin et les montrer du doigt en riant. Sauf qu'il faut qu'ils mettent leurs sales pattes sur tout et n'importe quoi, comme un essaim de criquets qui s'abat sur les champs de malheureux paysans et ravagent tout. S'il y a une musique que vous aimez, un truc qui vous parle qui évoque de bon souvenirs, qui est bien, ou même si c'est pas bien, que vous appréciez, soyez sûr qu'un jour, une de ces petites putes... Non, pardon, je ne vais pas m'abaisser à insulter les travailleuses du sexe en les comparant à ces rebuts d'écoles de commerce. Soyez-sûr en tout cas qu'un jour, ce truc que vous aimez, les pubards le colleront sur un paquet de lessive, une machine à café ou un forfait pour téléphone portable.

Tenez, là, ils ont mit un morceau de Zombie-Zombie sur une publicité de voitures. Zombie Zombie, c'est un duo de fans de John Carpenter qui font de la zique sur des orgues électroniques vintage et autres instruments farfelus d'âges antédiluviens de la musique de film. Ils ont fait entre autres un truc dont le clip (voir ci-dessous), était un remake de The Thing avec des GI-Joe de leur enfance. Des types qui atteignent un genre de sainteté dans la geekitude, quoi.



Alors bon, au moins, on peut supposer que ça leur rapporte des sous (s'ils ne se font pas carotter par sa maison de disques. Toujours se méfier des maisons de disques, c'est souvent dirigé par d'anciens publicitaires), mais quand même. La geekitude mise au service de la bagnole, c'est...

C'est juste mal, quoi.

dimanche 14 novembre 2010

La citation dominicale...

Est due à Chris Claremont, et s'applique parfaitement à l'actualité du jour :

"Plus ce change, plus ce même chose."

Oui, ce pauvre Chris fait l'effort de mettre du Français dans la bouche de ses personnages d'origine française ou cajun, mais ce n'est pas toujours très au point. Et c'était dans les X-Men, dont la composition changeait souvent sans changer vraiment. Un peu comme ce remaniement ministériel qui garde Bachelot, sans parler des autres cadors, et se paye même le luxe de ramener Juppé, c'est dire si ça va être rigolo. D'où l'expression "courage, Fillon".

Bon, au moins, Allègre semble être resté sur le bas-côté, c'est déjà ça.

Et encore un an et demi avant de pouvoir voter pour n'importe quoi d'autre.

On n'est pas rendus.

mercredi 10 novembre 2010

à poèle Cthulhu !

Vous l'aurez sans doute remarqué*, mais un des principaux problèmes, quand on doit affronter le Grand Cthulhu en personne, c'est qu'il est vachement grand. Tellement grand que la seule façon connue de s'en débarrasser, à ce jour, c'est de lui crever le bide avec un bateau à vapeur.

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Faut dire ce qui est : Cthulhu c'est un méchant pas beau.

Comme vous n'avez probablement pas un bateau à vapeur sous la main quand il faut, j'ai décidé, dans un esprit de salubrité publique et pour le bien de mes contemporains, de vous faire part d'une technique alternative que j'ai découverte ce soir un peu par hasard.

Alors c'est tout simple. Quand vous êtes confronté au Grand Cthulhu, votre problème principal, c'est sa taille. Il est beaucoup plus grand que vous. Pour lui placer une clé de bras au tentacule, c'est pas facile. Il faut dont régler ce problème là. Comme vous n'avez probablement pas non plus sous la main un robot géant de type Goldorak (c'est vrai, quoi, Monsieur Lainé qui organise des bastons entre Achab et Cthulhu, il est petit joueur. Ce qui m'aurait fait triper, moi, c'est une baston entre Cthulhu et Goldorak**, à l'astéro-hache contre des blocs de basalte verdâtres et luisants de varech balancés à la tronche, ça ça aurait été cool), il faut attaquer le mal à la racine. C'est à dire, vous l'aurez deviné, réduire la taille du bidule.

Pour ça, c'est tout simple. Faites-le rissoler dans l'huile d'olive, en ajoutant de l'ail, un poil de basilic, de l'estragon, du poivre et, si vous en avez sous la main, un petit peu de vinaigre aux noix. Couvrez, pour ne pas qu'il s'échappe. à côté, vous pouvez faire du riz que, quand il est cuit, vous rajoutez à votre Cthulhu en train de mijoter.

Ça ne manquera pas : en une demi-heure, sa taille aura été divisée par quatre.

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"Quand Cthulhu fâché, Cthulhu toujours faire ainsi, señor."



J'ai vérifié ça à titre expérimental dans ma cuisine pas plus tard que ce soir. Mes beaux calmars qui faisaient entre 8 et 10 centimètres chaque, après vingt minutes de ce régime, ils étaient tous réduits à la taille d'une pièce de un Neuro. J'étais ulcéré. Connards de calmars. Qu'ils aillent tous se faire tentaculer.






*et si vous ne l'avez pas remarqué, c'est que vous n'avez pas les yeux en face des trous. Faut sortir, des fois.

**ou Shogun Warrior, à l'extrême limite.

--
Tiens, pour les amateurs, il existe une édition omnibus en VO de Lovecraft qui est assez sympa, en trois tomes. Il n'y a pas tout (je regrette notamment l'absence de l'Histoire du Necronomicon) mais c'est pas cher, maniable et ça permet de remettre le nez dedans.
At the Mountains of Madness and Other Novels of Terror No. 1
Dagon and Other Macabre Tales No. 2
Haunter of the Dark and Other Tales No. 3

lundi 8 novembre 2010

C'est un Goncourt, jeune homme

Non, c'est vrai, quoi. Faudra qu'on m'explique. Parce qu'il y a un décalage, là. Le mec conspue l'élite parisienne à longueur de bouquins. Mais il attendait visiblement depuis dix ans de toucher le Goncourt. Et donc là, hop, il fait le voyage exprès pour subir les congratulations de l'intelligentsia germanopratine et éditorialo-médiatique qu'il conspue habituellement, fend sous la pluie la foule des reporters micros brandis qu'il affecte de mépriser, et vient donc entrer au panthéon des lauréats de l'antique adoubement automnal. (bon, faut que j'arrête de faire dans le lyrique, moi, c'est pas beau, littérairement parlant). Et il a l'air presque heureux. Presque, hein, c'est Houellebecq, quand même, l'homme qui ferait passer Droopy pour un gai luron, et Gai Luron pour un joyeux drille.

Notons que du coup, les gens semblent découvrir, et se ruent sur le bouquin qui lui a valu ce prix. Il vient même de détrôner les recettes du Docteur Dukon en tête des ventes chez Madame Mazone. Bouquin dont les critiques sérieux s'accordent à dire qu'il sent son formatage consensuel justement pour permettre à Flammarion d'aller chasser sur les terres des Galligrasset. Mais mauvaiselanguitude que tout cela, bien entendu. Parce qu'à la télé, ils étaient unanimes à saluer l'affaire.

Je serais donc le seul à regretter le Houellebecq des petits essais en passant, de la bio de Lovecraft, des poèmes ou des articles désabusés sur le minitel rose ou le salon de la vidéo porno à Champeret ? Je dois avouer que le Houellebecq romancier m'est toujours tombé des mains, sans doute parce que je préfère les romans qui font rêver à ceux qui braquent les phares sur le sordide cauchemar du quotidien d'occidentaux qui s'emmerdent. Peut-être que je n'ai pas le sens de l'ironie, je ne sais pas.

Mais bon. Le voilà goncourisé. Tant mieux pour lui, hein. Mais voilà, qu'il montre qu'il n'attendait que ça me semble décalé, pour le coup. Houellebecq qui vient chercher son Goncourt, c'est un peu comme madame Bettencourt qui financerait Besancenot, y a un truc qui colle pas.

dimanche 7 novembre 2010

Lil' Brother

Dans le cadre de notre grande série sur les trésors de l'Affiche, un petit message de prévention à nos amis journalistes :

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Voilà.*




*Et n'allez pas me jeter à la figure les dénégations du rubicond Brice H. Primo, ce n'est pas une source fiable, il n'est plus à une dénégation près de faits avérés. Deuzio, citez moi un gouvernement depuis Fouché qui n'ait pas eu un Cabinet Noir, et on ira vérifier s'il n'en avait vraiment pas.

jeudi 4 novembre 2010

Marchands de Tapie

Pauvre Tapie. Après s'être fait braquer par le fisc, puis braquer par le Crédit Lyonnais, et avoir réussi à les braquer en retour, le voilà qu'il se fait cambrioler son appart. Une vraie Série Noire pour le Nanard.

Ce sont des choses qui arrivent. On se demande ce que fait la police, des fois. Ou alors c'est qu'il est journaliste sur son temps libre. Bref.

Là où je me dis que ça peut devenir sportif, cette histoire, c'est que la presse a donné une estimation de la bimbelotterie disparue, entre argenterie et statuettes diverses. Il y en a pour un demi million, quand même. Et je m'imagine trop la scène chez le fourgue, le lendemain, avec le type qui amène les fourchettes à huitre en argent, en disant :

- Mais dans le journal, ils disaient qu'il y en avait pour cinq cent mille !

-Des clous. J'en ai déjà trop, des services à fondue. Allez, cinquante euros pour le lot, et je te fais une fleur.

-Mais c'était dans le journal !

-Tu sais, le journal, le journal, ils peuvent raconter n'importe quoi, hein. Tiens, j'ai lu dans le journal de ce matin qu'il y a pas de Cabinet Noir pour espionner la presse, et que la plus grosse menace terroriste, c'était les méchants gauchistes et les Basques. Alors tes cinq cent mille pour tes cuillers à pamplemousse, c'est dire si ça me fait marrer.

lundi 1 novembre 2010

Toussaint : l'ouverture

C'est dingue. La dernière fois que j'avais regardé, la Toussaint était un jour férié. Les gens ne travaillaient pas. C'était un peu comme le dimanche, mais avec du mauvais temps et des chrysanthèmes. Or, là, depuis une semaine, je passe mon temps à recevoir des prospectus (ou ça se dit peut-être prospectii, au pluriel, chez les gens bien. faut que je vérifie) vantant le fait que tel ou tel magasin de la région sera ouvert malgré le jour férié. Avec même des bons incitatifs, genre 5 euros de réduction sur mon panier de courses.

Avec la guerre qui approche, la crise qui déploie ses ailes et les camionneurs qui ne reprennent que doucettement le travail, je me dis que je n'ai pas encore assez stocké de sucre, d'essence et de farine en prévision. Quant aux bananes, c'est pas pour dire, mais comment se fait-il que la France n'en soit pas déjà le premier exportateur mondial ?

dimanche 31 octobre 2010

Encore des traditions qui foutent le camp

C'est pas violent, Halloween, cette année. Je dirais même que c'est mort. Dans ma rue, à part un type déguisé en biker tatoué (et il ne réclamait pas des bonbons, alors si ça se trouve, c'était pas un déguisement), c'était le calme plat.

Halloween, c'était un peu une greffe frankensteinienne de tradition et ça n'a pas vraiment pris. En plus, comme la boulangerie est en vacances, les bonbecs, c'est plus dur à trouver le dimanche. Non, les conditions n'étaient pas réunies. Y a juste le bar du coin qui a mis une citrouille en plastique et tendu de la fausse toile d'araignée en vitrine.

Dans le genre traditions qui ont la vie dure, par contre, il y a encore eu cette semaine une condamnation de Jean-Marie L., de St Cloud, pour incitation à la haine raciale. Dans la logique pénale actuelle impulsée par notre bien aimé Leader Minimo, les récidivistes devaient être soumis à des peines plancher incompressibles. Je note que, visiblement, ça ne s'appliquait pas à ce multirécidiviste là, qui est condamné à une peine symbolique avec sursis, plus une période d'inéligibilité qui se terminera bien avant la prochaine échéance électorale. Soit il y a deux poids deux mesures (selon que vous serez puissant ou misérable, blabliblabo), soit le genre de délits auxquels se livre ce monsieur ne sont pas pris au sérieux par un gouvernement qui n'a pas eu les cojones de sortir Brice H. à grands coups de pompe au cul. L'histoire jugera.

Autre belle tradition, c'est celle qui consiste à organiser Grenelles, tables rondes et autres états généraux dès qu'un truc déconne, histoire de bien noyer le poisson. Cette semaine, c'est le Football. Je note que personne n'a proposé la mesure, pourtant de pur bon sens, qui consisterait à abolir le football, ce truc nuisible véhiculant des valeurs malsaines qui truste en toute impunité nos médias et qui a encore fait 14 morts ce week end rien qu'au Honduras.

samedi 30 octobre 2010

Darth wide shut

Tiens, en flânant sur le ouaibe, je viens de trouver le premier concept art pour Darth Maul (vous savez, celui qui a fini en demi Maul) dans Star Wars :

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Ah, on me souffle dans le téléscripteur qu'en fait c'était un concept art pour Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick.

Alors, George, encore pris la main dans le sac de confiture à regarder par-dessus l'épaule des grandes personnes ?

Rhoooo, c'est pas joli-joli, tout ça !

lundi 25 octobre 2010

Ils nous doivent plus que la lumière, là...

Alors, il parait que l'électricité va encore augmenter. C'est marrant, mais j'en était resté dans l'idée que l'ouverture du marché devait bénéficier au consommateur. Une hausse des prix ne me semble pas tellement être un bénéfice pour le consommateur, mais je dois avoir mauvais esprit. Ou je dois comprendre de travers la notion de bénéfice. Ou alors c'est un nouvel avatar de la novlangue, c'est possible aussi, vu qu'elle a l'air d'être devenue langue officielle, ces derniers temps. Un peu comme quand mamie Roselyne invoque le "principe de réalité" pour dépenser des fortunes à combattre des épidémies imaginaires. Bref. La douloureuse va le devenir plus encore. Rien de nouveau sous le soleil, en somme. Sauf que le soleil éclaire gratuitement, lui.

Ce qui est amusant, c'est que c'est justement ce bon vieil astre du jour qui est présenté comme le grand responsable de l'augmentation. Il n'en demandait pas tant, j'imagine, et ça doit sérieusement lui en boucher un coin. De fait, depuis quelques années, on a poussé les consommateurs à s'équiper de panneaux solaires sur leur maison. Des panneaux qui produisent une électricité gratuite, c'est quand même formidable. Et pour les pousser à l'achat des fameux panneaux (et c'est pas donné, ces machins), plein de dispositifs de type niche fiscales ont été inventés, dans lesquels se sont engouffrés tout une ribambelle d'installateur véreux (j'ai encore eu deux fois du démarchage téléphonique pour ce genre de produits, ce mois-ci, et j'ai un principe simple : si quelqu'un se croit obligé de me téléphoner pour me vendre sa soupe alors que si j'avais envie de ce genre de matériel, ce ne sont pas les boutiques qui ont pignon sur rue qui manquent, c'est forcément une escroquerie quelque part). Le plus beau de l'affaire, c'est que le consommateur qui se fait installer le panneau n'en bénéficie même pas directement : le courant ainsi généré n'est pas pour lui, il est réinjecté dans le réseau, revendu aux opérateurs électriques. S'il veut du courant, le propriétaire du toit doit en racheter. Ou comment faire de l'électricité avec une usine à gaz. Or, un des effets du système, c'est que cette énergie gratuite est revendue aux opérateurs au-dessus du prix du marché, pour inciter les gens à s'équiper. Et comme tout le monde s'est équipé pour en profiter, ça commence à coûter très cher. Et donc, pour compenser, le tarif de l'électricité doit augmenter.

C'est magique. Une source d'énergie gratuite (le soleil), devient le prétexte d'un surcoût pour celui qui la consomme. C'est du bonneteau grand style ou je ne m'y connait pas.

Continuez à stocker le riz, le sucre, le gasoil et la farine, ça devient urgent. Quant aux bananes, c'est quand même surprenant que notre beau pays n'en soit pas le premier exportateur mondial.

dimanche 24 octobre 2010

Nos belles valeurs foutent le camp

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Ne nous voilons pas la face. D'ailleurs, il me semble que c'est désormais interdit. Mais le fait demeure : la France est dans la rue, se levant telle un seul homme pour secouer le prunier de l'ordre despotique qui porte ombrage à son système social que les ouvriers du Tiers-Monde nous envient (le système social, pas l'ordre despotique). Et à l'avant-garde de cette révolte se tient, le regard clair et le front marmoréen, notre jeunesse enflammée, en application de vieilles traditions bien françaises de contestation de l'injustice. Il était temps que quelqu'un se souvienne d'un des pans les plus constitutifs de notre identité nationale, quand même. Or, quand on compare les évènements des semaines passées (voir ci-dessus) et ceux des siècles glorieux de notre histoire (ci-dessous), on constate un phénomène extrêmement troublant :

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Vous l'aurez noté : du temps de Delacroix, il y avait des nichons dans les manifs.

Et plus maintenant.

Et là, au risque de passer pour un indécrottable passéiste, je me dois de m'insurger.

PAS DE NICHONS ?????

Merde, quoi, les jeunes, faites un effort ! Faites revivre les saines traditions, nom d'un bordel à queue !

Et en plus, je suis sûr qu'il y aura bien plus de monde aux manifs, du coup, et bien plus de monde pour les soutenir.

C'est vrai, quoi. La tradition, merde ! Ces jeunes. Vraiment. Faut toujours tout leur expliquer. Pfff.

samedi 23 octobre 2010

Quand on n'a pas de pétrole (et qu'on préfère avoir des idées)

Vous devez, vous aussi, avoir pas loin de chez vous une de ces grandes surfaces pour pauvres qui, dans un cadre assez morne proposent des produits de marques improbables et à bas prix, mis en tas dans le magasin, sans souci d'organiser un linéaire ni d'offrir une quelconque diversité : il y a une marque de raviolis, une marque de yaourts, etc. et des offres ponctuelles dont les catalogues distribués dans les boites aux lettres se font parfois l'écho, genre la plante verte géante en plastique à prix fracassé, le service d'assiettes à soupe en imitation faïence à prix imbattable, et le dérouleur à pécul au prix du rouleau de pécul. En général, le seul bouquin qu'on puisse y trouver est, selon les semaines, un album à colorier Bob l'Eponge ou un album photo d'une quelconque équipe de foot.

Il y a une de ces grandes surfaces dans ma ville, mais à l'autre extrémité, juste au bord du département. Traverser la rue devant cette grosse supérette, c'est changer de territoire administratif. C'est presque la Frontière. Comme la ville est étendue, et que la plupart des bus ne vont pas jusque là, c'est un quartier où je ne mets que rarement les pieds. Mes affaires m'y ont néanmoins appelé aujourd'hui. Juste de l'autre côté de la Frontière, d'ailleurs. Dans l'autre entité administrative, celle dont le numéro est différent. Dans l'ailleurs. Oh, à présent, avec la nouvelle normalisation des plaques, le changement se perçoit moins d'emblée. Mais quand même.

Mes affaires une fois réglées, et revenant sur mes pas pour rentrer dans mes pénates avec la satisfaction du devoir accompli, je suis repassé devant cet endroit, et je me suis avisé que je n'avais plus de biscuits pour le café, et qu'ils devaient bien avoir quelque chose de rigolo qui pourrait faire l'affaire. J'en suis ressorti nanti de toutes sortes de curieux biscuits et nougats grecs, parce qu'ils avaient un plot "semaine grecque" pas loin des caisses. Une semaine grecque avec des biscuits et du nougat grec, mais pas de feta ni de sandwiches. C'est pas mal, d'ailleurs, le nougat grec. Ça vaut bien la vodka irlandaise. Faudra d'ailleurs que je teste le nougat grec trempé dans la vodka irlandaise, un jour, pour voir. Mais ce n'est pas le propos, là.

C'est en ressortant que je me suis avisé de quelque chose. J'étais le seul, visiblement, à être venu à pied. Tout le monde chargeait ses courses (avec une nette sur-représentation des packs de soda) dans des voitures, sur le parking. Sachant que plus aucune des pompes du secteur n'est approvisionnée et qu'ils avaient donc dû passer du temps rien que pour pouvoir remplir le réservoir histoire d'aller chercher leur soda. Une partie des gens étaient de mon quartier. Des gens dont je savais qu'ils n'étaient pas au chômage et gagnaient à peu près correctement leur vie. Que leurs revenus étaient sensiblement les mêmes que les miens. Des gens que je n'ai néanmoins jamais croisés dans les grandes surfaces "normales" où j'ai mes habitudes, ni sur le marché, ni chez les petits commerçants du bout de la rue. La seule différence de train de vie avec moi, c'étaient ces fichues bagnoles. Une voiture, ça représente une sacrée somme d'argent. Au fil du temps, j'ai souvent vu les gens se plaindre du prix de la culture, du prix des bouquins, des disques et des places de ciné. Toutes choses qui sont pourtant naturelles dans mon environnement. Alors que rien qu'un plein, c'est le prix d'un paquet de livres de poche, de quelques BDs, de plusieurs heures de musique. Pour le prix d'une bagnole d'entrée de gamme, je nourris tout à fait convenablement ma famille pendant un an en me fournissant chez des commerçants conventionnels. Le prix annuel de l'assurance permet d'aller au ciné toutes les semaines.

La bagnole est un outil de paupérisation, d'asservissement et d'abêtissement des masses, maintenant, je crois que c'est clair.

vendredi 22 octobre 2010

Le Point Traductions et autres Bouquins

Je m'en suis plaint à plusieurs reprises, j'ai trop de boulot. C'est effrayant comme ça s'accumule.

Au rayon traductions, j'ai livré le Tome 9 de l'Intégrale Spawn, une palanquée de Star Wars divers, un Witchblade, le tome 2 d'Irrécupérable, le tome 2 de Swamp Thing, et encore un The Boys plus un Mickey pour faire bonne mesure (si, si, vous verrez). Et j'ai encore une pile longue comme le bras, tapie sur un coin de mon bureau, qui me contemple d'un œil torve. Et j'ai le bras long. Ça fait peur. Plein de bonnes choses que vous trouverez bientôt chez vos libraires, en tout cas.

Au rayon scenarii, j'avance sur le tome 3 de Crusades, n'ayez aucune crainte. On a à peu près bouclé Fly me to the Moon, restent uniquement quelques détails techniques (complexes) pour qu'il sorte. Il est programmé pour avril prochain. Outre No Thanks, qui avance à son rythme, je viens de signer un autre contrat chez Glénat. Encore un peu tôt pour en parler, mais sachez que l'album sera consacré à un de mes héros personnels, un grand capitaine dont le nom évoque celui d'un grand acteur. Et je suis en négociations sur plusieurs petites choses sympas en prime, dont je vous parlerai bientôt plus en détail j'espère.

Je suis par ailleurs assez formidablement à la bourre sur le bouquin pour les Moutons Electriques. J'ai bon espoir de boucler la troisième partie ces temps-ci, mais c'est quand même un projet assez complexe.

Voilà voilà, c'étaient les nouvelles du jour. Stay tuned, folks, same niko-channel, same niko-hour.

jeudi 21 octobre 2010

Solidarité !

On nous signale que Lady Gaga soutient le mouvement des lycéens (chez lesquels se recrute 98% de son public) en se mettant en grève à son tour : le concert prévu à Paris ce soir n'aura pas lieu. C'est bien, de voir des icônes pop se découvrir une conscience sociale. Et en plus, ça fait un peu des vacances aux esthètes. C'est toujours ça de pris.

Par ailleurs, ceux d'entre vous qui êtes motorisés aurez peut-être remarqué une pé... Non, on n'a pas le droit de dire pénurie, paraît-il, c'est faire le jeu de l'anti-France, ou pire, des forces antidémocratiques de la gauche archaïsante. Il faut dire "difficultés logistiques" ou "perception de rareté", ce qui est nettement plus classe. Heureusement, le gouvernement veille et va faire débloquer les dépôts de carburant avant les vacances (il faut de son point de vue impérativement que ce soit avant les vacances, histoire d'envoyer au vert au moins une partie des manifestants).

La War Zone est donc fière de vous présenter en exclusivité et en intégralité le discours de messieurs Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux venus rencontrer les employés bloquant un dépôt de carburant dans le Sud :




Par ailleurs, si l'essence ne revient pas, on peut s'attendre à ce que les magasins ne soient plus livrés. Commencez donc à stocker sucre, farine, huile, nouilles, patates et riz. Quant aux bananes, on s'étonne presque que la France n'en soit pas devenue le premier exportateur mondial.

mardi 19 octobre 2010

Kohteliaisuus

La Finlande est un pays qui me fascine depuis bien longtemps. Et plus j'en apprends sur la Finlande et les Finnois, plus je suis admiratif. Les Finnois, c'est quand même le peuple qui s'est rendu à l'Union Soviétique au bout de 3 mois de conflit armé, mais seulement après avoir exterminé au fusil de chasse et au cocktail Molotov (qu'ils avaient inventé pour l'occasion, c'est dire) plus de la moitié d'une force d'invasion trois fois supérieure en nombre*. Notons qu'ils ne se sont rendu qu'au moment où ils se sont retrouvés à court de munitions pour les fusil, et à court d'essence pour les cocktails. Si la France et l'Angleterre avaient tenu leurs engagements envers la Finlande et fourni ne serait-ce qu'un appui logistique, le conflit aurait pu continuer et passer pour la Russie du statut de défaite beaucoup trop coûteuse à celui de déculottée magistrale.

Ce sont ces mêmes Finnois qui cette semaine, suite à un débat télévisé sur l'homosexualité, ont réagi aux déclarations homophobes d'une politicienne chrétienne-démocrate et surtout d'un évêque luthérien en quittant l'église luthérienne (comme quoi, Ben Sixtine n'a pas le monopole). 25.000 personnes d'un coup, quand même. Quitter une église, ce n'est pas juste arrêter d'aller à la messe, c'est faire la démarche de se faire rayer de ses registres. C'est un acte fort. Dans un pays de 5 millions d'habitants, ça représente un habitant sur 200 qui, d'un coup, se livre à cet acte fort. Ramené à la taille de la France, ça représenterait 300.000 habitants. Vous imaginez, 300.000 Français qui iraient d'un coup avoir cette démarche ? Ce serait un bel électrochoc, quand même. Ça ferait pas de mal. Ne rêvons pas trop, hélas. Une telle démonstration de laïcité positive n'est plus dans l'air du temps, ici bas, quand on voit notre Kim Jong-il de la Rive Droite aller se faire filmer en pleine prière au Vatican.

Miserere nobis.



*L'Armée Rouge avait massé aux frontières de la Finlande entre 460 et 500.000 hommes. Entre 250 et 290.000 d'entre eux n'ont jamais revu leurs foyers.

lundi 18 octobre 2010

Et merde...

J'avais une idée d'illus sympa, un petit détournement pour mettre ici et illustrer une vacherie sur notre Leader Minimo, histoire de tromper l'ennui que distille cette situation pré insurrectionnelle pataude et molle du chibre dans laquelle tente péniblement de se vautrer l'actualité.

Et donc, comme de juste en pareil cas, je m'en étais remis à gougueule pour trouver la base de mon détournement. Le truc fastoche, un peu potache, vite fait en prenant mon café. Sauf que gougueule est impitoyable et m'a mis sous le nez les oeuvres d'au moins deux type qui avaient exactement eu la même idée que moi. Les salauds. Notez que ça valide mon idée, d'une certaine façon. Mais quand même. C'est désobligeant. Ils auraient pu m'attendre. C'est un de ces cas que mon estimable et estimé collègue, le mystérieux J.W., appelle "plagiat par anticipation".


Bon, c'est plutôt pas mal fait, hein.

Mais ça m'agace.

dimanche 17 octobre 2010

Ave atque val

Je profitai d'avoir deux minutes pour trier des factures, les hiérarchiser, payer celles qui étaient urgentes depuis longtemps et réfléchir à ma capacité à régler celles qui ne l'étaient pas encore devenues (urgentes depuis longtemps. faut suivre, un peu).

Et dans le tas, entre la cantine des gosses*, les assurances diverses et autres factures électriques, il y avait la redevance de l'audiovisuel. Contrairement à nombre de mes contemporains, je ne rechigne pas habituellement à verser mon écot aux radios et télés publiques de mon pays. Si je ne suis pas un énorme consommateur de télévision, je mets par contre la radio à tout bout de champ, et assez souvent sur des stations publiques. Alors oui, payer la redevance, c'était jusqu'à il y a peu participer au salaire de Stéphane Guillon. Mais bon, il y a maintenant prescription, et de toute façon le fait d'être un humoriste pas drôle est un péché véniel de nos jours. L'entrevue de Bigard avec le Pape avait bien démontré s'il en fallait que la profession n'était plus que vestigielle, un dinosaure sacrifié à la "modernité" rassie chantée par de grands poètes comme Xavier Bertrand et Frédéric Lefebvre, les Font et Val du Sarkozysme triomphant. Et puisqu'on en parle, Philippe Val est une démonstration vivante de la mort et de la putréfaction avancée de la profession d'humoriste.

C'est ça qui m'a gêné, en fait, quand j'ai mis mon coupon de Redevance dans l'enveloppe. Participer au salaire de Philippe Val. Ça a un côté désagréable. Ça me heurte un peu les hémorroïdes, en quelque sorte, comme si on essayait de les masser à force avec un extincteur en poussant bien fort. Je ne goûte que modérément cette sensation là.

Vivement la Libération, qu'on tonde tous ces collabos.

Ah, merde, pour Val, c'est déjà fait.





*j'aime bien employer à tout bout de champ le mot "gosses" à la place de "mômes", mais c'est en hommage à nos amis du Québec.

vendredi 15 octobre 2010

"La flemme de l'énergumène n'est qu'un dédale de simagrées" (Alain Bashung)

Avec tout ça, j'ai loupé la sortie de Crusades 2, le Tombeau d'Hermès. Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, c'est le deuxième opus de cette magistrale saga médiévalo conspirationniste que je co-écris avec Izu, et qui est artistement enluminée par Zhang Xiaoyu, parce qu'il n'y a pas que la fabrication des Iphone qui est confiée aux Chinois, et qu'en plus, Zhang assure le spectacle avec brio et puissance.

Ouais. J'ai loupé la date de la sortie. C'était avant-hier. Mais je m'en fous, le bouquin, je l'avais déjà. Bref, courez chez vos libraires. Si d'aventure vous allez le prendre au Gibert Joseph qui est en face de Cluny, sur le Boulevard St Michel, faites un détour par le sous-sol et allez montrer du doigt en riant le triste sire qui tient le rayon polar/SF. Le plus maigrichon des deux (ils sont deux) (et le moins maigrichon, je le connais moins, j'ai rien contre lui, il m'est même assez sympathique)(en plus, il doit travailler avec l'autre, alors karmiquement il est bien assez puni comme ça). Montrez donc du doigt en riant ce triste sire en lui brandissant l'album sous le nez. Ça lui apprendra. Il est persuadé que je suis incapable de sortir un tome 2. Faut d'ailleurs que j'aille lui claquer la bise, à l'occasion. Ou pas. Il pique.

Bref. Si je ne me suis pas livré il y a deux jours à une annonce tonitruante de la sortie de ce magnifique album, ce n'est pas que je sois en grève pour défendre ma retraite. Ce serait plutôt le contraire, d'ailleurs : j'ai l'appel de cotisation sur mon bureau, et il faut que je bosse comme un Sud-Coréen* sous amphétamines pour pouvoir la payer, ma retraite. Putain, ils y vont pas de main morte avec le dos de la cuiller, les mecs. C'est d'autant plus drôle que jamais personne n'a été foutu de m'expliquer comment un auteur de BD fait pour la toucher, sa retraite. Ça vous en bouche un coin, hein, les salariés. Battez-vous pour défendre la vôtre tant que vous le pouvez. Moi, je sais déjà qu'en ce qui me concerne, c'est mort.

Mais n'allez pas croire que je déprime, hein. J'ai trouvé une panacée incroyable, un remède à tous les malheurs de la vie, qui éclate et de loin tous les régimes Dukon du monde : la mascarpone au sirop d'érable. Le dessert des champions. J'en bouffe des quantités incroyables, en ce moment**. Je fais passer avec du café dans lequel je mets du coulis de caramel au rhum dont j'ai retrouvé une bouteille au fond d'un placard. Et Ovomaltine a sorti une pâte à tartiner. Vous le saviez ? Moi pas. Mais maintenant, je sais***.

Et sinon, vu que je m'étais revu la série Rome il n'y a pas bien longtemps (et cette fois-ci en entier et dans l'ordre, c'est mieux), je me suis remis le nez dans Suétone. Suétone, c'est un peu comme Closer, mais avec des empereurs romains, c'est absolument génial. C'est du sang et du sperme quasiment à toutes les pages, ça détend vachement.

Bon, c'est pas tout ça, mais faut que je me remette au boulot, moi. J'ai des retraites à payer.





*Un Sud-Coréen qui bosse, hein, pas un champion de Starcraft.

**Oui, c'est pas comme ça que j'arriverais à l'âge de la retraite, je sais, foutez-moi tranquille, d'abord. Ma mascarpone au sirop d'érable, je la bouffe en écoutant des best-of de Tangerine Dream à fond et je suis le roi du monde dans mon cagibi et je vous emmerde, d'abord.

***Et pour le même prix, ça me fait un excellent produit de substitution au Fluff. J'essaie de décrocher, de me désintoxiquer. They try to make me go to rehab, I said no, no, no****

****Non, rassurez-vous, je ne me laisse pas pousser la choucroute à la Amy.

jeudi 7 octobre 2010

Real TV Power dans la place

Il parait que TF1 voit son audience s'éroder petit à petit. Certains, déjà , y applaudissent une victoire, certes tardive, de l'intelligence qui finit par se ressaisir. La théorie est séduisante, mais quand on voit ce que sont capables d'élire nos concitoyens, elle ne tient pas tout à fait la route.

Je crois que c'était Jack Warner qui disait qu'on n'avait jamais perdu d'argent à mépriser son public. TF1 n'en est pas encore à perdre de l'argent, l'adage a encore de beaux jours devant lui. Mais il va falloir se ressaisir, Monsieur TF1.

Et l'actualité récente m'a donné une idée pour ça (vous pourrez m'envoyer un chèque, Monsieur TF1) (un gros, de préférence, vu que la Redevance va pas tarder à tomber). Vous savez peut-être qu'en Hongrie, patrie de notre vénéré Leader Minimo, une boue toxique aux métaux lourds pollue bien des villages, et ne va pas tarder à se répandre dans le Danube, ce qui serait dommage, parce que le Beau Danube Rouge, ça sonne moins bien, et dans la région, ça peut en plus rappeler de mauvais souvenirs. Bref. Il y a de quoi faire une belle émission de télé-réalité. Prenez les crétins patentés de rigueur dans ce genre d'exercice. Nantissez-les de bottes en caoutchouc fournies par un quelconque sponsor (mettons Prada, s'ils fabriquent des bottes en caoutchouc. Sinon, Aigle, s'ils existent toujours), fournissez leur des pelles fournies par un autre sponsor (Jardiland, Castorama, ou alors Truffaut, pour faire Nouvelle Vague, on a un besoin urgent de combler 25 ans de déficit en mieux-disant culturel, chez TF1, paraît-il). Et envoyez-les prêter main forte aux équipes chargées du nettoyage de la fameuse boue. Echantillonnez bien votre joyeuse bande (avec par exemple 1 beauf raciste, 2,5 membres de minorités visibles, 3 bimbos, 1 beau gosse décérébré mais avec tablettes de chocolat en option, 1 folle du cul, 1 ressortissant des beaux quartiers plutôt fin de race et 2 prolos en fin de droits, les plus télégéniques candidats cumulant plusieurs de ces caractéristiques) pour assurer les bons psychodrames qui font de l'audience, et faites les patauger dans la boue toxique, en leur demandant de s'entraider, tout en favorisant ostensiblement ceux qui la jouent solo m'a-tu-vu. Pas la peine de faire voter le public pour les exclusions (hormis pour gratter le pognon des numéros surtaxés), normalement, la boue toxique doit se charger d'écrémer le groupe à votre place.

Ça s'appellera Kolontar, et ça fera un carton.

mercredi 6 octobre 2010

Countdown to Hermes' gate !

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Dans pile une semaine d'ici, le 13 octobre 2010, ruez-vous comme un seul homme (oui, même vous, mesdames, la langue française est ainsi faite, je n'y peux rien) chez vos libraires préférés pour vous emparer de Crusades : la Porte d'Hermès, tome 2 de vous savez quoi, signé Alex Nikolavitch, Izu et Zhang Xiaoyu.

Parce que bon, quand même, hein, vous achetez bien assez souvent les bouquins des autres, achetez un peu des miens aussi, de temps en temps, pour équilibrer.

mardi 5 octobre 2010

Mise à l'amende

C'est beau. On condamne enfin Jérôme Kerviel à rembourser tout l'argent que ses positions hasardeuses ont fait perdre (enfin non, pardon, que la crise de panique de ses collègues a fait perdre) à son employeur, la Société Générale. 4 milliards d'euros et des nèfles (un bon paquet de nèfles). La morale et le kapital sont sauf. On peut applaudir et passer à autre chose.

Notons que le principe sur lequel il est condamné et la SG exonérée de toute responsabilité est diamétralement opposé à celui qui fonde l'action Hadopi. Kerviel est condamné pour avoir contourné les sécurités inexistantes de la banque. En Hadopi, ce n'est pas le téléchargement qui est condamnable, mais le fait que quelqu'un puisse se servir d'une connexion insuffisamment sécurisée pour télécharger, auquel cas c'est le titulaire de la connexion qui est tenu pour responsable. Les poids et les mesures, c'est comme les Sith, toujours ils vont par deux.

Ce qui est bien, en tout cas, c'est que ça pose un beau et sain principe : faire payer le lampiste désigné coupable d'une gabegie jusqu'au dernier centime. Nous pouvons donc maintenant trainer un quelconque directeur de cabinet de Roseline Bachelot devant les tribunaux pour qu'elle rembourse les vaccins non utilisés de l'épidémie bidon de grippe de l'année dernière. Nous pouvons jeter au pieds du juge un contremaitre d'AZF pour qu'il rembourse jusqu'à la dernière vitre brisée de Toulouse. Nous pouvons trouver un quelconque cadre de chez Total pour lui faire payer la facture de l'Erika à lui tout seul. Nous pouvons faire rendre gorge à tous les édiles qui ont signé des permis de construire en Vendée. Et je suis certain qu'on doit pouvoir trouver un ministre sur le départ à qui faire endosser le déficit. Un téléchargeur illégal à qui faire payer les frais de mise en corrélation des adresses IP, ceux-là même que l'Hadopi refuse de rembourser aux opérateurs internet. Un concessionnaire auto pour à qui faire régler la note des inondations liées au réchauffement climatique. Un vigneron pour les morts sur les routes.

C'est marrant, cette façon de faire porter la responsabilité sur quelqu'un, en organisant par là-même l'irresponsabilité collective, à la façon de ces sociétés plus primitives et barbares qui sacrifiaient un quelconque, un sans grade, pour écarter de la communauté la colère des dieux. Ça augure d'un XXIe siècle encore plus rigolo que le précédent, qui au moins tentait d'ancrer sa barbarie, sa stupidité et son aveuglement dans un certain modernisme.

samedi 2 octobre 2010

vendredi 1 octobre 2010

Good Bye Hitler

Oubliez les détournements de vidéo à base de Hitler en train de gueuler sur n'importe quoi, du rickrolling à l'Ipad en passant par la mort de Michael.

Le nouveau même internet est arrivé.



Et il a le mérite d'être citoyen, en plus.

Bon, moins de Hitler, mais on parle quand même bien d'une forme de totalitarisme. Elle est juste plus insidieuse et moins assumée.

jeudi 30 septembre 2010

Coincoins de tous les pays, unissez-vous !

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ça se passerait presque de commentaire tellement c'est beau.

Mais d'un autre côté, ça me donne presque l'impression qu'Alan Moore avait raison, que tout ce qu'il avait dit était vrai. Oui, je parle bien du Alan Moore. Celui de From Hell, Watchmen et de V for Vendetta (toujours disponible dans une excellente traduction, d'ailleurs*) (je parle des bouquins, bien entendu, pas des films qui par une étrange coïncidence en partagent les titres). Oh, je sais que certains d'entre vous connaissent déjà cet hallucinant chef d'œuvre. Mais pour les autres, je crois qu'il faut que les gens sachent. Les gens ont le droit de savoir.




Oui, je sais. Arrêter la drogue. C'est dans mes bonnes résolutions de l'année prochaine.



*Notons au passage que le deuxième tome de ses Wildcats est en vente, aussi avec une excellente traduction.

mercredi 29 septembre 2010

Crrrrrouzadesses !

Bon, depuis le temps qu'on en parle, il arrive, ce tome 2 de Crusades, par mézigue, Izu et Zhang Xiaoyu.

Du coup, rien que pour vos yeux ébahis et sous un tonnerre d'applaudissements, voici l'avant-première de l'album.

Pour le reste, ce sera à partir du 13 octobre dans toutes les bonnes librairies.

Pax vobiscum.

lundi 27 septembre 2010

Déficit d'image

Ce sont souvent les petits détails qui font le plus de dégats. Vous pouvez mettre bout à bout tous les spin doctors du monde, présenter hyper bien et tout, vous êtes à la merci du petit truc foireux, genre un lapsus entre inflation et fellation, par exemple. Ça peut faire très mal (bon, personnellement je préfère un baril de fellation à deux barils d'inflation. et je crois que le capitaine Barril dit pareil, et il s'y connaît, il en a avalé, des couleuvres). Bref.

L'image, donc, ça tient à peu de choses. Surtout de nos jours où la méthode pour faire de la politique est basée très largement sur la maîtrise de l'image.

Or, ce matin même, j'ai été témoin de la façon dont certains fonctionnaires assermentés, garants du respect de la loi, torpillent leur image sans même y faire attention. Alors ne nous méprenons pas. Je n'ai rien contre la Police de mon pays. Les policiers, c'est comme les Arabes ou les garagistes, il y en a des très bien. D'ailleurs, j'ai de très bons amis policiers, c'est dire. Et il m'est même arrivé de croiser un garagiste scrupuleusement honnête (le malheureux a été obligé de s'exiler à l'étranger, du coup). Bref. J'étais dans la rue. Il y avait un camion de travaux qui bloquait le trottoir, des travaux d'ailleurs destinés à rénover les locaux d'une administration départementale. Le camion bloquait le trottoir, mais il n'avait pas le choix. Pour faire fonctionner son bras mécanique, c'était ça, ou carrément bloquer la circulation (sur un axe sensible dont tout blocage génère dans les dix minutes un embouteillage sur trois kilomètres).

Arrive une voiture de la police municipale, qui se range devant le camion (bloquant elle aussi le trottoir, d'ailleurs) pour juger des raisons de ce dérangement, sans doute, et vérifier que toutes les autorisations requises avaient été demandées, j'imagine. Jusque là, pas de problème. Ces vaillants défenseurs de la loi et de l'ordre étaient dans leur rôle. Et par ailleurs, la conformation des lieux leur interdisait à eux aussi de se garer correctement.

Et donc, les trois occupants de la voiture en sont descendus. Et tous l'on fait en rajustant ostensiblement leur tonfa à la ceinture. C'est tout con, mais par ce seul geste pas très utile, ces deux hommes et cette femme en uniforme venaient de se montrer extrêmement agressifs. Je comprends tout à fait qu'il soit très difficile de s'assoir dans une petite voiture avec un de ces machins à la ceinture. Je comprends aussi que par principe, ces fonctionnaires municipaux soient tenus d'être équipés quand ils interviennent, quelle que soit la dangerosité supposée de l'intervention, parce qu'on ne sait jamais. Mais l'ensemble parfait avec lequel ils ont accompli le geste avait un côté extrêmement dérangeant, surtout alors qu'il s'agissait de contrôler des autorisations sur un chantier qui dure depuis des mois.

La notion de police de proximité, de police accessible, c'est là qu'elle achoppe : un type a l'air pas commode qui s'approche de moi en rajustant une arme à sa ceinture, il est dores et déjà en train de souligner le fait qu'il est armé. Et par principe, par réflexe, je me mets sur la défensive.

C'est peut-être un détail, mais c'est sur ce genre de détails que se perdent des batailles, d'image ou autres.